LIVRE : PETIT COURS D’AUTODÉFENSE INTELLECTUELLE

S’il y a quelque chose que l’on doit être capable de faire dans la vie, c’est se défendre. Physiquement parlant, mais aussi de façon intellectuelle. C’est ce que propose le livre de Normand Baillargeon, Petit cours d’autodéfense intellectuelle paru chez Lux Éditeur en 2006 dans la collection Instinct de liberté. L’édition que j’ai utilisée en est une qui est revue et corrigée et qui a été publiée en 2016. Les illustrations sont de Charb.

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Petit cours d’autodéfense intellectuelle (C) Myrianne Lemay

 

Pourquoi parler d’autodéfense intellectuelle ?

Parce que nous sommes à l’ère des fakes news, de fausses nouvelles, et que l’impact de cette problématique est majeur. Cela a des répercussions sur la vie de ceux qui les subissent. En fait, ce phénomène est de plus en plus fréquent, surtout depuis l’apparition des médias sociaux. Mais cela ne leur est pas exclusif. Au Québec en a eu la preuve en décembre avec le cas du chantier de construction et des mosquées du quartier Côté-des-Neiges à Montréal. À titre de rappel, TVA rapporte une problématique sur un chantier de construction près de mosquées d’un quartier multiculturel de Montréal. Il avait été demandé à des femmes y travaillant de se trouver loin des lieux de cultes lors de la prière du vendredi. Selon le reportage, la journaliste a dit qu’elle avait la preuve écrite noir sur blanc que cela venait des mosquées. Ce qui était faux. Elle détenait seulement la parole d’un contremaître qui lors d’un autre reportage, plusieurs jours plus tard, disait ne pas être au courant de l’histoire, qu’il n’avait fait qu’une supposition.

Non seulement, cela a nui aux musulmans qui n’avaient rien demandé de tel, mais aux entreprises impliquées sur le chantier et à la crédibilité de la journaliste et réseau médiatique. Quoique, personnellement, j’ai très peu de pitié pour ces derniers, car le réseau à une tendance à s’acharner sur les minorités, les musulmans en particulier, pour les mauvaises raisons. Conclusion de l’histoire : suite à l’enquête de la Commission de la construction du Québec (CCQ), les musulmans n’avaient rien à voir avec ce qui s’était passé. Cela venait de la compagnie qui dirigeait le chantier. Pour quelle raison ? Par respect pour ceux qui allaient aux mosquées prier.

Pourquoi cette histoire ?

Parce que la pensée critique manque cruellement aujourd’hui. En fait, selon le site Toupie, il s’agit d’ « une attitude critique vis-à-vis de toute affirmation ou information ainsi que la capacité intellectuelle qui permet de raisonner correctement, de tirer des conclusions qui ne soient pas prématurées, mais réfléchies et étayées par des arguments. » En d’autres mots, on utilise notre raison pour se questionner, analyser et comprendre les informations que l’on reçoit. Cela implique donc des concepts comme le langage, l’argumentaire et la conceptualisation pour réfléchir sur les préjugés et les opinions pré mâchées.

Il ne faut pas confondre la pensée critique et l’esprit critique. Jacques Boisvert en fait la distinction dans son ouvrage La formation de la pensée critique. Théorie et pratique publié en 1999.

« L’esprit critique, ou attitude critique, représente le deuxième élément de la pensée critique. […] La personne doit en effet manifester un certain nombre d’attitudes, de dispositions, d’habitudes de pensée et de traits de caractère que l’on peut regrouper sous l’étiquette « attitude critique » ou « esprit critique ». De façon générale, cela signifie que le penseur critique doit non seulement être capable d’évaluer des raisons adéquatement, mais qu’il doit aussi avoir tendance à le faire, y être disposé. »

C’est ce que propose le livre de Baillargeon. Divisé en deux parties, son livre propose en premier lieu quelques indispensables outils de pensée critique. On y retrouve donc deux chapitres sur le langage et les mathématiques. La deuxième partie parle de la justification des croyances avec trois chapitres : l’expérience personnelle, les sciences et les médias. Avec tout ce qui se passe au niveau de l’actualité, il est nécessaire de lire ce livre. Nous devons nous outiller pour comprendre ce qui se passe autour de nous, qu’importe le domaine sur lequel on s’informe.

Conclusion

L’important est de varier ses sources d’informations et d’opinions. Le fait de se remettre en question, de raisonner et d’analyser notre environnement ne sera que bénéfique à l’avenir. Nombre de métiers qu’il est possible de faire et qui nécessitent cette compétence sont incalculables. Il faut donc savoir transmettre cette aptitude aux enfants et adolescents pour leur permettre d’être autonomes intellectuellement parlant. C’est peut-être une grosse tâche, mais c’est réalisable, si on a les aptitudes pour le faire.

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