[Collaboration]

Ce texte a été écrit en collaboration avec des étudiantes de deuxième année à la maîtrise en médiation interculturelle offert par l’Université de Sherbrooke dans le cadre du cours Projet Intégrateurs 3.

Du Nord au Sud, des femmes luttent encore pour faire face à l’injustice, l’exclusion et l’oppression. Ces dernières mènent une lutte permanente pour faire reconnaître leurs droits, obtenir la place qui leur revient dans la société ou « simplement » contribuer au bien-être de leurs congénères. Certes, « elles ont obtenu des gains, mais il reste beaucoup à faire ». C’est l’idée dans laquelle s’est inscrit le forum et le colloque Femmes et féminismes en dialogue. Cette rencontre a été menée en s’appuyant sur deux cadres théoriques : la médiation interculturelle et l’intersectionnalité. C’est dans une ambiance conviviale que les participantes ont présenté et échangé leurs idées et expériences grâce à un processus de recherche action-médiation qui avait été mis en place dans leurs pays respectifs.

Chacun de ces pays a des enjeux qui lui sont propres. Il est certain que la réalité des femmes est différente selon l’endroit d’où elles viennent. On note des éléments de différenciation entre ces femmes qui ont une influence sur leur perception de ce que sont les enjeux.  En effet, en référence à ce que l’on a entendu durant ces quatre jours, il apparaît que des faits tels que l’âge, le statut social, l’éducation, la religion, l’ethnie, la couleur de peau, l’accès aux ressources, le handicap, la colonisation, etc., ont un impact important sur les problématiques vécues par les femmes. Et de toute évidence, ces éléments ont aussi un impact sur leur perception des stratégies à adopter afin d’adresser les problèmes. La définition que l’on donne du féminisme peut varier en fonction de ces éléments de différenciation et, dans certains cas, le féminisme peut devenir un terme controversé tout en permettant l’inclusion ou l’exclusion d’autres femmes.

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Mini synthèse de ce que l’équipe a retenu de cet événement! Crédit: une membre de l’équipe!

Malgré tout, il est possible de trouver des similitudes dans les revendications communes à l’ensemble de ces femmes. On pense à l’accès à l’éducation, à la lutte contre la violence qui leur est faite, au besoin de solidarité entre elles ou à la nécessaire participation des femmes à différents niveaux de la société. Lors du forum, à travers différents ateliers (de conte, d’écriture et de théâtre), ces femmes ont pu s’exprimer et échanger au sujet de leurs préoccupations. Par ce dialogue autour de la question des femmes et les luttes qu’elles ont menées, il s’est avéré possible de favoriser une compréhension commune, de se rapprocher, de « sortir de la zone du féminisme et trouver une place normale dans tout ce qui se passe dans le monde », selon les dires d’une femme présente lors du colloque. La convivialité, qui a teinté les divers échanges, a permis de construire des ponts et de créer des zones de rapprochement. Au point où, vers la fin, ces femmes se sont vues comme étant militantes, alliées, motivées, fortes, humaines, bâtisseuses, courageuses, chercheuses de solutions, sensibles, ouvertes, etc. Elles ont trouvé un consensus et avancé le souhait que, quelles que soient leurs revendications, il serait important de développer un « bled » (probablement virtuel), où il serait possible de travailler pour une construction collective et la capitalisation des acquis. Aussi, ce qui semble important n’est plus d’arriver à une définition commune du féminisme, mais d’être à même de communiquer sur nos différences, de les accepter et de favoriser leur compréhension et la prise en considération des perceptions qu’elles génèrent.

Dans ce contexte, il est bon de se rappeler l’Article 3 de la Déclaration des Nations Unies sur l’élimination sur la discrimination à l’égard des femmes disant que « toutes mesures appropriées doivent être prises pour éduquer l’opinion publique et inspirer dans tous les pays le désir d’abolir les préjugés et de supprimer toutes les pratiques, coutumières, et autres, qui sont fondées sur l’idée de l’infériorité de la femme. »

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La semaine dernière avait lieu l’événement Femmes et Féminismes en dialogue. Je vous en ai parlé en long et en large avant l’événement, mais maintenant que les 4 jours sont terminés, voici un léger survol. Oui, car comme tous les événements du genre, il y a énormément d’informations à retenir. Mais voici celles que moi, j’ai retenues.

