Publié dans Identité, Linguistique

Trio du jour: langue, culture et identité

Il y a deux semaines, j’ai terminé mon cours de communication et interculturalité. Dans la dernière fin de semaine du cours (trois en tout) on a parlé du lien entre la culture, la langue et l’identité. Le sujet me parlait particulièrement, car mon projet de stage s’enligne dans cette direction.

Il y a deux écoles de pensées concernant le langage. La première, l’universaliste, prône le fait que le langage est inné. La deuxième, la relativité linguistique, dit que l’apprentissage de la langue est acquis, comme l’est la culture. Les deux approches n’ont pas tort. L’être humain à la base veut communiquer. Les bébés le font avec les sourires, les pleurs et les babillages. La communication avec les mots, comme nous le faisons en tant qu’adultes, vient progressivement à force de côtoyer les gens d’une même culture, d’une même langue. Lorsque l’on change d’endroit, on doit s’adapter à un nouvel environnement, une nouvelle culture, parfois même, une nouvelle langue.

Plus on maîtrise de langues, plus notre cerveau perçoit différemment le monde dans lequel on vit. Et le phénomène est perceptible dès l’enfance. Les enfants qui apprennent plusieurs langues sont donc plus habiles à jouer avec les perceptions ainsi que de nuancer les propos et les idées des autres. Pourquoi ? Parce que la manière de parler et de penser est différente d’une langue à l’autre. En maîtrisant plusieurs langues, forcément une personne est aussi capable de réfléchir autrement. Ce qui peut aider à comprendre l’autre dans son ensemble. Par exemple, pour nous, il est sûr et certain que mon mari parlera en arabe avec nos enfants, si on en a. Je leur parlerais français. Pour l’anglais, on n’en a pas encore discuté, car notre langue commune est le français. À la mosquée, je parlais surtout en français avec les enfants, et je sais que certains ont fini par enregistrer des mots. Ils comprenaient bien ce que je leur disais, même s’ils répondaient en arabe ou en anglais.

En effet, la socialisation se fait par la langue. Une personne est toujours plus à l’aise avec sa langue maternelle. Par contre, pour les autres langues apprises plus tard, tout dépend du contexte dans lequel se fait l’apprentissage. Si on apprend une langue dans le cadre d’un emploi technique, ce sont les termes techniques qui sortiront plus facilement. Par contre, si on apprend une langue en voyage, ce sont les mots liés aux vacances qui seront appris en premier. Rien n’empêche de continuer à apprendre ces langues plus tard, mais le premier contexte d’apprentissage fera surface plus rapidement que les autres.

La socialisation se passera bien si la personne parle parfaitement la langue. Par contre, ce qui est triste, c’est lorsque la maîtrise d’une langue fait en sorte d’exclure quelqu’un. Ça et le manque de référent culturel. En effet, si l’on parle un peu croche ou que l’on cherche nos mots, et qu’on stresse pour une raison X ou Y, il se peut que des gens s’éloignent de nous. Comme il est possible que personne ne vienne nous voir parce qu’on est trop gêné de parler devant eux. On se retrouve donc isolé et on ne pratique pas. Ce qui affecte souvent notre attitude envers soi-même et en ses capacités. Idem si l’on ne maîtrise pas les codes d’une société qui sont liés à la langue.

La maîtrise d’une langue implique beaucoup de choses. Ça ne peut pas être que du par cœur. Il faut aussi que cela vienne du cœur, c’est-à-dire, vouloir apprendre, questionner sur les référents culturels qui peuvent être lié au quotidien des gens. À moins que l’on grandisse dans deux cultures. J’ai vu des vidéos de mon mari avec ses enfants en très bas âge. La manière dont il leur parle est totalement différente de celle qu’il utilise avec des adultes. Il est plus calme, plus joyeux. Aussi, il parle le dialecte de la mère des enfants, qui n’est pas algérienne. Avec les adultes, il est plus autoritaire dans sa manière de parler. Avec moi, c’est surtout l’arabe de base qu’on utilise, car je suis en apprentissage. Sans qu’on soit un langage trop enfantin, il n’est pas non plus autoritaire. Par contre, lorsqu’il est en colère, forcément, l’arabe prend le dessus. J’essaie de dédramatiser. Parfois cela fonctionne, d’autres fois, non.

