Publié dans Réflexion

L’intervention et la prévention de la radicalisation

Ici, toujours dans le Colloque du SoDRUS dont je vous parle depuis quelques temps, il sera question de l’intervention et de la prévention de la radicalisation. Il s’agit du 5ème panel du Colloque. Trois intervenants y ont pris la parole, soit Jérôme Champagne du Collège de Maisonneuve, Nicole Fournier-Sylvester, du Collège Champlain et Karim Kardady, du Canadian network for research for terrorist.

Ce qui revient dans les communications, c’est le fait qu’il y a un flou au niveau des définitions de la radicalisation, mais aussi au niveau de la laïcité et du discours haineux. Il est important de ne pas stigmatiser les communautés culturelles. Au contraire, il faut faire en sorte de la valoriser, et ce, par divers moyens. La place des médias est aussi importante. Beaucoup de gens y prennent leurs informations qui sont parfois erronées. Parfois les familles s’informent à l’international, mais pas localement. Cela a un impact sur comment les jeunes se perçoivent, mais perçoivent la communauté qui les accueille. Quand on est adolescent, on est pleine construction identitaire, donc la perception des autres influence grandement ce que l’on devient. Vu que beaucoup de jeunes sont issus de la deuxième génération, il faut donc travailler les multi apparences de ces jeunes. Étant ni québécois ni immigrants, ils se sentent perdus. Il faut donc trouver un moyen de faire en sorte qu’ils se sentent eux-mêmes et que leurs multiples identités est une force.

Ce qu’il faut comprendre lorsque l’on intervient auprès des jeunes qui sont à risque de se radicaliser, c’est que de leur créer des espaces de discussions variés, mais qui ont sont supervisés afin d’éviter les débordements. Comme les exemples qui ont été montrés dans la communication de Nicole Founier-Sylvester (Someone, Newsactivist et Soliya). Qu’importe comment cela est fait, il faut faire en sorte que les jeunes soient à l’aise de s’exprimer. Cela peut se faire en classe, mais aussi sur des plateformes technologiques.

Ces espaces de discussion sont nécessaires dans le but de favoriser l’esprit critique, l’engagement civique, la tolérance, la confiance, l’intégration sociale et l’intérêt envers la politique. De plus, il est important d’offrir des cours liés aux sciences humaines, à l’histoire, à la politique nationale et internationale, aux droits et en ce qui a trait au discours haineux. Cela permet aux jeunes de comprendre ce qu’est une crise identitaire, la marginalisation, l’exclusion, ainsi que ce qu’est le contexte du pays dans lequel ils grandissent. Par contre, dans un espace de discussion, il est important de leur laisser le choix du sujet à parler. Le terme discussion est important, car il est beaucoup plus inclusif que le terme débat. La religion en est un parmi tant d’autres et il est important d’en parler s’ils le veulent.

La place des personnes ressources est importante dans ces espaces de discussion ou de prévention. Il doit agir en tant que facilitateur et non comme un vecteur de préjugés. Leur impact est important dans le processus de radicalisation religieux menant à la violence.

Pour ce qui est des autres milieux, ceux où des adultes sont présents, il y a aussi des moyens d’intervention importants à considérer. Dans les milieux de travail, il est important d’avoir une représentation de la diversité culturelle de la société actuelle. Idéalement, le recrutement doit être axé sur les compétences et non sur le nom ou la couleur de peau.

Dans tous les systèmes, il est important ici aussi de donner des formations contre les discours haineux et favoriser l’équité à l’emploi. Dans les médias en particulier, il est important de valoriser la diversité culturelle en misant sur les communautés culturelles. Les écoles ont aussi leur rôle à jouer en matière de formation et de prévention. En effet, elles doivent enseigner ce qui s’est réellement passé et prévoir des programmes anti discours haineux.

AJOUT

Dans le 6ème panel, la conférence qui est présentée parle d’une recherche-action réalisée en France. Les recommandations retenues sont les suivantes :

  • Il faut briser la peur de l’intervention, en réhumanisant les radicaux ;
  • Il faut renforcer les liens de confiance entre les intervenants et les usagers ;
  • Les prises de décisions et les prises en charge doivent se faire collectivement afin d’éviter le travail isolé ;
  • Ce qu’il faut combattre, c’est la structure de pensée et non sur le plan des idée en ayant une approche sans jugement;
  • Ce qui est le plus importants, c’est les compétences intervenants et non le contenu de l’intervention

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.