Publié dans Alimentaion

Le jeûne, le jeûne, ce n’est pas une raison pour se faire mal !

 Qu’est-ce que le jeûne ?

Selon le Larousse 2018, le jeûne est une privation d’aliment. Jeûner est donc le fait de s’abstenir de manger en pratiquant un jeûne ou une diète. Plusieurs raisons peuvent faire en sorte que quelqu’un se prive d’alimentation, comme la religion, un traitement médical ou par revendication.

Le Petit Robert 2009 rajoute que le jeûne soit une pratique volontaire ou non.  En ce qui a trait au jeûne religieux, il peut être total ou partiel, selon le cas, et sa durée est déterminée dans le temps. Jeûner est soit une façon de se priver volontairement de nourriture ou bien d’en être privé pour diverses raisons. La personne est donc à jeun durant cette période. Son estomac est donc vide de toute substance. Par contre, le terme est aussi utilisé, par exemple, pour un alcoolique qui n’a pas pris aucune goûte depuis un certain moment.

Mais d’où vient le jeûne ?

Pour Christian Mottet, MD PhD et Sophie Sierro, PhD, le jeûne chez l’humain serait dû aux différentes fluctuations alimentaires dans le temps. Donc être capable de se priver de nourriture est un avantage pour lui, car cela lui a permis de survivre. Grâce à ces restrictions, le corps humain s’est adapté à ce manque alimentaire. Notre métabolisme change graduellement afin que nos fonctions vitales soient maintenues. Elles le sont grâce aux réserves accumulées au fil du temps.

Les différents jeûnes

Il existe différentes manières de jeûner. Cela est variable selon la condition de la personne qui vit le jeûne. La situation médicale, sociale, économique ou culturelle, influence aussi la raison du jeûne. Certaines ressemblent plus à des diètes, mais il est intéressant de s’arrêter à ces différences.

  • Le jeûne total : ici, on ne prend absolument rien durant une période déterminée. Comme dans le cas du ramadan.
  • Le jeune complet ou hybride : il est permis de prendre de l’eau, mais pas de nourriture. C’est ce que les médecins proposent lors de prise de sang, par exemple.
  • La diète très faible en calories : les calories ingurgitées varient entre 220 kcal et 800 kcal par jour.
  • Le jeûne Buchinger : jeûne holistique et équilibré qui permet de prendre 250 kcal par jour de liquide comme du bouillon de légumes, jus de fruits, miel, etc. À cela s’ajoutent de légères activités physiques, de la méditation et de la médecine holistique.
  • Les jeûnes intermittents : il en existe plusieurs modèles. Jeûner une journée ou deux par semaine est un bel exemple.
  • La restriction calorique : il s’agit de diminuer d’au moins 30% de ses apports caloriques quotidiens. De ce que je comprends, il s’agit d’une variante de jeûne et de régime protéiné.

Pourquoi jeûner ?

En fait, il y a plusieurs raisons. Dans son livre À la table des philosophes, Normand Baillargeon nous parle du fait que le jeûne n’est pas seulement religieux. En effet, comme il a déjà été mentionné, il est aussi thérapeutique, mais aussi par revendication. Le plus à risque est le dernier, car il n’est pas autant contrôlé que les deux autres. Dans son livre, Baillargeon nous donne des exemples. On pense à Louis Lecoin au début des années 1960, à Gandhi, aux suffragettes anglaises. Plus proche de nous, Jacques Hébert avait fait un jeûne de 21 jours pour manifester son mécontentement contre la fin du financement pour le programme Katimavik, qu’il avait fondé 9 ans plus tôt. L’idée a été reprise en 2012 par des jeunes participants du programme lorsque les Conservateurs avaient mis fin de nouveau au financement du programme. Ils avaient jeûné 24 heures le 21 mai en mémoire du jeûne de Hébert.

Toujours dans son livre, Baillargeon nous dit que le jeûne n’est pas un péché. Ce qui est vrai, car les religions le permettent. Ce qu’elles considèrent comme péché est la gourmandise ! Le jeûne est présent dans les trois religions monothéistes, mais aussi dans d’autres religions. Ce qui ressort le plus dans les lectures concernant le jeûne religieux, ce sont les bienfaits spirituels qui ressortent. On parle, entre autres, de purifications du corps. Mais on peut jeûner pour des raisons philosophiques, comme jeûner pour manifester son mécontentement contre la société de consommation