Par contre, si je me prends en exemple, il est certain que si les gens ne me parlent qu’en arabe et que personne ne me traduit discrète la discussion, je décroche. Lors de mon passage en Algérie l’an dernier, les tantes de mon mari son venu me voir et m’offrir des cadeaux. Par contre, pas une ne m’a parlé en français. Par politesse, je devais rester avec elles, mais la discussion se passait entre elles et ma belle-famille. Lorsqu’elles sont parties, elles ont demandé à mon mari si j’étais fâchée. Je m’ennuyais plus qu’autre chose de ne pas rien comprendre et de ne pas pouvoir participer moi aussi à ce qui se passait. Par contre, lorsque je comprenais des mots, j’essaie de participer. Sauf dans la discussion sur le mariage de la veille. Ce que j’ai compris, c’est que personne n’était satisfait des gâteaux donnés en cadeau. Mon mari est arrivé sur le fait et j’étais vraiment contente de lui dire qu’il arrivait au moment de la chicane. C’est tout ce que j’ai compris sur les deux heures de discussion qu’il y a eu cette journée-là!

Idem lorsque j’ai rencontré mon ex-belle-mère. À peine sortie de l’avion, elle prenait le contrôle de la maison. Chose à laquelle je n’étais pas préparée et que je n’ai pas appréciée. J’aurais préféré lui laisser le temps de s’installer et de se connaître avant qu’elle agisse ainsi. Mais elle venait s’occuper de son fils malade. Personne d’autre ne pouvait le faire. Elle ne me parlait qu’en arabe, alors qu’avant elle me parlait en français avec des mots arabes. Mais on se comprenait. Mais là pas du tout. J’avais essayé d’expliquer la situation à mon mari, mais il prenait la défense de sa mère. J’étais donc la méchante épouse parce que je ne comprenais pas ce qui se passait!

La maîtrise des codes culturels est donc nécessaire, mais j’ai l’impression qu’elle est plus longue à faire que l’apprentissage d’une langue. Peut-être que je me trompe.

Et vous, qu’en pensez-vous?

Publié dans Affiliation

L’Académie du blogue

Aujourd’hui, je déroge un peu des textes que j’écris habituellement pour le blogue. Il ne sera donc pas question de construction identitaire reliée à la diversité et l’interculturalité. Non non! En fait, il est plus ou moins question de construction identitaire, en fait, à celle d’un site internet… Il y a toujours moyen de faire des rapprochements avec un sujet de blogue. En fait, c’est pour une raison très simple! Lorsque j’ai commencé à vouloir sérieusement bâtir mon blogue, j’ai fait des recherches afin de savoir quoi faire et surtout comment le faire. Bien que j’ai étudié en communication, la création d’un blogue et la rédaction liée à ça, ce n’était pas enseigné. Devant l’ampleur du phénomène, plusieurs se sont lancés dans l’accompagnement de blogueur. Ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi. Il faut juste trouver le bon accompagnateur, celui qui nous rejoint et qui nous fait sentir bien quand on le lit!

Pour moi, mon choix s’est arrêté sur l’Académie du blogue. Pourquoi ? En raison de sa simplicité et de son approche personnelle. Il y a un cours gratuit qui permet d’apprendre la base d’un site web, donc d’un blogue. J’ai pu apprendre, entre autres, à définir ma clientèle, ma vision, trouver mon nom et mon sujet. J’avoue que cela m’a permis de mieux structurer ce que je voulais refléter avec mon blogue. Ce qui est bien aussi, c’est qu’il y a  possibilité de joindre un groupe sur Facebook. On y trouve une belle communauté où on trouve l’entraide et le soutien nécessaire à notre projet. Évidemment, ce n’est pas assez! Vous allez voir que le site comprend aussi une boutique où l’on peut se procurer la documentation que l’on a besoin pour continuer son apprentissage. J’ai moi-même choisi trois documents, soit Blogue 101, le kit de la blogueuse organisée et le document Définir sa vision.

Si vous voulez bien démarrer votre blogue ou même simplement vous améliorer, je vous le conseille fortement. En tant que blogueurs, nous avons tous besoin d’un réseau qui nous permet d’avancer et qui permet de sortir de notre isolement. Je vous encourage à vous y joindre à cette Académie. Je suis tellement sûre que cela vous plaira que je m’y suis affiliée à ce site pour en faire la promotion. S’il m’avait déplus, je vous jure que je n’aurais pas écrit cet article pour vous en parler.