Tout d’abord, des femmes de partout dans le monde y étaient présentes. Oui, le Québec était représenté, mais aussi des femmes de l’Amérique latine et de l’Afrique (du nord et subsaharienne) étaient là. En tout, une douzaine de pays y étaient. Plusieurs sujets ont été abordés : les femmes autochtones, l’avortement, l’histoire, la politique, la médiation interculturelle, l’intersectionnalité, la religion, l’identité, les enjeux, les tensions, d’handicap, les droits… Bref, vous voyez le genre.

Ce que je retiens de ces journées, c’est que le combat est toujours nécessaire, mais que le mot féminisme et ce qui l’entoure font peur. Il y a un côté péjoratif au mouvement des femmes. Plusieurs femmes ont de la difficulté à s’identifier à ce mouvement principalement pour cette raison. Mais plusieurs sont d’accord avec le fait qu’il faut être solidaire entre femmes, mais pour certaines d’entre elles, il y a une hiérarchie dans le mouvement. D’où l’intersectionnalité. Mais je vous ai déjà parlé de ça dans un autre article. Par contre, une conférencière à mentionner le fait que les hommes doivent aussi s’impliquer dans le mouvement, qu’il faut qu’ils soient solidaires avec les femmes. Ce n’est pas faux, mais comme mentionné par une autre conférencière, pour les hommes, le mouvement des femmes appartient aux femmes. Pour plusieurs, la femme a sa place bien définie et si elle tente d’y déroger, ils vont tenter de la discréditer en allant chercher les bibittes dans son passé.

L’éducation est aussi un enjeu important. Non seulement pour les femmes, mais celles des générations futures, filles et garçons. On parle d’éducation de base, comme le fait d’être capable de lire et d’écrire, mais aussi d’éducation sociale, juridique, politique. Les femmes sont des courroies de transmission dans toutes les sociétés. C’est elles qui, non seulement, éduquent les générations qui nous suivent, mais qui transmettent les informations aux autres femmes. Elles constituent un réseau important. Pour l’éducation des enfants, il a été mentionné de faire attention pour ne pas à inculquer les stéréotypes spécifiques aux sexes. En d’autres mots, ne pas faire sorte que les filles jouent seulement qu’avec des poupées ou que les garçons ne fassent aucune tâche domestique. L’éducation matrilinéaire est importante. En gros, les femmes se transmettre des savoirs de génération en génération. On pense à l’autonomie, les femmes n’ont pas besoin des hommes pour arriver à leurs fins.

Ce qui ressort beaucoup c’est l’aspect de la domination. Tout à bord,  masculine, mais aussi le féminisme blanc et hétérosexuel. En effet, c’est tellement dominant qu’aucune intervenante n’a parlé de la lesbophobie. Pire encore, très peu de conférencières ont parlé des marginalisées comme les transgenres ou les itinérantes. Une seule panelliste a parlé des femmes en précarité, mais en France. Du moins, parmi celles auxquelles j’ai assisté… On ne peut être partout… Le phénomène des converties était prévu à l’horaire, mais malheureusement, la conférencière n’est pas venue. J’aurais aimé y assister, car c’est un sujet très peu abordé.

Bref, le sujet du féminisme, bien qu’il soit nécessaire et qu’il fasse peur, doit se poursuivre. Il y a énormément d’inégalités entre les différents pays et la solidarité entre femmes est importante pour les combattre. Le travail doit continuer et les initiatives ne manquent pas. Mais le progrès se fera graduellement. On est déjà parti de loin, on ne peut qu’avancer!

 

[Collaboration]

Ce texte a été écrit en collaboration avec des étudiantes de deuxième année à la maîtrise en médiation interculturelle offert par l’Université de Sherbrooke dans le cadre du cours Projet Intégrateurs 3. Les images sont de Rafael Benitez de l’organisme Paalmtl.

 

Depuis toujours, on se questionne sur la place des femmes dans la société. Comment développer leurs droits ? Lesquels prioriser en premier ? Quel type d’égalité hommes femmes devrait-on viser ? Comment y arriver ? Quels types d’obstacles les femmes vivent-elles au quotidien ? Beaucoup de questions, beaucoup de possibilités. Avec les récents événements au Québec (adoption de la loi 62, la Commission d’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, la Commission sur le racisme systémique, la vague de dénonciation pour les inconduites sexuelles, etc.) on peut se questionner encore plus sur ce que la femme représente au sein de notre société. Quelles femmes veut-on voir ? Quelles femmes veut-on cacher ? Les femmes sont-elles solidaires les unes des autres ? Y a-t-il un ou plusieurs féminismes? Le féminisme se vit-il de façon identique ailleurs dans le monde ? Sinon, de quelle manière est-il vécu ?

