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Intervention féministe : L’écoute active

Il y a un moment, j’ai fait une formation en ligne sur l’intervention féministe. Comme je vous parle souvent du féminisme, je vais vous en faire un résumé. La formation est proposée par l’institut de formation en matière de violence faite aux femmes. Malgré tout, les notions vues peuvent s’appliquer, dans certains cas, à tous types d’interventions.

Soit dit en passant, l’organisme est Ontarien. Il délivre des attestations de formation selon les normes ontariennes. Je ne sais pas si elles sont identiques à celles du Québec. Ou ailleurs au Canada. C’est à vous de voir. Par contre, rien n’empêche de suivre les formations offertes, car elles peuvent être transférables.

Dans le dernier article, je vous parlais de communication dans l’intervention féministe. Dans la même veine, je vous parle d’écoute active.

Qu’est-ce que l’écoute active ?

Carl Rogers est celui qui a développé le principe de l’écoute active. On peut aussi l’appelé l’écoute bienveillante. Ce type d’écoute est nécessaire dans toute intervention. Féministe ou non.

En fait, elle se base sur le « ressenti émotionnel lié au vécu de la personne est à la source de sa perception et donc de son interprétation de son vécu. » Donc, dans ce type de communication, c’est le cœur qui ne parle pas la tête.

Son but est questionné et reformulé ce que l’autre a dit afin de s’assurer d’avoir bien compris ce qu’il a dit. Le respect et la confiance sont au centre de la communication avec l’autre. On parle aussi d’une relation d’authenticité et de compréhension l’autre.

Les principes de l’écoute active

 Plusieurs principes gouvernent l’écoute active. En voici quelques-uns.

Fondements

Comme il a été dit, l’écoute active est le ressenti émotionnel vécu par la personne est au cœur de sa perception de son histoire. Pendant l’intervention, il est possible de s’affranchir de cette perception que la personne possède. Lors d’une intervention féministe, la place de l’intervenante est importante dans la perception que l’usagère peut avoir d’elle.

Accueil

L’empathie est importante dans l’écoute active. Elle permet à l’intervenante de faire comprendre à la personne en face d’elle qu’elle la soutient dans son expérience. Pour cela, l’ouverture, de non-jugement et d’authenticité. Il ne faut pas oublier que chaque usagère est l’experte de sa vie. Il faut donc l’accueillir dans cette optique.

Acceptation

Dans l’acception, c’est qui est important, c’est le respect du rythme de la personne devant nous. Dans l’intervention féministe, la compréhension du monde dans lequel la femme évolue. Sans préjugé. Il n’y a pas d’interprétation, mais des vérifications entre les différents contextes de la femme.

Écoute

Évidemment, elle est importante. Et elle se joue sur plusieurs niveaux. Je pense aux faits, au ressenti de la femme, le comportement, etc. Pour cela, la prise de parole est importante. Elle permet de valider les émotions, les choix, les décisions, les comportements, etc.

Frontières

Le respect des frontières est une habileté importante dans le déroulement de l’intervention. Tout comme la connaissance de soi. L’intervenante doit mettre l’accent sur l’usagère et non sur elle. Cela implique le respect de la réalité, du vécu, des perceptions et des décisions de l’usagère.

Rôle de vécu

L’écoute active appartient à l’intervenante. Mais elle demeure axée sur la personne qui demande de l’aide. Elle permet de faire des liens entre les différents vécus exprimés.

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(c) Rawpixel

Ce qui peut arriver avec l’écoute active

Avec l’écoute active, il peut y avoir un transfert qui se produit. Ou un contre-transfert.

Un transfert se fait lorsque le client s’attache à son intervenant. Notamment s’il a peu vécu de relations positives avant la rencontre de l’intervenant.

Il y a un contre-transfert dans la situation inverse. Donc, quand l’intervenant n’est plus neutre par rapport à son client. Cela a des conséquences comme le fait de ne plus être à l’écoute ou de laisser trop de place à ses sentiments. L’impact est d’autant plus grand parce que le client ne voit plus son vécu valider par l’intervenant, mais le processus de guérison est aussi affecté.

Déjà qu’il est difficile d’être constamment en écoute active. L’écoute déficiente existe aussi. Elle a plusieurs formes, comme :

  • L’écoute protégée
  • La mise en vedette,
  • L’écoute piégée,
  • Le manque de sensibilité
  • L’écoute défensive,
  • La fausse écoute
  • L’écoute sélective

Comment se passe une intervention ?

Tout d’abord, il faut préparer l’intervention. En tant qu’intervenant, le but est de créer des liens avec la clientèle que l’on cible. On démontre notre présence, notre ouverture et on fait attention autant au verbal qu’au non verbal. Les émotions sont aussi importantes à considérer durant l’intervention.

Il ne faut pas oublier que le but de l’écoute active est de comprendre le vécu de sa clientèle. Et de comprendre l’interprétation qu’elle veut bien lui donner. Cela permet d’établir un plan d’intervention efficace en lien avec les besoins des clients.

Vous ne savez pas trop comment écouter activement. Voici quelques idées pour vous aider à cheminer dans cette nouvelle approche.

  • Poser des questions ouvertes
  • Mais aussi poser des questions fermées
  • Refléter les dires
  • Reformuler les propos
  • Laisser des silences pleins
  • Valider
  • Résumer
  • Éviter le jugement.

C’est tout pour aujourd’hui. J’aimerais savoir dans votre quotidien, comme intervenant, vous utiliser l’écoute active ? Si oui, racontez-nous vos bons et mauvais coups ? Sinon, qu’est-ce que vous pensez de cette technique?