Publié dans Affiliation, Identité, Lectures

Shuni et la découverte du peuple Innu

Il y a longtemps que je n’ai pas parler de livre ici. Shuni est un excellent prétexte pour le faire. Surtout avec les drames qui se jouent actuellement au Québec avec les communautés autochtones.  Et la question du racisme systémique revient aussi. Beaucoup.

Donc, parler du livre Shuni (Julie en innu-aimun) de Naomi Fontaine parle de la réalité des Innus. D’Ailleurs, le sous-tire est : Elle s’adresse à une amie d’enfance qu’elle a eu lorsqu’elle habitait la réserve Uashat Mak Mani-Utenam, près de Sept-Iles. Fontaine lui écrit parce qu’elle a apprit que cette amie allait revenir œuvrer dans la réserve, en tant que missionnaire. Elle lui parle de sa réalité d’Innu, mais aussi de celle de sa communauté.

Shuni

Le livre de 161 page est publié chez Mémoire d’encrier depuis septembre 2019. De plus, il est récipiendaire de plusieurs prix dont celui du Prix littéraire des collégiens 2020

Réalité des Innu

Les Innu habitent Nitassinan soit la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, de la Côte-Nord et du Labrador. Anciennement, c’était un peuple nomade. Qui se promenait d’un endroit à l’autre. Leur sédentarisation aurait été encouragé par les divers gouvernements canadiens ainsi que l’Église. Ils sont aussi connu sous le nom de Montagnais.

Comme beaucoup d’autochtones au Canada, ils sont placés sous la loi sur les indiens depuis 1876. Oui, la loi les traite encore d’indiens. Comme le peuple de l’Inde. Car c’est là que Christophe Colomb a cru arriver lorsqu’il a découvert les Amériques.  Même si le langue a évolué depuis et que la loi a connu des modifications, le nom indien est toujours inscrit dans la loi. Mais exclut toujours les Innuit.

Ce que la loi dit ?

Loi sur les indiens

Tout d’abord, la loi s’applique différemment si l’on habite une réserve ou non.

L’article 4.3 stipule que « Les articles 114 à 117 et, sauf si le ministre en ordonne autrement, les articles 42 à 52 ne s’appliquent à aucun Indien, ni à l’égard d’aucun Indien, ne résidant pas ordinairement dans une réserve ou sur des terres qui appartiennent à Sa Majesté du chef du Canada ou d’une province. »

Sans vouloir m’avancer, le droit n’est pas mon domaine, cette loi touche à plusieurs dimensions du quotidien des autochtones. Que la possession de biens, les réserves, leur tutelle, les conseils de bande, etc.

La culture

Plus jeune, je me souviens d’avoir écouté Kashtin (tornade en innu-aimun). Le groupe a sorti trois albums à la fin des années 1980 et au début des 1990. Ça été mon seul contact avec cette culture dans ma jeunesse. 

Aujourd’hui, la littérature innu est de plus en plus abondante. Shuni est d’ailleurs le troisième livre de Naomi Fontaine. Mais on parle aussi d’An Antane Kapesh, Joséphine Bacon, Louis-Karl Picard Sioui et bien d’autres.

Bien des ethnologues et anthropologues ont aussi abordé la question des autochtones. Serge Bouchard est un bel exemple.

Ce qui est raconté à Shuni?

Naomi Fontaine raconte la réalité innu à partir de sa propre réalité. On y apprend que la communauté passe avant tout. Que la vie est un cercle et l’éducation diffère de celle des blancs. Que les blancs sont les bienvenus pour apprendre des innu, pas parler à leurs places.

Il est aussi question d’identité, d’acculturation, d’assimilation et d’ouverture d’esprit. Est-ce que le fait de s’ouvrir aux autres, nous force à renier une partie de nous ? Pour Naomi Fontaine, non.

On y apprend aussi que les rôles traditionnels au sein de cette communauté. Que les innu sont des gens de peu de mots, mais proactifs.

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Extrait de Shuni de Naomi Fontaine.

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Critique du livre

J’ai adoré le livre. Il est tout en douceur malgré la violence que l’on peut rencontré parfois. Comme lorsqu’il est question des statistiques par rapport à l’alcoolisme, aux drogues et grossesses en bas âge. Les préjugés se déconstruisent graduellement. De façon très habile.

Vous pouvez acheté le livre sur Les libraires (j’ai des sous) ou directement sur  Mémoire d’encrier (j’ai pas de sous).

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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