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La journée du livre haïtien

Depuis 2008, se tient la Journée du livre haïtien. Qu’est-ce que cela représente ? Une très belle visibilité pour les auteur·e·s porteur·euse·s de cette culture. On connaît déjà Dany Laferrière, mais il ne représente pas la culture haïtienne à lui seul. Donc, pour la 11e édition, qui a eu lieu samedi, le Centre N A Rive a laissé place aux femmes haïtiennes. Parce qu’« il y a beaucoup de questionnements autour de la place des femmes ces derniers temps. Ça ne passe pas uniquement par la littérature, mais aussi par le théâtre, le cinéma. Il y a tout un mouvement autour de la chose. » L’événement toujours lieu dans la 3e semaine du mois d’août. Tout le monde était invité à participer à l’événement, favorisant ainsi la mixité sociale et l’interculturalité entre deux communautés.

Pourquoi cette journée du livre haïtien dédié aux femmes ?

Une journée par année est réservée aux livres haïtiens. Le but est de faire découvrir la culture haïtienne sous plusieurs angles, principalement les livres. Mais tout y passe : musique, cuisine, discussions et rencontres. Bref, tout ce qui touche l’identité haïtienne et sa diversité. Cette année, la place des femmes est au centre de la journée. En effet, dans la culture haïtienne, c’est l’image de l’homme qui ressort davantage lorsque l’on parle de littérature. On parle d’indifférence et d’hostilité envers les auteures. Plusieurs écrivaines se sentent même blessées. Du moins, c’est ce qui est sorti du projet de Martine Fidèle, Écorchée vivantes, publié en 2017 chez Mémoire d’encrier. Les neuf participantes n’avaient pas de thème imposé et ont écrit des nouvelles qui ouvrent la parole sur la difficulté d’être femme en Haïti. On y parle beaucoup du caractère féminin. L’écriture étant une forme de résistance pour bon nombre de femmes.

Capture d’écran du livre Écorchées vivantes, collectif sous la direction de Martine Fidèle (c) Myrianne Lemay

Les choix de livres haïtiens

Le comité organisateur de cette journée travaille avec plusieurs maisons d’édition. Le principal critère de sélection est le fait d’être un·e auteur·e d’origine des Caribéennes. Mais le fait d’être sensible à cette culture et sa diversité est un point à considérer. Les écrivain·e·s ayant publié un premier livre dans l’année précédant l’édition en cour, soit entre septembre et août. Mais les publications des trois années précédentes sont aussi incluses dans le choix de sélection. Les choix les plus appréciés ? Les romans, les nouvelles, la poésie, les essais et les livres pour enfants. Donc, une grande variété de livres d’une nouvelle génération d’auteur·e·s est présentée à un public intéressé par cette diversité littéraire. Il s’agit pour les participant·e·s d’un beau moment de rencontres, favorisant l’interculturalité entre haïtien·ne·s et les gens issus d’ailleurs dans le monde.

L’histoire d’Haïti et des Haïtien·ne·s

On le sait, Haïti s’est construit en raison de l’esclavagiste. Les Espagnols déportaient des noirs d’Afrique et ce n’est qu’en 1804, après une révolution, que l’indépendance de la Perle des Antilles fut acquise. Il s’agit du premier pays indépendant dirigé uniquement par des noirs. Mais cela n’empêche pas les difficultés de s’enchaîner dans le pays. Les catastrophes naturelles, la politique instable, le manque de ressources font que le pays a souvent besoin d’aide humanitaire. Grâce à cela, une relation s’est établie entre le Québec et Haïti. Beaucoup d’immigrant·e·s sont venu·e·s à la suite du règne Duvalier ou à la suite de catastrophes naturelles, comme le tremblement de terre de 2010. Malgré la diversité de richesses qu’à ce pays, l’homme a toujours eu une place primordiale. Donc, tout au long de son histoire, la violence faite aux femmes est présente. Et ce, dans une grande majorité des sphères du pays.

La littérature et les Haïtien·ne·s

Lorsque l’on fait des recherches sur le sujet, on trouve majoritairement des noms d’hommes. Il s’agit peut-être d’un effet de l’esclavagiste. Mais actuellement, ce qui frappe le plus est la présence des travailleurs humanitaires. Les ONG arrivent dans ce pays avec une manière d’agir qui n’est pas toujours adapter à la situation, notamment, la violence faite aux femmes. La littérature haïtienne en parle abondamment. En même temps, elle permet de défaire l’idée du misérabiliste que le Québec à d’Haïti. Les mouvements féministes sont très présents dans ce pays, et ce, depuis longtemps. Cela se reflète aussi dans la littérature. Ce qui est important, c’est que les francophones du monde entier aient accès à cette littérature haïtienne. Celle des femmes en particulier.