La petite histoire du jeûne thérapeutique

En fait, on entend de plus en plus des jeûnes comme traitement. Pourtant, on peut remonter au 19e siècle pour faire l’expérience de la privation alimentaire comme traitement. Entre 1870 et 1930, ont fait des expériences personnelles à ce sujet et l’ont fait savoir. Aux États-Unis, l’un des premiers à en parler est le physicien Edward Dewey. Le docteur Herbert Shelton a aussi fait la promotion de l’hygiénisme, un mode de vie sain qui inclus l’auto guérison par le jeûne. En Allemagne, le docteur Otto Buchinger a fait l’expérience, en 1919, d’un jeûne de 21 jours où sa santé s’est améliorée. Il était atteint de polyarthrite rhumatoïde depuis deux ans. Maintenant, son nom est associé aux Cliniques Buchinger. Idem en Russie. Youri Nikolaïev, psychiatre, s’est retrouvé confronté à un patient qui refusait tous traitements et toute nourriture. Il décide donc de ne pas forcer le patient, se fiant à l’instinct de ce dernier. Les observations furent notées. Au bout de quelques jours, des changements positifs ont été remarqués. Nikolaïev a donc, par la suite, traité certaines maladies mentales par des jeûnes thérapeutiques de 25 à 40 jours.

Mais cela fait une cinquantaine d’années que le sujet est vraiment pris au sérieux en Europe et en Amérique. En Russie, par exemple, le jeûne est, depuis plus de 20 ans, au cœur des politiques de santé, au point où les cures de jeûnes sont remboursées. Auparavant, des études ont été menées sur des milliers de personnes pendant quatre décennies.

Le jeûne religieux

On pense souvent que le jeûne est réservé qu’aux musulmans lors du ramadan. Et non ! d’autres religions le pratiquent aussi comme le judaïsme et le christianisme. Chaque religion à sa manière de vivre ce jeûne spirituel. Dans bien des cas, on croit aussi que le jeûne à titre religieux peut guérir de maladies physiques, mais psychiques. Car nombreux sont ceux qui croient que le jeûne est une manière de purifier son corps, mais aussi son corps et son esprit. Le fait de manger est relatif au désir. Celui de se nourrir, mais aussi de partage et de relation avec l’autre.

Pour en apprendre plus sur les jeûnes religieux, le Grand Livre du jeûne, de Jean-Claude Noyer, peut vous en faire apprendre bien plus.

Le jeûne revendicatif ou grève de la faim

Le jeûne comme moyen de revendication est un concept relativement nouveau. C’est un moyen non-violent de demander et d’obtenir ce que l’on demande. Un exemple qui revient souvent lorsque l’on mentionne ce type de jeûne, c’est Gandhi. Pourquoi ? Ses jeûnes ont contribué à l’indépendance de l’Inde, mais aussi à sensibiliser les gens à la violence faite entre hindous. Mais le jeûne comme moyen de protestation est bien plus.

Petit historique du jeûne revendicatif

Comme je viens de le mentionner, jeûner à titre revendicatif est tout nouveau. Cela fait tout au plus 100 ans que les gens jeûnent pour revendiquer. Les suffragettes anglaises l’ont faite dès 1905. Elles étaient en prison pour avoir demandé le droit de vote pour les femmes. Durant leur emprisonnement, elles ont fait la grève pour attirer l’attention sur la cause. Ce qui fonctionna qu’à moitié, car le Gouvernement appliquait la loi « Chat et Souris ». Les grévistes trop faibles pouvaient sortir, mais regagnèrent la prison dès qu’elles allèrent mieux.

L’armée républicaine irlandaise a fait une grève similaire lors de la guerre d’indépendance de l’Irlande entre 1919 et 1922. En 1920, une grève de 94 jours fut donc faite à la prison de Cork.

Le jeûne en bref

On a pu voir qu’il existe trois types de jeûnes. Le premier est thérapeutique. Les jeûneurs se prêtant au jeu veulent donc se soigner d’une maladie de manière moins conventionnelle, mais qu’ils jugent plus efficace. Le deuxième est le jeûne religieux. En adhérent à une religieux, on accepte, dans bien des cas, à prendre une période de purification corporelle, psychique et spirituelle. La manière de jeûner différente d’une religion à l’autre, mais le but premier est de se rapprocher de Dieu en faisant, entre autres, un sacrifice au niveau de l’alimentation. En terminant, on a pu voir que le troisième type de jeûne semble être le plus délicat. Car pour la grève de la faim, le jeûne peut durer plusieurs jours et mettre en péril la vie des grévistes. Le fait qu’il n’y ait aucune supervision médicale ou de règles précises à ce sujet, cela a un impact sur la manière de jeûner. Une chose est sûre, c’est que le jeûne permet d’aborder des sujets sensibles ou des injustices qui doivent être pris en charge par les autorités concernées.

