Les top 5 du lundi

Aujourd’hui 1er juillet, non seulement c’est la journée québécoise du déménagement et la fête du Canada, mais aussi la journée mondiale du Reggae. Un style de musique associé à Bob Marley, mais porteur de beaucoup d’une histoire et d’une culture qui sont vraiment intéressantes. Comme c’est le cas pour plusieurs types de musique. C’est ce que l’on voit aujourd’hui.

Reggae

La raison pour laquelle on célèbre le Reggae aujourd’hui, c’est qu’il aurait été créé un 1er juillet… en 1968. Donc, le Reaggae a 50 ans cette année, en raison du fait que Toots a chanté Do The reggae cette année-là. Mais les spécialistes ne sont pas tous en accord avec cette idée. Mais il est clair qu’il s’agit d’un style musical des années 60 né en Jamaïque et qui est considéré comme un mouvement de résistance contre l’Amérique. Bob Marley restera associé à jamais à ce style de musique. En fait, ce dernier est le résultat d’un métissage culturel. Évidemment, on pense aux dreadlocks, au rastafarisme et à la non-violence. Aussi, lorsque l’on parle de culture, on y retrouve dans le Reggae des racines des Caraïbes et d’Afrique. Pourquoi l’Afrique ? Les esclaves… Pour l’origine du mot, il y a trois possibilités :  regular people, raggedy ou streggae. En bref, le Reggae offre un message à la fois politique et religieux qui prêche le retour en Afrique de la population noire.

Le Gospel

Le Gospel est associé au trafic d’esclaves noirs venant d’Afrique vers l’Amérique du Nord. Dans les champs de coton, il y avait quelqu’un qui improvisait un chant que les autres esclaves répétaient en chœur. Graduellement, ces chants deviennent une manière de communiquer, de manière codée, entre esclaves. Avec le temps, les esclaves noirs s’intéressent de plus en plus à la religion chrétienne. Donc, les chants deviennent religieux et furent appelé Negro Spiritual. Lors de l’abolition de l’esclavagiste, dans les années 1800, le Negro spiritual élargit son public grâce aux chorales des Universités noires. Au cours des années, les pasteurs utilisèrent cette musique pour attirer les gens vers les Églises. Ainsi donc naquit le Gospel. Il s’agit d’une musique émotive qui touche les gens grâce à ses mots et à sa rythmique. Aujourd’hui, le Gospel se commercialise et il se chante de plus en plus en concert. Des chorales s’organisent plus seulement dans les Églises, mais aussi ailleurs, comme dans les écoles. Martin Luther King l’a déjà utilisé comme moyen de revendication concernant la défense des droits des Noir·e·s.

Le Jazz

Autre musique associée aux Noir·e·s. Le Jazz tire son origine d’un mélange de musiques Afro-Améraicaines. On pense entre autres Negro Spiritual et au Gospel. Donc, le Jazz transmet lui aussi, d’une certaine manière, un message lié à la condition des Noir·e·s en Amérique. Le Jazz apparaît au début du 20e siècle. Au fil des décennies, on voit apparaître différents styles de Jazz. Le lieu de naissance a aussi son impact dans le développement musical de Jazz. On pense au ragtime, au stride et au swing. Plus on avance dans le temps, plus le jazz se diversifie. Plusieurs grands noms sont associés à ce style de musique. On pense à Miles Davis, John Coltrane ou Nina Simone. Au Québec, Oscar Peterson est un pianiste jazz qui a une influence importante sur la scène musicale. Le Jazz produit en Europe possède une sonorité différente de celui, car il est teinté par les différents styles de musique qui sont présente dans les vieux pays.