Bad Féministe, exemple d’haïtienne

Outre le livre mentionné plus tôt, un bel exemple d’Haïtienne féministe et auteure est Roxane Gay. Elle est née et a grandi aux États-Unis, mais a toujours vécu une réalité particulière du fait qu’elle soit noire. Dans son livre Bad féministe, elle nous raconte sa réalité, mais conteste les structures en place avec l’optique du féministe intersectionnel. Le livre est intéressant et nous permet de réfléchir sur ce que les autres peuvent vivre. Le point accrocheur de ce bouquin est le fait que l’auteure sait de quoi elle parle, car c’est son quotidien. Elle parle de sa réalité de noire, de sa position privilégiée dans un pays qui ne lui n’est pas nécessairement favorable. En fait, ce livre aborde aussi l’aspect identitaire de la culture. Tout y passe, les stéréotypes, les clichés, les bons et mauvais coups…

Capture d’écran du livre Bad Féministe de Roxane Gay (c) Myrianne Lemay

 

Bref, la place des femmes dans la littérature haïtienne est importante. Elle permet de remettre les pendules à l’heure sur une situation que l’on ne connaît pas forcément au Québec.

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Les livres pour enfants, plus que nécessaire !

 

Cette semaine a eu lieu la journée internationale du livre pour enfants. Pour cette raison, je ne vous parle pas d’un livre en particulier, mais de l’importance de la lecture pour les enfants.

Pourquoi une journée pour

les livres pour enfants ?

Le 2 avril a été retenue pour cette journée, car Hans Cristian Andersen est née cette journée. C’est qui lui ? Un écrivain danois qui a écrit des contes… pour enfants. Comme la petite sirène, la fille aux allumettes et le vilain petit canard. Cette journée consacrée aux livres pour enfants est parrainée par l’UNESCO et l’international Board on Books for Young People. Les buts de cette journée sont de combattre l’analphabétisme, de permettre l’accès des livres aux enfants ainsi que leur donner le goût de lire. On célèbre cette journée depuis 1967.

L’importance des livres pour enfants

La lecture est à la base un divertissement. Mais, on le sait, c’est beaucoup plus. Elle permet l’apprentissage du langage, donc à s’exprimer. Aussi, elle permet de structurer notre pensée, de façonner notre esprit critique, de voir autrement le monde qui nous entoure. Aussi la lecture est un espace de création. Elle développe l’imaginaire des jeunes et leur permet de s’évader dans un monde qui est autre. Mais elle peut être aussi une manière de s’identifier et de réflechir. La lecture est aussi une forme de socialisation, car il existe un échange entre les jeunes. Ils cherchent des informations, donnent des conseils et partagent des lectures qu’ils ont faites. Que ce soit en temps réel ou sur les médias sociaux.

Aussi, le temps passé avec les plus jeunes qui ne sont pas en âge de lire est important. Cela permet de créer des liens socioaffectifs entre l’adulte et l’enfant. En lisant avec lui ou en lui posant des questions sur ce qui se passe dans l’histoire, vous faites en sorte qu’il soit partie prenante de l’histoire. Le fait aussi de lui consacrer du temps, lui sécurise, le réconforte et lui permet de se sentir important. C’est un moment à intégrer dans la routine du dodo, mais aussi une occasion de discuter avec lui de ce qui se passe dans sa vie et d’enrichir son vocabulaire. Pour les plus petits, si vous ne pouvez pas sortir dehors, une histoire mimée est assez efficace pour brûler un peu d’énergie.

Quelques chiffres concernant la lecture chez les enfants

Dans La Presse, en mai 2017, on apprend que les jeunes lisent beaucoup. Un sondage pancanadien, mené par scholastic auprès de 1939 parents et enfants canadiens, mentionne que 86% des jeunes de 6 à 17 ans, donc en âge de lire véritablement, lisent par plaisir. En moyenne, ils consomment 23 livres par années. Donc, le fait qu’il y ait de plus en plus la présence d’écrans dans notre quotidien n’a pas forcément un impact sur le temps passé à lire. Par contre, la moitié des jeunes ont de la difficulté à trouver le bon livre à lire. Pour Monique Fauteux, directrice du marketing aux Éditions Scholastic, cette donnée est importante et prouve que l’on doit accompagner les parents et les enfants dans les choix littéraires des jeunes.

