Publié dans Identité, immigration, Lectures, Réflexion

Livre sur les identités religieuses de l’immigration

La lecture que je vous propose aujourd’hui tombe bien. Surtout avec le Gouvernement Legault qui poursuit la tradition de s’acharner sur les signes religieux. Le Québec après Bouchard-Taylor, les identités religieuses de l’immigration est un collectif sous la direction de Louis Rousseau. Paru en 2012 sous les Presses de l’Université du Québec, il contient 393 pages.

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Livre Le Québec après Bouchard-Taylor. Les identités religieuse de l’immigration. (c) Myrianne Lemay

Mise en contexte Bouchard-Taylor

En février 2007, l’ex Premier ministre Jean Charest fait l’annonce d’une Commission sur les accommodements raisonnables. Pourquoi ? Pour plusieurs raisons :

  • La municipalité d’Hérouxville et son code de vie ;
  • Un jugement sur le port du kirpan à l’école ;
  • L’installation de vitres givrées au YMCA d’Outremont.

Cela fait ressortir le malaise identitaire que le Québec vit depuis quelque temps.

Les audiences publiques de la Commission ont commencé le 10 septembre 2007.  Mais 4 forums nationaux sont tenus. Le premier s’est tenu en août 2007 lors de l’école d’été de l’INM. En tout, il y a 3 mois de travaux. Durant ce laps de temps, 3400 personnes ont été entendues dans 17 villes québécoises.

Le rapport de 300 pages s’est fait en mai 2008 et contient 37 recommandations.

Pourquoi parler d’identités religieuses ?

Parce que comme il a été vu lors de la Commission Bouchard-Taylor, les Québécois ont un malaise par rapport à la religion. Par contre, il faut se mettre dans la position des immigrants qui ne sont pas chrétiens.  Louis Rousseau, dans son introduction, parle de recomposition identitaire. Cela réfère à la transformation identitaire au contact de l’autre. Il ne faut pas oublier : nous possédons tous des identités multiples. Nous avons donc tous à ajuster notre identité par rapport à la personne en face de nous.

Les immigrants le vivent différemment des membres de la communauté d’accueil. Lorsqu’ils arrivent dans une nouvelle société, ils se remettent en question. Ils adaptent leurs identités à la réalité qu’ils observent.

Il est aussi question de la génération 1.5. Soit les immigrants nés dans ailleurs et qui a grandi dans au Québec. Suite à une petite recherche rapide. Ce n’est pas un terme courant au Québec. Par contre plusieurs textes existent en anglais.

Les identités religieuses du Québec issues de l’immigration

Dans le livre, il y a 4 communautés religieuses mentionnées.

  • Les Khmers cambodgiens
  • Les Tamoules
  • Les Algériens/ musulman maghrébins
  • Les Congolais pentecôtistes

Chacune d’entre elle a deux chapitres pour en faire son portrait. Le premier dresse un portrait basé sur des statistiques. Le deuxième laisse la parole aux membres de la communauté.

Les statistiques

Dans le chapitre parlant des différentes statistiques, on retrouve les mêmes points à l’étude. Il est question :

  • D’ethnicité et religions
  • Des conditions d’émigration et installation au Québec
  • De travail
  • Des conditions matrimoniales et familiales
  • De spatialisation de la population et des lieux de culte
  • Des connaissances du Français et scolarité

Par contre, les statistiques utilisées sont un peu vieilles. Bon nombre d’entre elles datent d’avant 2010. Plusieurs datent même de 2001. Donc, peut réel de la réalité de 2012.

Les répondants

Lorsque l’on lit les réponses des répondants, on peut voir beaucoup de similitudes, mais aussi beaucoup de différences. L’un des thèmes centraux est évidemment l’identité religieuse. Évidemment, on parle de tout ce qui touche le pays d’origine, la migration et le pays d’accueil. Le portrait des répondants est aussi présent à la fin des chapitres concernés. Avec des noms fictifs. Ça va de soi J

Les ressemblances au sujet de l’identité religieuse des 4 communautés

Les 4 communautés choisies ont plusieurs points communs. Le principal point est le fait à appartenir à une communauté religieuse. Minoritaire de surcroît. Il est donc abondamment question de leur pratique religieuse. On compare celle du pays d’origine versus celle vécue au Québec. Les gens rencontrés sont de Montréal. Plusieurs ont mentionné que leur pratique religieuse a changé avec la migration.

Les lieux de cultes québécois sont aussi abordés. Il s’agit d’endroits de prières et de recueillement. En plus d’être des lieux de socialisation. Surtout lors de fêtes. Ils permettent donc de rencontrer des gens de la même communauté.

Le sentiment d’appartenance est relatif. La situation vécue au Québec fait en sorte que la religion est le marqueur identitaire. Bien avant même l’ethnie ou la région géographique. Quoiqu’elles restent présentes.

L’histoire du pays a aussi une influence sur la pratique religieuse. La colonisation et la guerre font partie de la réalité des 4 communautés.

Les différences au sujet de l’identité religieuse des 4 communautés

Pour une seule communauté, il est question de conversion religieuse. C’est le cas pour les pentecôtistes. C’est la seule communauté qui a sensiblement le même type d’influence que la majorité des Québécois. Pour les Khmers et les Tamouls, il est surtout question de philosophie. Alors, pour les pratiquants, l’adaptation religieuse s’est bien passée. Beaucoup d’entre eux vont à l’église et participent aux fêtes religieuses catholiques.

Pour les musulmans, l’intégration est un peu plus difficile. L’islam a une moins bonne presse que les autres religions. Leur plus grosse problématique est la discrimination par rapport à la religion. On pense au voile pour les femmes ou à un nom à connotation arabe. Un article de La Presse + en parlait dernièrement (pour lire l’article, c’est ici).

Bref, la religion reste un marqueur identitaire important pour les immigrants. Dans leurs pays d’origine, ce l’est moins. Ce n’est qu’une fois qu’ils ont immigré que ce marqueur devient important. Et il est nécessaire de considérer ce point lors d’intervention.

 

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Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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