Musique arabe

On reconnaît facilement la musique arabe. Elle a une sonorité et des instruments propres à elle. Les Arabes habitant un grand territoire, leur musique est donc très diversifiée. La musique est influencée aussi par la religion. Les pratiquants musulmans écouteront des chants religieux sans musique, alors qu’un juif ou un chrétien peut se permettre d’écouter de la musique. Il est vrai qu’il y a une ambiguïté à ce niveau. Il faut comprendre que la majorité des Arabes habitent autant en Afrique du Nord qu’en Asie, principalement près de la méditerranée. L’influence de la langue est aussi à considérer. On pense à l’arabe ou au persan. Même la manière de jouer d’un instrument se différencie de la musique occidentale. Un·e pianiste peut vous l’affirmer, mais il est possible de jouer plusieurs notes à la fois sur un piano. Dans la musique arabe, chaque instrument ne joue qu’une seule note à la fois. Les instruments les plus utilisés ? Le Oud (guitare) le nay (flûte) et les percussions, évidemment. En Algérie, dans lors de mariages, quand les mariés circulent en voiture, des percussionnistes les accompagnent dans une autre voiture. Impossible de les manquer, car c’est un peu comme le klaxon ici.

Musique asiatique

Une des plus anciennes musiques du monde est probablement celle venant d’Asie. De plus, elle possède une richesse musicale, instrumentale et orale. On peut faire un lien avec la musique arabe, en raison des Perses et des Turcs qui habitent aussi le territoire asiatique. Il y a donc une influence entre les différents pays asiatiques. La musique asiatique possède des codes précis qu’il faut respecter, mais qui sont variables selon où le musicien habite. Par contre, la dévotion se ressent dans la musique jouée. Dans sa forme populaire, la musique s’associe aux danses et au théâtre. Les musiciens peuvent être à un type d’activité ou à une classe sociale. Ce que l’on peut remarquer, c’est le rythme syncopé de la musique asiatique et la présence important des percussions. La musique ne s’enseigne pas dans les écoles ou conservatoires. Il existe peu de partitions, car la musique asiatique se transmet oralement et de façon quotidienne.

On le voit, la musique est vécue différemment selon l’endroit où l’on habite. Elle est influencée par plusieurs facteurs, mais reste très présente dans le quotidien des gens.

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La journée mondiale de l’art existe depuis 2012. Elle est née de l’initiative de l’International Association of Art et l’UNESCO est en soutient à cette instigation. Elle est célébrée le 15 avril de chaque année depuis 6 ans. Pourquoi ? C’est la date de naissance de Léonardo Da Vinci.

Mais pourquoi une journée mondiale de l’art ?

 

Parce que l’art est un moyen d’expression totalement humaine. Il permet la concrétisation des émotions ressenties par l’art. En effet, il parle autant aux sens, aux émotions qu’à l’intellect. La définition de l’art est vague, mais on sait que c’est l’opposition à ce que la nature ou la science peut offrir. Aussi, l’art est défini par l’époque, le lieu et même la culture. Donc, personne ne vous donnera la même définition de l’art. Mais selon le Petit druide des synonymes et des antonymes 5 catégories de synonymes : le talent, la technique, le métier, l’éloquence et la beauté. Sinon, en antonyme, on parle d’incompétence et de maladresse… Moins rassurant 🙂

Street Art (c) dimitrisvetsikas1969 Pixabay

Mais le fait de consommer l’art est aussi un acte réfléchi : on pose un regard, on se nourrit et on réfléchit sur ce que l’artiste veut livrer comme message. Il n’est pas toujours compréhensible, je suis d’accord. Ils ont au moins le mérite d’alimenter les discussions. Mais certains manifestes sont très clairs et permettent une réflexion plus poussée.

La journée mondiale de l’art célèbre quel art ?

 

L’art n’ayant pas de définition précise est donc très large. Dans certains milieux, on préconise la peinture sur tableau. Pour d’autres, ce sont les sculptures ou la poésie. Mais selon plusieurs facteurs, l’art est malléable, transportable et accessible à tous. Dans certaines régions du monde, l’art urbain est présent partout, alors que dans d’autres, il y a une réglementation sur ce sujet. Mais actuellement, dans l’art populaire, on dénombre 11 catégories d’art. Ils sont présents partout dans le monde.

