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Être féministe et rabat-joie… Oui, ça se peut!

Depuis quelque temps, je me trouve à lire beaucoup de livres sur le féministe. Ils sont tous pertinents les uns que les autres. Mais pour le dernier en ligne, j’avoue avoir un gros coup de cœur. Il s’agit de Carnets d’une féministe rabat-joie, essais sur la vie quotidienne d’Erin Wunker. Lorsque je me l’étais acheté en juin, je me suis dit, bon encore une qui se dit féministe, mais qui ne l’est pas vraiment. Au contraire, Wunker a commencé l’écriture de ce livre vers la fin de sa grossesse et l’a terminé après. Cette particularité teinte son écrire, car son rôle de mère est présent tout le long du livre. Publié originalement en 2016 et traduit par la suite pour être publié en Français en 2018, ce livre de 209 pages se divise en trois grands thèmes. Quoiqu’en fait, l’introduction pourrait être un chapitre en soi, car elle est très longue. Mais dans les trois chapitres du livre, il y est question de la culture du viol, de l’amitié au féminin et de la maternité féministe. Survol du livre…

Carnets d’une féministe rabat-joie © Myrianne Lemay

La culture du viol

Dans ce chapitre, l’affaire Gomeshi revient souvent dans le chapitre. Car c’était ce qui était dans l’air lors de la rédaction du livre. Mais ce n’est pas le seul exemple qu’il y a dans ce chapitre. Seulement dans le cas de l’auteure, on peut dénombrer près d’une dizaine d’exemples tirés de son vécu dès le début du chapitre. Et je suis certaine que beaucoup de femmes pourraient s’y reconnaître. Que ce soit le commentaire désobligeant d’une adulte qui nous dit comme se positionner en vraie femme ou du geste obscène d’un inconnu au parc. Tout y passe. Il est question évidemment de misogynie, notamment avec l’histoire de la Polytechnique en 1989. Les idées préconçues et les préjugés sont aussi à l’honneur et démenti. Par exemple le fait que les violeurs sont de purs inconnus ou que la femme fait souvent tout pour se faire violer.

L’amitié au féminin

Les clichés sur les amitiés féminines ont la vie dure. En effet, dans la culture populaire, on essaie de démontrer que les femmes sont très difficiles entre elles. Comme si elles étaient toujours en compétition les unes contre les autres. Pourtant, selon Wunker, plusieurs exemples d’amitiés au féminin existent. Mais non ! Les médias ont tendance à montrer des femmes hystériques prêtes à tuer la maîtresse de leur homme alors que c’est ce dernier qui est dans le trouble. Un bel exemple est celui d’Archie ou Betty et Véronica semble s’apprécier, mais rivalisent pour être l’élue d’Archie. Sinon, la conciliation travail/famille, les rôles non conventionnels, les relations toxiques avec d’autres femmes sont abordés. Parfois même, les femmes participent à la propagation de ces fausses idées, et ce, sans même le savoir. Par exemple, de dire qu’il est plus facile d’être amie avec des hommes, car moins de chichi…

La maternité féministe

Ici aussi, les idées reçues concernant la maternité sont abordées. Au moment d’écrire son livre, Wunker était enceinte/venait d’accoucher. Forcément, les conseils donnés différents selon la personne à qui ils étaient destinés. Elle a pu constater que son conjoint ne recevait pas les mêmes recommandations qu’elle-même. Le rôle de mère est évidemment abordé. Qu’est-ce qui fait que l’on est une bonne mère ? Qui s’occupe de maman quand elle est malade ? Quand devient-on réellement mère ? Et l’identité en tant que femme, ça se résume à quoi quand on a des enfants ? Beaucoup de questions sont posées. Je dirais que ce chapitre en particulier est le plus personnel, du fait que l’auteure parle de sa fille de quelques mois. Bien que dans tout le livre, elle parle de son expérience personnelle, la maternité est une nouvelle étape dans sa vie et on sent qu’elle s’ajuste à cette réalité.

