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Un seul mythe sur la violence conjugale? Impossible!

Aujourd’hui, je passe au tabac pas un mythe, mais bien 5 d’entre eux au sujet de la violence conjugale. Pourquoi ? Parce que j’en ai subi par le passé et qu’à chaque fois que je parle de mon expérience, il y a toujours quelqu’un d’étonné. Et souvent, j’entends que cela ne paraît pas. Ou bien je reçois des clichés culturels par rapport à la culture du conjoint en question.

Non la violence conjugale ne paraît pas toujours. Car il y a plusieurs types de violences et que la violence physique sort pas mal toujours en dernier. Et non, la culture n’a rien à avoir avec la violence conjugale. Quoique la ligne peut sembler parfois mince. Il s’agit surtout d’un problème de personnalité. Ou du désir de contrôler la vie de l’autre.

Je vous ai en déjà parler à plusieurs reprises l’an dernier. Notamment sur la mobilisation, la culture et les pistes de solutions. Lexploitation sexuelle avait été aussi abordée.

Mythe no 1 La violence conjugale est un problème qui touche uniquement certains groupes et certaines couches de la société

Faux. La violence conjugale se trouve partout. Dans tous les groupes et les couches de la société. Par contre, selon certaines études, il est facile d’identifier les victimes de la violence conjugale.

Les femmes

On sait que les femmes sont davantage victimes de la violence conjugale que les hommes. En fait, elles sont majoritaires dans ce genre de situation. Il n’y a pas de profil type des victimes. Par contre, on sait que les jeunes femmes sont souvent victimes de la violence de leur conjoint. Aussi, on y trouve des femmes séparées, ou autochtones, ou possédants des limitations quelconques ou qui sont lesbiennes.

Pour ce qui est des causes, plusieurs facteurs entrent en ligne de compte. Comme le manque d’argent ou l’isolement.

Les hommes

Les hommes sont aussi victimes de violence conjugale. Que ce soit dans les couples hétéro ou homo. Pour les mêmes raisons que les femmes. Par contre, le phénomène est peu documenté. Par contre, selon certaines données reçues par les policiers en 2004, 2009 et 2014 démontrent que la violence vécue par les hommes diffère totalement de celle vécue par les femmes.

Les enfants

Un enfant exposé à la violence conjugale peut être appelé à être retiré de sa famille. Du moins, si l’on se fie à l’article 38c de la Loi sur la protection de la jeunesse.

Selon l’âge, les enfants peuvent être victimes directes de la violence de leur père envers leur mère. Comme le fait de la voir ou l’entendre.

Mais il y a aussi des facteurs de stress et d’angoisse qui existent. Et qui affectent le quotidien de l’enfant.

Mythe no 2 la violence conjugale est quelque chose de privé

Faux. La violence conjugale est un problème de société. Certains actes violents peuvent être passibles d’infractions au Code criminel.

Il est donc important de sensibiliser tout le monde à la violence conjugale. L’éducation reste probablement l’arme la plus massive contre la violence conjugale. Par chance, on en parle de plus en plus. Et les membres de certaines communautés sont même enclines à en parler afin de sensibiliser à cette réalité.

L’an dernier je vous en avais parlé. Dans la communauté musulmane du Canada, il existe des documents pour sensibiliser les hommes à cette réalité. Car dans certaines cultures musulmanes, le patriarcat est très présent. Ce qui influence une lecture religieuse injuste envers les femmes. Vous pouvez lire le texte que j’ai écrit l’an dernier sur les faux hadiths. C’est un bel exemple de ce que les hommes peuvent faire subir aux femmes en raison de leurs interprétations erronées de la situation.

Mythe no 3 les victimes poussent leur agresseur à avoir recours à la violence

Faux. Ce que les agresseurs nomment comme de la provocation est en fait des prétextes à la violence.

En fait, tout le monde est responsable de ses actes. Même les agresseurs. En fait, ce qui les pousse à agir de la sorte c’est leur perception de la réalité qui est faussée.

Par exemple, le fait que quelqu’un dise une parole tout à fait banale peut les provoquer. Par le fait même, la personne se trouve menacée sous prétexte que l’agresseur trouve les propos déplacés.

Il est aussi possible que l’agresseur boude pendant une période s’il juge que sa victime le mérite. Qu’importe la raison. Et même si la victime abondait dans le même sens qu’elle.

La violence conjugale n’est pas non plus une chicane de couple. Il y a un rapport de force qui inégal et irrespectueux entre les membres du couple. Bref, la violence conjugale est davantage un acte de soumission qu’autre chose.

Mythe no 4 les victimes qui restent avec un conjoint violent ne veulent pas s’en sortir.

Faux. Elles veulent quitter leurs conjoints, mais ont des craintes par rapport à cette situation. Quitter son agresseur est un acte de courage. Surtout lorsque l’on se dit prête à quitter définitivement son agresseur.

Pour certaines, le processus est plus long que d’autres. Ce fut mon cas. Trois tentatives ont été nécessaires avant que je quitte définitivement mon ex-conjoint.

Pourquoi ? Plusieurs raisons existent. Le manque de confiance en soi. Le manque de ressources. Le manque d’argent. Le fait d’aimer son conjoint. Ne pas troubler les enfants. Etc.

Lorsque vous côtoyez une victime de violence conjugale, il est nécessaire de la soutenir et non la blâmer de vouloir rester avec son conjoint. De respecter son cheminement personnel par rapport à la situation. Dites-lui plutôt que vous êtes présents pour elle en cas de problèmes. Sinon, référez-la aux bonnes ressources.

Mythe no 5 le conjoint violent manifeste de l’agressivité dans toutes les sphères de sa vie et cherche à dominer tout son entourage

Faux. Les conjoints violents sont souvent charismatiques. Ils paraissent souvent bien en public.  Et non pas forcément de casier criminel. Ce qui laisse parfois planer le doute sur la crédibilité de la victime.

Par contre, après que la victime ait quitté définitivement le milieu, l’agresseur peut s’en prendre à l’entourage de sa victime. Il peut vouloir les intimider ou les faire souffrir d’une manière ou d’une autre.

En fait, ce que l’on sait, c’est que les personnes violentes utilisent plusieurs formes de violence envers leur victime. Personnellement, je les ai toutes subies. La grande majorité des agresseurs utilisent la violence psychologique (90%), d’autres la violence physique (66%) et le tiers des hommes la violence sexuelle.

Souvent, les hommes violents sont de jeunes ayant peu d’argent, qui un schéma social insécurisant et des symptômes de détresses psychologiques. En plus d’avoir des troubles issus de leur enfance.

Bref, ici ce sont quelques mythes qui sont en lien avec la violence conjugale. Il y en beaucoup d’autres. Je vous invite à réfléchir sur le sujet. Il y a énormément de sites sur le sujet.

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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