  1. L’architecture ;
  2. La sculpture ;
  3. Les arts visuels ;
  4. La musique ;
  5. La littérature (poésie, dramaturgie) ;
  6. Les arts de la scène (théâtre, danse, mime…) ;
  7. Le cinéma ;
  8. Les arts médiatiques (télé, radio, photo)
  9. La bande dessinée, manga et les comics ;
  10. Les arts numériques ;
  11. Les arts culinaires.
art de la table

Intérieur (c) Koleida Pixabay

Mais pour Étienne Essiau, il en a que 7 qui se situent dans le représentatif et l’abstrait. On y parle donc de

  1. Sculpture/architecture ;
  2. Dessin/arabesques
  3. Peinture représentative ou pure
  4. Musique dramatique ou musique
  5. Pantomime/danse
  6. Littérature et poésie/prosodie pure
  7. Cinéma ou photo

La journée mondiale de l’art dans le monde.

 

L’objectif de la journée mondiale de l’art étant de « souligner l’importance et la valeur de l’art comme agent de construction de la paix dans le monde, de la fraternité, de la liberté d’expression, du dialogue pluriculturel et multidisciplinaire » il est donc normal que ce soit fêter partout dans le monde. En France, cette journée est célébrée en grand, car il semble avoir une diversité d’activités pour l’occasion. L’an dernier, les Jeux de la Francophonie avaient aussi marqué le coup lors de leur passage en Côte d’Ivoire. D’ailleurs pour eux, il était normal de le faire, car l’événement allie autant le sport que la culture. En plus de ça, autant l’un que l’autre favorise les rencontres, l’ouverture et les échanges interculturels. J’ai eu beau chercher ce qui se fait dans le monde, je n’ai rien trouvé d’autre sur le sujet. Peut-être que ce n’est pas assez connu!

Quoi faire pour commémorer cette journée mondiale de l’art ?

 

Oui, la journée mondiale de l’art était hier, mais l’art est quelque chose que l’on consomme tous les jours sans forcément sans rendre compte. Par contre, il y a des activités que l’on peut faire spécifiquement pour cette journée.

  1. Parler de la journée aux différents milieux où la pratique de l’art est présente ;
  2. Demander aux différents milieux de diffusions d’offrir des visites gratuites principalement le 15 avril, mais aussi les dates avoisinantes si possible. Par exemple, lors de long week-end, comme cette année ;

Organiser des activités artistiques dans votre secteur. Cela peut être une activité créative comme une exposition artistique ou une conférence. Vous avez un an pour y penser.

Comme il a été dit dans cet article, l’art est un moyen d’expression et d’interaction. Des organismes utilisent l’art comme moyen d’intervention culturelle et interculturelle. Je pense entre autres à Culture pour tous qui démocratise la culture via diverses activités. Je pense aussi à l’organisme PaalMtl qui intervient auprès des enfants, notamment en développant leur créativité en parlant de la diversité culturelle.

Bref, que l’on veuille ou non, l’art est présent dans notre quotidien. Il permet d’en apprendre sur l’autre et sur notre environnement, car il permet une réflexion et une ouverture vers ce qui est extérieur à nous !

Et vous, quel type d’art vous parle le plus ?

Le 20 mars dernier, c’était, entre autres, la journée internationale du bonheur. Cette journée existe depuis quelques années seulement. En fait, l’ONU l’a reconnue en 2013 pour être précise, car elle reconnaît que le bonheur est une aspiration universelle et qu’elle devrait être considérée dans les objectifs politiques. Selon une étude américaine, la culture et l’éducation ont une importance dans notre définition du bonheur. Honnêtement, je le vois avec mon mari. Nous n’avons aucunement la même définition du bonheur et du bien-être. En effet, en Amérique, le bonheur est souvent associé au fait d’être actif. À l’inverse, dans les cultures plus traditionnelles, le calme en est le synonyme. On peut même mesurer le bonheur grâce à l’indice de développement humain (IDH).

Le bonheur est dans le travail ?

Pour le peintre allemand Wolfgang Mattheuer, « Le bonheur, c’est du travail bien fait. » En effet, pour beaucoup de créateurs, il y a une liberté dans le travail. Dans la culture allemande, si on parle, par exemple, des blogues, le professionnalisme est important. Il y a la volonté d’offrir de la qualité aux lecteurs ce qui implique la récompense d’entrer en relation avec eux. Cela crée donc un lien entre le temps investi dans la création et le rendement créatif.

