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Portrait de femme musulmane : Dalila Awada, militante et féministe

Dalila Awada est connue pour son militantisme auprès des femmes racisées. On la voit dans les médias parler, notamment, du port du voile, mais sur le féminisme, le racisme et l’islamophobie. Elle a fondé Parole de Femmes, un OBNL qui créé des espaces inclusifs pour les femmes racisées e autochtones. Voici donc le portrait, d’une musulmane impliquée dans sa communauté.

Dalila Awada, : son parcours

Dalila est née au Québec, de parents libanais, dans une famille où règnent les femmes (elle a 4 sœurs). La communication y était importante. Elle a étudié la Maîtrise en sociologie à l’UQAM. Mais comme on vient de le voir, elle est très impliquée dans sa communauté à lutter pour les droits des femmes, tout en bloguant, donnant des conférences ou militant contre le racisme et pour le féminisme. On la décrit comme une personne authentique qui n’a pas peur d’afficher ses convictions. La défense des autres est tout à fait normale pour elle.

Dalila Awada et la charte des valeurs

Elle porte le voile de son plein gré. Alors, lorsque les débats concernant la Charte des valeurs ont débuté en 2013, il était évident pour elle de prendre position sur le sujet. On a pu la voir débattre avec Djamila Benhabib à Tout le monde en parle, en septembre 2013. Elle y défend le droit des femmes de porter le voile. Tout le contraire de Benhabib qui y voit toute la violence du monde musulman. À la suite de cette émission, des propos haineux ont commencé à circuler à son égard. Beaucoup venait d’inconnus du public. Cela l’a affecté personnellement sur plusieurs aspects de sa vie.

Dalila Awada et l’affaire Magnan

Ce qui n’a pas aidé à sa cause, ce sont les propos que Phillipe Magnan tenait sur son site Poste de veille. Ce dernier savait que ce qu’il disait était faux, mais il le disait quand même au nom de la liberté d’expression. En 2014, il a dit à Rémi Bourget, de Québec Inclusif qu’il connaissait des gens proches de Dalila et qu’il n’y avait rien de mal en elle. S’il tenait des propos haineux contre elle, c’était pour mousser son site internet.

Le procès

Dalila a donc poursuivi Magnan pour diffamation. La conclusion a eu lieu cet été. Dans le jugement de la cour, on peut y lire que :

« La réaction négative a été très forte envers Awada tant sur internet que dans sa vie personnelle […]. Ses relations interpersonnelles ont été altérées. Des personnes ont pris des distances avec elle. […] Awada, souvent sollicitée par les médias pour discuter du voile ou d’autres sujets, a vu se tarir ses contacts. Elle a abandonné ses études pendant un an, étant très affectée et humiliée par ces propos. Elle a ressenti de la peur après avoir été interpellée par des inconnus de façon négative sur la voie publique ou dans des événements publics. »

Dalila Awada et les journalistes

Il n’y a pas que Magnan qui tient des propos diffamatoires à son sujet. Les journalistes du Journal de Montréal le font très bien aussi. Lors de la poursuite contre Magnan, Lise Ravary écrivait des propos ambigus à son propos. Elle disait qu’elle n’était pas une admiratrice de Dalila, mais semblait prendre un peu sa défense, dans les circonstances, malgré le fait qu’elle voit des islamistes partout. En fait, Ravary affirme que malgré le fait qu’on soit pour ou contre le port du voile, ce n’est pas une raison pour discrédité quelqu’un

Dalila Awada et ses actions

Dalila écrit beaucoup de lettres d’opinion dans les différents journaux du Québec. Que ce soit pour La Presse, le Voir, HufftonPost, le Nouvelliste et bien d’autres. Elle a écrit aussi dans le Dictionnaire critique du sexisme linguistique collectif publié chez Somme toute en 2017. Elle a hérité de la lettre V, comme voile. Dans ses textes, jamais elle n’y parle de religion. Elle est discrète sur sa pratique religieuse et se contente toujours de parler des droits des femmes racisées. Elle donne des conférences et participe aussi à plusieurs causes qui touchent les femmes de près ou de loin. D’où la fondation de Parole de femmes, mentionnée plus haut. Elle est aussi engagée dans la cause végane et aborde aussi ce sujet dans des événements.

Bref, malgré les épreuves dans les dernières années, Dalila reste un modèle de femme inspirante et qui aide à la cause des femmes racisées. Que ça plaise ou non à ses détracteurs.

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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