On le sait, les capacités d’apprentissages sont influencées par différents facteurs. Par exemple, l’intelligence, la richesse, la culture ou un handicap quelconque. Selon une théorie anglo-saxonne, il existerait actuellement huit types d’intelligences. Communément appelées intelligences multiples, ces intelligences font leur apparition au début des années 80. En fait, c’est lors de la publication du livre Frame of mind d’Howard Gardner qu’elles se font connaître. Principalement dans le milieu éducationnel. Dans le milieu francophone, l’engouement se fait ressentir au milieu des années 90.

L’intelligence verbale ou linguistique

Premièrement, l’intelligence verbale. Il s’agit de la sensibilité aux structures liées à la linguistique. Comment reconnaît-on ce type d’intelligence ? Tout d’abord chez ceux qui aiment lire ou qui parlent facilement. Donc, si vous êtes entouré de livres, que vous aimez les jeux de mots et les histoires, il se peut que vous ayez cette intelligence. Un bon exemple de l’utilisation de cette intelligence : les institutions scolaires. Oui, oui ! En fait, il s’agit de leur préférée. Ce qui évidemment nuit à ceux dont tout ce qui touche la linguistique n’est pas l’intelligence dominante. D’ailleurs, on peut le constater en regardant les statistiques concernant le décrochage scolaire. Aussi, des manques à ce niveau développent le sentiment d’être incompris par les autres et, par le fait même, des réactions de violence.

L’intelligence visuelle ou spatiale

Deuxième, l’intelligence visuelle. On l’appelle aussi l’intelligence spatiale. En fait, ceux qui la capacité de se créer des images mentales. En gros, les gens ayant cette intelligence sont souvent architectes, peintres ou paysagistes. On note que ces gens sont doués avec l’orientation. Donc, ceux qui ont la capacité de bien lire les cartes routières ou de faire des graphiques de toutes sortes, vous avez probablement cette intelligence. Aussi, la manière façon de leur faire comprendre quelque chose, c’est avec des objets, des dessins, de la couleur. Du visuel, quoi ! Les moins visuels auront plus de difficulté avec la mémorisation et la résolution de problèmes, car il faut comprendre que les images que le cerveau crée aident à la construction de la pensée et de la réflexion.

L’intelligence musicale ou rythmique

En troisième lieu, l’intelligence musicale, dite rythmique. Les gens la possédant sont sensibles à la musique et à la rythmique. Évidemment, les musiciens sont nombreux à posséder cette intelligence. Il faut compter tous ceux pour qui la culture de l’oral est importance comme les poètes et les conteurs. Si vote voici tape du pied de façon inconsciente, il y a de fortes chances que cette intelligence soit présente chez lui. Même si cela vous agace. De plus, cette intelligence fait aussi en sorte que les gens ont une sensibilité aux émotions véhiculées par la musique, mais aussi aux intentions vocales et aux accents étrangers. Les gens possédant cette intelligence sont importants pour les diverses sociétés, car ils permettent la transmission des traditions orales. Par exemple, les contes et légendes, mais aussi tout ce qui a trait à l’identité culturelle ou spirituelle des communautés actuelles.

L’intelligence logique ou mathématique

Ici, il est question de raisonnement logique, de calculs, de réflexion, d’ordonnancement. Bref, de tout ce qui est logique et qui implique des mathématiques. Piaget en parle de long en large dans ses travaux. Où trouve-t-on cette intelligence ? Par exemple, chez les mathématiciens, les scientifiques, les ingénieurs, etc. Donc, chez ceux qui aiment la résolution de problèmes de causes à effet et ceux qui adorent avoir raison… même s’ils ont tort. Ceux qui ne possèdent pas cette intelligence ont souvent l’air désorganisé et ne sachant pas quoi prioriser. D’ailleurs, l’aspect scientifique est un mystère pour eux.