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Les religions ? La conversion religieuse ? Mais qu’est-ce que c’est que tout ça?

On entend parler beaucoup de laïcité et de religions au Québec. Les conversions sont aussi un drôle de phénomène qui semble susciter la haine ou la fascination des gens.  C’est comme ça depuis longtemps, mais les dernières années davantage. Avec ce texte, je vais tenté de démystifier la religion. Si vous voulez en savoir plus, consultez le document sur Les conversions religieuses survol du phénomène. Il s’agit du thème que j’ai abordé en janvier dernier dans la première conférence.

Qu’est-ce que les religions ?

L’origine du mot n’est pas définie en tant que telle. Par contre, on sait qu’en français, le mot est d’origine latine et provient de deux verbes : ligare (lier) et religare (relier). Grâce à ces verbes, on peut donc composer le mot religio. Il est donc aussi possible de définir la religion comme étant une liaison entre un croyant et une divinité. Selon le Larousse, trois définitions sont possibles. On pourrait résumer les différents emplois de ce mot comme suit : une adhésion à une doctrine religieuse déterminant les croyances, dogmes, pratiques et rites de l’homme par rapport à ce qu’il considère comme sacré.
Pour Angelo Brelich, historien des religions et anthropologue hongrois, le concept de la religion passe par un certain contrôle d’une réalité abstraite où les capacités de l’être humain sont inutiles. On peut donc en conclure que pour Brelich, la croyance est une manière pour l’homme d’avoir un pouvoir sur ce qui ne peut contrôler. Pour Clifford Geertz, anthropologue américain, la religion est perçue comme un symbole permettant l’expression tangible de ce qui ne l’est pas. Cela permet d’expliquer, en quelque sorte, l’inexplicable et donne un sens à ce qui semble ne pas en avoir. Toujours selon Geertz, la religion permet de voir le monde autrement, soit en le régularisant et en le configurant de manière à ce que notre morale ait une concordance avec notre vécu.

Quelles sont les religions les plus importante dans le monde ?

Cartographie des religions (c) Wikipédia

Selon Wikipédia, les 5 religions suivantes sont les plus importantes dans le monde, ici placées en ordre alphabétique et non par importance.

  • Animisme ;

Il s’agit d’une croyance selon laquelle les êtres vivants ou les objets sont animés par un esprit ayant une force importante. Ces esprits peuvent être des défunts ou des manifestations animales.

  • Bouddhisme ;

Selon les points de vue, il peut s’agir d’une religion, d’une philosophie ou un mélange des deux. Ses origines sont indiennes et sa naissance est dû à l’éveil et aux enseignements de Siddhartha Gautama 500 ans avant notre ère.

  • Christianisme ;

Deuxième religion abrahamique de trois, juste après le judaïsme et avant l’islam, le Christianisme est basé sur l’enseignement et la vie de Jésus que l’on croit comme étant le Messie annoncé dans les textes sacrés de l’Ancien Testament. La croyance en sa résurrection est importante et est au cœur des pratiques chrétiennes, car elle est le synonyme de la libération du mal. Il existe trois branches chrétiennes : le catholicisme (51%), le christianisme orthodoxe (11%) et le protestantisme (38%).

  • Hindouisme ;

L’une des religions les plus anciennes dans le monde. Elle n’a ni fondateur ni lieux de culte et est pratiquée actuellement dans 85 pays, mais elle demeure principalement dans le secteur de l’Inde, pays l’ayant vu naître. Les hindous croient en l’autorité de Veda qui est apparu aux Rishi par l’intermédiaire de Brahma selon un aspect non humain. L’hindouisme est basé sur des concepts philosophiques de traditions orales indiennes, proche de l’animisme. L’hindouisme préenvahissement islamique et colonial avait un poids énorme en matière de savoir.

  • Islam

L’Islam est la dernière religion abrahamique basée sur le monothéisme. L’Islam signifie être soumis à Dieu et est de la même racine que le mot paix (salam). Le Coran est le livre sacré et a été révélé à Mohammed par Allah grâce à l’intermédiaire de l’archange Gabriel.

