Publié dans Réflexion

Les conséquences du racisme

Cette fin de semaine au Québec, 2 projets de loi, favorisant le racisme, ont été adopté sous bâillon. Ou sur le point de l’être. C’est d’une grande honte pour le Québec. Pourquoi ? Parce que ces 2 lois discriminent principalement les gens venant de l’étranger. Mais aussi de nombreux Québécois.

Le première loi à avoir été adopté concerne l’immigration au Québec. 18 000 dossiers regroupant plus de 50 000 personnes viennent de prendre la direction de la poubelle. Ces gens doivent recommencer leurs démarches à zéro.

La deuxième loi, celle sur le port de signes religieux, doit probablement l’être bientôt. Au moment d’écrire ces lignes, ce n’est pas encore fait. On peut donc encore être surpris.

Ces 2 lois auront forcément des conséquences sur de nombreuses personnes. C’est pour cela qu’aujourd’hui, je vous parle des conséquences du racisme. Ce texte est tiré d’une conférence sur le racisme en février 2019.

L’impact du racisme sur la santé

Selon une étude de l’American Journal of Public Health publiée en début de 2018, les effets de la discrimination raciale modérée a des impacts sur la santé des gens la subisse. Donc, si la santé est affectée, les autres sphères de la vie sont aussi touchées. La ségrégation que cause le racisme a aussi des effets sur les services reçus. Ils sont plus susceptibles d’être au chômage, d’être incarcérés et d’être malades. L’espérance de vie des immigrants est souvent même réduite comparée à ceux qui n’ont jamais vécu de migration. La santé des nouveaux arrivants est souvent en meilleure santé que les locaux. Par contre, elle se détériore plus rapidement que les autres en raison du conflit culturel qui est inévitable.

Mais même dans une équipe médicale, les professionnels n’agissent pas toujours de la même manière avec les noirs, par exemple. Vous trouverez des exemples à cet effet dans Vivre la diversité, en finir avec le clivage entre eux/nous de Shakyl Choudhury.

L’impact du racisme dès la petite enfance

Plusieurs études sur la capacité des enfants à faire la distinction de race ont été faites. Les premières datent de 1939. Audale et Feagin, en 2001, nous disaient que dès l’âge de trois ans, les enfants sont capables de différencier les races des individus. Pour Choudhury, cette distinction apparaît dans la première année de vie de l’enfant[2]. En effet, les enfants réagiraient plus rapidement aux personnes qui ont la même appartenance raciale que les gens qui s’occupent d’eux.

Mais dans le livre Éducation interculturelle et petite enfance de Carole Lavallée et Michelle Marquis[3], il était question des standards universels dans le développement de l’enfant. Dans la première étape dans la construction identitaire de l’enfant, ce dernier ne verrait pas la différence entre lui et ceux qui l’entourent. Ce n’est que vers deux ans que les choses changeraient, au moment de la deuxième étape. La pleine conscience de son identité raciale ne se fait pas avant la troisième étape, soit pas avant l’âge de trois ans. Il faut penser que les enfants sont des éponges sans filtre. Ils n’ont pas forcément conscience de ce qu’ils peuvent causer comme conséquences.

Le premier facteur est le stress qui affecte le bien-être des individus. La discrimination raciale vécue en un très jeune âge influence d’ailleurs le cerveau. Donc, les conséquences sont à long terme. Chez les plus vieux, cette discrimination affecte leurs visions de leur propre ethnie. Évidemment, plusieurs conséquences sont aussi perçues, comme la confiance et l’estime de soi qui sont défaillantes. Par le fait même, ces jeunes sont facilement influençables que d’autres.

Le rôle des parents sur l’impact du racisme

En effet, selon une étude de Howard University de Washington DC, la réaction des parents face aux discriminations vécue par leurs enfants est importante. Si les parents sont eux aussi victime de racisme, ils deviennent moins sensibles aux besoins de leur progéniture et de leur offrir un environnement adéquat. Au contraire, bien que cela peut être difficile, il est important d’être sensible à ce que vit l’enfant. Comment ? En démontrant de l’affection et préparant l’enfant à vivre de la discrimination au courant de sa vie. Il ne faut pas oublier que les enfants sont en apprentissage constant. Ils ne savent pas forcément comment expliquer les souffrances qu’ils ressentent. Cela peut causer de la détresse psychologique. De là l’importance d’une attitude positive venant des parents, car l’enfant n’y est pour rien.

L’impact socioculturel et l’impact socio-économique du racisme

Évidemment, ces impacts sont un frein à la participation active de ceux qui en sont victimes. Comme il a été déjà été vu, dès l’enfance, il est possible de faire de la discrimination raciale. Mais même les adultes font en sorte de discriminer les plus jeunes, même inconsciemment. Donc, dès un jeune âge, les conséquences sur l’identité sont importantes. Le sentiment d’appartenance à sa communauté d’origine est donc influencé par cette discrimination. Le rôle des parents est donc important à cet âge.

L’impact du racisme au quotidien

Le racisme est quelque chose qui se vit quotidiennement. Son impact se vit donc, lui aussi, au jour le jour. Les endroits les plus susceptibles de vivre le racisme ? La rue, l’école, le travail, dans les lieux administratifs, dans les moyens de transport, bref tous les endroits publics. Cela peut-être des coups, des insultes, des violences, des inégalités sociales, des contrôles identitaires plus nombreux que d’autres, recherches d’emplois plus difficiles. On dénombre aussi une sous-représentation des minorités dans les médias ou en politique. Comme je l’ai mentionné plus tôt, le racisme peut être intersectionnel, c’est-à-dire, que certaines personnes cumulent plusieurs aspects discriminatoires. On pense à toutes les personnes racisées qui souffrent de handicap, se définissant comme LGBT ou ayant une identité religieuse qui n’a pas la côte !

Dans La fonctionnaire et le hijab de Bertrand Lavoie, il en est abondamment question. Notamment auprès des femmes portant le hijab et travaillant dans la fonction publique québécoise. D’ailleurs, les Maghrébines, selon le recensement de 2016, ont un haut taux de chômage.

L’impact du racisme sur l’identité

Une étude de l’Indiana University mentionne qu’il existe un lien entre l’identité ethnique de femmes pilipino Américaines et leur santé mentale. Mais cela est valide pour tout le monde. En effet, un sentiment d’appartenance fort à son groupe ethnique assure que le fait que la dépression est loin. Car le fait d’appartenir à un groupe qui où les membres se soutiennent, il y a une certaine fierté ethnique et des pratiques culturelles qui sont présentent. Forcément, cela fait en sorte que les membres sont plus impliqués dans la collectivité. Cela fait donc en sorte de diminuer les discriminations envers les diverses minorités.

Bref, vous pouvez voir, les conséquences du racisme sur les gens se jouent sur plusieurs tableaux.

En connaissez-vous d’autres ?

Quelles sont vos expériences avec le racisme ?