L’intelligence corporelle ou kinesthésique

Les gens possédant cette intelligence utilisent leurs corps pour s’exprimer, comme par les mouvements. Ces gens, par exemple, sont très à l’aise avec les objets. À qui on pense, lorsque l’on parle d’intelligence corporelle ? Premièrement, aux artistes, comme les danseurs. Mais aussi, aux sportifs, chirurgiens, voire même les mécaniciens. En effet, ces gens maîtrisent très bien leur corps, autant dans la motricité fine que la motricité globale. Ce sont des gens qui ont besoin de toucher, de s’exprimer autrement que par la parole. Les personnes qui utilisent leurs corps pour apprendre, communiquer, partager et expérimenter. Chez les enfants possédant cette intelligence, la tendance est à la bougeotte en classe. Par conséquent, rien à voir avec l’hyperactivité ou le manque d’attention. Mais bien à un besoin de bouger pour apprendre. Si cette intelligence n’est pas exploitée à son plein potentiel, les gens la possédant pourront ressentir de la gêne dans plusieurs situations quotidiennes, car ils ne peuvent pas s’exprimer adéquatement.

L’intelligence intrapersonnelle

Les gens possédant cette intelligence se connaissent très bien. Par exemple, on pense aux écrivains, mais aussi aux sages et aux philosophes. Lorsque l’on dit que ces gens se connaissent bien, c’est qu’ils connaissent leurs forces aussi bien que leurs faiblesses. Mais aussi les valeurs qui les animent, leurs capacités et leurs limites. Ils apprécient la solitude et ont une vie intérieure très forte. Bref, ils n’ont pas besoin des autres pour avancer dans la vie. Ceux qui ont des lacunes au sujet de cette intelligence ont de la difficulté à trouver des points positifs ou non de leur expérience. Il leur est aussi ardu de comprendre ce qu’y a fonctionner et comment ils sont arrivés au résultat final de la démarche. Aussi le contrôlent de différents aspects de leur vie. Ils ne sont pas responsables de leurs échecs, ce sont les autres qui le sont.

L’intelligence interpersonnelle

À l’opposé, l’intelligence interpersonnelle est l’habileté à communiquer avec autrui. Par exemple, on peut penser aux politiciens et aux enseignants. Cette intelligence se démarque par la facilité à entrer en relation avec notre environnement immédiat. Habituellement, on retrouve les gens possédant cette intelligence sont entouré d’amis et participent à des activités de groupe. Mal exploitée, cette intelligence peut faire en sorte que les gens se coupent des autres et s’enfermer sur eux-mêmes.

L’intelligence (du) naturaliste

Cette dernière a été ajoutée dans les années 90. C’est la huitième et dernière intelligence, celle qui permet de tout classer et d’identifier. Ceux qui la possèdent travaillent principalement dans la nature, comme avec les animaux ou les plantes. Aussi, les carrières peuvent concerner la nature humaine, comme la psychologie ou la sociologie. Les gens doués d’une intelligence naturaliste aiment organiser, sélectionner, faire des listes, etc. Ils apprécient un environnement naturel. Par exemple avec des plantes ou avec des animaux.

Conclusion

En conclusion, on peut réfléchir à comment exploiter ces intelligences. Dans un cadre scolaire, on ne peut pas prioriser seulement une. Quelqu’un qui en est conscient fera en sorte, lorsqu’il travaille avec l’être humain, de créer une harmonie dans la valorisation des différentes intelligences. Bref, si vous travaillez avec l’être humain, faites en sorte de ne pas négliger aucun type d’intelligence. La stimulation de chacune d’entre elles n’est que bénéfique pour chacun d’entre nous, mais aussi pour la société en devenir.

De plus, si vous faites la guerre avec vos enfants au sujet des devoirs, voici un guide qui pourrait vous être utile : Resume-conf.14.11.2014-Guerre-des-devoirs

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Aujourd’hui, je vous suggère de lire un livre qui traite d’un sujet tabou dans certaines parties du monde et complètement assumé dans d’autres : la sexualité! Le livre en question est La sexualité dévoilée sexologue, féminisme et musulmane de Nadia El Bouga et Victoria Gairin. Il est paru chez Grasset en 2017 et a 224 pages.

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(c) Photo: Myrianne Lemay

L’auteure

Tout d’abord, il faut savoir que Nadia El Bouga est née en France de parents marocains. Elle a donc grandi entre deux cultures bien différentes et appris à concilier les deux simultanément. C’est probablement ce qu’elle a fait d’elle, premièrement une sage-femme et à pratiquer dans les hôpitaux français et que deuxièmement, elle en est venue à pratiquer la sexologie.