L’éducation des enfants en tant que féministe…

Car oui, tout au long du livre, bien qu’elle nous ramène en arrière pour certains exemples, la présence de sa fille se fait sentir. Elle se questionne sur l’éducation qu’elle voudrait lui donner. En gros, comment faire en sorte que ma fille ait confiance en elle et autres sans être une proie facile pour les hommes. Je crois que tous les parents de fillettes se sont posé cette question. Elle mentionne aussi l’exemple d’une amie qui a un garçon. Cette dernière se questionne plutôt sur comment faire en sorte que son garçon ne devienne pas un prédateur, mais un être respectueux des femmes. Car, on s’entend, il y a beaucoup de travail à faire pour éduquer à la réalité des femmes et réussir à mettre fin au patriarcat ! D’ailleurs, le préambule du livre est adressé à sa fille. Et c’est vraiment un beau texte.

Qu’est-ce qu’une féministe rabat-joie ?

Il faut comprendre qu’à la base, la société est majoritaire patriarcale. Elle nuit autant à la femme qu’à l’homme. Être féministe rabat-joie, c’est abattre les joies qui sont rattachées au patriarcat. Donc, l’aspect d’inégalités entre les sexes, mais aussi au sein du même genre. Le féministe est donc un moteur de changement social. On peut aussi dire que la féministe rabat-joie pratique donc le féministe intersectionnel dont j’ai déjà parlé l’an dernier. Mais Wunker définit le féministe rabat-joie ainsi : il « prend plaisir à démonter les normes patriarcales qui passent pour du bonheur. » Aujourd’hui, le bonheur est quelque chose de pratique et qui permet une certaine socialisation. En fait, il est achetable. Pour réussir dans la vie, il nous faut absolument tel produit et tel type d’ami·e. Si nous ne possédons rien de cela, notre vie est un échec.

Le refus comme acte féministe

Pour Wunker, le refus est un acte révolutionnaire. Elle fait le parallèle avec le Refus global, un manifeste cosigné par plusieurs seize Québécois·es en 1948. Contrairement à ce qu’on entend d’habitude, des noms d’hommes, elle mentionne Françoise Sullivan, l’une des sept femmes signataires du manifeste. Et honnêtement, qui d’entre vous est capable de nommer les noms de ces femmes ? Moi, ce n’est que les noms d’hommes qui me reviennent en tête. Parce que c’est ce qui est enseigné ! Autre exemple, celui de Sara Ahmed, qui enseignait au Collège Goldsmiths. Elle a démissionné, car l’Université n’a pas fait l’effort de régler adéquatement les cas d’agressions sexuelles sur le Campus. Problème qui atteint majoritairement les femmes. Elle démissionna, car elle refuse de travailler dans un endroit causant une fracture entre les deux sexes. Geste courageux, s’il en est !

Pour être honnête, j’ai dévoré cette lecture. Ce qui est bien, c’est que les exemples sont proches de ce que nous vivons au quotidien, c’est-à-dire nord-américains. En plus, le texte est traduit en québécois, ce qui peut faire rire par moment. Le texte, malgré la lourdeur du sujet, est écrit dans un style léger. L’humour étant quand même présent malgré tout !

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Le développement de l’identité chez l’enfant. partie 3 : l’intervention auprès d’enfants issus de l’immigration

Après quelques semaines d’école, vos enfants ont repris la routine scolaire et retrouvé leur identité propre. Quoique vous avez peut-être découvert de nouveaux traits de personnalité. Avec les nouveautés de la rentrée et le retour des vacances, parfois, on ne voit pas immédiatement les changements chez nos enfants. Mais qu’importe, quand ça arrive, c’est souvent une belle découverte. Parce que, des fois, ce l’est moins. La relation que l’on développe avec les gens travaillant avec nos enfants peut aider à faire avancer les choses si le besoin se fait sentir. Surtout dans les premières années de vie, entre 0 et 5 ans, l’identité se développe à la vitesse grand V. Dans le premier texte, il était question du développement de l’identité. Je vous expliquais les grandes lignes des standards universels. La semaine dernière, on parlait des enfants issus de l’immigration. Mais quand est-il du lien avec les intervenant·e·s qui travaillent avec nos enfants ?

