Histoire politique du comique au Québec

Aujourd’hui, je vous parle d’humour avec le livre Histoire politique du comique au Québec de Robert Aird, historien de l’humour et professeur à l’École de l’humour à Montréal. Le livre de 264 pages est paru en avril 2010 chez VLB Éditeur dans la collection Études Québécoises.

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Livre Histoire politique du comique au Québec (c) Myrianne Lemay

Mais qu’est-ce que l’humour ?

Pour Aird, les humoristes ont diverses fonctions sociales. Ce qu’ils nous racontent a un lien avec notre identité, valorise notre comportement, permet une attribution de sens en plus de permettre aux émotions de s’exprimer. Aussi, le rire peut être ambigu si le but est de se réconforter dans ce que nous sommes au lieu d’y réfléchir. Car oui, le rire permet aussi la réflexion. Et, selon Nelly Feuerhahn, il peut être révolutionnaire, car il se positionne entre une révolte impossible à faire et une soumission où il est impossible d’être. Cela signifie qu’il est synonyme de risque plus ou moins élevé selon la culture et la tolérance de la société dans lequel il évolue. L’humour permet donc de comprendre les maux d’une société par l’expression de ses humeurs.

Dans les différents chapitres du livre, on peut voir l’évolution de l’humour au Québec du 17e siècle à nos jours. On peut donc constater qu’au début de la colonisation, l’humour était un concept festif et de tradition orale. Le changement s’opère au 19e siècle, non seulement, l’oralité est toujours présente dans l’humour, mais l’écrit y prend graduellement sa place. D’un côté des monologuistes sont bien présents dans la classe populaire, mais la presse écrite est en plein essor et les intellects en profitent pour publier divers textes dans les journaux de l’époque.

L’humour est le reflet de la société. Il suit donc ses hauts et ses bas. Je me souviens d’avoir entendu dans un colloque sur l’humour que la distanciation est importante dans le fait d’aborder un sujet. Oui, l’actualité est une source d’inspiration, mais si un sujet est trop délicat pour une raison X, il est préférable de ne pas l’aborder. L’exemple qui avait été donné est celui du 11 septembre 2001. Au Québec, on a pu en rire plus rapidement qu’aux États-Unis en raison de la distance géographique, mais aussi en raison de la distance émotive. L’évolution de l’humour au Québec suit cette même tendance. Dans l’histoire, il y a eu des événements, politiques ou autres, qui ont laissé des traces dans la manière de faire divertir les gens. Des exemples ? Les Fridolinades, les cabarets, les boîtes à chansons, les stand-ups, etc.

Par sa situation géographique et linguistique, le Québec a pu profiter des apports des États-Unis et de la France. En effet, chaque culture a ses propres codes culturels en tout et l’humour ne fait pas exception. Et forcément, à force de les côtoyer, ont fini par être influencé par celles-ci. D’ailleurs, il existe depuis 2011, l’Observatoire de l’humour. Ce dernier, comme son nom l’indique, observe et analyse l’humour, mais aussi assurer sa valorisation. Sur son site, l’Observatoire mentionne que l’on « retrouve l’humour dans toutes les sphères de la société : santé, psychologie, gestion, éducation et médias, pour ne nommer que ces instances. » Donc, on n’a même pas à quitter sa maison pour être en contact avec l’humour d’une autre culture. Grâce à internet, on peut écouter les comédies, qu’elles soient cinématographiques ou non, qui nous viennent d’ailleurs. Si on écoute ces fictions étrangères avec quelqu’un de la même origine que l’émission, il y a de fortes chances que personne ne rit au même endroit. C’est la même chose au quotidien. Il m’est déjà arrivé d’être chez mes parents avec mon ex-mari (Tunisien) et ce dernier ne comprenait pas la blague que mon père avait faite. Il me regardait avec un air de « je voudrais bien rire, mais je ne comprends pas. » Au détriment de mon père, sa blague était décevante et n’était pas digne d’un rire.

L’humour dans le monde

Mais pour vous donner une idée de ces différences en humour, en juillet dernier avait lieu à l’UQAM, le 29e congrès de l’International Society for Humor Studies. Il suffit de regarder la carte ici-bas pour voir d’où viennent les spécialistes.

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Capture d’écran du site de l’Observatoire de l’humour (c) Myrianne Lemay

Les sujets étaient variés. Allant des différents aspects de l’humour et du genre en passant par la production, le style, l’identité et médias. Il va donc sans dire que le sujet est très vaste.

Tellement que le site de l’Observatoire, a une liste de textes provenant des maîtres et doctorants sur le sujet. Je vous laisse le loisir d’aller faire la recherche en ce sens. Idem pour la bibliographie du livre de Aird qui est très complète. Si vous vous intéressez au sujet, vous ne manquerez pas de lectures.

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