Le livre

En effet, dans la culture maghrébine, la sexualité n’est pas que pudeur, elle est souvent tabou. Deux choses complètement différentes. Il est permis de parler de sexualité dans l’islam, mais pas de ce que l’on fait dans l’intimité de notre couple. Dans l’ouvrage de l’Imam Ibn al-Qayyim (1292-1350), Zad al Maad (Provision pour l’au-delà), dit clairement :

« S’agissant de l’acte sexuel, l’enseignement du Prophète le concernant est le plus parfait, car il en fait le moyen de préserver la santé, de se procurer du plaisir et d’atteindre les objectifs qu’il vise. En principe, l’acte sexuel est destiné à réaliser trois objectifs. Le premier est le maintien de la procréation, la sauvegarde de l’espèce jusqu’au délai déterminé par Allah pour la réunion de toutes les composantes de l’espèce dans le monde. Le deuxième est de libérer le sperme dont la rétention nuit à l’ensemble du corps. Le troisième est d’assouvir un besoin, de se donner du plaisir et de jouir d’un bienfait. Seul ce dernier avantage existe au paradis où n’existe ni procréation ni rétention de sperme à libérer. »

Il mentionne aussi que :

« les bons médecins pensent que l’acte sexuel est un des moyens de préservation de la santé [et que l]’acte sexuel conduit au contrôle du regard, à la maîtrise de soi, à la chasteté et à la réalisation de tout cela au profit de la femme. L’auteur de l’acte sexuel profite à lui-même ici-bas et dans l’au-delà et profite à sa partenaire. »

L’éducation sexuelle

 

Mais El Bouga va plus loin. Elle parle de l’éducation sexuelle dans le monde arabe. Selon elle, le tabou entourant la sexualité à un impact sur l’enseignement que les parents, voire les institutions scolaires, transmettent aux prochaines générations. Mais j’avoue que cela est difficile de répondre aux questions des jeunes par rapport à ce sujet. Surtout dans un milieu occidental. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas l’aborder. D’où l’importance d’avoir des spécialistes dans le domaine. Comme Nadia El Bouga. Mais vu qu’elle est en France, c’est un peu compliqué pour tous les musulmans d’aller la voir. Forcément, il y a des sexologues musulmans ailleurs dans le monde, mais ne les connaissant pas, je ne peux pas faire la promotion de chacun d’entre eux. Pourquoi il est nécessaire d’avoir des spécialistes de notre communauté ? El Bouga le dit vraiment bien dans son livre. Je vous montre la photo qui l’explique bien.

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(c) photo: Myrianne Lemay

Je vous conseille donc, que vous soyez musulmans ou non, de lire ce livre. Et même si vous vivez entouré de pratiquants. Personnellement, j’ai compris certains principes que je connaissais plus ou moins et qui me permettent maintenant de mieux comprendre cette culture !

Hier, c’était la journée des droits de l’homme. Cette journée existe depuis 1948 et est fêtée tous les ans depuis cette date. Adoptée à Paris par les 58 États Membres qui constituaient l’Assemblée générale de l’ONU, la Déclaration universelle des droits de l’homme est devenue officielle. Aujourd’hui, le texte de la Déclaration est traduit dans plusieurs centaines de langues, mais je me questionne à savoir si tout le monde la connaît réellement. Déjà que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen était controversée en 1789. Vous pouvez lire le texte concernant la Déclaration des droits des femmes illustrée, pour vous mettre en contexte.

En fait, si l’on revient au sujet de ce texte, je ne crois pas que tout le monde connaisse cette déclaration. Poser la question est y répondre, n’est-ce pas ? C’est bien que cette Déclaration soit accessible linguistiquement, mais ce n’est pas tout le monde qui peut lire. Certains dépendent des autres pour connaître ce qui se passe ailleurs. Le manque d’éducation est un facteur important dans ce qui est transmis les uns aux autres. Pourtant, l’article 26 de la Déclaration est clair :

« 1. Toute personne a droit à l’éducation. L’éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l’enseignement élémentaire et fondamental. L’enseignement élémentaire est obligatoire. L’enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l’accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite.
2. L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix.
3. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants. »