La relation entre l’intervenant·e et l’enfant : les bases pour construire une identité

La relation entre un enfant et l’adulte qui partage son quotidien est importante. Surtout quand, en tant que parent, on confie nos bébés à des inconnus. Le lien de confiance est primordial, surtout dans un contexte interculturel. Le fait de tisser des liens avec un adulte qui connaît la société d’accueil facilite l’intégration de l’enfant. Cela permet à ce dernier de connaître les codes sociaux, les règles et la langue. Le plus important, c’est que l’enfant peut développer un sentiment de sécurité avec l’adulte en question. Lorsque la famille vient d’immigrer dans sa nouvelle société, l’enfant a peu de contacts seuls auprès des natifs. Sa première vraie expérience est lorsqu’il met les pieds à la garderie ou à l’école. Et c’est un gros choc. Il est donc nécessaire de lui permettre de créer des liens avec une personne significative dans son nouvel environnement. Même si la personne ne connaît ni la culture de l’enfant ni sa langue.

Quel style d’intervention privilégier ?

En fait, le meilleur style d’intervention permet à l’enfant de s’intégrer à son groupe et à la société. L’intervenant·e le stimule à apprendre une nouvelle langue et de nouvelles règles.  Soutenir l’enfant lors de difficultés est aussi important. En fait, trois types d’intervention existent. L’autoritarisme qui préconise l’obéissance à l’autorité. On peut le comparer à l’assimilationnisme. Ce, qui pour moi, n’était pas l’idéal, car l’enfant doit s’effacer et renier une partie de son identité. Le deuxième est l’intervention permissive. On respecter l’enfant et ses décisions. L’enfant à tous les pouvoirs. On peut comparer cela au culturalisme. Ce n’est pas mieux, car les comportements inacceptables le deviennent. Le type d’intervention idéal est le type démocratique. Pourquoi ? Parce que tout le monde décide ensemble de ce qu’il faut faire tout en respectant autrui. Ainsi l’enfant connaît les limites à respecter et sait exprimer ses besoins s’il en ressent la nécessité.

Quels sont les facteurs qui influencent les relations ?

Il y en a plusieurs et peuvent venir autant de l’enfant que de l’adulte. D’un côté comme de l’autre, l’origine culturelle influence grandement, mais n’est pas le seul facteur. Les caractéristiques personnelles ont aussi une incidence sur la relation entre les deux parties. On parle aussi du nombre d’années passées dans la nouvelle société, du sexe de l’enfant, de son tempérament ou de son état de santé. En effet, les idées reçues varient d’une culture à l’autre et se transposent dans les relations que l’on a avec l’autre. Les facteurs économiques ont aussi un impact sur ce que transmet la famille à l’enfant. Du côté de l’intervenant·e, son éducation, ses expériences ou sa formation se répercutent sur les enfants côtoyés au quotidien. La personnalité, l’humeur ou la santé de l’intervenant·e a des répercussions sur la dynamique de groupe.

Le milieu de garde dans tout ça ?

L’aménagement physique a son importance. Si le local n’est pas propice à ce que l’éducatrice ait l’œil sur tout le monde ou qu’il y a trop d’enfants, personne ne sera à l’aise dans le groupe. Mais le plus important est le programme éducatif. S’il n’est pas adapté aux enfants du groupe, le lien de confiance entre l’enfant et l’intervenant·e en sera affecté. Aussi, il ne faut pas oublier que l’enfant tisse des liens avec la première personne qu’il voit dans le service de garde. Il est donc important de lui permettre de la voir régulièrement dans la journée. Cela stimulera son sentiment d’appartenance à son nouvel environnement. Aussi, la personne qui crée un lien avec un enfant ne maîtrisant pas la langue doit surveiller le non verbal, car beaucoup de choses peuvent être dites malgré tout. Si quelqu’un parle la langue de l’enfant ou peut l’apprendre, c’est le jackpot !

Les actes discriminatoires… quoi faire avec ça ?