On peut aussi remarquer que le travail est important dans la société occidentale. Étant plus individualiste, l’épanouissement personnel passe par celui-ci. Plus on travaille, plus on a de l’argent, plus on dépense et plus on est heureux. Bien que ce ne soit pas la philosophie de bien des gens, la majorité d’entre eux pensent ainsi. Il y a le dicton pour le prouver « l’argent fait le bonheur » malgré le fait qu’il ne « pousse pas dans les arbres. » D’ailleurs, les Respectables chantaient quelque chose du genre au tournant du millénaire.

Le bonheur est dans les loisirs ?

Dans la culture allemande, le bonheur est à portée de main. Les loisirs sont une source de bonheur indéniable. Pour les Allemands, c’est donc au quotidien qu’ils vivent les loisirs. Il y a plusieurs raisons de pratiquer un loisir : par amateurisme, par plaisir, par créativité et par divertissement. En Allemagne, il y a une culture du loisir. Ils constituent des associations pour se regrouper afin d’échanger et de s’entraider.

L’avantage du loisir, c’est de prendre du temps pour soi. De s’arrêter. Le monde actuel est effréné, tout va vite. Pour y arriver, on n’a pas le temps de prendre une pause de temps en temps.  Peu importe nos intérêts, il est facile de choisir un loisir qui nous ressemble. Certains se pratiquent davantage seuls, d’autres en groupe. C’est à chacun d’entre nous de choisir ce qui fera notre bonheur.

Le bonheur est dans la spiritualité ?

L’aspect spirituel du bonheur est relatif d’une culture à l’autre. Ludwig A. Feuerbach, philosophe allemand, disait que pour rendre les autres heureux, il faut d’abord se rendre heureux. Il faut donc travailler sur soi, avoir une vie spirituelle qui nous est propre afin de rependre le bien-être autour de soi. On parle de méditation, de contemplation, de philosophie, bref, de transmission, d’une manière ou d’une autre de la spiritualité. Les Malgaches aussi la religion est importante. C’est leur source principale de bonheur. Ils sont constamment en communication avec Dieu. Leurs principales valeurs sont la justice, l’équité et le fait de croire en un monde meilleur.

En Chine, la modestie est une valeur importante de la religion. La définition du bonheur est donc influencée par trois religions : le confucianisme, le bouddhisme et le taoïsme. Ces dernières sont présentes en sol asiatique depuis des lustres. Non seulement l’aspect spirituel influence le bonheur des Chinois, mais aussi plusieurs aspects de leur vie. Dont la manière de démontrer leurs émotions et d’entrer en relation avec les autres.

Aussi, j’entends de nombreuses converties à l’Islam dirent qu’avant leur conversion, elles se croyaient heureuses et qu’elles nageaient en plein bonheur. Une fois qu’elles ont connu l’Islam, une paix s’est installée en elle de sorte, qu’elles ont trouvé le véritable bonheur.

Le bonheur est dans la relation avec les autres ?

Le fait d’être entouré de gens que l’on aime est une source de bonheur immense pour beaucoup de gens. L’être humain est un être sociable, donc forcément, lorsqu’on est en présence de personnes appréciées, il y a un déclic qui se fait au niveau cérébral. L’identité des proches est non seulement importante, mais la période passée avec eux est gage de souvenirs. Par exemple, les Chinois trouvent le bonheur auprès des membres de leur famille. Si les parents sont encore vivants et que la fratrie est en bonne santé, tout va bien. La Chine est une société collective, donc le groupe passe avant chacun de ses membres. C’est similaire dans les communautés traditionnelles. On pense notamment à l’Asie, mais aussi à l’Amérique latine et l’Afrique.

Le bonheur est dans le temps ?

Ce qui influence le bonheur est la notion au temps. Principalement celui qui est passé. La nostalgie d’une époque révolue est donc très présente. On se rappelle notre enfance, qui était l’époque de liberté et de plaisir. Mais en même temps, est-ce que l’on peut être heureux de façon continuelle ? Je crois que chacun d’entre nous est, en quelque sorte, le fabricant de son bonheur. Il est certain qu’il est influencé par ce qui nous entoure, ce que l’on vit et l’époque dans laquelle on est. Rappelez-vous quand vous étiez. Étiez-vous heureux d’entendre votre mère dire que c’était l’heure du bain ? Et maintenant, le même mot vous fait penser à quoi ?

