La semaine dernière avait lieu l’événement Femmes et Féminismes en dialogue. Je vous en ai parlé en long et en large avant l’événement, mais maintenant que les 4 jours sont terminés, voici un léger survol. Oui, car comme tous les événements du genre, il y a énormément d’informations à retenir. Mais voici celles que moi, j’ai retenues.

Tout d’abord, des femmes de partout dans le monde y étaient présentes. Oui, le Québec était représenté, mais aussi des femmes de l’Amérique latine et de l’Afrique (du nord et subsaharienne) étaient là. En tout, une douzaine de pays y étaient. Plusieurs sujets ont été abordés : les femmes autochtones, l’avortement, l’histoire, la politique, la médiation interculturelle, l’intersectionnalité, la religion, l’identité, les enjeux, les tensions, d’handicap, les droits… Bref, vous voyez le genre.

Ce que je retiens de ces journées, c’est que le combat est toujours nécessaire, mais que le mot féminisme et ce qui l’entoure font peur. Il y a un côté péjoratif au mouvement des femmes. Plusieurs femmes ont de la difficulté à s’identifier à ce mouvement principalement pour cette raison. Mais plusieurs sont d’accord avec le fait qu’il faut être solidaire entre femmes, mais pour certaines d’entre elles, il y a une hiérarchie dans le mouvement. D’où l’intersectionnalité. Mais je vous ai déjà parlé de ça dans un autre article. Par contre, une conférencière à mentionner le fait que les hommes doivent aussi s’impliquer dans le mouvement, qu’il faut qu’ils soient solidaires avec les femmes. Ce n’est pas faux, mais comme mentionné par une autre conférencière, pour les hommes, le mouvement des femmes appartient aux femmes. Pour plusieurs, la femme a sa place bien définie et si elle tente d’y déroger, ils vont tenter de la discréditer en allant chercher les bibittes dans son passé.

L’éducation est aussi un enjeu important. Non seulement pour les femmes, mais celles des générations futures, filles et garçons. On parle d’éducation de base, comme le fait d’être capable de lire et d’écrire, mais aussi d’éducation sociale, juridique, politique. Les femmes sont des courroies de transmission dans toutes les sociétés. C’est elles qui, non seulement, éduquent les générations qui nous suivent, mais qui transmettent les informations aux autres femmes. Elles constituent un réseau important. Pour l’éducation des enfants, il a été mentionné de faire attention pour ne pas à inculquer les stéréotypes spécifiques aux sexes. En d’autres mots, ne pas faire sorte que les filles jouent seulement qu’avec des poupées ou que les garçons ne fassent aucune tâche domestique. L’éducation matrilinéaire est importante. En gros, les femmes se transmettre des savoirs de génération en génération. On pense à l’autonomie, les femmes n’ont pas besoin des hommes pour arriver à leurs fins.

Ce qui ressort beaucoup c’est l’aspect de la domination. Tout à bord,  masculine, mais aussi le féminisme blanc et hétérosexuel. En effet, c’est tellement dominant qu’aucune intervenante n’a parlé de la lesbophobie. Pire encore, très peu de conférencières ont parlé des marginalisées comme les transgenres ou les itinérantes. Une seule panelliste a parlé des femmes en précarité, mais en France. Du moins, parmi celles auxquelles j’ai assisté… On ne peut être partout… Le phénomène des converties était prévu à l’horaire, mais malheureusement, la conférencière n’est pas venue. J’aurais aimé y assister, car c’est un sujet très peu abordé.

Bref, le sujet du féminisme, bien qu’il soit nécessaire et qu’il fasse peur, doit se poursuivre. Il y a énormément d’inégalités entre les différents pays et la solidarité entre femmes est importante pour les combattre. Le travail doit continuer et les initiatives ne manquent pas. Mais le progrès se fera graduellement. On est déjà parti de loin, on ne peut qu’avancer!

 

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[Collaboration]

Ce texte a été écrit en collaboration avec des étudiantes de deuxième année à la maîtrise en médiation interculturelle offert par l’Université de Sherbrooke dans le cadre du cours Projet Intégrateurs 3. Les images sont de Rafael Benitez de l’organisme Paalmtl.