Évidemment, dans une vie de groupe, il y a souvent des discordes. On ne peut pas faire sans. Par contre, dans un contexte interculturel, il faut savoir faire attention. Car même si on dit qu’il n’y a pas de discrimination ou de racisme à un très jeune âge, cela ne veut pas dire qu’il faut laisser en passer. Dès que l’on voit qu’un comportement n’est pas approprié, il faut intervenir. Comment ? En montrant l’exemple, car l’influence la plus importante pour les enfants est celle des adultes. Celles des autres enfants de son groupe viennent par la suite. Il faut savoir faire la distinction entre curiosité et discrimination, car il est normal de poser des questions. Il faut donner une réponse juste, honnête et facile à comprendre pour l’enfant. Par contre, ce l’est moins de ridiculiser un enfant en raison de sa différence. Axée sur les similitudes est une belle option.

L’adaptation, oui, c’est parfois difficile ?

Pour certains enfants, l’adaptation à un nouvel environnement est plus difficile. Surtout quand il y a beaucoup d’éléments et que tout ce fait rapidement. Évidemment, l’enfant envoie des signaux d’alarme. D’où le fait de surveiller le non verbal, si nécessaire. Mais bref, si on remarque que l’enfant a certaines habitudes qui changent, c’est qu’il y a quelque chose qui cloche. Eh oui, il se peut qu’au début, l’enfant soit agressif ou être malade tous les matins. Mais avec le temps, de la patience, il finira par s’habituer et tout rentrera dans l’ordre. Le meilleur truc à donner aux intervenant·e·s, c’est de prendre le temps d’observer l’enfant en question. Cela permet de comprendre pourquoi il a ce comportement et quand. Cela donnera des réponses et aidera l’intégration de l’enfant par la suite. La collaboration avec les parents reste aussi une clé importante dans l’adaptation de l’enfant dans son nouveau monde.

Bref, c’était le dernier texte sur le développement identitaire de l’enfant. J’avoue que dans ce texte, je parlais surtout aux professionnel·le·s. Mais si vous êtes parents, cela peut vous intéresser. Cela vous permettra peut-être de comprendre le travail des gens qui sont auprès de vos petits, mais aussi de bien choisir le milieu qui vous ressemble. Et si vous voyez qu’un enfant a de la difficulté à s’intégrer en raison de sa différence identitaire, soyez présent auprès de lui. Si ça se trouve, vous aurez un impact positif sur lui durant toute sa vie.

e, vous aurez un impact positif sur lui durant toute sa vie.

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Éducation interculturelle et petite enfance

Comme vous le savez peut-être, j’ai travaillé avec les enfants du préscolaire (0-5 ans) quelques années. J’ai étudié dans le domaine lorsque j’étais au Cégep. À Québec, pour être précise. À une époque où le visage de la Ville était encore très blanc, mais avec beaucoup de jeunes issus de l’adoption internationale. Ceux de ma génération étaient surtout noirs, mais dans les années 90, elle était surtout asiatique. Alors, la question de l’interculturalité dans les cours n’était pas abordée. Ou du moins, peu parlée. Je peux vous dire que lorsque je suis arrivée à Montréal et que j’ai rencontré mon premier groupe en garderie, j’ai été très surprise de sa constitution. Sur six enfants de moins de 2 ans, j’avais 3 Arabes, 1 haïtien, 1 asiatique et 1 québécois. Seul le dernier me comprenait lorsque je parlais. J’ai passé une très belle journée (not) 😂 Je suis revenue à la maison complètement vidée ma journée.

Manquement dans la formation en éducation à la petite enfance?

Tout ça pour dire qu’en fait je n’étais pas préparé à cette réalité. J’étais dans une période un peu floue de ma vie, lorsque je faisais cette formation. Je la faisais à contrecœur, car ce n’était pas ce qui m’intéressait. C’est peut-être une des raisons pour laquelle j’ai quitté rapidement la profession d’éducatrice. Mais bref de bavardages, un des manquements qu’il y avait dans ma formation est l’aspect de l’éducation interculturelle et de la petite enfance. J’ai eu comme formation une technique en éducation en service de garde. Aujourd’hui appelé éducation en petite enfance. Mais dernièrement, j’ai trouvé un livre sur le sujet. J’avoue que sa lecture me ramène en arrière de plus ou moins 20 ans et que cela me rappelle de beaux souvenirs. Mais c’est ce type d’information que j’aurais aimé avoir que j’ai étudié pour être éducatrice.