Par contre, selon le site The Big Religion Facts, le nombre de religions et de croyances dans le monde est estimé à plus d’une quarantaine. Il y a évidemment des sectes dans la liste, mais il en manque beaucoup. Dans les religions susmentionnées, plusieurs ont des mouvements qui en découlent pour diverses raisons. Ces mouvements peuvent être perçus comme des sectes ou ne pas l’être. Selon Gilbert Klein, auteur de Les sectes et l’ordre public, cela dépend si le comportement sectaire porte atteinte aux droits de l’être humain et à son équilibre social. Par contre, l’utilisation du terme « mouvement religieux » influence les sectes à être plus dangereuses déforment la réalité en se donnant une image positive de leur groupe.

Étymologie de la conversion

Comme beaucoup de mots français, le mot conversion vient du latin. Le mot latin est similaire, soit conversio, mot inspiré du grec épistrophé. La signification de ce mot ? Il peut en avoir plusieurs, mais on s’entend majoritairement pour dire qu’il y en a trois. Tout d’abord, c’est un retour sur ses pas. On peut aussi l’utiliser comme un changement d’attitude, surtout liée à une vision positive de valeurs millénaires. En dernier lieu, on peut désigner la conversion comme étant un choix entre deux systèmes de pensées. Il faut donc comprendre qu’à la base, une conversion consiste à un choix délibéré vers des valeurs positives qui perdurent dans le temps.

Selon différents dictionnaires, la conversion peut se traduire par une action menant à une adhésion ou à l’adoption de nouvelles croyances, idées ou pratiques qui s’opère par un changement d’opinion ou un retour vers une morale que l’on souhaite observer. Si l’on se fie au dictionnaire Littré, publié à la fin du 19e siècle, il s’agit de l’ « action de tirer les âmes hors d’une religion qu’on croit fausse pour les faire entrer dans une religion qu’on croit vraie. » C’est dit crûment, mais c’est tout de même vrai. Cela peut être, toujours selon Littré, un retour aux pratiques de religieuse qu’on négligeait.

Conclusion étymologique

Si l’on analyse le tout, on peut conclure qu’il y a deux types de conversion religieuse. La première est le fait de quitter une religion que l’on juge fausse vers une religion que l’on croit véridique. La deuxième est le fait de revenir sur les enseignements religieux que l’on a reçus enfant. Dans un cas comme dans l’autre, cela a un impact sur nos idées, opinions, pratiques et comportements.

Par contre, certaines personnes n’aiment pas utiliser le terme converti. C’est le cas d’Éva de Vitray Meyerovitch, convertie à l’islam en 1950. Certains parlent de transition, de transformation, voire de réorientation ou même de réforme. Plusieurs manières de nommer la conversion, mais qui restent toujours dans le domaine du personnel ou du spirituel.

La conversion religieuse, ça toujours existé ?

Oui, ça a toujours existé, et ce, partout dans le monde. Ici, le phénomène est relativement nouveau et associé à l’immigration. De nombreux projets de Maîtrise et de Doctorat portent d’ailleurs sur le sujet.  C’est le cas de Juliette Galonier, qui a fait sa thèse de doctorat sur les conversions à l’Islam en France et aux États-Unis. Selon elle, la fascination pour les conversions remonte au 16e siècle. D’après ses recherches, entre 1500 et 1750, des centaines de milliers d’Européens se sont convertis à l’Islam. Pour l’Église chrétienne, ils étaient des renégats, car ils avaient renié leur foi. Il faut dire qu’à cette époque l’Empire ottoman était beaucoup plus puissant que l’Europe et que cela a un impact sur les conversions. Il existe aussi plusieurs types de conversions : par amour, par conviction, par affaire ou en raison de la force.

Processus de conversion

On peut aussi prendre l’exemple de Géraldine Mossière, anthropologue et professeure adjointe à la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Montréal, qui, dans son livre Converties à l’islam. Parcours de femmes au Québec et en France, parle du processus de conversion des femmes vers l’Islam. Selon ses recherches, le processus de conversion s’étale sur 9 étapes qui peuvent s’étirer dans le temps et selon ou non un ordre précis. Cela dépend de chaque personne et de son évolution dans le processus.

Les 9 étapes de conversion

  1. « Rencontre avec une personne-clé ou un agent de conversation musulman de naissance, pratiquant ou non
  2. Cheminement personnel et de recherche d’information sur l’islam à l’aide d’outil Internet, la lecture du Coran et apparition progressive de la conviction de l’existence de Dieu et de la véracité de l’Islam.
  3. Craintes et hésitation devant les changements éventuellement induits par la conversion dans le quotidien, dans les relations sociales et dans la vie personnelle, recul temporaire.
  4. Création de nouveaux liens sociaux avec des musulmans pratiquants, de naissance ou converti
  5. Adoption progressive de pratiques de valeurs musulmanes
  6. Décision d’entrer dans l’Islam et profession de foi prononcées dans des circonstances inattendues
  7. Socialisation dans l’islam via un apprentissage intensif de corpus de croyances et de pratiques, construction d’une appartenance à la communauté musulmane via un mode de sociabilité plus ou moins exclusif avec des sœurs musulmanes, changement graduel du comportements et incorporation de pratiques sociales, rituelles, vestimentaires et alimentaires
  8. Annonce plus ou moins explicite de la conversion dans le cercle non musulman
  9. Gestion éventuelle des conflits et négociation identitaire avec l’environnement d’origine et l’adoption, le cas échéant, du port du voile.[1] »

