L’immigration en sol québécois : son histoire

L’immigration en sol québécois a toute une histoire. Bien qu’aujourd’hui, elle peut sembler mal vue par certaines personnes, elle a toujours été présente en Amérique. C’est grâce à elle que les Américains d’aujourd’hui sont bel et bien actifs ici. Par Américains, je parle de tous les habitants des Amériques, pas les États-Unis. J’aurais utilisé États-Uniens à la place. Ce qui est certain·e, c’est que malgré nos différences, nous avons tous un point en commun : l’immigration. Évidemment, il y a plusieurs variantes, selon le contexte, mais dans le cadre de ce texte, on verra que l’immigration québécoise a sa propre histoire.

Suggestion de lecture sur l’immigration au Québec

La suggestion de cette semaine est le livre Histoires d’immigrations au Québec qui relate 14 récits migratoires. Évidemment, la migratoire coloniale de la France et de la Grande-Bretagne n’en fait pas partie. Aussi, on ne parle pas de la réalité de cette époque coloniale. J’en ai déjà parlé dans un autre texte du blogue, mais il y a eu de l’esclavagiste durant 200 ans lors de l’époque de la Nouvelle-France. Était ciblé les autochtones et des Africain·e·s subsaharien·ne·s. Donc, lorsqu’il est question d’immigration de certains peuples, cette époque n’est pas abordée. Probablement parce que la migration des Africain·e·s, relevait davantage d’un déracinement involontaire qu’une décision intentionnelle de quitter son pays. Mais bon, ce n’est qu’une supposition. Le livre présenté ici a été publié aux Presses de l’Université du Québec en 2014 sous la direction de Guy Berthiaume, Claude Corbo et Sophie Montreuil. 14 collaborateur·trice·s ont aussi participé au livre.

L’immigration écossaise

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Les Écossais·es font partie de l’histoire coloniale du Québec, malgré le fait qu’ils aient toujours été minoritaires. Présents lors d’événements marquants de cette époque, ils ont participé entre autres à la bataille des Plaines d’Abrahams en 1759 et aux rébellions des Patriotes en 1837-1838. D’ailleurs, lors de la bataille des Plaines, autant les Français·es que les Anglais·es avaient dans leurs équipes des Écossais·es ! Les Plaines ont d’ailleurs hérité leur nom d’un Franco-Écossais, Abraham Martin, pilote d’un des navires de Samuel de Champlain. Les Écossais·es ont toujours été très actifs dans la Nouvelle-France de l’époque. Il faut dire qu’à l’époque, pratiquement tout le monde était immigrant et vivait les mêmes difficultés. Un bel exemple est l’Université McGill. Elle résulte d’un héritage de James McGill, homme d’affaires du 18e siècle. Pour beaucoup de Québécois, les Anglos représentent qu’un seul morceau. Pourtant, les Écossais·es considèrent avoir une identité distincte des Britanniques.

L’immigration irlandaise

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Les Irlandais·es arrivèrent en Nouvelle-France assez tôt. Leur arrivée massive découle en partie de la grande famine qui a eu lieu en 1847. À ce moment, 98 000 personnes prirent la route vers Québec.  90 000 arrivèrent à destination de Grosse-Île. Les migrant·e·s étaient en quarantaine pour cause de typhus et 5424 Irlandais·es y trouvèrent la mort. Ce qui fait de Grosse-Île le plus gros cimetière irlandais, hors Irlande. Déjà plusieurs irlandais·es arrivèrent dans la colonie en 1815. L’Irlande étant 50% protestante 50% catholique, cela se reflète sur l’immigration de l’époque. 66% protestant·e·s allèrent vers l’Ontario et 66% catholiques vers le Québec. D’ailleurs, les Irlandais·es ont marqué l’histoire du Québec notamment par leur nombre. En effet, jusqu’en 1900, ils représentaient le deuxième groupe ethnoculturel en importance. Le premier étant les francophones. Ils habitèrent Griffintown jusqu’à la démolition du quartier. Par contre, ils sont maintenant partout dans les environs de Montréal.