Mais de quel livre je parle ?

En fait, je parle du livre Éducation interculturelle et petite enfance de Carole Lavallée et de Micheline Marquis. La première a été professeure en techniques en service de garde au Cégep du Vieux-Montréal et la deuxième directrice d’un Centre de la petite enfance à Montréal. Donc, très ancrée de la réalité montréalaise. À ma connaissance, il n’y a qu’une seule édition qui a été publiée en 1999 sous Les Presses de l’Université Laval. Je vous dirais que cela paraît qu’il n’y a pas eu de réédition, car certaines informations ne tiennent plus la route vingt ans plus tard. Mais bon la base du livre est quand même bien. Et si quelqu’un de la maison d’édition lit l’article, on ne sait jamais 😉, une mise à jour de certains chapitres ne ferait pas de tort.

Et qui s’intéresse à l’éducation interculturelle de la petite enfance ?

Ceux et celles qui devraient lire ce livre ? Les éducateur·trice·s à l’enfance, évidemment. Mais à toutes personnes qui travaillent de près ou de loin avec les enfants. Surtout si ces dernières sont en contact direct avec des jeunes issus de l’immigration. En fait, comme l’immigration est de plus en plus présente au Québec, principalement dans les grands centres urbains, tous ceux qui travaillent auprès de cette clientèle devraient posséder ce livre. Que ce soit aussi les intervenant·e·s sociaux, les éducateur·trice·s spécialisé·e·s, travailleur·euse·s sociaux, médiateur·trice·s interculturel·lle·s, etc. Oui, même des gens ayant ma formation, s’ils ont à travailler auprès d’enfants, devraient avoir ce livre. Mais des gens travaillant à la D.P.J, devraient l’avoir. Pourquoi ? Parce qu’il est reconnu que l’organisme à des problèmes à gérer la diversité interculturelle. Et vu qu’ils travaillent directement avec les enfants, il va de soi qu’ils doivent l’avoir.

Ce que j’aime de ce livre Éducation interculturelle et petite enfance ?

Chaque chapitre est clairement bien divisé. Dans le premier, on aborde les notions en lien avec les centres de la petite enfance et l’éducation interculturelle. Comme les C.P.E. venaient de naître, on y explique ce que c’est. Mais bon 20 ans plus tard, je ne sais pas si c’est toujours pertinent. Les notions en lien avec l’immigration sont aussi abordées. Mais encore là, certains aspects ont changé en deux décennies. Dans les autres chapitres, on parle du développement socioaffectif de l’enfant, d’interventions, de pédagogies, des choix d’activités, d’apprentissages linguistiques, de la relation avec les parents et de la gestion des ressources humaines. Bref tout ce qu’un milieu de garde devrait savoir pour bien accueillir les enfants. À la fin de chaque chapitre, des pistes de réflexion sont lancées. Elles peuvent autant faire réfléchir individuellement, qu’en groupe. Des activités sont aussi au menu.

Comment faire l’éducation interculturelle à la petite enfance ?

L’éducation interculturelle des moins de 5 ans est particulière sans l’être vraiment. Un enfant reste un enfant qu’importe l’endroit d’où il vient. La conscience de la différence n’existe pas avant l’âge de 5 ans. Ce qui est dit ou fait avant cet âge l’est par curiosité ou par répétition. Ainsi, lorsqu’un enfant dit des gros mots, c’est parce qu’il les a entendus ailleurs. Souvent, il s’en sert pour exprimer sa peur ou sa colère contre une situation. Pas contre une personne. Mais pas l’enfant qui reçoit les mots ou les gestes. Ne pas oublier que les enfants sont dans le moment présent. Cela doit teinter la préparation des activités. Il est difficile de résumer en peu de mots toute l’information du livre sur le sujet, mais la diversité et l’interculturalité doivent être présentes au quotidien. Surtout si l’on veut favoriser l’inclusion des enfants. Pas seulement une journée thématique par mois.

