Publié dans expérience personnelle, Réflexion

Société de consommation, vous dites ?

Ce que j’ai remarqué en fréquentant les Arabes que certains points liés à la consommation ou à l’environnement ne concordent pas avec ce qu’on nous enseigne ici au Québec. Je prends la communauté arabe en exemple, car c’est celle que je connais le mieux. Mais je me base que sur mes propres observations et expériences. Alors, il ne faut pas tout prendre à la lettre non plus !

La société de consommation et le recyclage

 

Je me souviens d’avoir appris les bases du recyclage au primaire. On remonte à près de 30 ans. Aujourd’hui, il est normal pour moi, comme beaucoup de Québécois·es, de mettre dans deux bacs différents les déchets et ce qui est recyclable. Mais pas pour les Arabes que j’ai connus. Au contraire, pour eux·elles que j’ai connu, il n’y a pas de différence entre les deux : tout va à la poubelle. On ne se complique pas trop la tête sur ce sujet. Mais je ne dis pas que c’est la norme ! La preuve ? Si je fis à ce que j’ai vu à Alger, la gestion des déchets n’est pas la même dans les quartiers populaires et dans les quartiers plus aisés.

 

Mais j’avoue que ce n’est pas inné pour tout le monde. Lors de mon mariage avec mon ex-mari, on avait sous-loué mon appartement à un de ses amis pour les deux mois qu’il restait au bail. J’ai dû aller chercher quelques trucs que j’avais oubliés dans le déménagement.  Je ne vous dis pas le bordel dans le bac de recyclage, qu’il avait littéralement pris pour une poubelle ! Il y avait donc un mélange de restants de nourriture et de papiers. Le tri n’avait pas été fait et mis pêle-mêle dans le bac vert sans sac de poubelle… Je vous laisse imaginer le plaisir que j’ai eu à tout trier.

La société de consommation et le compostage

Le compostage n’est déjà pas inné pour les Québécois·es, alors on peut pardonner aux Arabes de mettre à la poubelle ce qui est compostable. Pourtant, pour beaucoup d’arabo-musulmans, il est enseigné de ne pas gaspiller quoi que ce soit. On parle de nourriture, mais aussi d’argent ou de tout autre chose qui nous est utile. On peut le voir dans certains versets du Coran comme ceux-ci :

« Ô enfants d’Adam, dans chaque lieu de prière, portez votre parure (vos habits). Et mangez et buvez ; et ne commettez pas d’excès, car Il [Allah] n’aime pas ceux qui commettent des excès. » (Sourate Al-Arâf, v. 31)

 

« Et ne gaspille pas indûment, car les gaspilleurs sont les frères des diables. » (Sourate Le Voyage Nocturne, v. 26, 27.)

Chacun y donne son propre sens. Personnellement, j’inclus ce qui est compostable et il y en a tellement ! Si ce que l’on consomme peut être réutilisé d’une manière rentable, pourquoi pas. Pour ceux qui ont des plantes à la maison, le compost est très utile. Par contre, j’avoue qu’on n’a pas tous la place pour entretenir le compost. La ville de Montréal dans certains arrondissements offre le ramassage du compost 1 une fois par semaine au même titre que les poubelles ou le recyclage.

La société de consommation

Vous l’auriez remarqué, au Québec comme un peu partout en Occident, on consomme beaucoup trop. On est tanné de quelque chose, on le jette. Certaines sociétés plus traditionnelles commencent à agir ainsi. Par contre, c’est là leur avantage, ils ont tendance à se contenter de ce qu’ils ont et de faire beaucoup avec peu. C’est le cas de certains Arabes. Je regarde mon mari aller et il se débrouille énormément avec peu. Par contre, il conserve toujours beaucoup de choses « au cas où » il en aurait besoin. Il y a tellement de trucs que l’on a à la maison qu’on pourrait se débarrasser parce que ça nous est inutile. Personnellement, il y a beaucoup de ses choses dont je donnerais à des organismes ou des familles qui en ont besoin, mais non !!! Mais il n’est pas le seul comme ça ! Ma mère est comme ça aussi. Elle a encore certains jouets de notre enfance qu’elle réutilise avec ma nièce de trois… après un voyage de plus de 30 ans dans la famille…

La société de consommation : le minimalisme contre-attaque

Il me semble que j’entends beaucoup plus parler de minimaliste depuis quelque temps. Qu’est-ce que le minimalisme ? C’est de simplifier de façon extrême une décoration ou une façon de faire. Par exemple, plusieurs personnes au lieu d’acheter un livre, vont à la bibliothèque l’emprunter même si elles ont les moyens de l’acheter. D’autres vont donner à des organismes ou à des amis des objets ou des vêtements qui ne leurs plus utiles. Bref, ces personnes vont donner une deuxième vie à ce qu’elles possèdent au lieu de les accumuler dans leurs armoires. C’est surtout d’éviter de surconsommation, car il s’agit d’une manière de vivre. Nos choix sont donc réfléchis sans nécessairement brimer nos besoins. On veut se déplacer ? Nos pieds et les transports en commun font amplement l’affaire si on est en ville. Sinon le vélo fait amplement l’affaire. Idem pour plusieurs aspects de notre vie !

Autres solutions à la société de consommation

Si je me fie aux commentaires de mon mari, les Québécois·es ne savent pas consommer. Selon lui, on préfère acheter que du neuf et on ne sait pas réutiliser ce que l’on a. Pourtant, au Québec, il y a énormément de ressources pour éviter la surconsommation. En voici quelques-unes.

Les troc-tes-trucs

Troc-tes-trucs est né en 2005 lors d’un événement jeunesse grâce à l’initiative de deux jeunes femmes. L’idée était de sensibiliser les gens à une consommation plus responsable.

L’Accorderie

L’Accorderie est une façon de consommer différemment. En effet, chaque membre a une banque de temps qu’il peut utiliser en échange de services. Cela peut être pour apprendre une langue, recevoir des conseils sur un sujet précis ou bien effectuer des réparations quelconques. Le but est de favoriser l’inclusion sociale et la création d’une nouvelle richesse : l’être humain !

Les friperies

Des boutiques où il est possible de s’acheter des vêtements uniques à bas prix. Il y en a un peu partout au Québec, alors n’hésitez à chercher pour les trouver.

Les joujouthèques

Sous le même principe que les bibliothèques, il est possible de sortir des jouets pour une période déterminée. Ce qui est génial, c’est que vos enfants auront de nouveaux jouets de façon régulière à très faible coût!

 

Bref, oui, chaque société a sa manière de consommer qui a un impact sur l’environnement. Mais selon notre conscience, il est certains qu’elle diffère d’une manière ou d’une autre. Et vous, vous faites quoi pour aider la planète ?

 

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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