Publié dans Réflexion

Liberté d’expression et censure sur internet

La liberté d’expression et la censure, on en entend beaucoup parler. Depuis 2008, le 12 mars est considéré comme la journée internationale pour la liberté d’expression sur Internet. Elle est aussi appelée journée mondiale contre la censure sur internet. D’ailleurs j’avais déjà parlé de la liberté de presse sur le blogue au printemps 2018.

C’est Reporters sans frontières (RSF) qui en est l’instigatrice. L’un des buts de cette journée est de dénoncer la cybercensure sur le net. Pourquoi ? Parce que de nombreux internautes, principalement les blogueurs en sont victimes. D’ailleurs, qui ne connaît pas l’histoire de Raïf Badawi, blogueur saoudien maintenant emprisonné ? Sa femme et ses enfants demeurent maintenant au Québec.

Comme blogueuse, je crois qu’il est important d’en parler de cybercensure. Personnellement, je n’en ai pas subi. Mais, je trouve dommage que dans certaines parties du monde, d’autres blogueurs ne puissent s’exprimer librement. Même si l’opinion n’est pas celle de la majorité. Il faut de la diversité même là. Question de se faire une opinion par soi-même et non par les autres.

Le cas Badawi

2008

En 2008, Raif Badawi crée un site internet pour la libération morale des Saoudiens. Free Saudi Liberals avait pour mission de parler librement de religion avec les internautes qui le lisait. Pour ce site, il collaborait avec Souad al-Shamani, une Saoudienne qui militait pour les droits des femmes. Dès 2008, il a été arrêté à cause de ce site. Selon les autorités saoudiennes, le blogueur aurait insulté l’islam. Il a dû quitter le pays pendant un moment.

2009

Il revient en 2009, mais les choses se corsent. Il ne peut plus voyager à l’extérieur du pays. En plus de ne plus avoir accès à son argent.

2010

En 2010, Badawi s’oppose à son père. Ce dernier souhaite marier sa fille à l’homme qu’il lui a choisi. Le fils soutenait sa sœur en écrivant des articles sur le site contre leur père. Il considérait qu’il trahissait les valeurs familiales et religieuses.

2011

De nouvelles accusations sont portées contre Badawi. Il est accusé d’enfreindre des valeurs religieuses. La raison ? Il a abordé le sujet de la St-Valentin sur son blogue. Le Comité pour la promotion de la vertu et la prévention du vice s’est senti insulté par la conclusion de l’article.

2012

L’année de l’arrestation. Au mois de mai, une fatwa (un avis juridique donné par un spécialiste de la loi islamique sur une question particulière) qualifie Badawi d’apostat. Ce dernier aurait déclaré que toutes les trois religions monothéistes ainsi que l’athéisme s’équivalent.

Suite à cette fatwa, Badawi organise un rassemblement faisant la promotion du libéralisme dans son pays. Il fut arrêté le 17 juin 2012 pour désobéissance paternel, cybercrime et apostasie. En Arabie Saoudite, l’apostat peut entraîner la peine de mort. Mais comme ce dernier point n’est pas retenu par le juge. Ce n’est qu’en juillet 2013 qu’il fut condamné à 600 coups de fouet et 7 ans de prison.

2014

En mai 2014, la sentence a changé. Elle est désormais de 10 ans de prison, de 1000 coups de fouet, d’une amende d’un million de riyals (266 000 dollars) et une interdiction de voyage de dix ans à l’expiration de sa peine de prison.

Les coups de fouet sont distribués en vingt séances hebdomadaires de flagellation. Elles débutèrent en 2015. Mais avec la pression populaire venant de l’international, les coups de fouet sont suspendus.

La famille

Comme je vous ai dit, la femme de Badawi vit maintenant au Québec avec leurs trois enfants. Le couple s’est marié en 2002. Mais après l’arrestation de Badawi, Ensaf Haidar a quitté avec les enfants pour le Liban. Puis pour l’Égypte par la suite. De là, ils ont obtenu l’asile politique pour le Canada en octobre 2013. Depuis le 1er juillet 2018, ils sont citoyens canadiens. La famille lutte toujours pour faire sortir Badawi de prison et le faire venir au Québec.

Pourquoi parler de censure ?

Si l’on remonte en 2008, la Chine contrôlait internet par des lois assez restrictives. L’exemple de la place Tien Anmen est donné pour prouver que les recherches varient selon l’endroit où on la fait. Sur Google, à l’extérieur de la Chine, il était question des évènements de 1989. La Chine quant à elle parlait que de touriste.

Mais en raison de la cybercensure, plusieurs internautes se trouvent aussi en prison pour avoir parlé librement sur internet. Actuellement, il y a 24 pays où il y a des prisonniers d’opinion. Le Bahreïn et l’Iran sont les pays, en 2019, où il y a le plus de ces prisonniers.

Quoi faire pour arrêter la censure ?

Pour en savoir plus, il est possible de consulter le site dAmnistie internationale pour plus d’informations. Sur leur site, il est possible de poser des actions et de se tenir au courant des événements liés aux prisonniers d’opinions.

Human rigths watch a une section spécifique à la définition sur la liberté d’expression. Cela touche autant internet, la presse papier que la religion. D’ailleurs, on peut comprendre sur le site qu’

En droit international, l’accès à l’information et la liberté d’expression sont les deux faces d’une même pièce, et tous deux ont connu une accélération formidable avec l’apparition de l’Internet et d’autres formes de communication numérique. En même temps, les efforts visant à contrôler l’expression et l’information s’intensifient également, tant par les gouvernements que par des acteurs privés, sous la forme d’actes de censure, de restrictions d’accès et d’actes de violence à l’encontre d’individus dont les opinions ou les recherches sont perçues comme dangereuses ou nocives.

Il est possible de consulter les deux sites dans plusieurs langues.

Bref, en tant que blogueuse, je ne cautionne pas le fait de censurer la liberté d’expression des internautes. Ainsi que la recherche d’une variété d’informations. Le fait d’avoir accès à plusieurs informations, même contradictoires, permet de se faire une idée par soi-même de la situation.

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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