Publié dans Identité, Lectures

Livre Ton absence m’appartient

Dernièrement, j’ai lu le livre Ton absence m’appartient de Rose-Aimée Automne T. Morin. Un livre qui se lit très bien, mais qui fait réfléchir. Beaucoup. Sur comment l’enfance et l’adolescence nous façonnent en tant qu’adule. Dans la grande majorité des cas, la relation avec le père a été importante, déterminante.

Le livre a été publié chez Stanké en 2019. Il contient 7 récits, dont celui de l’autrice, sur environ 140 pages. Les 6 autres sont des quidams qui ont bien voulu partager leurs vécus. On y aborde la maladie, la migration, la perte d’un sens, de lavage de cerveau, de suicide, d’adultère et de violence conjugale. Bref, des absences et des histoires qui marquent une vie, surtout quand on les vit à un jeune âge où tout est à construire.

Le point de départ, la vie de l’autrice

Rose-Aimée Automne T. Morin a eu une enfance particulière. Son père est l’acteur Michel Morin, connu notamment pour avoir joué dans le Paradis Terrestre. Ce dernier a toujours été volage et n’a pas toujours reconnu sa paternité. Mais il n’a eu qu’une seule fille : Rose-Aimée. Et il a eu un cancer deux ans après la naissance de sa fille. Il a donc décidé de façonner sa fille à l’image qu’il avait de la femme. Il avait peu de temps au départ, mais l’aventure a duré jusqu’à son décès. Au 16 ans de Rose-Aimée.

Ces années à côtoyer son père ont marqué Rose-Aimée de façon permanente. Dès son jeune âge, elle savait quoi faire advenant le cas où son père décédait devant elle. Elle se rappelle aussi qu’elle avait l’air triste sur beaucoup de ses photos d’enfance. Elle était pourtant heureuse, mais son cœur était serré.

Résultat : avec la rédaction du présent livre, elle a tenté d’accepter le deuil de son père. Car son absence se fait encore sentir.

Les autres histoires

Pour le bien du livre, l’autrice a contacté 6 personnes pour discuter d’événements marquants de leurs enfances. C’est là que l’on constate que les apparences sont trompeuses.

Thimalay

Originaire du Laos, Thimalay est arrivé au Québec comme réfugiée avec ses parents. Elle a vécu les camps avant d’arriver ici. Mais une fois ici, elle a connu la séparation de ses parents. Puis à 14 ans, l’absence de son père se fait défénitive. Il préférait s’occuper de ses fils nés d’une autre mère. D’ailleurs, la raison pour laquelle son père a marié sa mère, c’est le statut social de cette dernière. Elle était de la bourgeoisie, mais a perdu ses titres à cause des communistes. Mais comme elle avait encore quelque possession, il l’a marié espérant s’enrichir. Non pas par amour.

L’histoire de la migration familiale est racontée. Comme toutes les histoires similaires, elle n’est pas facile. Elle a eu des responsabilités très jeunes. Ce qui l’a réconcilié avec son histoire, c’est la présence de ses enfants.

Marilyn

Marilyn est la plus jeune de sa fratrie de 3 enfants. Bref, sa sœur a eu une adolescence difficile. Elle a été internée pour schizophrénie. Elle a vécu un important lavage de cerveau. Ce qui a eu des répercussions sur toute la famille.

Des exemples ? Marilyn partageait sa chambre avec sa sœur avant qu’elle se fasse interner. Mais quand elle revenait à la maison, la jeune sœur demandait de dormir dans le sous-sol, loin de l’aînée. Son frère a été envoyé dans une école aux États-Unis, afin d’être protégé. Mais se santé mentale en pris un coup.

Pour la sœur qui a été brainwashée ? Elle se croit francophone, alors que la famille est anglophone. Elle se fait appeler par un nom francophone, même si elle ne parle pas la langue. En plus, elle ne reconnaît toujours pas sa famille.

Aujourd’hui, Marilyn s’occupe de ses aînés, tout en militant pour que les victimes de ce brain wash soit indemnisées.

Christelle

Christelle est le fruit d’un adultère gardé secret pendant des années. Lors de sa naissance, sa mère et son mari essayaient d’avoir un enfant depuis 10 ans. Bien qu’il l’a pris son aile, il n’est pas son père légitime. Mais il a joué le jeu. Et elle y croit. Mais venant d’un petit village, tout le monde savait que sa mère avait eu une relation avec un autre homme. Qu’elle est née de cette relation.

