Publié dans Diversité, Identité, Lectures

Piste de lecture sur la diversité culturelle dans les arts

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Crédit photo: moi-même

J’ai connu le livre dont je vous parle aujourd’hui grâce à un travail d’équipe fait lors de ma session au printemps dernier. Dans un des cours, nous devions faire une animation sur un sujet qui pouvait sensible et susciter un dialogue entre quelques personnes. Nous avions écrit les sujets et fait les équipes par la suite. Notre équipe avait comme sujet la diversité des minorités culturelles dans les médias.

Nous avions décidé de contacter l’organisme Diversité artistique Montréal (DAM) qui œuvre auprès des artistes issus des minorités culturelles pour réaliser notre animation. Son directeur, Jérôme Pruneau, a écrit le livre Il est temps de dire les choses et nous avions jugé pertinent de le lire, car il porte exactement sur le sujet de la thématique que nous avions choisie pour l’animation.

Voici donc un bref résumé. Je vous invite à lire le livre. Il n’a que 152 page et se lit très bien. Seul hic, il est difficile à trouver. Si vous pouvez l’acheter directement du DAM, c’est l’idéal, sinon, il faut le commander chez votre libraire.

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Tout d’abord, il faut comprendre qu’il y a 3 grands axes qui sont interreliés :

  • Identité (individuelle et collective) ;
  • Reconnaissance (acquis et de la diversité) ;
  • Représentation de la diversité.

Si l’identité et les acquis de l’artiste ne sont pas reconnus, forcément, il n’est pas présent dans les différents champs artistiques. Ce qui fait que l’identité collective n’est pas représentée dans l’art et que la reconnaissance de la diversité n’est pas considérée comme acquise. Cela a un impact sur comment nous sommes perçus en tant que société. L’hypothèse de Monsieur Pruneau très pertinente. Il mentionne un cercle vicieux qui se résume à « vu que je suis issu de la diversité et que je ne peux pas m’identifier à personne d’autre, aussi bien ne pas m’impliquer.» Conclusion, je ne peux pas servir de modèle aux autres. Mais à qui la faute ? Les auteurs ont de la difficulté à écrire pour une communauté culturelle précise. L’idéal, c’est permette une équipe d’auteurs d’écrire un scénario. Un travail collaboratif, par exemple. Une autre problématique, les subventions : pour être vu, il faut des subventions, mais il faut des subventions pour être vu. Un peu frustrant, tout de même!

En ce qui a trait à l’identité, si l’on veut que les communautés s’entre-mélange, il faut qu’il y ait préalablement un décloisonnement au niveau de la représentation de la diversité de gens dans les différents arts et médias. Selon la Presse, à l’automne 2014, moins de 5% des rôles principaux à la télé sont tenu par quelqu’un issus de la minorité visible. Dans ce cas, la notion de color-blind cating est abordé. Cela suggère que n’importe qui, qu’importe la couleur, peut jouer n’importe quoi.

Le hic, selon Frédéric Pierre, c’est que les producteurs se plaignent du fait que les acteurs issus de l’immigration ne sont pas de bons acteurs. Ce jugement est-il objectif ou basé sur des préjugés ? Il est possible de constater que même la minorité audible peut être affecté par cette sous-représentation. Par exemple, on a qu’à penser aux Français. La représentation des minorités visible/audibles se sent aussi dans les c.a. des organismes culturels. Il y a très peu de sièges qui leurs sont voués.

La reconnaissance sociale commence par la reconnaissance des paires déjà établi. Cela implique les connaissances, les acquis, le talent, la formation, etc. Une fois acquis, la reconnaissance ouvert la porte au marché du travail, donc à la diversité.

La notion de culture de la diversité est importante. Cela signifie qu’une œuvre créée par un artiste issus de l’immigration soit aussi considérée comme étant une création québécoise et non internationale. La notion d’identité vécue et perçue amène à réfléchir sur la perception que les autres ont de nous et que nous avons d’eux. La question est aussi lié à l’enracinement de l’immigrant.

En terminant, si l’on veut que les choses changent, il faut créer des espaces de rencontres et de médiation au niveau de la diversité interculturelle artistique.

Bonne lecture!

 

 

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.