Nouveautés

On peut donc en conclure que pour la personne qui se convertit à une nouvelle religion, le processus implique donc plusieurs nouveautés : le langage, les idées, le discours, le comportement, etc. Pour beaucoup de gens, la religion est une source de force et de certitude. Elle leur procure un sentiment d’appartenance, de l’espoir et une conviction plus forte. Elle est aussi source d’implication sociale et de régénération personnelle.

Contexte

Mais dans un autre document, La conversion religieuse : approches épistémologiques et polysémie d’un concept, Mossière explique que « chacune des religions et spiritualités évoquées est singulière et s’inscrit dans le contexte social, historique, géographique et démographique dont elle est le produit.[2] » Dans les exemples cités dans ce document, on peut constater que l’aspect religieux et l’aspect socioculturel peuvent être, dans certains cas, intimement liés l’un à l’autre, mais ce n’est pas le cas des religions dites universelles. Ces dernières focalisent davantage sur les rites religieux que sur les rites culturels. Par contre, il y a une nuance à apporter.

Type de conversion ?

C’est ce que proposent Kirby et Blanky en différenciant la conversion culturelle et la conversion religieuse. En Afrique, les conversions religieuses ne changent rien à l’identité culturelle des gens. Par contre, dans ailleurs dans le monde, ce n’est pas forcément le cas. Krammer donnait, en 1990, l’exemple de la Birmanie ou de la Thaïlande. Par exemple, chez les Akha, la culture et le religieux ne font qu’un. Tant et aussi longtemps que le groupe est socialement solidaire, les conversions n’auront pas lieu. Par contre, l’inverse est aussi vrai.

Références des citations

[1] Mossière Géraldine (2013) Converties à l’islam. Parcours de femmes au Québec et en France, Presses de l’Université de Montréal, p. 74

[2]  Mossière, Géraldine (2007) La conversion religieuse : approches épistémologiques et polysémie d’un concept, Université de Montréal, p. 4A

Publié dans Affiliation, Islam

Janato Atfale, une nouvelle affiliation pour le monde de l’autre

Janato Atfale, mais pourquoi ?

Je sais que sur les différents médias sociaux du monde de l’autre, et même dans quelques recherches sur internet, plusieurs musulmans sont présents et visitent, d’une manière ou d’une autre, le site. Alors, j’ai pensé à vous, car habituellement, je tente de faire comprendre l’Islam à ceux qui ne le connaissent pas. Mais aujourd’hui, c’est l’inverse. J’ai pensé vous aider à apprendre un peu plus votre religion en vous présentant le site Janato atfale. Il s’agit d’un endroit où des DVD-ROMS et des CD-ROM d’éducation islamique sont en vente. Honnêtement, ce site doit être connu de tous les musulmans. Je vous explique pourquoi…

affiliation Janato Atfale
Capture d’écran (c) Myrianne Lemay

Mais qu’est-ce que Janato Atfale?

Janatoatfale, une compagnie Montréalaise, accessible aux musulmans. Son but est de leur permettre, autant au Canada qu’ailleurs dans le monde, de développer leurs connaissances islamiques. Le public est très large. En effet, enfants et adultes, femmes et hommes confondus, sont la cible des différents documents offerts sur le site. Pour les enfants, l’apprentissage de la langue arabe et de l’islam est possible par des jeux ou encore des vidéos éducatives concernant différentes histoires tirées du Coran. Pour les adultes, plusieurs sujets sont abordés comme le mariage, l’éducation des enfants, la femme dans l’islam, la science et le coran, le repentir et la correction des erreurs ainsi que la description des chi’ites. Le Coran et des conférences sont disponibles. Chaque sujet ayant son propre support. Il faut préciser que les documents sont majoritairement en arabe, mais qu’il en existe en français. Il suffit de chercher un peu pour les trouver. Les prix sont abordables et raisonnables. Les commandes peuvent être envoyées partout dans le monde.

Qui en est le responsable de Janato Atfale?