L’éducation interculturelle en petite enfance…

Ça commence en très jeune âge. Il est certain qu’à la pouponnière, les enfants s’en aperçoivent moins, mais elle demeure quand même présente. L’enfant qui intègre un service de garde aura des réactions qu’importe l’âge où il arrive. Si l’enfant ne comprend pas la langue, il réagira d’une manière différente d’un autre qui la comprend. Si la nourriture n’est pas comme à la maison, aussi. Il faut donc, en tant qu’intervenant trouver des astuces pour faire en sorte que la transition soit le plus facile pour tout le monde. C’est ce qui ressort du livre lorsqu’on le lit.

Si vous avez vécu des situations semblables, quels ont été vos trucs pour faciliter l’intégration des petits ?

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L’intelligence peut-elle être multiple ?

On le sait, les capacités d’apprentissages sont influencées par différents facteurs. Par exemple, l’intelligence, la richesse, la culture ou un handicap quelconque. Selon une théorie anglo-saxonne, il existerait actuellement huit types d’intelligences. Communément appelées intelligences multiples, ces intelligences font leur apparition au début des années 80. En fait, c’est lors de la publication du livre Frame of mind d’Howard Gardner qu’elles se font connaître. Principalement dans le milieu éducationnel. Dans le milieu francophone, l’engouement se fait ressentir au milieu des années 90.

L’intelligence verbale ou linguistique

Premièrement, l’intelligence verbale. Il s’agit de la sensibilité aux structures liées à la linguistique. Comment reconnaît-on ce type d’intelligence ? Tout d’abord chez ceux qui aiment lire ou qui parlent facilement. Donc, si vous êtes entouré de livres, que vous aimez les jeux de mots et les histoires, il se peut que vous ayez cette intelligence. Un bon exemple de l’utilisation de cette intelligence : les institutions scolaires. Oui, oui ! En fait, il s’agit de leur préférée. Ce qui évidemment nuit à ceux dont tout ce qui touche la linguistique n’est pas l’intelligence dominante. D’ailleurs, on peut le constater en regardant les statistiques concernant le décrochage scolaire. Aussi, des manques à ce niveau développent le sentiment d’être incompris par les autres et, par le fait même, des réactions de violence.

L’intelligence visuelle ou spatiale

Deuxième, l’intelligence visuelle. On l’appelle aussi l’intelligence spatiale. En fait, ceux qui la capacité de se créer des images mentales. En gros, les gens ayant cette intelligence sont souvent architectes, peintres ou paysagistes. On note que ces gens sont doués avec l’orientation. Donc, ceux qui ont la capacité de bien lire les cartes routières ou de faire des graphiques de toutes sortes, vous avez probablement cette intelligence. Aussi, la manière façon de leur faire comprendre quelque chose, c’est avec des objets, des dessins, de la couleur. Du visuel, quoi ! Les moins visuels auront plus de difficulté avec la mémorisation et la résolution de problèmes, car il faut comprendre que les images que le cerveau crée aident à la construction de la pensée et de la réflexion.

L’intelligence musicale ou rythmique

En troisième lieu, l’intelligence musicale, dite rythmique. Les gens la possédant sont sensibles à la musique et à la rythmique. Évidemment, les musiciens sont nombreux à posséder cette intelligence. Il faut compter tous ceux pour qui la culture de l’oral est importance comme les poètes et les conteurs. Si vote voici tape du pied de façon inconsciente, il y a de fortes chances que cette intelligence soit présente chez lui. Même si cela vous agace. De plus, cette intelligence fait aussi en sorte que les gens ont une sensibilité aux émotions véhiculées par la musique, mais aussi aux intentions vocales et aux accents étrangers. Les gens possédant cette intelligence sont importants pour les diverses sociétés, car ils permettent la transmission des traditions orales. Par exemple, les contes et légendes, mais aussi tout ce qui a trait à l’identité culturelle ou spirituelle des communautés actuelles.