Le secret du bonheur est dans la sauce

En fait, plusieurs facteurs influencent notre conception du bonheur. Tous les points mentionnés sont de bonnes réponses. En fait, il y en a autant que d’être humain. Il y a des gens qui sont doués pour le bonheur. D’autres, non. On dirait que le malheur s’acharne sur eux. Bref, d’une culture à l’autre, la notion de bonheur est différente. Bien qu’il s’agisse d’un sujet universel.

 

Aujourd’hui, je vous partage un livre sur l’émancipation par la lecture. Il s’agit d’une thèse de Vivane Albenca, S’émanciper par la lecture. Genre, classe et usages sociaux des livre, parue aux Presse Universitaire de Rennes en 2017 dans la collection Liens sociaux. J’avais écrit ce texte pour un site Français, Liens Socio, mais il n’a pas été retenu. Ce que je retiens de cette expérience ? La manière de rendre un compte-rendue différent d’une culture à l’autre… En France, l’exercice est plus rigoureux qu’au Québec… Ici, c’est beaucoup plus simple de faire un compte rendue. En plus, il fallait calculer en caractères avec espace, alors que je suis habituée à calculer aux mots. Je me sentais un peu brimer dans l’exercice, car je ne pouvais pas tout dire dans le texte. C’est d’ailleurs une raison pour laquelle le texte n’a pas été retenu. par contre, j’ai appris beaucoup sur l’émancipation par la lecture.

Livre S'émanciper par la lecture, Genre, classe et usages sociaux des livres

Livre S’émanciper par la lecture, Genre, classe et usages sociaux des livres (c) Myrianne Lemay

Mais, honnêtement, je suis contente d’avoir fait l’expérience et c’est vous qui en bénéficiez. Espèces de chanceux•ses. 😝 Vous verrez, le style n’est pas comme à l’habitude. Je n’ai rien changé ou presque au texte, car je n’en voyais pas l’intérêt de le faire. Donc, voici le texte en question. Il est un peu long, mais je crois qu’il vaut la peine d’être lu.

Texte intégral sur l’émancipation par la lecture

La lecture est « une conversation silencieuse et feutrée entre le lecteur ou la lectrice et son livre. » C’est ce que mentionne Christine Détrez, professeure de sociologie à l’ENS de Lyon, dès la préface. La thèse de Viviane Albenca réalisée au courant de la dernière décennie et publiée en 2009 nous le confirme. Mais la lecture est beaucoup plus qu’une simple discussion. Elle est aussi le lieu d’émancipation sociale, de genre, de classe et d’identité. L’auteure se base sur des observations et des entretiens avec des lecteur·trice·s. Elle en fait un parallèle avec Pierre Bourdieu avec une sélection de livres anglo-saxons (Toril Moi, Leslie McCail, Beverley Skeggs et Lisa Adkins) centrée sur le genre et les Cultural Studies.

Bourdieu et l’émancipation par la lecture

Dans Appropriating Bourdieu : Feminist Theory and Pierre Bourdieu’s Sociology of Culture (1991) Toril Moi explique que le genre et la classe sociale ont la même importance comme capitale dans la vie des femmes. Skeggs va dans la même veine avec son texte Feminism after Bourdieu où elle aborde le capital culturel. Ces auteures sont à la base de livre d’Albenca. L’observation a duré un peu plus de deux ans dans trois cercles de lectures lyonnais. Le but de cette enquête était de comprendre les effets du genre et de la classe sociale sur la pratique de lecture. Quarante-deux personnes, hommes et femmes confondus, ont participé à l’étude qui concernait, de prime abord, les grand·e·s lecteur·trice·s. Les deux tiers des quarante-deux entrevues réalisées sont féminins.