Déjà en partant, aucun être humain n’est égal sur ce point. Et sur bien d’autres points vous me direz et je vous l’accorde. Déjà que ce texte cible les droits de l’homme et non de l’être humain ! Selon le site Philosophons, il y a trois critiques possibles : politique, sociale et empirique. Dans la critique politique, on y mentionne le fait que l’égalité absolue entre concitoyens est inexistante. Ce qui n’est pas faux. Pour ce qui est de la critique sociale, on fait référence à Karl Marx et à sa conception du droit et de la liberté qui est surtout liés la bourgeoisie. Du point de vue empirique, il n’y a pas de droit naturel, c’est la communauté qui a le dernier mot. Il y a aussi une nuance entre la pratique et la théorie. Mais ça, je crois que tout le monde le sait. Mais je vous invite à aller lire le texte, car je n’ai fait qu’un résumé de trois critique. Mais dans aucune critique mentionnée, la présence des femmes n’est pas mentionnée. Pourtant, comme on le sait, elles sont celles qui sont le plus brimées dans leurs droits.

Bref, il est toujours d’actualité de se rappeler que les inégalités sont toujours très présentes dans nos sociétés. Au sein même des sociétés occidentales, très industrialisées, les inégalités sont déjà très marquées. Si on compare avec les sociétés plus traditionnelles, c’est totalement différent. Mais c’est selon nos yeux d’Occidentaux. Dans les faits, est-ce que ce l’est réellement ?

Et vous, vous en pensez quoi ?

Aujourd’hui 16 novembre, c’est la journée internationale de la tolérance. Mais qu’est-ce que c’est la tolérance ? Selon Antidote, deux solutions sont possibles. Premièrement, il s’agit du « respect de la liberté d’autrui, de ses manières de penser et d’agir ; respect des opinions politiques et religieuses d’autrui même si on ne les partage pas. » C’est aussi le « fait de s’abstenir d’interdire ou d’exiger quelque chose alors qu’on le pourrait ; liberté qui résulte de ce fait. » Les définitions du Petit Robert 2009 abondent dans le même sens. Mais dans les faits, l’est-on vraiment ?

En fait, j’ai l’impression du contexte. Dans bien dans des cas, nous le sommes. Mais chacun d’entre nous avons des points que nous tenons réellement à coeur. Personnellement, je suis vraiment intolérante au manque de respect, qu’importe la forme. Je suis quelqu’un de patient, mais il se peut que si la personne n’est pas correcte avec moi, j’essaie de l’éviter dans le but de ne pas créer de conflit. Car, quand je me fâche, je traumatise un peu les gens tellement que ça n’arrive pas souvent.

Mais quel type de tolérance a-t-on au Québec ?

Selon Claude Gélinas, anthropologue à l’Université de Sherbrooke, il y en a au moins deux. Le premier est plus pragmatique, c’est-à-dire, qu’on n’a pas le choix de l’accepter. Le deuxième est plus intégratif, c’est-à-dire qu’on va plus loin que juste l’accepté mais aussi à l’intégrer dans la société, car on y voit une valeur réelle, utile pour notre identité collective. Les Québécois se situent majoritairement entre les deux. La tolérance est présente et précieuse quand on se compare avec d’autres sociétés.

Pour Gélinas, la tolérance vient avec la connaissance. Lorsque l’on ne connaît pas certains aspects de l’autre, on a tendance à se méfier de lui. Pour miser sur la tolérance, il faut miser sur l’éducation et la connaissance de l’autre. Cela évite de prendre les préjugés et de se les approprier maladroitement.

Comment procéder?

Pour y arriver, il existe des stratégies à long terme. Dans l’enseignement, il faut laisser de la place pour la prise de conscience en matière de différence. L’aspect anthropologique n’est pas assez enseigné au primaire et au secondaire. Le cours d’éthique et culture religieuse est un bon pas vers la bonne voie, mais on aurait pu éviter de parler de religion. Le but de ce cours est de parler des points communs que l’on peut avoir, mais c’est l’expression de ces points qui font la différence entre deux personnes.

À plus court terme, il faut multiplier les espaces de rencontres et de dialogue entre les citoyens issus de cultures différentes. Le rôle de l’État est de faciliter la création de ces espaces, car c’est au contact de la différence qu’on apprend à accepter ce qu’elle est et faciliter la convergence citoyenne.