L’intelligence logique ou mathématique

Ici, il est question de raisonnement logique, de calculs, de réflexion, d’ordonnancement. Bref, de tout ce qui est logique et qui implique des mathématiques. Piaget en parle de long en large dans ses travaux. Où trouve-t-on cette intelligence ? Par exemple, chez les mathématiciens, les scientifiques, les ingénieurs, etc. Donc, chez ceux qui aiment la résolution de problèmes de causes à effet et ceux qui adorent avoir raison… même s’ils ont tort. Ceux qui ne possèdent pas cette intelligence ont souvent l’air désorganisé et ne sachant pas quoi prioriser. D’ailleurs, l’aspect scientifique est un mystère pour eux.

L’intelligence corporelle ou kinesthésique

Les gens possédant cette intelligence utilisent leurs corps pour s’exprimer, comme par les mouvements. Ces gens, par exemple, sont très à l’aise avec les objets. À qui on pense, lorsque l’on parle d’intelligence corporelle ? Premièrement, aux artistes, comme les danseurs. Mais aussi, aux sportifs, chirurgiens, voire même les mécaniciens. En effet, ces gens maîtrisent très bien leur corps, autant dans la motricité fine que la motricité globale. Ce sont des gens qui ont besoin de toucher, de s’exprimer autrement que par la parole. Les personnes qui utilisent leurs corps pour apprendre, communiquer, partager et expérimenter. Chez les enfants possédant cette intelligence, la tendance est à la bougeotte en classe. Par conséquent, rien à voir avec l’hyperactivité ou le manque d’attention. Mais bien à un besoin de bouger pour apprendre. Si cette intelligence n’est pas exploitée à son plein potentiel, les gens la possédant pourront ressentir de la gêne dans plusieurs situations quotidiennes, car ils ne peuvent pas s’exprimer adéquatement.

L’intelligence intrapersonnelle

Les gens possédant cette intelligence se connaissent très bien. Par exemple, on pense aux écrivains, mais aussi aux sages et aux philosophes. Lorsque l’on dit que ces gens se connaissent bien, c’est qu’ils connaissent leurs forces aussi bien que leurs faiblesses. Mais aussi les valeurs qui les animent, leurs capacités et leurs limites. Ils apprécient la solitude et ont une vie intérieure très forte. Bref, ils n’ont pas besoin des autres pour avancer dans la vie. Ceux qui ont des lacunes au sujet de cette intelligence ont de la difficulté à trouver des points positifs ou non de leur expérience. Il leur est aussi ardu de comprendre ce qu’y a fonctionner et comment ils sont arrivés au résultat final de la démarche. Aussi le contrôlent de différents aspects de leur vie. Ils ne sont pas responsables de leurs échecs, ce sont les autres qui le sont.

L’intelligence interpersonnelle

À l’opposé, l’intelligence interpersonnelle est l’habileté à communiquer avec autrui. Par exemple, on peut penser aux politiciens et aux enseignants. Cette intelligence se démarque par la facilité à entrer en relation avec notre environnement immédiat. Habituellement, on retrouve les gens possédant cette intelligence sont entouré d’amis et participent à des activités de groupe. Mal exploitée, cette intelligence peut faire en sorte que les gens se coupent des autres et s’enfermer sur eux-mêmes.

L’intelligence (du) naturaliste

Cette dernière a été ajoutée dans les années 90. C’est la huitième et dernière intelligence, celle qui permet de tout classer et d’identifier. Ceux qui la possèdent travaillent principalement dans la nature, comme avec les animaux ou les plantes. Aussi, les carrières peuvent concerner la nature humaine, comme la psychologie ou la sociologie. Les gens doués d’une intelligence naturaliste aiment organiser, sélectionner, faire des listes, etc. Ils apprécient un environnement naturel. Par exemple avec des plantes ou avec des animaux.

Conclusion

En conclusion, on peut réfléchir à comment exploiter ces intelligences. Dans un cadre scolaire, on ne peut pas prioriser seulement une. Quelqu’un qui en est conscient fera en sorte, lorsqu’il travaille avec l’être humain, de créer une harmonie dans la valorisation des différentes intelligences. Bref, si vous travaillez avec l’être humain, faites en sorte de ne pas négliger aucun type d’intelligence. La stimulation de chacune d’entre elles n’est que bénéfique pour chacun d’entre nous, mais aussi pour la société en devenir.