Phénomène de l’émancipation par la lecture

Phénomène que l’on voir aussi dans les cercles. En effet, un changement s’est fait en 1989 en faveur des femmes en matière de pratique littéraire. Une association est à faire entre le parcours de vie et les choix de lecture, comme le propose Janice A. Radway. Lire est une évasion et une contestation de l’ordre social. Bourdieu mentionne que « le consommateur contribue à produire le produit qu’il consomme au prix d’un travail de repérage et de déchiffrement qui, dans le cas de l’œuvre d’art, peut constituer le tout de la consommation et des satisfactions qu’elle procure. »

Comme mentionner plutôt, Albenca fait un parallèle entre les concepts de Bourdieu et les trajectoires sociales que la lecture engendre comme émancipation socio-économique et de genre. Selon Bereni, dans l’Introduction aux études sur le genre (2012), il existe quatre concepts. Il s’agit de considérer le genre comme une construction sociale et un processus relationnel qui engendre un rapport de pouvoir pouvant être varié.

Positionnement

Pour les répondants, un jeu de positionnement en matière de lecture se fait au niveau de la culture ou de l’identité. Pour Mauger, Poliak et Pudal, il s’agit d’une lecture de salut ayant pour but de bien faire et de mieux-être. Une dimension éthique est aussi liée à la reconstruction identitaire et culturelle. Combinées à la classe sociale, les trajectoires de mobilité sont diversifiées, ce qui fait bouger les frontières et les gens s’y trouvant. Cela varie en fonction du capital scolaire et du positionnement social. Dans la classe moyenne, les femmes sont très présentes. Ce qui se reflète dans les cercles de lectures observés par Albenca.

Les cercles littéraires

Les cercles observés fonctionnent différemment les uns des autres. Le but étant la socialisation des membres. Albenca a participé aux cercles avec une bonne volonté culturelle et joue parfois un rôle. Elle feuilletait les livres suggérés par les participants pour les analyser et prouver sa participation aux cercles. Mais less choix littéraires ne correspondent pas aux siens. Les compétences culturelles ont un impact sur les lecteurs. On parle de choix de lectures ou de capacités à lire en groupe. Albenca parle d’un classement sociologique lié à la reconnaissance d’autrui. Les gens la sollicitaient afin de légitimer leurs places dans le cercle. Être doctorante peut être un signe de bonne volonté scolaire et culturelle, mais peut aussi nuire. Ses perceptions pouvaient être perçues négativement par les participants, notamment les femmes, qui se jugeaient déjà défavorablement. Malgré tout, la participation aux cercles littéraires a pour but de favoriser deux rencontres : une avec les livres, l’autre avec les gens.

Socialisation familiale

Les trajectoires littéraires sont liées à la mémoire et la famille. Beaucoup de grand·e·s lecteur·trice·s ont un cahier de lectures où ils notent leurs réflexions. Cela permet la connaissance de soi pour bon nombre d’entre eux. Il ne faut pas oublier que la lecture est une deuxième peau et un privilège : celui de s’occuper de soi, mais le·la lecteur·trice équilibre sa vie grâce à la pratique de sports ou de loisirs culturels. De plus, la socialisation primaire a son importance, car la famille et l’école stimulent le désir de lire. La famille a un impact sur ce qui distingue un lecteur d’un autre. Par exemple, il y a une distinction sexuelle liée à la lecture causant une double contrainte pour la femme : prendre soin d’elle sans oublier sa famille. Malgré tout, le goût de la lecture vient de la mère. La socialisation littéraire passe par trois principaux facteurs familiaux soit la présence de livres et d’un·e lecteur·trice à la maison et les interdictions littéraires. L’élément crucial est la présence d’un·e lecteur·trice dans la famille.

Socialisation scolaire

L’école est importante dans la socialisation littéraire. Les lectures d’enfance font une distinction de genre, sauf pour l’héroïne féminine des romans d’aventures qui attirent tou·te·s les lecteur·trice·s. Par contre, les lectures obligatoires ont mauvaise presse. Principalement dans la liberté de choix et l’appropriation de la lecture qui causent des sentiments négatifs. L’idée est que le·la lecteur·trice soit un individu libre de choix, acteur de sa propre vie et indépendant de la famille et des institutions scolaires. Les lectures scolaires forment de bons souvenirs et ouvrent l’esprit, malgré le côté classique de l’apprentissage. Cela a un impact sur la trajectoire sociale individuelle.

