Publié dans Lectures

Margaret Atwood et les identités féminines

Aujourd’hui, pour faire changement, je vous parle d’une autrice : Margaret Atwood. Pourquoi ? Parce qu’elle une autrice qui écrit beaucoup sur la condition des femmes. Elle a écrit une quarantaine d’œuvres : des romans, des essais critiques et de la poésie. En lisant sa bibliographie, j’ai constaté qu’elle a même écrit des livres pour enfants ! Donc, elle est une artiste polyvalente.

Mais qui est Margaret Atwood ? Et quelles œuvres ai-je lu d’elle ? C’est ce que l’on découvrira aujourd’hui.

Évidemment, les liens pour acheter les livres chez les libraires sont présents à la fin de chaque présentation.

Margaret Atwood, qui est-elle ?

Elle est née en Ontario en 1939. Dès son jeune âge, elle voyage un peu partout en Ontario et au Québec. La profession de son père, zoologue, fait en sorte qu’elle mène se rythme de vie très jeune. D’ailleurs, le voyage énormément durant sa vie. Au Canada, oui, mais aussi aux États-Unis et en Europe. Les raisons de ces déplacements ? Soit les études, soit le travail. Elle étudie principalement les langues et la philosophie. Et travaille en enseignement universitaire un peu partout au Canada.

Atwood est une femme d’opinion. Elle est définie comme étant quelqu’un qui aime brasser la cage. Par exemple, en 2008, lors des élections fédérales, son appui alla au Bloc Québécois. Donc, clairement pas en faveur de la Reine… 😂 Atwood a aussi rédigé, en anglais, une lettre ouverte aux féministes peu de temps après le #metoo. Le mouvement ne doit pas faire de justice populaire afin de lyncher les hommes publiquement.

Les œuvres de Margaret Atwood que j’ai lues

Pour l’instant, j’ai lu trois livres de Margaret Atwood. La servante écarlate est publiée pour la première fois en 1985. Aujourd’hui, le livre fait l’objet d’une série très populaire. J’ai aussi entendu dire qu’il y aurait une suite… C’est à voir!

Le deuxième est le livre Captive ou Alias Grace selon le titre original. Ce dernier, publié en 1996, raconte l’histoire d’une jeune irlandaise qui peu de temps après son Canada, se trouve captive en raison d’un crime qu’elle aurait commis.

Le dernier, C’est le cœur qui lâche en dernier, est l’histoire d’un couple qui s’embarque dans une aventure particulière.

Des points en communs ? Oui, la femme est cœur de l’histoire. Mais tout ce qui touche sa liberté et sa fagilité/force.

La servante écarlate

J’avoue que j’ai eu de la difficulté au début de comprendre l’histoire. Mais qu’il s’agit d’une œuvre importante. Si certains se souviennent, quand Trump a été élu, plusieurs comparaisons avec ce livre ont été faites. Pourquoi ? C’est ce qu’on va voir!

Pour ceux qui n’ont pas lu ou vu la série, bien qu’il s’agit d’une fiction fantastique, il reste que des liens avec la société d’aujourd’hui sont à faire. En raison du déclin de la fécondité, beaucoup de choses changent. Notamment avec la création de la République de Gilead. Les fanatiques religieux y instaurent des règles précises ou chaque personne à sa place. Fonctions et limites incluses. Évidemment, les femmes fertiles, les servantes écarlates, sont soumises à un commandant et son épouse infertile. Ces femmes sont donc réduites à être des esclaves sexuelles. Elles apprennent même le « métier » avant d’entrer en fonction dans une famille.

Livre La servante écarlate (c) Myrianne Lemay

Un passage qui en dit beaucoup

« Notre fonction est la reproduction ; nous ne sommes pas des concubines, des geishas ni des courtisanes. Au contraire : tout a été fait pour nous éliminer de ces catégories. Rien en nous ne doit séduire, aucune latitude n’est autorisée pour que fleurissent des désirs secrets, nulle faveur particulière ne doit être extorquée par des cajoleries, ni de par ni d’autre ; l’amour ne doit trouver aucune prise. Nous sommes des utérus à deux pattes, un point c’est tout : vases sacrés, calices ambulants. »

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Captive Alias Grace

L’histoire de ce roman se situe au Canada. Dana l’Ontario du 19e siècle, précisément. Bien que basée sur un fait vécu, l’histoire d’Atwood demeure fictive. Le langage de l’époque est conservé afin de rendre l’histoire crédible.

Ici, Atwood raconte l’histoire de Grace Mark, une Irlandaise qui a émigré au Canada avec sa famille. Sa mère est décédée durant la traversée. Et son père n’est pas le plus responsable des pères. La fratrie est donc laissée à elle-même. Ce qui fait que Grace, l’aînée doit travailler. Elle se trouve donc à être domestique dans des familles riches ontariennes. Elle change quelques fois de maison. Dans la dernière famille, des crimes sont commis. Grace se trouve en prison à perpétuité. Plusieurs rumeurs courent aussi sur son compte. Un docteur, Simon Jordan, est venu des États-Unis pour la comprendre…

Le livre présente donc l’impact de la prison sur l’identité des femmes.

Captive Alias Grace (c) Myrianne Lemay

Un passage qui en dit beaucoup

« N’empêche, criminelle est un terme fort quand on vous l’attribue. Il a une odeur, ce terme – musquée et suffocante comme des fleurs mortes dans un vase. Parfois, la nuit, je me le répète dans un murmure : Criminelle, criminelle. Il bruisse comme une jupe en taffetas sur un plancher.

Criminel n’est que brutal. Il a l’effet d’un marteau ou d’un bout de métal. Si je n’avais que ça comme choix, je préférais être une criminelle qu’un criminel. »

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C’est le cœur qui lâche en dernier

Ce livre date de 2015. C’est l’un des plus récents livres d’Atwood.

Ici, l’histoire d’un couple Stan et Charmaine touché par la crise économique états-unienne. Comme ils sont dans une situation précaire, ils se tournent vers un projet pilote : Consilience. Là, ils sont pris en charge par la ville. Un mois sur deux, ils travaillent et habitent une maison qui leur ait offert par Consilience. Qui est partagé avec un autre couple. En alternance, un des couples l’habite. Pendant ce temps, l’autre couple est en prison.

Chaque membre du couple à sa couleur dans la maison. Et certaines règles sont à respecter. Dont celle de ne pas connaître l’autre couple. Et tout Consilience surveille ce qui se passe dans la cité. On déroge moindrement des règles ? Des conséquences s’imposent.

Bref, la liberté de conscience est ici au centre du roman. Et l’amour au sein d’un couple aussi.

C’est le coeur qui lâche en dernier (c) Myrianne Lemay

Un passage qui en dit beaucoup

« Ed arrête le PowerPoint, chausse ses lunettes de lecture, consulte une liste. Quelques points pratiques : ils recevront leur nouveau mobile dans le hall principal. En même temps, ils toucheront leurs allocations logement. Tout est expliqué en détail sur les feuilles vertes de leur chemise, mais, en bref, tout le monde à Consilience vivra deux vies : prisonnier un mois, gardien ou employé de la ville le mois suivant. Tout le monde aura un Alternant. Les pavillons accueilleront donc quatre personnes au moins : le premier mois, ils seront occupés par les civils, le deuxième mois par les prisonniers du premier mois, qui s’y installeront en endossant le rôle des civils. Et ainsi de suite, mois après mois, à tour de rôle. Qu’ils imaginent les économies réalisées sur le coût de la vie, lance Ed, avec ce qui peut être soit un tic, soit un clin d’œil. »

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Bref, je vous recommande ces trois livres d’Atwood.