La personne responsable du site est au Canada depuis plus de vingt ans. D’origine algérienne, elle a toujours cherché la vérité et souhaite la partager avec le plus de musulmans possible afin de leur éviter l’égarement. Le travail rigoureux réalisé afin d’offrir des ouvrages de qualité abordables pour tous. Les documents vendus sur les site eurent maintes vérifications. Ce qui fait que les informations choisies le sont avec exactitude. Basées sur le Coran et les enseignements du Prophète,  elles sont véridiques, rien de moins.  Rien n’est donc laissé au hasard. Ainsi, le travail exécuté par l’instigateur de ce site est important et consciencieux. Les CD-ROM et les DVD-ROMS permettent aussi un apprentissage proactif, car la navigation y est facile et qu’on peut y aller à son propre rythme.

Les produits de Janato Atfale

Janato Atfale offre des produits de qualités que l’on peut donner à tous, dont soi-même, ainsi qu’à toutes personnes qui souhaitent apprendre davantage sur l’islam. Donc, si vous ressentez le besoin d’en apprendre davantage sur votre religion ou que vous avez des connaissances qui ont le même désir, allez visiter le site. Vous y trouverez tout pour combler vos besoins. Et sûrement davantage. De plus, si vous ne connaissez rien à l’islam, vous pouvez faire un tour sur le site pour voir ce qui est en ait. Le site est disponible en trois langues : arabe, français et anglais.

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Les Nouvel an de 2018

Nous sommes le premier janvier 2018. Selon le calendrier grégorien, évidemment. Mais selon les différentes religions du monde, le Nouvel An ne se fête pas à la même date ! Comme je l’ai dit dans un post sur cinq fête chrétienne, le Nouvel An d’aujourd’hui y tire son origine. Plusieurs la fêtent, mais les raisons divergent. Voici cinq Nouveaux Ans qui se vivent différemment.

Nouvel An chinois

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(c) Pixabay Wiroj

Comme plusieurs nouvelles années religieuses, le Nouvel An chinois se base à la fois sur la lune et le soleil. Donc change de date chaque année, mais toujours quelque part entre janvier et février. Sensiblement le même principe que Pâques pour les chrétiens. Cette année le Nouvel An chinois sera le 16 février, soit lors de la deuxième nouvelle lune de l’hiver et est associé à l’arrivée du Printemps… Qui arrive décidément beaucoup plus tôt qu’au Québec.  Évidemment, plusieurs festivités y sont associées et elles varient selon l’endroit. La diaspora chinoise la fête énormément. De ce que je comprends, les Chinois qui me lisent me corrigeront, si je me trompe, mais les célébrations entourant le Nouvel An chinois durent trois jours et comprend un réveillon, le jour du Nouvel An et le deuxième jour de la nouvelle année. Les préparations relatives à la fête commencent une semaine avant avec le petit Nouvel An, une sorte d’adieu aux Dieux qui sont dans les foyers. Ces derniers doivent faire un long voyage pour rapporter à l’Empereur de Jade, les faits et gestes de la famille qui était sous sa gouverne. Chaque année a son animal attitré. Les enfants qui naîtront après le 16 février de cette année seront des chiens. Ceux nés avant, des coqs. En tout, 12 animaux se succèdent année après année.

Nouvel An juif

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Roch Hachana est la fête qui célèbre la nouvelle année civile du calendrier hébraïque. On l’appelle aussi « jour de la sonnerie » ou « du souvenir de la sonnerie ». Elle est également considérée dans la tradition rabbinique comme le jour du jugement de l’humanité. À ce moment débute une période de pénitence de 10 jours qui se conclut par Yom Kippour. La fête dure les deux premiers jours du mois de tishri. Comme c’est le cas pour le Nouvel An chinois, les dates sont variables, mais sont toujours quelque part en septembre ou en octobre. Le Nouvel An juif est une période d’introspection qui amène au repentir. En 2018, le Nouvel An sera en septembre, du 9 au 11.

