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Personnalité Noire, un petit top 5

Nous sommes à la fin du mois de l’histoire des Noir·e·s. Pour cette raison, voici un top 5 de « personnalité Noire » québécoise issue de l’immigration… ou non qui ont marqué l’histoire du Québec d’une manière ou d’une autre.

1ère personnalité Noire : Marie-Josèphe Angélique

Femme noire
Femme noire (c) Pixabay Strecosa

Notre première personnalité noire est Marie-Joseph-Angélique, une esclave qui a été exécutée en juin 1734 pour avoir mis le feu à un quartier de Montréal. Selon le site Encyclopédie Canadienne, elle serait née au Portugal au tournant du 18e siècle. Elle était la propriété de Thérèse de Couagne de Francheville. On ignore si elle a intentionnellement mis le feu au quartier des marchands, mais elle est devenue le symbole de la résistance des Noir·e·s et de la liberté. Non seulement elle a été condamnée à la pendaison et à brûlé sur le bûcher.

Récapitulatif

La Nouvelle-France est alors territoire esclavagiste. Cette période a duré 200 ans. L’histoire de Marie-Josèphe se situe au milieu. En avril 1734, en début de soirée, un incendie fait rage chez Thérèse de Couagne de Francheville sur la rue Saint-Paul (aujourd’hui dans le Vieux-Montréal). À cette époque, 387 bâtiments composent la ville. Sur ce nombre, une quarantaine d’entre eux sont détruits en quelques heures. Cela inclut l’Hôtel-Dieu qui vient d’être construit. Par chance, il n’y aucune victime, mais plusieurs sans-abri. Les accusations vont vite vers Marie-Josèphe, car elle est l’esclave de Couagne de Francheville depuis 9 ans. Selon la rumeur, c’était une tactique pour s’affranchir de l’esclavagiste et prendre la fuite du futur propriétaire de la maison qu’elle habite et avec qui elle a eu une relation. Mais il s’agit d’une rumeur, car selon les archives du procès, elle serait restée sur place à éteindre le feu avec sa propriétaire.

Jugement et condamnation

Deux jours après l’incident, Marie-Josèphe fut jugé par Pierre Raimbault de Juridiction royale de Montréal et propriétaire d’esclave. De plus, les avocats étaient interdits dans la colonie montréalaise. Il y avait donc un déséquilibre dans le procès, car Marie-Josèphe devait se défendre seule contre un esclavagiste. Le procès a duré six semaines et a réquisitionné une vingtaine de témoins, dont une petite fille de 5 ans sur qui tout repose, car personne n’a été capable d’affirmer sa culpabilité. Sa première condamnation était l’amputation de la main droite et le bûcher. Par contre, le Conseil supérieur du Québec a fait en sorte qu’elle soit pendue plutôt qu’amputée avant de passer au bûcher. Mais avant l’exécution, elle fut torturée en ayant les jambes broyées.

Pour en savoir plus

Un documentaire existe sur cette histoire. Les mains noires est réalisé par Tetchena Bellange, qui joue aussi le rôle de Marie-Josèphe. Un parc, près du Champs de Mars, porte aussi son nom.

2ème personnalité Noire : Juanita Westmoreland-Traoré

Droit (c) Pixabay Succo
Droit (c) Pixabay Succo

La deuxième personnalité noire, Madame Westmoreland-Traoré, a été la première juge noire du Québec. Née à Verdun, elle étudie à Montréal et à Paris. Westmoreland-Traoré a pratiqué quelques années avant d’enseigner à l’Université de Montréal et à l’UQAM. Elle coécrit plusieurs livres et est active auprès des communautés culturelles du Québec. Elle collabore au Rapport sur les attentes de la Communauté noire relatives au système d’éducation publique pour le Conseil supérieur de l’éducation du Québec en 1979 et au Comité d’implantation du plan d’action en faveur des communautés culturelles au début des années 1980. En 1985, pour une durée de cinq ans, elle est la présidente du Conseil des communautés culturelles et de l’immigration. Le mandat de cet organisme est le rapprochement interculturel.Par la suite, elle a travaillé comme arbitre à la Commission des droits de la personne en plus d’être active dans plusieurs associations humanitaires et comités exécutifs.

Aussi, depuis quelques années, l’UQAM remet une bourse portant son nom à un étudiant du département de sciences juridiques. Il s’agit d’ailleurs d’une initiative de diplômé du département en question. Par contre, elle a reçu de l’UQAM un doctorat honorifique en 2001 pour souligner son implication concernant les droits et libertés de la personne, en particulier ceux des minorités, des plus faibles et des discriminés.