Initiatives concernant les livres pour enfants

Au Québec, il un programme gratuit qui existe ! Il s’agit d’une naissance, un livre. En fait, lorsqu’un enfant naît, vous pouvez aller l’inscrire dans une bibliothèque participant au programme. Il faut le faire dans la première année de vie. Non seulement l’enfant recevra un livre gratuit, mais aussi un magazine Enfants Québec (ok pas mal plus pour les parents), des fiches des lectures et un disque de chansons des éditions de La Montagne secrète.

Aussi, le Metropolis bleu organise beaucoup d’événements littéraires durant le mois d’avril. La mission est de réunir les gens des arts et des lettres autour des plaisirs de la littérature. Ainsi, la créativité sera exploitée, mais l’interculturalité est aussi ciblée. Des programmes éducatifs et sociaux sont disponibles en ligne, mais peuvent aussi être dispensés en classe.

Lorsque j’étais au primaire, et même dans mes cours d’anglais au secondaire, on avait le club scholastic qui envoyait des feuillets de commandes dans les écoles. On pouvait commander les livres que l’on voulait et les recevoir quelques semaines plus tard. J’adorais faire ça. Je crois qu’on le faisait trois ou quatre fois par année. Encore aujourd’hui, le programme existe, mais en ligne.

Mes livres pour enfants coup de cœur

Les amis de Gilda la Girafe (c) texte Lucie Papineau
Illustration Marisol Sarrasi

Lorsque j’étais éducatrice en CPE, je trainais mes livres personnels dans les groupes que je visitais. C’était ma manière d’attirer les enfants à moi lorsque j’étais de passage dans le groupe qu’un cours laps de temps. Mais même lorsque j’étais régulièrement dans les mêmes groupes, je les amenais, car cela apportait de la nouveauté dans le groupe. Les livres que j’adorais apporté avec moi sont ceux de la série consacrée à Gilda la Girafe et ses amis. Oscar le ouistiti est sans doute le plus populaire. Cette série est de Lucie Papineau et est publiée chez Dominique et compagnie.

 

Frisson l’écureuil (c) Mélanie Watt

 

 

Autre série de livres que j’adorais lire aux enfants était celle de Frisson l’écureuil. Ce personnage me faisait vraiment rire, alors lire ces histoires me faisait vraiment plaisir. La série est de Mélanie Watt.

 

 

 

Mais si vous voulez trouvez des livres écrits par des auteur•e•s racisé•e•s, la librairie Racines librairie Racines est l’endroit par excellence à Montréal pour en trouvez.

 

 

En conclusion

Comme vous pouvez le constater, la lecture commence à très jeune âge. Évidemment, les livres ne sont pas tous donnés, j’en conviens. Par contre, les bibliothèques sont là pour ça. Il n’y a aucuns frais, à moins d’avoir des retards J En plus, cela fait une belle activité à faire en famille. Les écoles le font spontanément si elle est proche d’une bibliothèque municipale. En fait, les livres sont une source impressionnante de développement. Elle ne s’arrête pas à l’apprentissage du vocabulaire, mais a un impact sur le développement global de l’enfant. Ce n’est pas pour rien que dans les cours d’éducation à l’enfance, il y a un cours de documentation enfantine et stimulation du langage présent dans le cursus. Donc, n’hésitez pas à questionner vos éducatrices à ce sujet, elles seront vous répondre et vous conseillez sur le sujet.

 

 

 

Quels sont vos coups de cœurs parmi les livres de vos enfants ?

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Immigration régionale : l’impact des collectivités

Dans mes textes, je parle souvent du fait que l’immigration se situe à Montréal. Du moins, c’est un peu l’impression que j’ai. Bien que la majorité des immigrants s’y installent, beaucoup choisissent de s’installer ailleurs dans la province, notamment lorsqu’ils sont étudiants. C’est une des raisons qui me poussent à vous parler du livre Les collectivités locales au cœur de l’intégration des immigrants. Questions identitaires et stratégies régionales. Il a été publié par les Presses de l’Université Laval en 2013 sous la direction de Michèle Vatz Laaroussi, Estelle Bernier et Lucille Guilbert.