Depuis des siècles, le mouvement féministe a apporté beaucoup aux femmes et par conséquent, aux sociétés. Mais principalement dans les dernières années. On sait que le féminisme a toujours existé sous différentes formes. On pense à Olympe de Gouges et sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791), aux suffragettes et au droit de vote (1832 au milieu 1940 environ), à Simone de Beauvoir et à la lutte pour la légalisation de l’avortement (deuxième partie du 20e siècle), à Thérèse Casgrain qui fonde la Fédération des femmes du Québec en 1966, à Malala Yousafzai et l’éducation des filles (actuellement) ou à Natacha Kanapé Fontaine et aux femmes autochtones (actuellement). Les exemples ne manquent pas. Mais encore aujourd’hui, et partout, de nombreuses femmes vivent des conditions difficiles et injustes. Il y a des avancées, mais elles sont inégales selon le contexte. Les différences au sein des diverses sociétés, politiques et économies varient, non seulement d’un pays à l’autre, mais aussi d’un secteur à l’autre.  La politique illustre bien cette nouvelle dynamique. On n’a qu’à penser aux dernières élections municipales[i] au Québec. Non seulement on vient d’élire la première femme comme mairesse de Montréal en la personne de Valérie Plante, mais le pourcentage de femmes présentes dans les différents conseils municipaux est de 31,3%. La grande majorité étant âgée de 35 à 44 ans. Une augmentation depuis 2005 où la présence des femmes rodait, à l’époque, autour de 26%. Et plusieurs autres premières se sont produites lors de ces mêmes élections municipales, autant à Montréal qu’en région, en ce qui a trait à la cause des femmes. Entre autres, le Québec a élu la première femme autochtone à Montréal comme conseillère, mais aussi la première femme transsexuelle comme mairesse à Très-Saint-Rédempteur, en Montérégie.

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On parle des progrès de la cause des femmes, entre autres en politique, au Québec. Mais est-ce le cas pour toutes les femmes selon les différences sociales, religieuses, culturelles, d’origines et de générations ? Et qu’en est-il ailleurs dans le monde ? On pense que ces femmes se battent contre un environnement misogyne dans leurs sociétés ou communautés d’origine, un environnement que l’on croit plus inégalitaire que le nôtre. Qu’en est-il vraiment ? C’est ce dont il sera question lors du Forum et du Colloque Femmes et Féminismes en dialogue du 26 au 29 novembre 2017. Cet événement regroupera des femmes, déjà dans un processus de dialogue dans leur pays et venues pour partager sur les réalités multiples des femmes dans leur société et dans le monde. Non seulement tous les continents y sont représentés, mais les femmes qui sont présentes viennent autant de la société civile que du monde universitaire. Les sujets abordés vont des tensions qui existent entre femmes, aux avancées et reculs dans le ou les mouvements féministes. Cet événement a pour but de favoriser les échanges, savoirs et stratégies, entre participant-e-s. De plus, on vise la solidarité entre les femmes pour se construire et se renforcer au-delà des frontières. Organisé par une équipe de recherche action médiation interuniversitaire, cet événement rassembleur se tiendra à Montréal (Centre Justice et Foi) le 26 et 27 novembre et à l’Université de Sherbrooke, campus de Longueuil le 28 et 29 novembre. Pour plus d’informations, visitez le site du Colloque et du Forum international Femmes et féministe en dialogue.

[i] Source : Affaires municipales et Occupation du territoire https://www.electionsmunicipales.gouv.qc.ca/je-minforme/portrait-statistique-preliminaire-des-elections-municipales-2017-candidats/

Fidèle à mon habitude, je vous suggère trois livres, cette fois-ci, qui a un certain lien avec l’identité.

La nation dans tous ses États

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Dans ce livre d’Alain Dieckhoff, il est question de l’identité nationale, celle qui nous unit en tant que peuple.  Le livre que je possède et qui est sur la photo est la deuxième édition paru en 2012. La première est paru en 2000. Il est paru chez Flammarion. Évidemment, ce livre à une saveur plus politique, mais il reste qu’il permet de comprendre certains phénomènes identitaires, comme la question référendaire au Québec. Il est question aussi de mondialisation et d’autodétermination. Le passage du livre qui m’a le plus marqué est lorsque l’auteur parle de colonialisme intérieur. En lisant les définition, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à ce que l’on fait subir aux Premières Nations. Il faut dire que j’ai lu le livre lors d’un travail d’équipe sur le Plan Nord et que la définition s’appliquait à merveille à la situation. Mais les traces du colonialisme est très présent aujourd’hui dans beaucoup de pays!