L’immigration italienne

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L’unification de l’Italie, en 1861, a marqué l’immigration italienne. À partir de ce moment jusqu’en 1910, 13 millions d’Italien·ne·s émigrèrent vers des jours meilleurs. La raison est simple, l’unification du pays a des répercussions politiques et économiques dans tous les milieux de l’époque, car elle favorisait l’industrie au détriment de l’agriculture. Les personnes qui quittèrent le territoire sont des cultivateur·trice·s, des ouvrier·ère·s ou des artisan·ne·s et prirent la direction de l’Europe de l’Ouest ou des Amériques. Au Québec, la présence des Italien·ne·s se fait sentir à Montréal bien avant la période de l’unification. De plus, l’immigration a diminué lors de la Première Guerre mondiale pour reprendre en force qu’à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Actuellement, on peut trouver les Italien·ne·s dans différents quartiers montréalais. Les liens familiaux représentent, encore aujourd’hui, une valeur importante pour les Italiens. Les familles demeurent encore à proximité, même une fois les enfants grands.

L’immigration juive

L’immigration juive se fait en deux parties dans le livre. Dans le cadre du texte, je les mets ensemble, question de fluidité. Un premier texte parle des Yiddish tandis qu’un second parle des Juif·ve·s sépharades.

Les Yddish

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Les Yiddish, originaires d’Europe de l’Est, arrivèrent au Québec au 20e siècle. En 1891, on dénombrait 2700 juifs. 10 ans plus tard, le nombre avait plus que doublé. En 1931, il était question de 60 000 juifs. Évidemment, cela a un impact sur la manière de vivre sa religion. Certains juifs deviennent plus radicaux au Québec.  Au niveau linguistique, de 1900 à 1950, le yiddish représentait la troisième langue parlée au Québec. Durant la même période, les Yiddish furent la communauté qui immigra le plus dans la Belle province. Évidemment, avec l’Holocauste, le visage de l’immigration juive change quelque peu. Mais a aussi des conséquences sur le continent européen. Comme c’est le cas avec l’immigration italienne. En effet, l’italien a détrôné le yiddish dans le top 3 des langues parlées au Québec en raison d’arrivée massive des Italien·ne·s après 1945. La présence des Yiddish marque le milieu des arts.

Les sépharades

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Les sépharades sont les juif·ve·s originaire d’Afrique du Nord. Ils ont donc, pour beaucoup, l’avantage de déjà parler français, mais aussi espagnol et arabe. Mais la présence des sépharades au Canada date de 1759. À cette époque, il s’agit de marchand·s, d’industriel·le·s et d’entrepreneur·e·s. Des 1768, une synagogue sépharade est construite. Ce qui changea un peu la donne du judaïsme, c’est l’arrivée de juif·ve·s originaires d’Europe de l’Est. Les deux guerres mondiales ont aussi un impact sur l’immigration juive. Particulièrement la deuxième qui a fait en sorte que l’État d’Israël fut créé en 1948. Les politiques québécoises ont des répercussions sur l’immigration juive, car depuis 1968, il est obligatoire de parler français pour s’établir au Québec. Mais une fois ici, les juif·ve·s ont deux possibilités. La première est la création de filières francophones au sein d’organisations juives. La deuxième concerne la création de nouvelles entités qui leur sont propres.

L’immigration polonaise

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Bien que l’attribution du premier polonais soit difficile à établir, une certitude demeure : en 1752, il y avait déjà un Polonais à Montréal. Après plusieurs vagues d’immigration polonaise, en 2011, plus d’un million de Canadien·ne·s se disaient, à l’époque, polonais·e. Au début des premières vagues, les groupes allèrent s’installer dans les prairies, en raison de la demande agricole. Ce n’est qu’au milieu du 20e siècle que les Polonais·es s’établirent davantage dans l’est du pays. En 2006, selon Statistiques Canada, près de 50% des Polonais·es vivaient en Ontario. L’immigration était pour des raisons politiques. Durant une période de 123 ans, la Pologne n’existait tout simplement pas. 120 000 Polonais·es ont donc émigré au Canada. Durant cette première vague d’immigration polonaise, le Canada cherchait principalement des travailleurs agricoles. Pour la deuxième vague, il était question de travailleurs ferroviaires. Les Polonais·es eurent des difficultés, notamment avec l’identification officielle canadienne.

L’immigration grecque

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En 1830, la Grèce devient indépendante. Mais avant cette date, en raison de l’Empire ottoman, plusieurs Grecques ont émigré principalement en Europe. L’émigration vers l’Amérique se fait à partir de 1880. Les États-Unis sont le pays ciblé par les premier·ère·s immigrant·e·s et ce, jusqu’à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Dès 1950, les États-Unis sont plus restrictifs dans leurs choix migratoires, alors les Grecques se tournent, entre autres, vers le Canada. Mais la présence grecque se fait sentir bien avant ces changements politiques. D’ailleurs, certains documents démontrent la présence de Grecs en Nouvelle-France dès 1628. Un jeune homme, qui a voyagé avec Champlain, était posté au Cap-Tourmente dans le but de voir l’arrivée de nouveaux bateaux. Mais bon, selon le recensement de 1971, il n’y avait que 7 Grecs au pays. Il faut dire que durant une longue période, ce sont les hommes célibataires qui venaient s’établir ici.

