Publié dans Identité, Lectures

LIVRE DISCOURS ET CONSTRUCTIONS IDENTITAIRES

Dernièrement, j’ai eu à m’acheter une grande quantité de livres concernant mon projet de stage que je réaliserais en janvier prochain. J’en parlerais quand tout sera confirmé avec le milieu et l’école, mais vous l’auriez deviné, ça tourne autour de la construction identitaire.

Un des livres que je me suis procuré parle de l’impact de la langue sur la construction identitaire. Il s’agit du livre Discours et constructions identitaires publié sous la direction de Denise Deshaies et Diane Vincent aux presses de l’Université Laval, à Québec, en 2004. Il contient 225 pages. Vous l’auriez sûrement remarqué, car je l’ai mentionné souvent ici, la langue fait partie intégrante de l’identité d’une personne.

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C’est d’ailleurs un peu le sujet du premier texte, écrit par Louis-Jacques Dorais du département d’anthropologie de l’Université Laval. Bien qu’il n’y a pas de définition précise en matière de construction identitaire, Dorais note tout de même trois points importants dans les différentes définitions proposées. Le premier point mentionne un rapport, car l’être humain se construit dès qu’il a conscience, ce qui arrive très tôt dans la vie, qu’il partage le monde avec d’autres personnes. C’est un rapport issu du subconscient qui façonne notre identité et notre place dans l’univers. Le deuxième point touche le relationnel. La construction identitaire change selon les gens que nous côtoyons. Avec une personne, nous pouvons être hyper gentils, mais vouloir arracher la tête de la prochaine personne qui nous parle pour exactement les mêmes raisons. Tout dépend de la relation que l’on construit avec ces personnes. Cela n’a rien à voir avec l’histoire de la personne. Quelqu’un peut nous sembler agressif alors que c’est peut-être nous qui l’avons rendue inconsciemment comme ça ou bien la personne vient de se chicaner solide avec son conjoint et c’est nous qui écopons le restant de la tempête. On ne peut pas savoir, mais cela ne veut pas dire que la personne est constamment en colère contre le monde. Le troisième et dernier point touche l’environnement. Nous sommes constamment en interaction avec lui et cela englobe beaucoup de choses : une même nouvelle à la radio peut rendre quelqu’un heureux, comme en faire pleurer un autre. Pourquoi ? Parce que personne n’a la même histoire et les mêmes interactions avec son environnement. Ce que Dorais nous explique par ces trois points, c’est que la construction de l’identité se fait en ayant un rapport non seulement avec l’humain, mais aussi l’environnement dans lequel il se trouve.

Toujours selon Dorais, il y a trois types d’identité : la culturelle, l’ethnique et la nationale.  La première concerne la vision du monde que l’on a en commun. L’identité ethnique concerne tout ce qui différencie un humain de l’autre. Elle est liée à l’identité nationale qui elle, est le fait de savoir qu’on appartient à un peuple précis.

L’autre texte qui m’a bien plus est celui de Fouzia Benzakour au sujet des stéréotypes des Maghrébins lorsqu’ils émigrent au Québec. Ils sont tellement habitués à l’accent français et à aucun autre, que lorsqu’ils entendent l’accent québécois, des courts-circuits se font et ils ne comprennent plus rien de ce que l’on dit. Mais bon, même les Français ne nous comprennent pas, alors, il ne faut pas s’étonner. Benzakour dit, que pour les Maghrébins, le français, acquis principalement à l’école, est la langue qui permet une ouverture sur le monde moderne. Pourtant, lors que je suis allé en Algérie, j’ai eu à côtoyer beaucoup de gens qui ne parlaient pas français du tout. Il fallait se débrouiller pour se comprendre. Et il est clair que ma belle-famille ne devait pas toute comprendre ce que je disais. Par contre, parce que je parlais français, le cousin de mon mari était sûr et certain que j’étais de l’Europe ! Il a été un peu déçu de savoir que je n’avais jamais mis les pieds en France.

Pourtant, l’accent dit que l’on utilise au quotidien en dit long sur nous. Il est un marqueur identitaire autant que la langue parlée. Pourtant, il ne reflète pas notre apparence physique. Est-ce qu’un noir parle forcément wolof ? Un Arabe parle forcément l’arabe ? Un Asiatique, le japonais ou le mandarin ? Désolée de vous décevoir, mais non, ce n’est pas forcément le cas. Il arrive que la transmission de la langue ne se fasse pas d’une génération à l’autre. C’est ce qui est un peu décevant, car cela fait en sorte qu’il manque un pan de culture à l’enfant concerné. Son identité peut donc en subir quelques contre coup. Au contraire, je crois qu’un enfant maîtrisant plusieurs langues dès son âge à un avantage sur ceux qui n’en maîtrisent qu’une ou deux.

L’apprentissage de nouvelles langues permet d’ouvrir ses horizons et de stimuler sa curiosité. Il ne faut donc pas négliger l’apprentissage d’une langue en disant que son enfant va en être puni. Au contraire, c’est une richesse.

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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