 

 

 

 

 

 

 

Les identités meurtrières

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Les identités meurtrières d’Amin Maalouf parle des différentes identités qui nous habitent. Pour certains, nous représentons une certaine catégorie,mais nous représentons autre chose pour d’autres. Par exemple, vous me croisez dans la rue, je suis une musulmane, pas forcément québécoise. Mais si on se parle au téléphone, je serais québécoise avant tout! La situation peut s’inverser pour quelqu’un d’autre. Elle peut complètement passer inaperçue dans la rue et lorsque vous lui parler au téléphone, vous ne comprenez rien à cause de son accent! Les identités sont en quelque sorte le reflet de nos perceptions, ce qui peut être trompeur! D’où l’adage qui dit qu’il ne faut pas se fier aux apparences 😊

 

 

 

Aime comme Montréal

2017-08-06_19-05-07.pngUn livre sur la diversité culturelle de Montréal ! De belles histoires inspirantes de gens vivant l’interculturel à tous les jours! Certains viennent d’ailleurs, d’autres d’ici mais ils ont tous le même point commun de vivre leur histoire à Montréal. Évidemment, des couples multiculturels, il y en a partout au Québec, mais la proportion est probablement plus forte dans la métropole. Le livre a été écrit grâce au soutien de quelques organismes comme Diversité artistique Montréal, la ville de Montréal (le programme officiel vive 375), la Fondation de la famille Brian Bronfman, la Fondation Cole, les Fonds de solidarité FTQ, ONIVO, la CSN et bien d’autres! Il est intéressant de voir comment vivre chaque couple! Ce qui ressort le plus, selon moi, est l’ouverture d’esprit et le respect de l’autre dans sa différence. Certains couples l’ont eu plus difficile au début de leur relation, en raison du fait que certaines belle-familles plus traditionnelles, mais les couples étaient toujours ensemble au moment de la publication du livre. J’imagine que c’est un bon signe 😝

Je vous conseillé de les lire si la question de l’identité vous intéresse. D’ailleurs, je risque de relire celui d’Amine Maalouf prochainement!

En mai dernier, j’ai participé au Colloque Les racines religieuses de la radicalisation : fait ou fiction ? organisé par le Centre de rechercher Société, Droit et Religion de l’Université de Sherbrooke (SoDRUS) au Campus de Longueuil de l’Université de Sherbrooke. J’avais bien aimé ces trois jours où l’on démystifiait la radicalisation via différentes religions. J’en avais brièvement parlé ici à ce moment.

Cet événement était articulé autour de trois grands axes :

  • Un premier axe plus théorique où le phénomène de radicalisation a été abordé à travers différentes perspectives disciplinaires ;
  • Un second a été consacré à circonscrire plus spécifiquement le lien entre la religion et la radicalisation, et ce, à partir du point de vue de différentes traditions religieuses (christianisme, islam, judaïsme, bouddhisme, hindouisme) ;
  • Un troisième où il a été question des réponses pouvant être apportées à la radicalisation, notamment sur les plans politique, social, juridique et judiciaire.

Mais voici que deux mois plus tard, faute de temps, je me suis mise à réécouter les conférences du premier panel qui portait sur les éléments déclencheurs qui mènent à la radicalisation.

Les quatre panélistes venaient de différents horizons. Il y avait M. David Morin, de l’Université de Sherbrooke (politique), M. Gérald Bronner de l’Université Paris-Diderot, sociologue et pour le volet psychologique, M. Louis Brunet et Mme Ghayda Hassan tous les deux de l’UQAM. Étant absente, Mme Hassan a été remplacé par M. Jérôme Champagne, professeur au Cégep de Maisonneuve.