Nouvel An islamique

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Cette année, à la même période, sera le Nouvel An islamique. La journée du 11 septembre sera le changement d’année du calendrier hégirien. En fait, il y a 1440 ans en septembre, le prophète quitta la Mecque pour aller s’établir définitivement à Médine. Bien que la révélation coranique est présente dans la vie des musulmans depuis plus ou moins une dizaine d’années, aucun calendrier n’existe pour marquer les années islamiques. L’événement de la migration fut choisi, car il représente une grande étape dans l’histoire des musulmans. Le calendrier musulman est basé uniquement sur la lune. Le soleil servant à distinguer la nuit et le jour, la lune permet de savoir l’évolution dans le mois et l’année. Le mois débute au moment de la nouvelle lune. Lorsqu’elle est pleine, nous savons que nous sommes au milieu du mois. Lorsqu’elle disparaît à nouveau, c’est un changement de mois. Les mois sont de 29 à 30 jours maximum ce qui fait que le calendrier musulman décale de 10 jours plus ou moins sur le calendrier grégorien. Par contre, contrairement aux autres religions, les musulmans ne fêtent pas le changement d’année, ou du moins, ne sont pas censés le faire… La culture prend beaucoup plus de place que la sunna dans bien des familles.

Nouvel An bouddhiste

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(c) Pixabay lisadavis0308

Ce Nouvel An est célébré dans les pays de l’Asie du Sud-Est comme la Thaïlande, le Cambodge, le Laos, le Sri Lanka ou la Birmanie. Ce sont les pays qui pratiquent le bouddhisme theravada, doctrine originelle du Bouddha Shākyamouni. Le Nouvel An bouddhiste débute lors du sixième jour du décroissement de la lune du cinquième mois solaire et le sixième jour de croissement de la lune du sixième mois solaire. Mais le principal de la fête semble se faire que sur trois jours, soit plus ou moins au moment de la pleine lune. Il s’agit d’une fête familiale où la visite et les prières à Bouddha sont importantes. L’eau est aussi importante, car le Nouvel An se fête dans la période de l’année la plus chaude. Comme pour le Nouvel An chinois et le Nouvel An juif, l’introspection et les rituels sont importants pour s’assurer d’une meilleure année.

Nouvel An chrétien

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(c) Pixabay rawpixel

Probablement celui que je connais le mieux, car il a fait partie de ma vie pendant trop longtemps. Malheureusement! Comme je vous l’ai déjà mentionné dans un autre texte, on l’appelle aussi la St-Sylvestre et est fêté la première journée du calendrier grégorien ! La veille, bon nombre de personnes se réunissent pour célébrer son arrivée. Selon le site Parents Momes, pour les Romains, janvier est lié à la divinité Janus, dieu des portes et des commencements. Le nom du mois est inspiré du nom de la divinité. Janus avait deux visages : un vers le futur, l’autre vers le passé. Ils fêtaient donc, le Nouvel An en janvier. Mais ce n’était pas la seule date qui était utilisée pour le changement d’année. À l’époque de Charlemagne, c’était le 25 décembre. Pour d’autres, c’étaient à Pâques.

Ce n’est qu’en 1622 que la date a été fixée au premier janvier, tel qu’on le connaît aujourd’hui. Pourquoi cette date? Le Pape de l’époque voulait simplement unifier le calendrier des fêtes religieuses catholique. Je me souviens, au secondaire, je crois, qu’on disait que le jour de l’an a déjà été le premier avril! Le changement de date pour le 1er janvier serait à la naissance du poisson d’avril! Je ne sais pas si c’est fondé, par exemple.

Publié dans Linguistique

Quelques définitions sur des notions essentielles

La semaine dernière, je vous avais parlé du Guide du mieux vivre ensemble, ma laïcité., ma religion. Mon identité. Ce livre m’a donné l’idée de définir avec vous quelques notions qui peuvent vous permettre de comprendre les choses. Vous êtes prêts?

Accommodement

Selon le Larousse 2018, il s’agit d’un arrangement à l’amiable. On parle d’harmonisation son comportement avec une situation vécue. Selon Le petit druide des synonymes et des antonymes, il est question de s’habituer à l’autre, de s’adapter à lui. Est-ce que cela signifie que c’est réservé qu’aux minorités culturelles ? Et non, ce n’est pas que pour eux. Dans ce cas-là, les deux doivent s’accommoder. Mais si on parle d’une personne malade ou ayant un handicap, est-ce que c’est la même chose ? Non, parce que la personne étant dans cette situation n’a pas choisi d’y être. Pas tout à fait! Comme dans le cas de certains migrants.

Je suis d’accord que certaines demandes ne sont vraiment pas raisonnables et c’est le cas de certaines minorités. Par contre, au Québec selon le Comité des droits de la personne et des droits de la jeunesse, ce n’est que 35% des demandes d’accommodement qui ont comme motif la religion! En ce qui concerne l’accommodement lié à un handicap, on parle de 48% des demandes. On a qu’à penser à l’accessibilité universelle!