De plus, si vous faites la guerre avec vos enfants au sujet des devoirs, voici un guide qui pourrait vous être utile : Resume-conf.14.11.2014-Guerre-des-devoirs

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LIVRE : LA SEXUALITÉ DÉVOILÉE

Aujourd’hui, je vous suggère de lire un livre qui traite d’un sujet tabou dans certaines parties du monde et complètement assumé dans d’autres : la sexualité! Le livre en question est La sexualité dévoilée sexologue, féminisme et musulmane de Nadia El Bouga et Victoria Gairin. Il est paru chez Grasset en 2017 et a 224 pages.

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(c) Photo: Myrianne Lemay

L’auteure

Tout d’abord, il faut savoir que Nadia El Bouga est née en France de parents marocains. Elle a donc grandi entre deux cultures bien différentes et appris à concilier les deux simultanément. C’est probablement ce qu’elle a fait d’elle, premièrement une sage-femme et à pratiquer dans les hôpitaux français et que deuxièmement, elle en est venue à pratiquer la sexologie.

Le livre

En effet, dans la culture maghrébine, la sexualité n’est pas que pudeur, elle est souvent tabou. Deux choses complètement différentes. Il est permis de parler de sexualité dans l’islam, mais pas de ce que l’on fait dans l’intimité de notre couple. Dans l’ouvrage de l’Imam Ibn al-Qayyim (1292-1350), Zad al Maad (Provision pour l’au-delà), dit clairement :

« S’agissant de l’acte sexuel, l’enseignement du Prophète le concernant est le plus parfait, car il en fait le moyen de préserver la santé, de se procurer du plaisir et d’atteindre les objectifs qu’il vise. En principe, l’acte sexuel est destiné à réaliser trois objectifs. Le premier est le maintien de la procréation, la sauvegarde de l’espèce jusqu’au délai déterminé par Allah pour la réunion de toutes les composantes de l’espèce dans le monde. Le deuxième est de libérer le sperme dont la rétention nuit à l’ensemble du corps. Le troisième est d’assouvir un besoin, de se donner du plaisir et de jouir d’un bienfait. Seul ce dernier avantage existe au paradis où n’existe ni procréation ni rétention de sperme à libérer. »

Il mentionne aussi que :

« les bons médecins pensent que l’acte sexuel est un des moyens de préservation de la santé [et que l]’acte sexuel conduit au contrôle du regard, à la maîtrise de soi, à la chasteté et à la réalisation de tout cela au profit de la femme. L’auteur de l’acte sexuel profite à lui-même ici-bas et dans l’au-delà et profite à sa partenaire. »

L’éducation sexuelle

 

Mais El Bouga va plus loin. Elle parle de l’éducation sexuelle dans le monde arabe. Selon elle, le tabou entourant la sexualité à un impact sur l’enseignement que les parents, voire les institutions scolaires, transmettent aux prochaines générations. Mais j’avoue que cela est difficile de répondre aux questions des jeunes par rapport à ce sujet. Surtout dans un milieu occidental. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas l’aborder. D’où l’importance d’avoir des spécialistes dans le domaine. Comme Nadia El Bouga. Mais vu qu’elle est en France, c’est un peu compliqué pour tous les musulmans d’aller la voir. Forcément, il y a des sexologues musulmans ailleurs dans le monde, mais ne les connaissant pas, je ne peux pas faire la promotion de chacun d’entre eux. Pourquoi il est nécessaire d’avoir des spécialistes de notre communauté ? El Bouga le dit vraiment bien dans son livre. Je vous montre la photo qui l’explique bien.

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(c) photo: Myrianne Lemay

Je vous conseille donc, que vous soyez musulmans ou non, de lire ce livre. Et même si vous vivez entouré de pratiquants. Personnellement, j’ai compris certains principes que je connaissais plus ou moins et qui me permettent maintenant de mieux comprendre cette culture !