Publié dans Intervention

L’intervention féministe : la base du mouvement

Dernièrement, j’ai fait une formation en ligne sur l’intervention féministe. Comme je vous parle souvent du féminisme, je vais vous en faire un résumé. La formation est proposée par l’institut de formation en matière de violence faite aux femmes. Malgré tout, les notions vues peuvent s’appliquer, dans certains cas, à tous types d’interventions.

Soit dit en passant, l’organisme est Ontarien. Il délivre des attestations de formation selon les normes ontariennes. Je ne sais pas si elles sont identiques à celles du Québec. Ou ailleurs au Canada. C’est à vous de voir. Par contre, rien n’empêche de suivre les formations offertes, car elles peuvent être transférables.

Qu’est-ce que le féminisme ?

Clairement un mot qui dérange. Même certaines femmes qui se disent féministes. Il est utilisé à tort et à travers. Et surtout à toutes les sauces. Mais il est important que chaque personne se définissant féministe fasse une rétroaction personnelle pour connaître ses motivations.

Chaque personne ? Oui, car des hommes se définissent aussi comme féministe. Même plus que certaines femmes…

Selon l’Institut de formation, le féminisme est « un projet politique et une vigilance. Il n’est pas un espace clos, mais un espace ouvert dans lequel on circule. »

C’est donc un mouvement social très variable et ayant plusieurs courants. Cela signifie que les discours entendus peuvent varier selon qui les prononce.

Les vagues du féminisme

On en dénombre 4. Les voici :

Première vague : 1870 – 1929

Durant cette vague, les femmes revendiquent trois types d’égalité :

  1. Juridique,
  2. Civile,
  3. politique.

Un exemple de ce mouvement ? Les suffragettes qui ont permis à de nombreuses femmes d’obtenir le droit de vote. Phénomène qui était présent partout dans le monde. Eva Perron en était une. Ainsi qu’Olympe de Gouges. Et bien d’autres évidemment.

L’entre-deux : 1930-1960

L’entre-deux, c’est la période qui débute lors entre les deux guerres mondiales. Elle se termine bien après. C’est l’époque où les femmes font le travail traditionnel des hommes, à cause de leur absence. Après la Deuxième Guerre mondiale, elles retournèrent à la maison, mais avec l’envie de devenir plus autonome.

Deuxième vague : 1960-1990

La deuxième vague du féminisme dénonce la domination masculine sur la gent féminine.

Cela comprend le contrôle de son propre corps et de sa sexualité ainsi que la violence faite aux femmes. Un dernier point de revendication : l’équité salariale… Bref, des points pour lesquels les femmes se battent encore aujourd’hui.

Troisième vague : 1990 à aujourd’hui

Aujourd’hui, nous sommes dans la troisième vague. Les thèmes abordés permettent une variété de combats.

  • La diversité parmi les femmes
  • L’image de la femme dans les médias
  • Les multiples axes d’oppression des femmes
  • La question de genre
  • La sexualité positive

Les différents types de féminisme

Féminisme libéral

Croyance : l’inégalité est issue de l’éducation et de la socialisation différenciée reçue par les enfants. Cela engendre autant la discrimination, les préjugés que les stéréotypes.

Recommandation : que l’égalité soit complète entre les femmes et les hommes en raison du droit de chaque individu à l’égalité et à l’autodétermination.

Revendication : droits juridiques égaux et la transformation des rôles sociaux.

Autre appellation : féminisme égalitaire ou réformiste.

Le féminisme radical

Croyance : le système patriarcal fait en sorte qu’il y a un rapport de domination entre les hommes sur les femmes autant sur le plan individuel que collectif.

Recommandation :  que les femmes reprennent le contrôle de leur corps (reproduction et sexualité) en plus de l’abolition du système patriarcal, des rapports d’oppression et des rôles et modèle traditionnel.

Revendication : que le corps des femmes soit respecté. Le respect des compétences, de l’intelligence et des capacités des femmes est aussi à considérer.

Autre appellation : féminisme radical matérialisme, libertaire, culturel et lesbien.

Féministe marxiste-socialiste

Croyance : la femme est dominée par l’exploitation patriarcale et le capitalisme. Cette domination est surtout présente dans le monde du travail et de l’économie. En effet, les femmes font les tâches domestiques et maternelles gratuitement.

Recommandation :  l’abolition du capitalisme et du patriarcat et des femmes dans le monde du travail salarié.

Revendication : le droit aux garderies, l’égalité des chances dans l’emploi, dans l’éducation et les salaires, l’aide sociale.

Féminisme lesbien

Croyance : les femmes lesbiennes sont à la fois dominées autant pour leur genre que pour leur orientation sexuelle. Les normes hétérosexuelles sont au centre des dénonciations des féminismes lesbiens.

Considération : La société actuelle est hétérosexiste. Elle impose donc une norme qui fait en sorte que l’orientation sexuelle est hiérarchisée.

Revendication :  la reconnaissance des femmes lesbienne et l’abolition du patriarcat.

Féminisme musulman

Inscription : dans un mouvement de réforme qui s’interroge sur plusieurs questions relatives à l’Islam.

Soutenance : l’émancipation et la libération de la femme peuvent se faire sans un rejet du religieux.

Remise en question : le patriarcat religieux possiblement issu du Coran et des débuts des musulmans ainsi que les pratiques patriarcales.

Proposition : des perspectives féminines sur l’interprétation de la religion musulmane, du début de l’histoire de l’islam et de la pratique religieuse.

Féministe intersectionnel

Je vous en parle souvent. Il est né des critiques formulées à l’égard du mouvement féministe majoritairement formé de femmes blanches qui ne considéraient que le genre comme sujet d’analyse de l’oppression des femmes. Ce qui n’est pas le cas du féminisme intersectionnel. Le féminisme noir fut le pionnier du féminisme intersectionnel.

Le féminisme intersectionnel considère que les axes d’oppression des femmes sont multiples et qu’ils doivent être intégrés dans l’analyse féministe. Il ne suffit cependant pas de seulement reconnaître ces grands axes. Il faut plutôt considérer leur interaction simultanée dans les modèles d’oppression. La source d’oppression se trouve à l’intersection des différentes marginalités de la femme.

Le féminisme moderne

Le féminisme moderne est plus critique par rapport aux mouvements féministes existants. Il considère que le sexe, le genre, l’identité sexuelle, l’orientation sexuelle et les catégories identitaires sont des constructions sociales, souvent élaborées sur un mode binaire.

Il soutient que les catégories sont une forme d’oppression, car elles représentent un cadre normatif et coercitif pour les personnes qui en font partie et une exclusion pour celle qui ne cadre pas avec les catégories déterminées ; celle qui ne cadre pas avec les catégories déterminées ; reconnaissance sociopolitique des lesbiennes et l’abolition du patriarcat.

Ceci termine le premier texte d’une série sur l’intervention féminisme. J’ai mis les bases afin que tout le monde comprenne ce que c’est. Dans les prochains textes, il sera plus question d’intervention féministe.

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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