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Livre les collectivités locales au coeur de l’intégration des immigrants             (c) Myrianne Lemay

 

Le livre est divisé en deux parties ayant plusieurs textes par chapitre. La première concerne les transitions de vie et les familles immigrantes en région. On y trouve deux chapitres. Premièrement, il est question du lien qui existe entre les familles nouvellement arrivées en région et les écoles fréquentées par les enfants. Trois textes s’y retrouvent, notamment une étude de cas concernant la région de Sherbrooke. Les deux autres textes concernent l’intégration sociale des jeunes issus de l’immigration au sein du système scolaire québécois, dont un avec le point de vue des organismes qui aident à l’accueil des familles immigrantes. Le deuxième chapitre parle des transitions de vie, comme la migration, les études, le travail ou la maternité. On oublie souvent que les immigrants vivent des étapes importantes de leurs vies loin de leur famille, ce qui peut avoir un impact majeur sur ce qu’ils vivent. Dans ce chapitre, le principal texte mentionne un modèle de coopération interculturelle qui permet un accompagnement dans ces moments de vie parfois critiques. À la fin, un petit texte réflexif de Richard Walling parle justement des communautés d’apprentissage qui facilite la transition du « je » vers un « nous » collectif.

La deuxième partie du livre est plus volumineuse. On y trouve cinq chapitres traitant de divers sujets liés à l’immigration regroupant chacun entre un et trois textes. Il y est question de l’emploi, de l’administration des réseaux d’acteurs, de la langue, de diversité et des enjeux dans les régions du Québec. Évidemment, il est impossible de ne pas comparer Montréal et les régions. Je crois qu’il s’agit d’un incontournable sur plusieurs sujets, mais principalement en matière d’immigration. Comme on le sait déjà qu’à Montréal la recherche d’emplois est difficile ! Par contre, il existe des ressources, même en région, pour les chercheurs d’emplois. Et qui dit employabilité, dit aussi socioéconomie. Il en est évidemment question au chapitre trois du livre.

Le chapitre quatre parle des politiques et des réseaux d’acteurs concernant l’immigration. On parle, entre autres, du Réseau des organismes de régionalisation de l’immigration du Québec (RORIQ) qui a pour but de faire en sorte que les immigrants puissent s’établir en région. Une vingtaine d’organismes y travaillent pour réussir cette mission. C’est aussi un endroit d’échanges et de réseautage, ce qui est important, surtout lorsque l’on vient d’arriver en tant qu’immigrant. En lisant ce chapitre, on s’aperçoit qu’il est primordial d’avoir ce genre d’organisme qui permet aux immigrants d’avoir un réseau de contacts avec leur nouvelle terre d’accueil et que le travail qui est rattaché est nécessaire.

Mais pour pouvoir s’intégrer, un immigrant doit avoir les capacités linguistiques nécessaires pour le faire. Le chapitre cinq parle de cette réalité. Une analyse de la communauté anglophone est présentée en début de chapitre. On n’y pense pas en premier lieu, mais les diverses communautés anglophones présentent dans la belle province ont un impact important dans l’histoire du Québec. Les anglophones ont pratiquement toujours fait partie de l’histoire du Québec. Après les Français, les Britanniques et les Irlandais ont aidé à construire le Québec actuel. En comptant sur les « minorités » de l’époque (voir le texte sur le mois de l’Histoire des Noirs). Il est donc normal de considérer leur participation dans l’intégration des immigrants dans le Québec actuel. La deuxième génération est étudiée dans cette partie du livre.

Au chapitre six, la question de la diversité en région et l’ouverture des gens y habitant sont abordées. Dans le premier texte, une recherche sur les attitudes par rapport à l’immigration et la diversité est abordée. On pense qu’en région, il y a plus de préjugés concernant les immigrants, mais est-ce réellement le cas ? Il faut lire le texte pour connaître la réponse. Mais une chose est certaine, le rôle que peuvent jouer les organismes et les médiateurs interculturels est capital. Le septième chapitre aborde la modélisation du capital d’attraction et d’attraction des immigrants en région. Ce que l’on comprend, c’est que le communautaire, comme dans bien des cas, est essentiel à la réussite de cette démarche.

À la lecture de ce livre, on comprend que les immigrants qui décident d’aller ailleurs qu’à Montréal vivront leur intégration différemment de ceux qui décident de rester dans la métropole. Les organismes régionaux qui interviennent en la matière dépendent aussi de ceux qui viennent s’y établir. Qu’est-ce que vous pensez de cette réalité ? Est-ce que ça devrait être obligatoire pour les immigrants d’aller s’établir ailleurs dans la province ? La situation actuelle est-elle adaptée à la réalité que nous vivons en ce moment ?