L’immigration portugaise

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En mai 2018, les Portugais·es célèbrent le 65e anniversaire de leur arrivée au Canada. Il s’agit donc d’une immigration encore très récente. Leur présence se fait sentir partout au pays et au Québec, on estime à 57 000 le nombre de portugais y habitant. La réputation des Portugais·es en matière d’exploration n’est plus à faire. Ils ont plusieurs conquêtes de cacher dans leur poche. Mais le Canada n’était pas dans leur vision à long terme, car ce n’est qu’au 20e siècle qu’ils s’y intéressèrent. Ils vinrent s’établir ici en trois phases successives. La première dans les années 1960, la deuxième vers 1974 et la dernière en 1986. La grande majorité d’entre eux s’établir en Ontario. Leur enracinement social passe par le travail, notamment l’entrepreneuriat. Comme plusieurs cas de migrations, bon nombre de Portugais·es ont travaillé comme ouvrier·ère·s. Mais la scolarité et la langue ont un impact sur l’intégration des migrants·e·s.

L’immigration haïtienne

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L’histoire entre le Canada et Haïti remonte à loin dans le temps. Dès 1754, lors de la déportation des Acadiens vers la Louisiane et les Antilles. Aussi, bon nombre de communautés religieuses qui agirent comme missionnaires en Haïti. Comme la rédaction du livre date bien avant l’arrivée des réfugiés de 2017, ce sujet n’est pas abordé. Par contre, ce que l’on peut comprendre à la lecture du texte, c’est qu’il y a eu plusieurs vagues de migrations haïtiennes vers le Québec. Comme pour beaucoup d’autres cas d’immigration. Une des principales raisons est le régime Duvalier, père et fils. Entre 1967 et 1977, l’immigration d’intellectuel·le·s est tellement importante, qu’on parle d’exode des cerveaux. Mais durant la même période, il est aussi question d’exode de bras. Ce qui signifie que la dictature touche toutes les sphères de la société. La dernière vague mentionnée est dans les années 1990. Cette vague est la plus difficile des trois.

L’immigration latino-Américaine

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Ici aussi, l’immigration est récente. On parle du milieu des années 1960. En fait, les latinos émigraient très peu jusqu’au moment où plusieurs pays d’Amérique latine expulsèrent bon nombre de leurs habitants. Avant les années 1960, la migration des Latino-Américain·ne·s touchaient davantage les conjoint·e·s de ressortissant·e·s ou des marins. C’est surtout après les années 1970 au Canada que leur présence se fait sentir. Cette première vague vient de la côte sud de l’Amérique latine. Lors des années 1980, ce sont des réfugié·e·s d’Amérique centrale qui débarquent en sol québécois. Dans les années 1990, les Péruvien·ne·s et les Chilien·ne·s ont marqué leur présence en nos terres. La dernière vague date du début des années 2000. La principale raison de ces vagues migratoires est la dictature qui règne dans plusieurs pays. Les Latino-Américain·ne·s ont plusieurs réussites d’intégration. Ils sont très actif·ve·s aux plans civique, social et culturel.

L’immigration asiatique

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Ici, il est principalement question des boats people qui viennent du Vietnam, du Laos et du Cambodge. Trois pays marqués par la guerre et des politiques communistes. Il est question, entre autres, de la guerre du Vietnam et des Khmers Rouges au Cambodge. Le premier ressortissant vietnamien au Canada était un jeune cuistot sur un navire français. Son débarquement eut lieu à Halifax en 1947. Dans les années 1950, quelques étudiant·e·s Vietnamien·ne·s s’installèrent à Québec pour des études universitaires. La deuxième vague est celle des boats people à la fin des années 1970. Pourtant l’arrivée d’Asiatiques au Canada a toujours été présente.  Plusieurs étaient travailleurs ferroviaires et s’installèrent en Colombie-Britannique à la fin des travaux. Par la suite, l’immigration des Asiatiques fut beaucoup plus difficile, car à cette époque l’immigration européenne est privilégiée. Il n’est pas non plus question d’adoptions massives de fillettes chinoises qui marquèrent les années 1990.