Parcours de genre

Ces parcours sont différents selon le genre. Les femmes ont un parcours discontinu en raison de la maternité et du travail. Dans les premières années de vie des enfants, la mère se consacre à eux. Lorsqu’ils vieillissent, la lecture reprend sa place dans la vie des femmes, car elles se permettent un moment personnel. Les hommes sont plus axés sur la vie professionnelle. Mais il y a des similitudes entre les deux sexes : les événements marquants de la vie ont un impact sur les choix. Ce qui prouve que la socialisation primaire a des effets sur l’identité du lecteur et sa réaffiliation sociale. Jean-Claude Pompougnac parlait, en 2000, d’un schème discursif qui provoque des découvertes en raison de la bonne volonté culturelle des lecteurs.

Légitimité culturelle de l’émancipation par la lecture

Bourdieu parle de légitimité culturelle, car le genre permet une appropriation personnelle des lectures. Ce rapport à la culture est imposé inéquitablement par les classes supérieures en raison des contextes existants. Jean-Claude Passeron et Claude Grignon (1989) parlaient de l’importance de se défaire de la domination symbolique liée à la société. Bernard Lahire causait en 2004 de domino-centrisme, soit le regard que porte le groupe dominant sur le monde. Richard Peterson (1996) faisait une distinction entre omnivore et univore, le premier étant un·e consommateur·trice éclectique, le second plus restreint·e.

On constate que le genre categorise de lectures et de ses enjeux. Les choix littéraires féminins sont critiqués en raison de cet aspect. En 1991, Moi spécifiait qu’il existe une hiérarchie causée par la classe sociale et le genre. Ce qui permet de créer un soi particulier. Selon le contexte, le genre féminin évolue et peut véhiculer un capital négatif de la situation. Le féminisme influence aussi les choix de lectures. Ces décisions littéraires permettent aux frontières d’être mobiles au sujet du genre et de la classe. Ce qui signifie que la lecture ouvre plusieurs possibilités et exprime une réaffiliation sociale qui se vit à l’intérieur les cercles de lecture. Les lecteur·trice·s s’identifient aux figures littéraires présentes dans les livres. Il est question d’appropriation des textes liés au champ d’intérêt du sujet des livres divisible en trois catégories : sympathique, admirative et cathartique. Chacun ayant sa définition propre expliquée par Albenca.

Appropriation littéraire

L’appropriation littéraire situe « ces effets dans des trajectoires sociales et des contextes variables » comme le mentionne l’exemple de Janice Radway. Ses recherches (1984) ont pu démontrer que les livres à l’eau de rose permettent des moments intimes aux femmes des classes populaires, mais ont d’autres avantages. Dans le cas de la thèse d’Albenca, les participant·e·s sont de classe moyenne et ont un champ littéraire plus large que dans le cas de Radway. Ce qui a un impact sur la légitimité de la lecture. Mais le souci de soi par la lecture est un point commun entre les deux études et la femme se retrouve au centre de ce concept. Par contre, les trajectoires de genre se différencient avant tout à cause de l’âge et l’appartenance sexuelle.

Mais l’influence de la femme en matière de lecture a toujours été présente. Certaines utilisent leur profession, d’autres de leurs liens amicaux et familiaux. Ce qui mène à la question de la place des femmes dans l’éducation sociale féminine. Bourdieu a écrit sur le sujet dans La domination masculine. La lecture est une émancipation sociale ou féminine, car elles permettent l’apprentissage de compétences variées.

Conclusion

À la lecture de ce livre, il est possible de comprendre l’importance de la lecture sur la vie des femmes en particulier. La socialisation et la prise de temps pour soi sont deux facteurs importants de l’émancipation sociale féminine. Au moment de la lecture, la domination masculine et les occupations quotidiennes sont loin de la lectrice. On peut donc dire que l’émancipation par la lecture est présente en tout temps.

Aujourd’hui, je vous parle d’humour avec le livre Histoire politique du comique au Québec de Robert Aird, historien de l’humour et professeur à l’École de l’humour à Montréal. Le livre de 264 pages est paru en avril 2010 chez VLB Éditeur dans la collection Études Québécoises.

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Livre Histoire politique du comique au Québec (c) Myrianne Lemay

Mais qu’est-ce que l’humour ?

