Publié dans Diversité, Identité, Réflexion

Qu’est-ce que l’inclusion sociale?

On entend de plus en plus parler d’accepter l’autre comme il est. Avec les années, les mentalités ont énormément évoluées au Québec à la suite de plusieurs changements importants qui façonnent l’histoire de la province. Par ces changements, nous devons donc apporter des modifications dans nos institutions, nos politiques, nos comportements et bien plus. L’inclusion sociale devient donc un aspect important d’un meilleur avenir tant collectif qu’individuel.

Le livre Le développement d’institution inclusives en contexte de diversités, recherche, formation, partenariat, publié en 2013 aux éditions Les Presses de l’Université du Québec sous la direction de Marie Mc Andrew, Maryse Potvin et Corina Borri-Anadon, parle principalement d’inclusion sociale liée au multiculturalisme. Mais s’entend que l’inclusion touche beaucoup plus de gens que les communautés culturelles.

Mais qu’est-ce que l’inclusion sociale?

Selon Le Petit Robert, le mot «inclusion » réfère à quatre définitions possible, la première étant la « relation entre deux classes, entre deux ensembles, dont l’un est inclus dans l’autre.» Il est ici question d’identité. La troisième est aussi intéressante : « ce qui est inclus, élément inclus dans un milieu de nature différente. »

Toujours selon Le Petit Robert, le mot « social » est divisible en trois grandes lignes directrices qui se divisent à plusieurs petites définitions. La première grande ligne réfère un groupe humain en tant que société. Elle se dit relative « à un groupe d’individus, d’hommes, conçus comme une réalité distincte […] qui appartient à un tel groupe et participe de ces caractères. » La deuxième grande ligne se réfère aux relations entre personnes et se lit comme étant ce qui est « favorable à la vie en commun.»

Pour Mc Andrew, Potvin et Borri-Anadon (2013) l’inclusion sociale est une approche qui permet, entre autres, aux différentes institutions d’opérer une transformation au sein d’une société non seulement participative mais aussi, dans leur cas, multiculturelle. Mais de façon générale, cette approche favorise l’intégration d’individus marginalisés dans la société afin qu’ils puissent y collaborer en toute impartialité. À cette fin, deux objectifs sont à considérer nécessaires à la réussite de l’inclusion sociale. Premièrement, il faut reconnaître et valoriser toutes différences sociales aussi marginales soient elles et, deuxièmement, s’assurer que le traitement offert à cette clientèle soit juste et leurs droits soient protégés. De plus, les intervenants ont de lourdes responsabilités. Ils doivent considérer les différents besoins d’une clientèle variée tout en considérant les droits fondamentaux de tout un, chacun, et ce, étant juste et équitable avec tous.

Au niveau éducationnel, l’UNESCO, à la page 7 de son document intitulé Principes directeurs pour l’inclusion dans l’éducation (2009), mentionne justement que ces principes directeurs sont pour aider:

« […] des pays à valoriser l’inclusion dans leurs stratégies et leurs plans en matière d’éducation, de présenter le concept élargi d’éducation inclusive et de mettre en relief les domaines où une attention particulière s’impose pour promouvoir l’éducation inclusive et renforcer le développement des politiques. »

Le but de ces principes directeurs est précis et explicite. Il s’agit

« […] d’éliminer l’exclusion, qui est l’une des conséquences d’une attitude négative face à la diversité concernant la race, le statut économique, la classe sociale, l’appartenance ethnique, la langue, la religion, le genre, l’orientation sexuelle et les aptitudes, ainsi que de l’absence de réponse à cette diversité. » (2009, page 4)

L’inclusion sociale se fait non seulement à l’école, mais dans tous les types d’institutions existantes. L’école en est seulement le point de départ, car elle accueille les futurs citoyens actifs, mais elle forme aussi les personnes qui les éduqueront. Les entreprises et institutions actuelles font donc face à de grands défis, car elles doivent s’adaptées à une panoplie de différences qui étaient, jusqu’à tout récemment, cachées ou inconnues. D’où l’importance de l’éducation à l’inclusion sociale.

Lors de la commission Bouchard-Taylor sur les fameux accommodements raisonnables, en 2007-2008, il était surtout question d’intégration sociale, principalement en matière de diversité culturelle. Est-ce si différent de l’inclusion sociale? Dans Le Petit Robert, selon la définition philosophique du terme « intégration », on y parle d’un « établissement d’une interdépendance plus étroite entre […] les membres d’une société. » Selon la définition psychologique du terme, on y mentionne une « incorporation (de nouveaux éléments) à un système psychologique. » Donc, les deux termes ne sont donc pas trop différents l’un de l’autre, car dans les deux cas, on exprime le fait qu’il est possible de mélanger deux groupes de gens, à la base, différents l’un de l’autre et d’en créer un nouvel ensemble qui peut fonctionner. Par contre, l’inclusion sociale est favorable car elle est plus positive et favorise davantage la cohésion du groupe.

inclusion-autisme
Explication en image des mots exclusion, ségrégation, intégration et inclusion.

Pistes de solutions

Bouchard-Taylor proposait en 2008 un modèle d’intégration interculturelle qui, selon eux, serait favorable à cette cohésion sociale qui serait utile au Québec. Cette suggestion est tirée du rapport finale de la Commission. Cinq points sont à considérer pour la réussite du modèle d’intégration, soient :

  1. Avoir un accord favorable aux balises communes à la société dans le but de solidifier et sécuriser l’identité des gens;
  2. Assurer une participation active de tous les citoyens aux délibérations publiques et à la prise de décisions collectives;
  3. Assurer un sentiment d’appartenance et de solidarité des gens face à une société dite égalitaire, le but étant de redistribuer les richesses via différents programmes sociaux;
  4. Mobiliser les gens autour d’un projet de société et savoir rebondir en situation de crise;
  5. Favoriser les interactions entre la société d’accueil et les communautés ethnoculturelles dans le but de déconstruire les préjugés provenant des deux parties.

Le modèle québécois d’intégration utilisé avant ces suggestions semble être axé sur les mêmes principes soient la participation à la vie sociale, les interactions entre individus et la protection des droits de chacun. Trois notions sont à respecter pour y arriver, soit l’égalité, la réciprocité et la mobilité. Ce qui signifie que les sociétés d’État et civile doivent participer au processus.

Qu’en est-il en 2016 de ces recommandations? Est-ce que la Charte de la laïcité de 2013 proposée par le Parti Québécois allait dans ce sens? Selon plusieurs citoyens lors des élections du 7 avril 2014, non, car le PQ est retourné assez rapidement sur les bancs de l’opposition. Et ce n’est pas seulement le vote ethnique qui en est responsable 🙂 On se souvient que Marois n’a même pas été réélue dans son propre comté, celui de Charlevoix! Et, ce que l’on constate dans de gros événements comme ceux de la Commission ou ceux de la Charte, c’est que les gens ont encore besoin d’éducation sociale, et ce, à plusieurs niveaux. Bien qu’il y ait du progrès, il y a encore du chemin à faire. L’inclusion sociale a donc son importance dans l’intégration des différentes minorités présentent au Québec.

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.