Il faut avoir une expertise en la matière d’animer ces groupes de discussions. Pour cela, il y a les médiateurs interculturels. Ils n’ont pas pour mission de trouver eux-mêmes les solutions, mais d’amener les parties à le faire par elles-mêmes. Il s’agissait d’une recommandation de la commission Bouchard/Taylor.  L’État peut aussi avoir pour mission de favoriser ce type d’emplois. Le rôle de l’État est de soutenir l’action citoyenne, car la meilleure façon de favoriser un cadre de vie qui accepte l’interculturalité, les prises de décision ne doivent pas venir de l’État lui-même, mais des citoyens. L’État est là pour appuyer les projets citoyens.

Mais la représentation des immigrants au sien de l’État?

Pour Jorge Frozzini, professeur à l’université du Québec à Chicoutimi, il y a clairement un vide à ce niveau. Cette omission provoque un manque d’accès aux conditions d’implications à la vie active et à la volonté politique. Il y a un lien entre les deux, si l’un n’est pas stimulé, l’autre ne l’est pas non plus. L’équité des relations a aussi son importance. Il faut que les relations entre les différentes strates de la population soient égalitaires pour avoir droit à un partage des pouvoirs. Il s’agit d’un principe fondamental pour que l’implication de la diversité dans les institutions soit un succès. Si la relation est dominant/dominé, la place de la minorité est prise par quelqu’un d’autre qui est censé être influent dans une communauté qui n’est pas la sienne. La tolérance peut être néfaste, car la personne qui tolère se trouve en position de domination. C’est à éviter. Ce qu’il faut faire, c’est reconnaître l’autre comme un égal. Il est donc important de changer les termes, mais aussi nos comportements vis-à-vis l’autre.

Ce que l’on peut comprendre, c’est que la tolérance a un impact sur la vie des gens. Qui dit tolérant, dit éduqué, donc, ouvert d’esprit. Par contre, il existe un manque systémique par rapport aux immigrants. Bien qu’individuellement, chacun d’entre nous tolère l’autre, est-ce que le Gouvernement ou toutes autres instances le font ? C’est une question mérite réflexion.

 

Pour conclure les différents panels du Colloque, on peut comprendre que la radicalisation est un concept flou, mais qui stigmatise actuellement les musulmans. Pourtant, toutes les sociétés dans le monde ont eu des épisodes de radicalisation à un moment où l’autre de leur histoire. Ce phénomène a toujours existé pour différentes raisons, politiques, psychologiques, identitaires, territoriales ou religieuses. Mais pour qu’il y ait radicalisme, il faut un déclencheur et c’est souvent les inégalités ou des oppressions vécues par un groupe minoritaire.

Le profil type que les gens se font de la personne radicalisée, c’est souvent un homme début vingtaine et qui est musulman. En effet, au Québec et en France, ces jeunes sont souvent plus sujets à la radicalisation, surtout ceux issus de la deuxième génération. L’âge moyen varie selon le sexe. Selon les études, pour les jeunes filles, la radicalisation se fait vers 16 ans tandis que les garçons le font vers 21 ans. On constate que ceux qui se radicalisent ont un manque d’éducation religieuse, politique, générale et humaine. Il faut ajouter à ça l’impact des médias sur ce que pense la société. C’est une roue qui tourne et qui cause une désinformation importante de certaines situations. Tout cela a un impact sur la construction identitaire des jeunes qui sont susceptibles de se radicaliser. Il est donc important de bien les encadrer pour éviter les catastrophes. En effet, le professionnel qui travaille est bien formé à intervenir auprès de ces jeunes à risque. Il faut créer des espaces de discussions le plus tôt possible, c’est-à-dire, dès le secondaire. Ces espaces peuvent être dans un lieu physique comme dans un lieu virtuel, du moment que personne ne soit stigmatisé et que toutes les opinions se valent. L’idée est de les amener à réfléchir, à construire des preuves solides et comprendre ce que l’autre vit. Avec les jeunes, il ne faut aucun sujet tabou, au contraire, on part d’eux, de leur réalité. Avec les personnes d’autres générations, il y a des sujets plus tabou, alors on parle de ce qu’il y a en commun pour arriver à parler des différences et ouvrir les esprits. Il faut donc s’adapter à notre clientèle. Il faut aussi focaliser sur les dialogues, car cela permet d’être plus inclusif et égalitaire. La relation est gagnante pour tous.

