Publié dans Lectures

Racisme systémique : 11 textes qui font réfléchir

Le racisme systémique, ça vous dit quelque chose ? Je vous en ai parlé lors de la conférence du mois de février 2019. Comme la semaine d’action contre le racisme arrive bientôt, je vous suggère de lire le livre 11 brefs essais contre le racisme pour une lutte systémique. Le lien pour acheter le livre sur le site des Libraires est à la fin de l’article.

C’est un collectif dirigé par Amel ZaaZaa et Christian Nadeau. Publié aux Éditions Somme toute, il contient 156 pages. La préface est de Frantz Voltaire. Le livre est sorti le 21 janvier 2019.

Livre 11 brefs essais contre le racisme. Pour une lutte systémique (c) Myrianne Lemay
Livre 11 brefs essais contre le racisme. Pour une lutte systémique (c) Myrianne Lemay

J’ai aimé le livre. Il se lit bien et m’a permis d’avoir une perception différente du racisme. Car même si, lorsque je sors dans la rue, je peux en être victime, ce n’est rien contre ceux qui le vivent quotidiennement pour x raisons. Personnellement, je n’ai qu’à sortir dans la rue sans être voilée et je passe inaperçu même si je suis musulmane.

Ce n’est pas le cas de tout le monde.

Définition du racisme

La définition du racisme est mentionnée dès la préface du livre. Frantz Voltaire parle du fait qu’il y a plusieurs conditions au racisme. On pense au profilage racial, aux discriminations liées au travail, aux agressions subies en pleine rue ou non, etc.

Pour Voltaire, la pire forme de racisme touche le milieu du travail. Pour mon essai de fin de maîtrise, j’ai abordé cette question par rapport aux femmes musulmanes qui portent le Hijab. Avec la lecture de ce livre, j’ai pu faire des parallèles avec les documents utilisés pour la rédaction de mon essai.

Le racisme, pour Voltaire, est surtout structurel. Parce qu’il est défini par des intérêts du groupe dominant. En plus d’isoler ceux qui le subissent.

Mais dans l’introduction, les mythes du racisme systémique. Dont celui qui définit les Québécois comme tous racismes et qu’ils le nient intentionnellement. Ce qui est faux, évidemment.

Par contre, le racisme contrevient aux droits humains.

Les 11 brefs essais sur le racisme

Les sujets sont variés.

Le premier texte se présente comme une discussion sous forme de lettre entre un père et son fils. En fait, Webster répond à son père, Cheikh Tidiane Ndiaye. Ils abordent le sujet de l’attentat de Québec. Et pour une fois, à ma connaissance, on mentionne dans un livre un endroit autre que Montréal. Du moins, habituellement, quand j’ai lit un livre sur le sujet, j’ai l’impression qu’on parle exclusivement de Montréal.

On y trouve deux textes sur le droit (Fabrice Vil, Lucie Lamarche et Christian Nadeau), un sur l’islamophobie (Idil Issa), le syndicalisme (Marc-Édouard Joubert), le mouvement communautaire (Alexandra Pierre), du racisme autochtone (Widia Larrivière) et de santé mentale (Stella Ajokê).

Amel Zaazaa parle de Hoodstock, un projet de réappropriation citoyenne dans Montréal-Nord. Will Prosper parle de la Commission d’enquête sur le racisme systémique. Rodney Saint-Éloi parle de Mémoire d’encrier, le projet qu’il a eu à son arrivée à Montréal.

Victimes du racisme, des rappels historiques

Outre l’attentat de Québec, où aucun nom n’est mentionné, plusieurs autres noms de victimes du racisme le sont.

Le nom de Freddy Villanueva revient souvent. Ce garçon fut assassiné dans le cadre d’une intervention policière. Il n’avait que 18 ans et aucun antécédent judiciaire. L’événement eut lieu dans un parc de Montréal-Nord. Le lendemain de l’incident, une émeute eut lieu dans le secteur du parc Henri-Bourrassa. Bref, les médias en ont parlé abondamment.

Autre nom mentionné est celui d’Olivier Lejeune. Vous savez de qui il s’agit si vous avez lu certains livres historiques du Québec. Dont celui de Michel Trudel sur l’esclavagisme au Québec. Car oui, il y en a au début de la colonisation il y a plus de 400 ans. On en parle très peu dans les cours d’histoire au secondaire. Plus à l’université par contre. Car l’esclavagiste québécois ciblait les autochtones en grande majorité. Mais les noirs, comme Olivier Lejeune aussi.

Bref, je vous conseille de lire ce livre. Que vous travaillez ou non auprès d’une clientèle racisée.  Pour acheter le livre sur le site des Libraires: c’est par ici.

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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