On le sait, la communication est importante dans toutes les situations. Qu’elles soient sérieuses ou non, les conversations que l’on a avec les gens en disent long sur nous… même quand on n’utilise pas de mots pour s’exprimer. En effet, lorsque l’on communique avec d’autres, nous parlons aussi avec notre corps. Le langage non verbal est donc aussi important que l’aspect verbal, mais les deux diffèrent d’un endroit à l’autre.

Pour ces raisons, il est parfois difficile de bien communiquer avec des gens qui viennent de cultures différentes de la nôtre. La Déclaration universelle de l’UNESCO sur la diversité culturelle nous dit à l’Article 2, intitulé De la diversité culturelle au pluralisme culturel,  que

« Dans nos sociétés de plus en plus diversifiées, il est indispensable d’assurer une interaction harmonieuse et un vouloir vivre ensemble de personnes et de groupes aux identités culturelles à la fois plurielles, variées et dynamiques. Des politiques favorisant l’intégration et la participation de tous les citoyens sont garantes de la cohésion sociale, de la vitalité de la société civile et de la paix. Ainsi défini, le pluralisme culturel constitue la réponse politique au fait de la diversité culturelle. Indissociable d’un cadre démocratique, le pluralisme culturel est propice aux échanges culturels et à l’épanouissement des capacités créatrices qui nourrissent la vie publique. »

Depuis cette Déclaration, qui date de 2001, plusieurs tentatives ont été faites. J’entends de plus en plus de groupes de discussions interreligieux ou interculturels. Mais cela touche ceux qui sont déjà intéressés par ce genre d’activités. La seule idée qui me vient rapidement en tête est de faire en sorte que les médias qui envoient des messages haineux sont des conséquences, mais pour ça, il faut que les victimes dénoncent la situation. On est dans un cercle vicieux. Pourtant, c’est un processus qui est nécessaire. Lorsque l’on parle de diversités, cela ne se résume pas qu’à un type de pluralité. Comme le terme l’indique, la pluralité signifie le fait d’être nombreux. Pour la diversité, on parle de variété. Les deux étant synonymes, on peut donc comprendre que la variété est nombreuse et non pas unique. Ce qui signifie que l’on doit favoriser cette variété et que l’une des manières d’y parvenir est la discussion.

Du moins au début, car il faut bien un point de départ. En discutant, on peut arriver à se comprendre et ainsi trouver des solutions. Selon la problématique ciblée en début de processus, les possibilités sont nombreuses. Il faut juste user de créativité pour y arriver.

Publicités

C’est ce que propose Guillaume Villemot dans son livre Le pouvoir des mots, osez les conversations ou comment les nouveaux outils de communication peuvent devenir de véritables espaces de conversation. Oui, le titre est vraiment long, mais le livre se lit très bien. Il n’a que 157 pages, alors, en moins d’une journée, on le dévore. Sorti en avril 2017 chez Eyrolles dans la collection L’instant qui suit, l’auteur se questionne sur les différents espaces de communication actuelle.

img_20171107_074201-926648600.jpg

Le livre Le pouvoir des mots de Guillaume Villemot. (c) Moi-même

J’oublie, la préface est d’Alexandre Jardin. Il m’a bien fait rire avec une liste de risques à entretenir une conversation avec autrui. En voici quelques-uns :

  • Changer d’opinion ;
  • Envisager un sujet sous un autre angle ;
  • Être séduit ;
  • Découvrir notre propre incohérence sur certains sujets ;
  • Ne pas toujours se prendre au sérieux.

D’ailleurs Jardin compare le fait de converser à une renaissance perpétuelle. Chaque conversation nous permet de renaître, intellectuellement parlant, et de voir la vie autrement. Le meilleur conseil qu’il donne, de façon ironique bien sûr, est de rester cloîtré, de stagner dans nos idéaux ou de s’entourer de gens insensibles… si on ne veut pas évoluer. C’est tout dire.

Mais qu’est-ce qu’une conversation ?

Une conversation est, selon Villemot, un échange d’informations entre deux individus. Habituellement, sur un sujet précis. Mais bon, si vous écoutez les commères dans votre entourage, les sujets sont précis et sujets aux changements rapides. Mais pour le commun des mortels, il y a aussi une alternance entre la parole et le silence. On oublie souvent que le silence parle, parfois plus, qu’un simple mot. Surtout lorsque le sujet est sensible comme dans le cas des gens ayant connu une forme ou une autre de violence.

La conversation est née lorsque l’homme a pris conscience de ses besoins de communiquer avec les autres. Et cela remonte à loin. Les philosophes croient que la découverte de la vérité a eu un impact sur la dynamique des discussions. C’était peut-être vrai à une époque, mais j’ai un doute là-dessus aujourd’hui avec la quantité de FakeNews qui existent et que le monde gobe sans brocher. Pour Montaigne, une conversation se fait face à face, car le corps est impliqué dans la discussion. Le non verbal et les sous-entendus en disent gros sur la façon de s’exprimer.

Communique-t-on partout pareil ?

La réponse est non. Et la manière d’apprendre la communication est aussi différente d’une culture à l’autre. Un exemple que j’aime bien dans ce livre le démontre bien. Le peuple kanak, un peuple de Nouvelle-Calédonie, dit :

« D’abord tu es les oreilles et tu écoutes, ensuite tu es les yeux et tu regardes, enfin tu es la parole, tu es sage, tu sais comment faire et tu apprends aux autres, tu partages. »

Ce que je comprends de cette citation, c’est que l’apprentissage se fait par étape. On écoute, on pratique et, une fois que l’on a bien compris, on transmet au suivant. Ce qui signifie aussi que la manière de dialoguer varie d’une culture à l’autre, mais aussi selon les sexes. On le sait, les femmes ont une petite tendance à parler trop comparée aux hommes. Mais on constate que les sujets varient aussi d’un sexe à l’autre.

Qu’est-ce qui influence les conversations ?

L’environnement dans lequel on évolue influence grandement la manière dont on entre en contact avec les autres. En ville, il y aurait moins d’espace réservé à la communication, comme les marchés publics. Par contre des initiatives existent un peu partout dans le monde. Par exemple, en France comme au Québec, il existe des jardins communautaires ou des potagers partagés, pour les Français qui me lisent. D’autres initiatives : la Fête des voisins et Dialogue en humanité. Les exemples sont majoritairement français, mais il en existe un peu partout dans les grands centres urbains de la planète.

En conclusion, je termine en citant Villemot. Il dit que la conversation n’est pas un art, mais juste une manière de se comporter, de vivre. On le voit actuellement. Les médias sociaux sont maintenant le théâtre de conversations de toutes sortes, bien souvent en moins de 140 caractères. Cela en dit long sur nos sociétés actuelles qui communiquent rapidement sans prendre en compte les différentes variantes qui les entourent.