Allez visiter le site pour vous faire une idée et vous m’en donnerez des nouvelles.

Publié dans Linguistique

L’apprentissage d’une nouvelle langue

Une chose que tout le monde a en commun est le fait d’avoir une langue maternelle. Celle apprise à la maison par les parents. Mais forcément, dans une société multiculturelle, il va de soi d’apprendre d’autres langues, d’être polyglotte. Le minimum est d’apprendre l’anglais comme beaucoup de québécois le font. Mais lorsqu’on est issu de l’immigration, c’est souvent bien différent. À la base, il faut savoir parler la langue du pays vers lequel on souhaite s’installer.

Mais personnellement, comme j’essaie d’apprendre l’arabe, j’ai mes petits trucs. Bien que ça ne fasse pas de moi quelqu’un qui parle couramment cette langue, j’arrive quand même avoir des discussion très de base avec les gens. Il faut dire que ce n’est pas une langue qui est facile à parler et qui a un vocabulaire très riche. C’est probablement une des langues les plus complète qui existe en raison du fait que la bouche et la gorge sont utilisées pour l’utilisation des lettres. Pour vous donner une idée, dans mon Coran, j’ai cette image qui explique la provenance des lettres arabes.

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L’emplacement des lettres arabes dans la bouche et la gorge. Photo prise dans mon Coran.

Mais ne vous inquiétez pas, mon Coran n’est pas exclusivement en arabe. J’ai pris un qui a, oui les sourates en arabes, mais qui a une traduction et une page en phonétique. Donc je peux lire le Coran en arabe et comprendre ce qu’il y est écrit grâce à ça. C’est une des manières que j’ai pour apprendre la langue. Si mon mari récite à la maison, je peux donc suivre en prenant la page de la phonétique. Si je suis seule et que je lis la phonétique et qu’un mot me semble familier, j’essaie de trouver l’équivalent en français ou j’essaie de trouver le mot dans la partie en arabe, car j’arrive à lire les lettres. Par contre, si j’essaie de lire en arabe exclusivement, j’ai énormément de difficultés car je n’arrive pas toujours à bien prononcer les lettres ou j’en confonds. Donc, je me trouve meilleure à lire et écouter l’arabe que de le parler.

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Ce à quoi ressemble mon Coran. Il s’agit de la première sourate Al Fatiha.

Pour ce qui est de l’écoute justement, ce que je fais est évidemment écouter des émissions en arabe avec mon mari. Lorsque je crois comprendre un mot, je lui répète ce que je crois avoir entendu, mais ce n’est pas une réussite à chaque fois. Par contre, ça me permet d’apprendre des mots qui ne sont pas forcément issu de la religion.

Personnellement, je trouve important, en tant que convertie d’apprendre, même un peu, la langue arabe. Cela me permet mieux de comprendre lorsque je suis entourée de musulmans et qu’il est question de religion. Par contre, ce n’est pas tout le monde qui ont cette mentalité. Je connais des arabes qui ne veulent pas que leurs enfants apprendre la langue des parents, sauf si c’est pour réciter le Coran. À mon avis, et je ne suis pas la seule à le penser, il est important de comprendre l’arabe quand on est musulman. Car forcément, ça nous oblige à apprendre notre religion et mieux la comprendre. Je ne dis pas de la maitriser parfaitement, mais de comprendre certains mots clés. Et comme je viens de le mentionner, les recherches prouvent que ceux qui sont enclin à la radicalisation sont les jeunes de la deuxième génération qui ne maitrise rien de la culture de leurs parents ni de leur religion.  En plus, c’est tellement facile, quand on est enfant d’apprendre une autre langue. Beaucoup plus facile qu’une fois adulte.

Pour l’instant, je n’ai pas d’enfant, mais il est déjà entendu avec mon mari qu’il allait parler en arabe avec nos enfants, si on en avait. Je sais que c’est le cas aussi de beaucoup de familles multiculturelles. Il existe une langue parlée avec chaque parents  et la langue commune du couple. Parfois s’ajoute la langue de la société d’accueil… L’avantage de cela: avoir des enfants ouverts sur le monde et qui auront des opportunités a en plus finir.

Pour les convertis qui me lisent, voici de quoi à l’air mon Coran. Il existe aussi des exemplaire en d’autres langues, à moins que je me trompe.

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Mon Coran