Pour Aird, les humoristes ont diverses fonctions sociales. Ce qu’ils nous racontent a un lien avec notre identité, valorise notre comportement, permet une attribution de sens en plus de permettre aux émotions de s’exprimer. Aussi, le rire peut être ambigu si le but est de se réconforter dans ce que nous sommes au lieu d’y réfléchir. Car oui, le rire permet aussi la réflexion. Et, selon Nelly Feuerhahn, il peut être révolutionnaire, car il se positionne entre une révolte impossible à faire et une soumission où il est impossible d’être. Cela signifie qu’il est synonyme de risque plus ou moins élevé selon la culture et la tolérance de la société dans lequel il évolue. L’humour permet donc de comprendre les maux d’une société par l’expression de ses humeurs.

Dans les différents chapitres du livre, on peut voir l’évolution de l’humour au Québec du 17e siècle à nos jours. On peut donc constater qu’au début de la colonisation, l’humour était un concept festif et de tradition orale. Le changement s’opère au 19e siècle, non seulement, l’oralité est toujours présente dans l’humour, mais l’écrit y prend graduellement sa place. D’un côté des monologuistes sont bien présents dans la classe populaire, mais la presse écrite est en plein essor et les intellects en profitent pour publier divers textes dans les journaux de l’époque.

L’humour est le reflet de la société. Il suit donc ses hauts et ses bas. Je me souviens d’avoir entendu dans un colloque sur l’humour que la distanciation est importante dans le fait d’aborder un sujet. Oui, l’actualité est une source d’inspiration, mais si un sujet est trop délicat pour une raison X, il est préférable de ne pas l’aborder. L’exemple qui avait été donné est celui du 11 septembre 2001. Au Québec, on a pu en rire plus rapidement qu’aux États-Unis en raison de la distance géographique, mais aussi en raison de la distance émotive. L’évolution de l’humour au Québec suit cette même tendance. Dans l’histoire, il y a eu des événements, politiques ou autres, qui ont laissé des traces dans la manière de faire divertir les gens. Des exemples ? Les Fridolinades, les cabarets, les boîtes à chansons, les stand-ups, etc.

Par sa situation géographique et linguistique, le Québec a pu profiter des apports des États-Unis et de la France. En effet, chaque culture a ses propres codes culturels en tout et l’humour ne fait pas exception. Et forcément, à force de les côtoyer, ont fini par être influencé par celles-ci. D’ailleurs, il existe depuis 2011, l’Observatoire de l’humour. Ce dernier, comme son nom l’indique, observe et analyse l’humour, mais aussi assurer sa valorisation. Sur son site, l’Observatoire mentionne que l’on « retrouve l’humour dans toutes les sphères de la société : santé, psychologie, gestion, éducation et médias, pour ne nommer que ces instances. » Donc, on n’a même pas à quitter sa maison pour être en contact avec l’humour d’une autre culture. Grâce à internet, on peut écouter les comédies, qu’elles soient cinématographiques ou non, qui nous viennent d’ailleurs. Si on écoute ces fictions étrangères avec quelqu’un de la même origine que l’émission, il y a de fortes chances que personne ne rit au même endroit. C’est la même chose au quotidien. Il m’est déjà arrivé d’être chez mes parents avec mon ex-mari (Tunisien) et ce dernier ne comprenait pas la blague que mon père avait faite. Il me regardait avec un air de « je voudrais bien rire, mais je ne comprends pas. » Au détriment de mon père, sa blague était décevante et n’était pas digne d’un rire.

L’humour dans le monde

Mais pour vous donner une idée de ces différences en humour, en juillet dernier avait lieu à l’UQAM, le 29e congrès de l’International Society for Humor Studies. Il suffit de regarder la carte ici-bas pour voir d’où viennent les spécialistes.

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Capture d’écran du site de l’Observatoire de l’humour (c) Myrianne Lemay

Les sujets étaient variés. Allant des différents aspects de l’humour et du genre en passant par la production, le style, l’identité et médias. Il va donc sans dire que le sujet est très vaste.

Tellement que le site de l’Observatoire, a une liste de textes provenant des maîtres et doctorants sur le sujet. Je vous laisse le loisir d’aller faire la recherche en ce sens. Idem pour la bibliographie du livre de Aird qui est très complète. Si vous vous intéressez au sujet, vous ne manquerez pas de lectures.