Mais le couple n’était pas très solide. Peu de temps après la naissance du frère de Christelle, le couple se sépare. L’homme qui jouait le rôle de père auprès de Christelle continue à jouer le jeu. Mais avec la blonde dudit père, c’était moins facile.

Est-ce que le tout a eu un impact sur la vie de Christelle ? Oui, car il y avait beaucoup de non-dits. Mais l’absence paternelle a été vécu différemment, car pour elle, elle avait un père. Malgré son absence.

Quand a-t-elle su pour sa situation ? Après le décès de son grand-père qui était très conservateur.

Guillaume

Guillaume est né avec un glaucome. Une maladie qui lui fait perdre la vue graduellement. L’absence de sens ne s’est pas fait drastiquement. Au moment du livre, il n’était pas encore complètement aveugle. Par contre l’autrice raconte qu’il n’a pas vu tomber l’arbre à côté d’eux. Il a dû s’approcher pour constater les dégâts. Et encore là, il ne voyait pas tout.

Sa maladie lui vient de son père. Les médecins avaient dit qu’il pourrait avoir des enfants qui n’auraient pas la même maladie que lui. Ce qui ne fut pas le cas de Guillaume. Par contre contrairement à son père, il a eu la chance de voir plus longtemps que lui. Il devait avoir perdu la vue à 21 ans. Mais à 28 ans, il voyait encore… un peu. Et se pratiquait à utiliser la canne blanche.

Cela ne l’empêche pas de profiter de la vie. Il essaie de faire le plus de choses possibles avant d’avoir complètement perdu la vue. Comme être les yeux de son père.

Annie

Elle et son frère sont nés dans une famille dysfonctionnelle. La violence était présente tout comme bien d’autres choses qui ont eu un impact sur leur enfance. Dès son jeune âge, ils ont été placé en famille d’accueil. Mais ce n’était guère mieux. Dès ses 4 ans, elle a été considérée comme une esclave domestique par une famille. En plus de subir la violence occasionnellement. Et ça durer 6 ans.

Ce n’est qu’à 10 ans qu’elle et son frère se trouvent dans une famille d’accueil saine pour eux. Elle se sent enfin être traitée comme une enfant. D’introvertie, elle a appris à bouger pour apprendre. La famille lui imposait des exercices de communications et des occasions d’apprentissages. Ce qui lui a permis de développer sa confiance en elle.

Mais comme tout jeune, elle a des périodes difficiles durant l’adolescence. Comme une agression, l’abandon de son père et la séparation d’avec son frère.

Samara et Sarah

En 1999, l’école secondaire de Diep, au Nouveau-Brunswick, subit une vague de suicides chez les élèves. Samara et Sarah ont vécu la crise de l’intérieur. D’ailleurs, Samara en a fait un documentaire.

Mais elles possédaient déjà un important bagage avant de vivre cette vague de suicides.

Sarah a connu l’éclatement du couple parental, la séparation d’avec ses grands-parents, un déménagement, son père qui l’abandonne et sa mère qui sombre dans l’alcool. Peu après son arrivée à Diep, sa première vraie amie se suicide.

Samara, quant à elle, vivait isolée avec sa famille dans un bois. Elle fréquentait peu de gens, avait le souci de performance et jouait du violon. Bref, l’image de nerds lui collait à la peau. Avec les suicides, elle a décidé de changer d’attitude. Elle socialise davantage.

Ce qui sauva la vie de ces deux étudiantes. La fuite. À 16 ans, Samara termine son secondaire à l’étranger. Sarah a décroché de l’école quelques années. Mais elle a terminé son secondaire ailleurs.

Ce que j’en conclu

Comme je vous l’ai dit, les apparences sont parfois trompeuses. Ce n’est pas parce que vous constatez quelque chose que c’est automatiquement vrai. Il y a toujours une raison à un agissement. Et certaines personnes sont plus réservées sur leurs vécus. De toute manière, on n’a pas à tout justifier aux autres.

Bref, ce n’est pas parce que vous avez quelqu’un qui semble faible qu’il l’est réellement. L’inverse est aussi vrai. L’absence de personnes qui nous sont importantes a un impact sur notre identité. Qu’importe l’âge à laquelle on la vit

 

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Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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