3ème personnalité Noire : Yolande James

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Assemblée Nationale à Québec (c) Parkinson Québec

Troisième personnalité noire, Yolande James, ex-députée provinciale libérale du comté de Nelligan pendant 10 ans, sous le règne de Jean Charest. Elle a été ministre de 2007 à 2012 et est la première femme noire à faire partie du Caucus libéral. James s’occupait du portefeuille du ministère de l’Immigration et des communautés culturelles de 2007 à 2010 et celui de la famille de 2010 à 2012. Elle a pris sa retraite politique en 2014 et a rejoint les rangs de l’émission Les Ex à RDI, émission à laquelle elle participe toujours aujourd’hui. Elle a tenté un retour politique 2017, au Fédéral cette fois, mais sans succès.

Yolande James est née à Montréal en 1977 et a fait des études en droit civil à l’Université de Montréal et en common law à l’Université Queen’s. Elle est membre du barreau depuis 2004. Bien que les Noir·e·s soient arrivé·e·s au même moment que les blanc·che·s, leurs présences parlementaires s’est fait attendre. Le premier noir élu à la Chambre des communes est Lincoln Alexander. Et il faut remonter en 1968 pour le trouver. En politique, les Noir·e·s sont souvent sous-représenté·e·s. 1,2% des député·e·s s canadien·ne·s sont Noir·e·s, alors que 3% de la population le sont. Le Canada est en retard comparativement à d’autres pays.

4ème personnalité Noire : Bruny Surin

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Piste d’athlétisme (c) Pixabay Annca

La quatrième personnalité noire revient à Bruny Surin, connu pour faire de l’athlétisme. Il est d’ailleurs champion olympique et a représenté le Canada à quelques jeux olympiques. Il est né à Haïti et émigre au Canada alors qu’il est encore un enfant.  Ce n’est qu’à l’adolescence qu’il découvre le sport qu’il l’a fait connaître. Il participe à ses premiers Jeux panaméricains en 1987, alors âgé de 20 ans. Par la suite, il participe à plusieurs Jeux du Commonwealth et championnats du monde. Il assure sa présence aussi durant quelques Jeux olympiques. Il remportera quelques médailles durant sa carrière et fracassera quelques records.

Maintenant retraité de l’athlétisme, il participe à plusieurs conférences et parle énormément de motivation. Il s’implique dans divers organismes et fondations qui favorisent le bien-être des enfants.

5ème personnalité Noire : Dany Laferrière

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Dactylo (c) Pixabay rawpixel

La dernière personnalité noire est Dany Laferrière, l’un des écrivains chouchous des Québécois e·s. Né à Haïti et arrivé au Québec en 1976, Dany a seulement une vingtaine d’années lorsqu’il s’y établit. Son vrai nom est Windsor Klébet. C’est dans la précarité qu’il fait la connaissance d’une société en pleine effervescence. Lui-même se définit comme un clochard. Les Jeux d’été sont à Montréal et le Parti Québécois prend le pouvoir avec René Lévesque comme chef. C’est neuf ans plus tard que son premier roman, Comment faire l’amour à un nègre sans se fatiguer fait son apparition. C’est alors qu’il devient connu. Ce roman devient aussi un film quelques années plus tard.

Laferrière est un écrivain prolifique. En douze ans, il écrit environ 10 romans. Il s’amusera à peaufiner par la suite pour en faire de nouvelles éditions. Après le séisme qui a touché son pays en 2010, il crée de nouveaux livres. Durant sa carrière, il a reçu de nombreux prix. En 2013, il devient le premier Haïtien à l’Académie Française. Laferrière occupe d’ailleurs le fauteuil d’Hector Bianciotti. Pour lui, la couleur n’a pas d’importance. La langue l’est davantage. C’est ce que Laferrière met de l’avant en refusant d’être le porte-étendard d’une culture en particulier.

Conclusion

Grâce à ce texte, il est possible de voir que les Noir·e·s sont présents sur le sol québécois depuis longtemps. Ces gens font partis de l’histoire québécoise, et ce, malgré le fait que plusieurs disent l’inverse. Il s’agit d’une preuve qu’il faut toujours apprendre et s’éduquer parfois par soi-même et non forcément par les institutions scolaires. Du moins, il est important de vérifier et contre vérifier ce que l’on nous dit!

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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