L’immigration libanaise

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Le premier Libanais au Québec remonte avant même l’arrivée de Christophe Colomb. Des fouilles archéologiques prouvent qu’au moins une expédition phénicienne a eu lieu il y a plus de 2500 ans. Mais comme toute autre migration, il y a eu plusieurs vagues. La première couvre une grande période, soit entre 1882 et 1936. Les migrant·e·s devaient posséder au minimum 50$ dans leurs poches pour traverser les frontières. Montant qui augmente rapidement. Mais les Libanis·e·s sont là pour faire fortune. La deuxième vague est après la Deuxième Guerre mondiale, soit entre 1945 et 1975. Contrairement à la première, qui était plus collective, celle-ci est davantage individuelle. La raison qui ressort le plus : la corruption et la dégradation du pays. La dernière vague commence en 1975. Elle est divisible en deux groupes distinctes : 1975-1980 et 1986-1991. La guerre civile est la cause qui a fait que plusieurs quittèrent leurs pays.

L’immigration africaine

L’immigration africaine se divise en deux : soit subsaharienne et maghrébine. Dans le livre, les deux sont séparées, mais l’Afrique étant un grand continent possédant plusieurs cultures.

L’Afrique subsaharienne

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L’immigration de l’Afrique subsaharienne semble être une histoire oubliée, car, selon l’auteur, peu de documents abordent le sujet. Il s’agissait, pour lui, d’un défi. Il ne faut pas oublier que tout le continent regroupe une cinquantaine de pays à lui seul. L’immigration afro-américaine est récente, car je l’ai mentionné plus tôt, l’immigration canadienne était très sélective, voire teintée de racisme. Par contre, il y a un parallèle à faire entre l’Afrique et le Québec. Les deux luttaient énormément pour leur indépendance dans les années 1960.  Par contre, ce n’est qu’à la fin des années 1970, que le Québec peut choisir par lui-même ses immigrants. De nombreux africain·e·s sont arrvié·e·s avant ce combat identitaire. Aussi, des ressortissant·e·s afro-américain·e·s arrivent entre 1966 et 1968. Pour cette raison les spécialistes semblent dire que la décennie de 1960 est le début de l’immigration africaine. Le plus gros de l’immigration se fait dans les années 1990 et 2000.

Le Maghreb

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Il a déjà été question des juif·ve·s issu·e·s du Maghreb. Mais dans ce segment, on parle des arabo musulman·e·s. En effet, le Maghreb représente qu’une partie de l’Afrique du Nord. Elle comprend le Maroc, l’Algérie et la Tunisie. On ne peut donc pas faire d’amalgame entre eux et les Arabes de l’ouest de l’Afrique du Nord. Encore moins avec ceux de l’Asie ou les musulman·e·s de cette région. Chaque région musulmane à ses différences. En fait, la première vague est celle des années 1970 où de nombreux maghrébin·e·s arrivèrent pour les études. Certain·e·s viennent s’établir au Québec pour d’autres raisons. À long terme, des étudiant·e·s restèrent pour des raisons économiques, personnelles ou sociales. Depuis 2001, le Maghreb est l’un des trois endroits dans le monde où les migrant·e·s sont recruté·e·s. Les deux autres sont la France et la Chine. Cela est dû aux critères de sélections québécoises qui encouragent les jeunes francophones scolarisés à venir s’établir dans la province.

En conclusion

Il m’est impossible de tout résumé le livre en si peu de mots. Je vous encourage donc à lire le livre pour en découvrir plus, car j’ai dressé qu’un portrait des différents peuples qui font le Québec actuel. Il est aussi important de se rappeler d’où l’on vient en tant que société. Comme on peut le voir, le Québec a longtemps favorisé l’immigration européenne. Donc, une immigration blanche en premier lieu. La langue n’était pas un facteur aussi important qu’aujourd’hui. Aujourd’hui, c’est l’inverse. Le français passe avant la couleur. Par contre, en arrivant ici, les minorités visibles ont d’énormes difficultés. Déjà que plusieurs ont quitté leur pays pour des raisons économiques ou politiques. Ces gens se retrouvent donc dans des situations parfois plus difficiles qu’ils ou elles vivaient avant de partir de chez eux. Pourtant, beaucoup d’entre eux se font choisir par le Québec. Mais est-ce pour le mieux ?

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