Assimilation

Ici, il est question d’intégration, mais cela va plus loin que juste s’intégrer. En psychologie, on parle de reconstitution identitaire afin de se sentir semblable aux autres. Est-ce que c’est une bonne chose? Je ne sais pas. Selon une étude menée en 2013, ce n’est qu’une minorité des allophones qui s’assimilent (10%) ou qui vivent un repli identitaire (30%). La grande majorité (60%) s’intègre parfaitement à leur nouvelle société d’accueil en faisant un savant mélange de ce qu’ils connaissent et de nouveautés.

Discrimination

La discrimination est le fait d’isoler un groupe par rapport à un autre selon des signes distinctifs. On pense à la race, au sexe, à l’âge ou à la scolarité, en fait tout ce qui fait qu’il y est une démarcation entre deux groupes. Un synonyme assez puissant est la ségrégation. Juste à l’écrire, je pense à toute l’histoire des noirs aux États-Unis ou à l’apartheid en Afrique du Sud. Selon Wikipédia, à la base, la discrimination était neutre. Par contre, lorsque l’on associe à un aspect social, elle a une connotation négative. Il est vrai que dans certains domaines, il faut savoir mettre de côté certaines choses. Mais lorsque l’on discrimine pour des raisons non justifiables, est-ce vraiment de la discrimination?

Injustice

Ça, je crois qu’on en a tous vécu à un moment ou un autre dans notre vie. Souvent, cela réfère à un acte qui nous semble inéquitable entre deux personnes. On croit, à tort ou à raison, qu’il y a eu une erreur de jugement ou du favoritisme et cela nous affecte personnellement. On vit de la colère, de l’humiliation… ça affecte notre confiance et on se remet en question. La justice est un principe moral impliquant le respect de ce qui est conforme au droit. Donc, il est tout à fait normal qu’on soit atteint en tant que personne et qu’il faille lutter pour qu’elle nous soit rendue.

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Laïcité

Un mot malmené ici! Selon Patrice Banon, du Guide du mieux vivre ensemble, ma laïcité., ma religion. Mon identité, mentionne qu’il s’agit d’un « système qui permet à une diversité de religions de cohabiter » et que tous concitoyens ont des droits égaux. En fait, selon le Larousse 2018, il est question de la séparation entre la religion et la politique. Ce qui fait que, dans certains cas, la ligne est mince et que den d’autres cas, la séparation est flagrante. La laïcité est souvent associée aux différents milieux où la religion catholique est majoritaire, mais ou d’autres religions sont présentes. La France et le Québec se disent laïques, car dans la politique, il y a une réelle volonté de séparer l’État de la religion. Par contre, dans les faits, c’est autre chose, car on fait souvent référence à l’identité religieuse des autres pour se définir.

Liberté d’expression

George Orwell disait que de « parler de liberté n’a de sens qu’à condition que ce soit la liberté de dire aux gens ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre. » Il n’a pas tort. Du moment que cela soit fait avec respect et qu’on sache distinguer la limite à franchir. Ce qui n’est pas toujours simple. Il ne faut faire attention à ne pas tomber dans l’injure ou dans la provocation à la haine. On ne peut pas être d’accord avec l’idée d’autrui, mais respecter son opinion est aussi important que le respect de la sienne. Et si l’on veut que l’on se fasse respecter en tant qu’individu, il faut respecter l’autre aussi. Il n’y a pas d’autre choix, car cela peut éventuellement causer des débordements… que l’on voir trop souvent, malheureusement.

Neutralité

Je ne sais pas pour la France, mais au Québec, la laïcité et la neutralité sont des notions souvent confuses dans la tête des gens. En fait, la neutralité en matière de religion est un sujet sensible. La neutralité réfère au fait de rester neutre dans un contexte précis. Donc, on ne doit pas prendre parti pour un parti plus qu’un autre. Est-ce que la religion fait en sorte que quelqu’un manque de jugement, s’il porte un signe quelque conque. Non, si la personne a obtenu son poste, c’est que les ressources humaines ont jugé qu’elle était capable de remplir les fonctions qui y sont liées… ou qu’il y a quelque chose de louche qui est caché (pots-de-vin, l’enfant du boss, etc.)

Préjugés

Les préjugés sont des jugements provisoires qui sont créés à partir d’idées préconçues et souvent sans prise de conscience. C’est là que les phrases toutes faite du genre « on sait bien, vous autres…» et autres commentaires irréfléchis interagissent avec la réalité. Personne ne sait ce que peuvent les autres et il est impossible d’être dans leurs souliers même que cinq minutes. Les préjugés ne sont que des suppositions sur quelque chose que l’on ne connaît pas réellement.