 

Depuis toujours, on se questionne sur la place des femmes dans la société. Comment développer leurs droits ? Lesquels prioriser en premier ? Quel type d’égalité hommes femmes devrait-on viser ? Comment y arriver ? Quels types d’obstacles les femmes vivent-elles au quotidien ? Beaucoup de questions, beaucoup de possibilités. Avec les récents événements au Québec (adoption de la loi 62, la Commission d’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, la Commission sur le racisme systémique, la vague de dénonciation pour les inconduites sexuelles, etc.) on peut se questionner encore plus sur ce que la femme représente au sein de notre société. Quelles femmes veut-on voir ? Quelles femmes veut-on cacher ? Les femmes sont-elles solidaires les unes des autres ? Y a-t-il un ou plusieurs féminismes? Le féminisme se vit-il de façon identique ailleurs dans le monde ? Sinon, de quelle manière est-il vécu ?

Depuis des siècles, le mouvement féministe a apporté beaucoup aux femmes et par conséquent, aux sociétés. Mais principalement dans les dernières années. On sait que le féminisme a toujours existé sous différentes formes. On pense à Olympe de Gouges et sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791), aux suffragettes et au droit de vote (1832 au milieu 1940 environ), à Simone de Beauvoir et à la lutte pour la légalisation de l’avortement (deuxième partie du 20e siècle), à Thérèse Casgrain qui fonde la Fédération des femmes du Québec en 1966, à Malala Yousafzai et l’éducation des filles (actuellement) ou à Natacha Kanapé Fontaine et aux femmes autochtones (actuellement). Les exemples ne manquent pas. Mais encore aujourd’hui, et partout, de nombreuses femmes vivent des conditions difficiles et injustes. Il y a des avancées, mais elles sont inégales selon le contexte. Les différences au sein des diverses sociétés, politiques et économies varient, non seulement d’un pays à l’autre, mais aussi d’un secteur à l’autre.  La politique illustre bien cette nouvelle dynamique. On n’a qu’à penser aux dernières élections municipales[i] au Québec. Non seulement on vient d’élire la première femme comme mairesse de Montréal en la personne de Valérie Plante, mais le pourcentage de femmes présentes dans les différents conseils municipaux est de 31,3%. La grande majorité étant âgée de 35 à 44 ans. Une augmentation depuis 2005 où la présence des femmes rodait, à l’époque, autour de 26%. Et plusieurs autres premières se sont produites lors de ces mêmes élections municipales, autant à Montréal qu’en région, en ce qui a trait à la cause des femmes. Entre autres, le Québec a élu la première femme autochtone à Montréal comme conseillère, mais aussi la première femme transsexuelle comme mairesse à Très-Saint-Rédempteur, en Montérégie.

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On parle des progrès de la cause des femmes, entre autres en politique, au Québec. Mais est-ce le cas pour toutes les femmes selon les différences sociales, religieuses, culturelles, d’origines et de générations ? Et qu’en est-il ailleurs dans le monde ? On pense que ces femmes se battent contre un environnement misogyne dans leurs sociétés ou communautés d’origine, un environnement que l’on croit plus inégalitaire que le nôtre. Qu’en est-il vraiment ? C’est ce dont il sera question lors du Forum et du Colloque Femmes et Féminismes en dialogue du 26 au 29 novembre 2017. Cet événement regroupera des femmes, déjà dans un processus de dialogue dans leur pays et venues pour partager sur les réalités multiples des femmes dans leur société et dans le monde. Non seulement tous les continents y sont représentés, mais les femmes qui sont présentes viennent autant de la société civile que du monde universitaire. Les sujets abordés vont des tensions qui existent entre femmes, aux avancées et reculs dans le ou les mouvements féministes. Cet événement a pour but de favoriser les échanges, savoirs et stratégies, entre participant-e-s. De plus, on vise la solidarité entre les femmes pour se construire et se renforcer au-delà des frontières. Organisé par une équipe de recherche action médiation interuniversitaire, cet événement rassembleur se tiendra à Montréal (Centre Justice et Foi) le 26 et 27 novembre et à l’Université de Sherbrooke, campus de Longueuil le 28 et 29 novembre. Pour plus d’informations, visitez le site du Colloque et du Forum international Femmes et féministe en dialogue.

[i] Source : Affaires municipales et Occupation du territoire https://www.electionsmunicipales.gouv.qc.ca/je-minforme/portrait-statistique-preliminaire-des-elections-municipales-2017-candidats/