Ma conversion, un bref aperçu.

Je parle très peu de ma conversion. À part avec les gens qui me posent des questions et quand c’est vraiment nécessaire. Mais en mars, La Presse a demandé au public d’écrire un texte personnel sur un événement qui pourrait être considéré comme étant une renaissance dans leur vie personnelle. Ce qui laisse beaucoup de place à la définition, car chaque parcours de vie est différent. J’avais décidé de parler de ma conversion, mais mon texte n’a pas été retenu. Peut-être que de parler de conversion à l’Islam la fin de semaine de Pâques, c’est un peu étrange 😀 Après une longue période de questionnement par rapport à la publication de ce texte personnel sur ce blog, je me suis dit : pourquoi pas ? Peut-être que cela permettra aux gens de mieux comprendre le cheminement que l’on peut avoir en tant que converti(e). Bien qu’il y ait une similitude dans le processus, chaque histoire est différente. Voici donc le texte que j’avais écrit pour La Presse ce printemps.

Renaissance

Comme tout le monde, j’ai vécu des hauts et des bas. Après mes études pour mon baccalauréat, j’ai eu, en quelque sorte, un gros vide. Je n’arrivais pas à réintégrer le marché du travail, et ce, malgré le fait que je sois sur tous les fronts : réseautage, bénévolat, envoie massif de c.v., etc. Mais, le soi-disant hasard a fait en sorte que je prenne un autre chemin. J’ai fait la rencontre de gens fabuleux qui ont fait que ma vie soit toute autre. Deux ans après la fin de mes études, en plein printemps érable, j’ai fait le saut. J’ai pris un chemin que beaucoup de gens, un peu partout dans le monde, prennent après avoir fait des démarches similaires à la mienne. Un changement de vie personnelle qui a fait que je change complètement de vie et qui va un peu dans le sens opposé de l’éducation reçue jusqu’alors. Je ne regrette pas du tout ce changement, malgré le fait que certaines portes se ferment devant moi. Je n’ai toujours pas de travail sept ans après avoir terminé mon baccalauréat, mais je suis actuellement aux études pour faire une maîtrise. Entre temps, j’ai eu un premier mariage, le décès de mon ex-mari et un deuxième mariage. Le tout entre coupé de difficultés. Comment j’ai pu passer au travers de ça ? Je n’ai aucune idée, sauf celle de placer ma confiance au bon endroit. J’ai toujours su que quelque chose de mieux allait se produire et qu’il suffit de demander aux bonnes personnes. Certains diront que j’ai de la résilience ou du courage alors que je fais seulement suivre la vague. Il y a toujours mieux pour nous, il ne faut juste pas perdre espoir.

Oui, en l’espace de 7 ans, j’ai vécu de belles choses malgré les quelques bas que j’ai vécu. Je sais que malgré tout, j’ai fait le bon choix. Pour tout l’or du monde, je ne reviendrais en arrière. En 2012, je me suis convertie à l’Islam. Dans la vie, au quotidien, il est évident que je le suis : je porte le jilbab, une jupe ou un pantalon avec un haut ample à capuche qui me cache le corps, sauf le visage et les mains. Et oui, c’est mon choix personnel, personne ne m’a forcé à le faire. Aucun membre de ma famille n’est musulman et je n’étais pas mariée à cette époque. Sur papier, c’est un peu moins évident à voir, n’est-ce pas ? Comme mentionné plus tôt, j’y ai retrouvé la sincérité, la tranquillité qui me manquait avant ma conversion. Le tout c’est passé très vite, il va sans dire. Il y a eu beaucoup de remous, oui. Mais ce que l’Islam m’a apporté est énorme. Évidemment, ce n’est pas rose tous les jours. Je me suis fait traité de « sale arabe’’ ou m’a dit de ‘‘retourner dans mon pays’’ à quelques reprises. Et pourtant, le Québec est mon pays. J’y suis née, j’y ai grandi et j’y demeure encore.

Pourquoi ce changement qui peut sembler drastique ? Tout d’abord, comme beaucoup de Québécois, le christianisme ne m’a jamais intéressé. Pâques, Noël, les mariages et les enterrements, c’était déjà trop pour moi. En plus, il y a trop de contradictions à mon goût dans cette religion. Je me suis considérée athée pendant longtemps, au point où je me suis apostasiée en 2010. Avant même de connaître véritablement l’Islam. Dans cette religion, j’ai trouvé des réponses à mes questions. J’y ai trouvé des similitudes avec mes convictions. Je sais très bien que ce n’est pas le cas de tout le monde. Beaucoup trouve que c’est une religion archaïque qui limite beaucoup trop. Personnellement, je ne trouve pas. Et jamais je ne forcerais quelqu’un à avoir la même idée que moi, ce n’est pas mon rôle. Ce que je peux faire de mieux, pour que les gens comprennent la réalité des musulmans et de répondre à leurs questions et raconter mon histoire. Et je sais que les gens comprennent beaucoup mieux lorsque l’on prend le temps de leur expliquer. Pas tous, mais beaucoup.

Ma renaissance spirituelle a eu un impact dans ma vie. Je suis heureuse qu’elle se soit produite et permis d’évoluer vers une vie qui me semble meilleure.

 

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