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Lorsque l’on intervient auprès des personnes à risque ou déjà radicalisées, il faut travailler avec une équipe multidisciplinaire. Cela évite de se sentir isolé et de prendre de mauvaises décisions. Aussi, cela permet de voir la situation de différents angles. Par exemple, Legeault-Laberge propose une analyse de cas en quatre points, soit la religion, la psychologie, la sociologie et l’anthropologie. Selon lui, la religion est le centre de la problématique, surtout dans le cas des sectes où il y a un lien avec la tradition. Pierre Gisel parle de la tradition vivante dans livre Croyance incarnée. Il la décrit comme le renouvellement de la pensée religieuse qui fait en sorte que la relation entre le croyant, sa croyance et ses pratiques. Mais forcément, il y a une influence spirituelle qui existent, principalement venant des paires et des leaders religieux. Cette influence a raison de l’interprétation de la tradition, mais aussi des textes sacrés, comme on peut le voir dans certaines communications. Mais la religion a beaucoup d’influence sur la psychologie et la socialisation de l’individu. Il est entre autres question du proprium de Gordon Alport qui touche sept aspects de la personnalité, dont l’identité même de l’individu et l’estime qu’il a pour lui-même. Évidemment, cela peut être source de conflits. L’anthropologie analyse donc la signification de l’ensemble.

En classe, lors de la première session (automne 2016), nous avions appris que dans la médiation interculturelle clinique, on procède quelque peu de cette manière. Il y a des co-thérapeutes qui viennent de différents milieux comme des ethnographes, des criminologues, des travailleurs sociaux, etc, qui travaillent ensemble sur ce type de cas en collaboration avec une équipe de médiation, par exemple, un référant, un traducteur ou un médiateur. Ces derniers sont le lien entre l’équipe de co-thérapeutre et la personne qui se retrouve à être le cas-problème. Ce cercle d’intervention est dirigé par un intervenant principal qui est celui qui a le plus d’expérience. Il est le seul à pouvoir parler à tout le monde autour du cercle. On appelle cela un dispositif thérapeutique. Cette façon de procéder permet un sentiment d’égalité, de partage et une compréhension interculturelle de l’autre, car il y a une reconnaissance de l’autre. Il s’agit d’une méthode efficaces et rapide.

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Exemple d’un dispositif thérapeutique dans le milieu interculturel.

De plus, ce qui est abordé durant le Colloque, c’est l’importance des mots. En effet, plusieurs mots ont été analysés et on peut s’apercevoir que, à la base, plusieurs avaient une connotation positive et que la signification négative d’aujourd’hui est venue graduellement. Ces changements sont dus aux différents événements. Par exemple, les termes terreurs et terroristes étaient réservés au domaine de l’art pictural. Cela a changé avec la Révolution française. Idem avec les mots intégristes, fondamentalistes et radicaux. Ils étaient associés, au moment de leurs apparitions, au milieu chrétien, soit religieux ou politique. Rien à voir avec l’image que l’on a maintenant. Et lorsque l’on parle d’extrémiste, on parle par rapport à quoi ? On se penser qu’un groupe est extrémiste par rapport à certaines situations sans qui le soit réellement ou l’inverse, être réellement extrémiste et ne penser ne pas l’être.

Ce que j’ai aussi compris, c’est que le radicalisme est présent dans toutes les religions, mais qu’elle n’est pas la cause principale. Il faut juste faire en sorte d’éduquer les gens sur les différents aspects d’une société et d’ouvrir des espaces de dialogues variés qui abordent ses sujets. Ce n’est pas tout le monde qui est enclin à ces échanges, alors comment faire pour les inclure sans forcer la donne ? Il est évident que les sociétés sont en éternel changement et qu’il faut faire en sorte qu’une bonne ambiance règle pour un meilleur vivre ensemble. Le respect semble être la solution, mais comme Julius Grey a dit, la résistance est parfois nécessaire pour les choses changent. Alors, on fait comment?