Publié dans Journée internationale, Lectures

Le livre politique : est-ce à découvrir ?

Le livre politique, célébré depuis 27 ans en France, a sa journée bien à lui. Évidemment, au Québec, il faut toujours suivre ce qui se passe chez nos cousins, alors nous aussi on fête le livre politique. Ici, on le célèbre depuis 16 ans maintenant ! On n’a même pas atteint notre majorité ici. 😉

Mais qu’est-ce qu’un livre politique ?

Évidemment, il s’agit d’un livre qui traite d’un sujet politique. Ça va de soi ! Au Québec, on définit le livre politique comme étant

Un essai, d’un ouvrage historique ou analytique, d’un récit, d’une autobiographie ou encore d’une biographie. Les publications gouvernementales, les actes de colloque, les traductions et les ouvrages collectifs sont exclus. L’œuvre doit être publiée sur support papier par une maison d’édition dont le siège social est au Québec.

Sont aussi inclus les thèses de doctorat et les mémoires de maîtrise.

Pourquoi avoir créé une journée sur le livre politique ?

Excellente question ! En France, le but était de reconnaître et valoriser les discours politiques, mais aussi les écrits en la matière. Car, même si le sujet cause parfois des discussions corsées dans certaines familles québécoises, la politique reste le reflet d’un peuple ou de ses dirigeants ! C’est du cas par cas selon le fait qu’il s’agisse d’une dictature ou d’une démocratie. Au Québec, cette journée a pour mission de :

  • Encourager les auteurs qui écrivent sur des sujets reliés à la politique québécoise ;
  • Promouvoir le livre politique auprès des parlementaires et du grand public ;
  • Contribuer au rapprochement entre l’Assemblée nationale, les citoyens et les auteurs ;
  • Favoriser la diffusion des connaissances sur les institutions parlementaires québécoises.

La France, quant à elle, a pour fonction de sensibiliser les jeunes à la formation citoyenne.

Pourquoi s’intéresser au livre politique ?

Parce que le livre politique, comme tant d’autres, est le reflet d’une partie de l’histoire d’un peuple. L’angle est différent, ce qui permet d’avoir un autre point de vue. Le livre politique, bien que teinté par l’auteur·e, a pour but de faire réfléchir le·la lecteur·trice. Alors que le roman a tendance à divertir son public. D’ailleurs, le mot essai est dérivé du latin exagium qui signifie juger, examiner, peser. Donc, lire un livre politique, qu’importe sa forme, permet de juger et d’examiner une société selon un point de vue précis. Les auteur·e·s ne traiteront jamais un sujet précis de la même manière, car il·elle·s sont influencé·e·s par leur vision du sujet. D’où l’importance de varier ses sources.

L’essai politique, un livre politique comme les autres ?

L’essai, qu’importe la thématique, est la prise de parole textuelle de l’auteur·e. La voix se dise en trois parties distingue : la voix de l’auteur·e, la voix du·de la lecteur·trice et la voix du texte. Un essai exprime un engagement qui permet un regard sur un sujet, de s’interroger, d’explorer, de s’exprimer un point de vue ou de proposer une quête. Les textes des essais sont divers, allant du monologue à l’argumentation en passant par tous les styles.

Outre l’essai, le livre politique est varié ?

Oui, il y a beaucoup de types de livres politiques. Une chance ! Comme mentionné plus haut, il y a aussi des ouvrages historiques ou d’analyse, des récits, des autobiographies/biographies. Quoique parfois moins accessible, les thèses et les maîtrises d’étudiants en sciences politiques font aussi partie de ce répertoire. Pour Christian Le Bart, auteur de L’analyse des livres politiques, Les présidentiables de 2007 face à l’exigence de proximité,

Les livres politiques (au sens de livres écrits par des professionnels de la politique) constituent un matériau facile d’accès, peu coûteux, aisément stockable, bien plus en tous cas que les matériaux ordinairement utilisés par les chercheurs professionnels (entretiens, observation directe, enquêtes par questionnaires, archives…).

Par contre, il constate que les livres politiques restent davantage sur les tablettes des libraires, malgré les diverses tribunes offertes.

Le livre politique… en exemple !

Pour la 16e édition de la journée du livre politique québécois, il y a une variété de sujet. Par exemple, Alexa Conradi nous fait enlever nos lunettes roses pour voir la réalité du Québec actuel. Il y a aussi une première biographie sur Idola Saint-Jean, une comédienne, gardienne de la langue française, journaliste et suffragette de la première moitié du 20e siècle. Félix Mathieu propose un livre sur le pluralisme canadien. En dernier lieu, Arnaud Theurillat-Cloutier propose un livre sur les mouvements étudiants québécois.

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Sans le savoir, à la maison j’en avais. Pourtant, ce n’est pas le genre de lecture que je choisis d’emblée. Je pense au livre Les Superbes de Léa Clermont-Dion et Marie-Hélène Poitras qui parle du succès féminin. Je pense aussi au livre Sœurs volées d’Emmanuellee Walter, qui traite du féminicide d’autochtones en sol canadien. J’en ai d’ailleurs parlé ici. Sinon, un autre livre dont je vous déjà parlé est celui d’Alan Dieckcoff, La nation dans tous ses États, qui traite des mouvements identitaires dans le monde.

Bref, le livre politique a sa place beaucoup plus qu’on le pense. Il permet d’en apprendre plus sur une personne ou une société. Il va donc de soi que même si on n’est pas forcément intéressé par la politique, la lecture de ces livres ouvre à la réflexion!

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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