Publié dans Journée internationale, Réflexion

Solitude, nécessaire ou non ?

La journée mondiale de la solitude suit de près celle des câlins. Deux jours seulement les séparent. Pourtant, il existe tout un monde entre les deux. Si l’on est seul, on ne reçoit pas de câlins. Mais encore. On peut recevoir des câlins, mais se sentir seul au monde.

Aujourd’hui, la solitude est l’un des maux de ce siècle. Malgré le fait qu’il est désormais facile de se connecter avec autrui, grâce aux médias sociaux, ce n’est pas le cas dans la réalité.

L’initiative de l’association Astrée a lancé la première journée des solitudes en 2018. L’un des buts est de sensibiliser aux différentes formes de solitudes. L’autre est de lutter contre ce phénomène. Bref, de briser de l’isolement que vivent bien des gens.

Les statistiques de la solitude

Selon Astrée, 10% de la population française vit de la solitude. Euronews parle de 6% de la population européenne. Cela représente 30 millions de personnes qui n’ont personne à qui se confier.

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Capture d’écran du site Euronews 16 janvier 2019 (c) Myrianne Lemay

Le portrait européen de la solitude ? En grande majorité des hommes célibataires âgés (75 ans et +), pauvres et qui vivent en ville.

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Capture d’écran du site Euronews 16 janvier 2019 (c) Myrianne Lemay

Au Québec, en 2016, 33% habitent seuls. Beaucoup le font par choix. Mais ce n’est pas le cas pour tous. Ici aussi, les plus de 75 ans vivent beaucoup de solitude. L’organisme Les petits frère des pauvres est là pour les aider.

Mais le phénomène semble principalement européen. Parce que même avec les recherches, en date d’aujourd’hui, je ne trouve pas trop de statistiques au Québec. Mis à part pour les personnes âgées.

Solitude ou isolement

Il y a une différence entre les deux. La solitude est parfois nécessaire pour se recueillir. Pas l’isolement. Mais quelle est la différence ?

La solitude pour Antidote a 2 significations.

  1. État d’une personne qui vit seule
  2. Caractère d’un lieu qui inspire un sentiment d’être seul.

L’isolement, toujours pour Antidote, il y a plusieurs définitions. Par contre, celle qui nous intéresse mentionne un « état d’une personne moralement seule. »

On voit qu’il y a une différence entre les deux. Souvent la solitude peut être une décision personnelle. L’isolement est non. Il arrive plus sournoisement… ou non, selon le cas.

Les Allemands font aussi une différence entre les deux mots. D’un côté, il y a l’expression Ich bin allein « je suis seul. » De l’autre, Ich fühle mich einsam , quant à lui, se traduit par « je me sens seul (et j’en souffre). » Idem en anglais avec les termes the solitude et the loneliness.

La solitude et la culture

Comme on le sait, il y a un clash entre les sociétés occidentales et les sociétés traditionnelles. Les Occidentaux sont plus individuels dans le train de vie. Oui, ils côtoient des gens tous les jours. Mais ils demeurent souvent dans leurs bulles. Accroché souvent à la technologie.

Dans les sociétés traditionnelles, c’est différent. La vie des autres passe avant notre propre vie. Beaucoup de choses se vivent en groupe. Et l’intimité, il faut parfois l’oublier.

Anecdote

Dans un cas comme dans l’autre, lorsque l’on se retrouve dans une société opposée à la nôtre, on réagit. Par exemple, lorsque j’ai passé un mois en Algérie, dans la famille de mon mari, j’ai eu un choc culturel à ce niveau. La première journée, mon beau-frère arrive avec sa famille. On était tous couchés. Ma belle-mère parce qu’elle est âgée. Nous on est sur le décalage. Comme il était impossible pour mon beau-frère d’entrée dans la maison, les deux plus vieux sont venus ouvrir les volets de notre chambre. J’étais en train de m’endormir. Alors j’ai fait le saut. Je leur ai demandé s’ils avaient besoin d’aide. Silence radio. Il a fallu que je réveille mon mari pour comprendre la situation.

Et je ne parle pas du nombre de fois que ma belle-mère et ma belle-sœur sont entrées dans la chambre sans demander la permission. Cela ne fait pas partie de la culture.

Bref, chaque culture à sa manière d’exprimer la solitude. Certaines semblent la confondre avec l’isolement. D’autres non. Elle semble toucher beaucoup les personnes âgées vivant de pauvreté dans les sociétés occidentales. Et semble être un sujet beaucoup plus étudié en Europe qu’au Québec. Par contre, ce que je n’ai pas abordé, c’est les bienfaits de la solitude. Car il y en a. Du moment que cela ne devient pas de l’isolement. Car là, il y a un problème. En fait, comme toute chose, il faut un équilibre entre la solitude et la vie active.

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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