Publié dans Diversité, Lectures

La vie en gros, vraiment ? Peut-être !

Dernièrement, j’ai lu le livre de Mickaël Bergeron : La vie en gros, regard sur la société et le poids. Le livre traite de diversité corporelle. Plus particulièrement de grossophobie. J’avais abordé le sujet cet hiver après avoir aperçu que je n’en parlais absolument pas.

Publié en mars 2019, aux Éditions Somme toute, ce livre est vraiment d’actualité. Le sujet est de plus en plus présent dans les sujets de discussion.

Le livre de 247 pages contient 98 chapitres… Oui, oui ! Mais je vous rassure. Il se lit vraiment bien. La majorité des chapitres ne contiennent que 2 ou 3 pages en moyenne. Parfois juste 1…

Ce que j’aime de ce livre ? Bergeron est parti de sa réalité pour aborder le sujet. Lui-même gros, il raconte sa vie sans gêne. Mélangé avec des études, des témoignages et d’opinions personnelles.

La vie en gros de Mickaêl Bergeron (c) Myrianne Lemay

Qui est Mickaël Bergeron ?

Bergeron gravite dans l’univers des médias et du journalisme depuis des années. Et comme je vous l’ai dit, il est gros. Il le dit d’emblée, parler de lui dans son livre n’a pas été facile. Et en lisant son parcours, on comprend pourquoi.

Avec les années, il a remarqué des patterns qui font qu’il gagne ou perds du poids selon la situation. Il parle aussi de son manque d’amour, de son opération bariatrique, de la relation qu’il a avec sa famille, son enfance, etc. Bref, de tout ce qui construit une personne.

Il parle de son poids en nommant les chiffres. Avant son opération, dans la trentaine, il pesait 484 livres. Il a perdu du poids après l’opération. Peut-être pas autant qu’il aurait voulu, mais il en a perdu. Mais je vous laisse lire le livre pour en apprendre plus sur son expérience personnelle.

Les thématiques… en gros

Plusieurs sujets sont abordés dans le livre. Ils sont savamment dosés. Je vous donne quelques exemples.

La diversité corporelle

En fait, lorsque l’on parle de diversité corporelle, on parle de la variété de corps qu’il est possible de voir dans la société. Dans le cas du livre, il est question du poids, de la grosseur. Mais il est aussi question de la grandeur, de couleurs, de handicap, etc.

Le vocabulaire est abordé dès le début du livre. Bergeron définit les mots gros, obèse, morbide, etc.

L’acceptation de la diversité corporelle est importante. Bergeron mentionne que beaucoup de préjugés sont véhiculés dans la société. Mais aussi dans le corps médical. Mais on en parlera dans une autre catégorie.

Les médias

Ce qui affecte notre relation avec notre corps, c’est les images que projettent les médias. Surtout en occident. Ces derniers nous disent d’apprendre à nous accepter tels que nous sommes, mais projettent des images de personnes photoshopées. Belle contradiction !

Les médias imposent ainsi un modèle de beauté aux gens. Alors que la beauté est subjective. Quelqu’un peut trouver une personne belle, alors qu’une autre non. Plusieurs facteurs influencent ce que l’on trouve beau. Par exemple, les Africains aiment les femmes rondes, avec des formes. Au Québec, je peux vous garantir que c’est moins fréquent.

L’alimentation

L’alimentation a un impact direct sur le poids. Mais la manière de s’alimenter varie selon différents facteurs. Si on a moins d’argent, on a une moins grande variété d’aliments. Moins de fruits et légumes, parce que trop dispendieux. Les pâtes et le pain blanc sont souvent au menu.

Encore là, la culture et l’éducation ont un impact sur notre manière de s’alimenter. Personnellement, j’aurais tendance à être végétarienne, mais j’ai des allergies particulières auxquelles je dois faire attention. Sinon, je peux être malade. Ce qui m’est arrivé l’an dernier. J’ai développé une nouvelle allergie à la pomme grenade. Je me suis mise à tellement tousser, que mon souper est ressorti assez vite… Et pourtant, je me suis fait dire que je ne pouvais pas être allergique. Qu’en fait je faisais une indigestion à cause de mon choix alimentaire. Pourtant, je n’étais pas la responsable des achats…

La santé

Un peu plus tôt, je vous parlais de préjugés au sein de la communauté médicale. Tu as mal quelque part ? C’est parce que tu es gros. T’es gros ? Tu es obligatoirement malade. Je me reconnaissais beaucoup d’ailleurs dans les propos des gens qui parlaient de ce sujet.

Nombre de fois qu’on me dit que forcément que je suis diabétique à cause de mon poids. Je ne lui suis pas. Par contre, ma relation avec le sucre a changé avec les années.

Ou que si j’ai mal au dos, c’est que mon corps me dit de maigrir. Pourtant, j’ai la colonne croche parce que je suis tombée en bas d’un cheval vers mes 12 ans. Période où j’étais dans mon poids santé.

L’amour

Lorsque l’on ne cadre pas dans le moule normal de la société, s’aimer peut être difficile. Recevoir de l’amour des autres l’est tout autant. Être intime avec une autre personne est compliqué.

Pourtant, on n’a pas besoin d’être gros pour éprouver cette problématique. Dans le livre, il y a un chapitre qui traite des différentes maladies liées à l’alimentation. Beaucoup tournent autour du fait de s’accepter soi-moi. De la manière dont l’on se perçoit. Du fait de manger ses émotions. Etc. Souvent, la relation que l’on a eue avec notre famille durant l’enfance a aussi un impact sur comment l’on se perçoit. Personnellement, je me suis fait dire toute mon enfance que j’étais grosse par ma mère et ma grand-mère. Pourtant, jusqu’à mon adolescence, j’étais dans mon poids santé. La situation a changé lorsque j’étais adolescente. J’ai été pensionnaire 3 ans et je me suis sentie abandonnée par ma famille. Alors, mon corps s’est exprimé en prenant du poids…

En conclusion

En bref, c’est un livre à lire. On parle de plus en plus de s’accepter en tant que personne. Pour cela, il faut prendre du temps pour se comprendre, mais comprendre aussi notre environnement. Et les raisons qui nous poussent à agir de la manière que l’on fait.

Pour acheter le lire, vous pouvez le faire ici, sur le site des libraires.