Ce qui ressort, selon moi, c’est le fait que la religion n’est pas le problème en tant que tel de la radicalisation. Mais elle fait partie de l’équation. Il convient que dans chaque religion/spiritualité, il y a des gens qui se radicalisent, et ce, pour différentes raisons. Elle n’est qu’un facteur parmi tant d’autres, donc ne prouve en rien qu’une religion est plus violente qu’une autre. Ceux qui se radicalisent le font pour une cause (politique, environnemental, religion ou autre), souvent plus grande qu’eux, et parce qu’ils jugent avoir raison de le faire. Par contre, il est question, entre autres, de quête identitaire, de perte de repères et de malaise avec la société dans laquelle ces personnes vivent. Ceux qui se radicalisent le font, entre autres raisons, pour se faire voir, avoir un contrôle sur leur vie et qu’ils cherchent quelque chose d’immédiat. Autres facteurs influençant la radicalisation : les médias et la méconnaissance de certains sujets. En effet, les médias ayant tendance à véhiculer des préjuger, cela a un impact autant sur ceux qui se radicalisent que sur ceux qui ne le font pas. Il faut comprendre que beaucoup doivent se justifier de faire tel choix parce que les médias décrivent une situation x de façon erronée. Les gens écoutant les nouvelles prennent ce que les médias disent souvent pour une réalité figée, alors qu’une histoire a toujours deux côtés. Aussi, la méconnaissance de sa propre religion ou de la situation historique de l’environnement dans lequel on vit influence grandement le processus de radicalisation. Selon l’étude de Sherpas, Le défi du vivre ensemble : Les déterminants individuels et sociaux du soutien à la radicalisation violente des collégiens et collégiennes au Québec dont M. Champagne parle, les jeunes, en particulier, manquent de connaissances dans ces sujets. Il est donc important de mettre l’accent sur ces apprentissages. Car, toujours selon l’étude, une personne dont le niveau de religiosité est élevé, à moins de chance de se radicaliser. Un facteur important est aussi la santé mentale. Quelqu’un de dépressif ou d’anxieux peut être sujet à la radicalisation si cela est combiné à d’autres facteurs.

En matière de recherche, très peu de données existent, malgré le fait que la radicalisation est un phénomène qui a toujours existé. Il est souvent trop tard lorsque l’on comprend qu’une personne s’est radicalisée, car, statistiquement parlant, il s’agit d’un phénomène rare. Par contre, on constate que certains endroits dans le monde sont plus propices à être des pépinières à terroristes. Comme suggéré par M. Bronner, il est donc pertinent de mettre les données de recherches en commun. Il est aussi important de faire des entrevues avec des gens ayant été radicalisées pour comprendre le cheminement possible de la radicalisation, car ces informations sont relativement manquantes et que cela a un impact sur la prévention.

Au niveau de la prévention, cela doit se jouer dès le secondaire. En effet, selon l’étude réalisé par Sherpas, on constate que l’âge moyen de la radicalisation pour les femmes se trouve autour de 16 ans, soit à la fin du secondaire, et pour les hommes, il se situe autour de 21 ans, donc souvent après son passage au Collégial. Il est donc important de commencer tôt afin d’éviter le problème. L’idéale est d’intervenir dans les lieux où les jeunes sont.

Au niveau de l’intervention, plusieurs suggestions ont été faites. En fait, dans l’idéal, l’intervenant, qui doit faire partie d’une équipe multidisciplinaire, doit s’adapter à son sujet. Les jeunes veulent parler de ce qu’ils vivent et cela implique la religion. M. Morin semble dire d’éviter d’en parler. En effet, avec une certaine clientèle, au lieu de parler de religion, on peut parler de ce qui nous avons de similaire avec l’autre : comme les valeurs, la politique, la citoyenneté, etc. Ce qui est important, c’est de favoriser la rencontre avec l’autre, d’échanger et de discuter, afin de stimuler le sentiment d’appartenance à la société dans laquelle l’on vit et sa culture d’origine, si le cas s’applique.

Voici un profil de la radicalisation ressortie des conférences liés à ce panel:

  • Les hommes et les jeunes (2 sexes confondus) de moins de 25 ans sont les plus à risque ;
  • Les Québécois et la 2e génération d’immigrants soutiennent plus que la 1re génération ;
  • Les facteurs clés sont la dépression et l’anxiété.
    • 44% des répondants souffrent d’une détresse émotionnelle allant de minime à élevé, surtout chez les femmes et les jeunes de 16-18 ans.
  • L’âge moyen est variable selon l’âge :
    • Pour les hommes, c’est autour de 21 ans
    • Pour les femmes, c’est autour de 16 ans.

Il existe pourtant un processus psychologique qui favorise l’attirance vers la violence terrorisme comme solution radicale.

  • Le déplacement de l’investissement du sur moi, donc des interdits vers quelque chose de grandiose ;
  • La désobjectivation et la désidentification ;
  • Le renversement d’une désorganisation narcissique du sur moi.

Pour voir les vidéos en question ici, vous pouvez consulté la page Facebook de la SoDURS.

Si vous êtes intéressé par le sujet, il y a aussi le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence. On y retrouve beaucoup d’informations.