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Bouchard-Taylor : succès ou échec?

Ceux qui suivent le blogue depuis ses débuts savent que j’ai participé aux 10 ans de la Commission Bouchard-Taylor en 2017. C’était un événement de trois jours avec différentes conférences sur une diversité de sujet. À la suite du colloque est né un livre.

Son nom ? Dix ans plus tard : la commission Bouchard-Taylor, succès ou Échec ?

Telle était la question du colloque devenue livre. Publié chez QuébecAmérique, section Débats. Le livre de 355 pages a été codirigé par Solange Lefebvre et Guillaume St-Laurent.

L’événement avait été commandité par la Chaire de recherche du Canada en études québécoises et canadiennes et par BMO.

5 thèmes sont abordés dans le livre. Les textes ne sont pas dans le même que lors du Colloque. Ils ont gardé leur importance malgré tout. Mais avant tout, une question se pose!

Livre Dix ans plus tard : La commission Bouchard-Taylor, succès ou échec ? (c) Myrianne Lemay

Bouchard-Taylor : Succès ou échec ?

Ça dépend des cas.

Pour la section concernant les médias, il est clair que c’est davantage un échec. Pourquoi ? Tous les médias ont été mis dans le même panier. Alors qu’un seul empire était ciblé. D’ailleurs, c’était celui qui était absent lors du panel d’ouverture du jeudi soir. Les autres grands médias étaient là.

Mais de façon générale, on trouve différentes opinions. Certains auteurs trouvent que c’est un échec. D’autres trouvent que c’est un succès. Alors que d’autres nuancent leurs propos.

La raison des nuances est simple. Certains changements prennent plus de temps que d’autres avant de se réaliser. Donc, plus de 10 ans. Comme le cas de la laïcité au Québec.

Conférence du Vendredi (C) Myrianne Lemay

Bouchard-Taylor et les médias

Dans cette section, on se questionne sur la responsabilité et le rôle des médias par rapport à la Commission Bourchard-Taylor. On y retrouve la discussion du panel d’ouverture sur le sujet. Tel quel ou presque. Mais bref, comme j’ai dit plus tôt, les grands médias étaient représentés. Il y avait donc Radio-Canada, Le Devoir, La Presse et la Gazette. Seul un représentant de l’empire Quebecor manquait. Mais c’est tout à fait normal dans leur cas. Vous n’avez qu’à lire ou écouter leurs propos pour comprendre que les journalistes et chroniqueurs ne s’étouffent pas avec leurs préjugés.

Josée Boileau reproche le fait que les médias aient eu autant de reproches, alors qu’ils sont le reflet de la société. En résumé, les vrais coupables pour elle : les politiciens.

Il est aussi question de deux analyses sur des textes publiés avant (Maryse Portvin) et après (Solange Lefebvre) la Commission.

Bouchard-Taylor et la politique

Au moment du colloque, la loi 62 venait d’être adoptée. Pur fruit du hasard ! Il en était donc question durant l’événement.

Mais ce qui revenait le plus tournait autour de la question identitaire du Québec. Par exemple, la notion d’interculturalisme se trouvait au centre des discussions. Pourquoi ? Parce que le rapport Bouchard-Taylor en faisait abondamment question. En fait, c’était même l’une des recommandations du rapport.

conférence du Vendredi (c) Myrianne Lemay

Autre sujet, les droits. Celui de pratiquer une religion. Ceux des minorités par rapport à la majorité. La neutralité religieuse de l’État, et non des gens, est aussi mentionnée. Le fameux cours d’Éthique et culture religieuse est abordé. Notamment, par le fait qu’il se trouve nécessaire de représenter, aux yeux des enfants, la diversité religieuse de la province.

En terminant, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse parle de son service-conseil en matière d’accommodements.

Bouchard-Taylor et les commissions européennes

Au Québec, on a souvent la fâcheuse habitude de se comparer aux autres. Dans ce cas-ci, on le fait avec l’Europe.

Depuis le début des années 2000, plusieurs Commissions européennes ont eu comme sujet la diversité. Par exemple :

  • La commission Stasi en France (2003)
  • Celle de Süssmuth en Allemagne (2001)
  • La commission Blok aux Pays-Bas (2004)
  • La commission Parekh au Royaume-Uni (2000)

Il faut dire qu’en Europe, beaucoup de sujets sont polarisants. Comme la diversité, la migration et la religion. D’ailleurs, un chapitre sur l’Eurel parle abondamment de la situation des religions en Europe. Mais aussi au Canada. Le dialogue et la recherche sont des solutions à remédier à la problématique.

Un chapitre complet parle de la ressemblance entre l’Espagne et le Québec. Tandis qu’un autre compare 3 pays avec le Québec. Soit les États-Unis, le Canada et le Royaume-Uni.

Bouchard-Taylor et la diversité dans le monde

Tariq Modood parle principalement de sa participation au CORAB. L’identité religieuse était l’un des sujets abordés. Tout comme l’ethnicité. Le multiculturalisme aide à définir la Britannicité.

Pour l’Australie, il est question de l’État de Victoria. La région où Melbourne s’y situe. L’immigration y est variée, mais différente de celle du Québec. Dans ce chapitre, on parle d’une société cosmopolite. Comme en Grande-Bretagne, l’éducation est importante pour comprendre l’autre.

Pour la Scandinavie, il s’agit d’une région à part. Personne n’a entendu vraiment parler de la commission Bouchard-Taylor. Chacun des trois pays (Suède, Norvège et Danemark) a sa manière de gérer la diversité religieuse. Suède favorise le multiculturalisme. Le Danemark, l’assimilation. La Norvège est entre les deux.

La Pologne a une histoire migratoire particulière. Elle est vue comme un pays de transition pour les migrants. Ces derniers ne font que passer en Pologne pour aller s’établir définitivement ailleurs.

Conférence du Samedi (c) Myrianne Lemay

Bouchard-Taylor, le pluralisme et l’égalité

Dans un premier temps, la question des accommodements raisonnables est abordée. Celui de la tolérance aussi. Selon Lori G. Beaman, les deux favorisent les inégalités entre « eux » et « nous ». Cela fait donc deux catégories de personnes. Pour Beaman, cela fait partie du négatif. Le plus important ? Aborder la notion d’égalité.

Autre point négatif, le fait que les choses traînent en longueur. D’ailleurs les coprésidents ont des opinions souvent différentes sur certains sujets. Joseph Yvon Thériault parle abondamment de la restructuration de la pensée libérale.

Autre texte, celui de Guillaume St-Laurent. Qui aborde le multiculturalisme et l’interculturalisme. Les deux favorisent un pluralisme normatif. De façon différente, évidemment !

De son côté, Karel J. Leyva, fait aussi un comparatif entre deux modèles de gestion. Dans son cas, c’est le multiculturalisme et le républicanisme. La comparaison se fait avec trois théories :

  1. De la liberté,
  2. Délibérative,
  3. Critique.

Le livre se termine avec le bilan des coprésidents de la Commission. Chacun d’eux à son texte qui explique son point de vue.

 

Bilan des coprésidents Samedi (c) Myrianne Lemay

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