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Osez-vous les conversations ?

C’est ce que propose Guillaume Villemot dans son livre Le pouvoir des mots, osez les conversations ou comment les nouveaux outils de communication peuvent devenir de véritables espaces de conversation. Oui, le titre est vraiment long, mais le livre se lit très bien. Il n’a que 157 pages, alors, en moins d’une journée, on le dévore. Sorti en avril 2017 chez Eyrolles dans la collection L’instant qui suit, l’auteur se questionne sur les différents espaces de communication actuelle.

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Le livre Le pouvoir des mots de Guillaume Villemot. (c) Moi-même

J’oublie, la préface est d’Alexandre Jardin. Il m’a bien fait rire avec une liste de risques à entretenir une conversation avec autrui. En voici quelques-uns :

  • Changer d’opinion ;
  • Envisager un sujet sous un autre angle ;
  • Être séduit ;
  • Découvrir notre propre incohérence sur certains sujets ;
  • Ne pas toujours se prendre au sérieux.

D’ailleurs Jardin compare le fait de converser à une renaissance perpétuelle. Chaque conversation nous permet de renaître, intellectuellement parlant, et de voir la vie autrement. Le meilleur conseil qu’il donne, de façon ironique bien sûr, est de rester cloîtré, de stagner dans nos idéaux ou de s’entourer de gens insensibles… si on ne veut pas évoluer. C’est tout dire.

Mais qu’est-ce qu’une conversation ?

Une conversation est, selon Villemot, un échange d’informations entre deux individus. Habituellement, sur un sujet précis. Mais bon, si vous écoutez les commères dans votre entourage, les sujets sont précis et sujets aux changements rapides. Mais pour le commun des mortels, il y a aussi une alternance entre la parole et le silence. On oublie souvent que le silence parle, parfois plus, qu’un simple mot. Surtout lorsque le sujet est sensible comme dans le cas des gens ayant connu une forme ou une autre de violence.

La conversation est née lorsque l’homme a pris conscience de ses besoins de communiquer avec les autres. Et cela remonte à loin. Les philosophes croient que la découverte de la vérité a eu un impact sur la dynamique des discussions. C’était peut-être vrai à une époque, mais j’ai un doute là-dessus aujourd’hui avec la quantité de FakeNews qui existent et que le monde gobe sans brocher. Pour Montaigne, une conversation se fait face à face, car le corps est impliqué dans la discussion. Le non verbal et les sous-entendus en disent gros sur la façon de s’exprimer.

Communique-t-on partout pareil ?

La réponse est non. Et la manière d’apprendre la communication est aussi différente d’une culture à l’autre. Un exemple que j’aime bien dans ce livre le démontre bien. Le peuple kanak, un peuple de Nouvelle-Calédonie, dit :

« D’abord tu es les oreilles et tu écoutes, ensuite tu es les yeux et tu regardes, enfin tu es la parole, tu es sage, tu sais comment faire et tu apprends aux autres, tu partages. »

Ce que je comprends de cette citation, c’est que l’apprentissage se fait par étape. On écoute, on pratique et, une fois que l’on a bien compris, on transmet au suivant. Ce qui signifie aussi que la manière de dialoguer varie d’une culture à l’autre, mais aussi selon les sexes. On le sait, les femmes ont une petite tendance à parler trop comparée aux hommes. Mais on constate que les sujets varient aussi d’un sexe à l’autre.

Qu’est-ce qui influence les conversations ?

L’environnement dans lequel on évolue influence grandement la manière dont on entre en contact avec les autres. En ville, il y aurait moins d’espace réservé à la communication, comme les marchés publics. Par contre des initiatives existent un peu partout dans le monde. Par exemple, en France comme au Québec, il existe des jardins communautaires ou des potagers partagés, pour les Français qui me lisent. D’autres initiatives : la Fête des voisins et Dialogue en humanité. Les exemples sont majoritairement français, mais il en existe un peu partout dans les grands centres urbains de la planète.

En conclusion, je termine en citant Villemot. Il dit que la conversation n’est pas un art, mais juste une manière de se comporter, de vivre. On le voit actuellement. Les médias sociaux sont maintenant le théâtre de conversations de toutes sortes, bien souvent en moins de 140 caractères. Cela en dit long sur nos sociétés actuelles qui communiquent rapidement sans prendre en compte les différentes variantes qui les entourent.