Publié dans Réflexion

Les tatouages, rites de passage ou non ?

La semaine dernière, le Devoir a publié 2 articles sur les tatouages. Vous pouvez les lire ici et ici. Selon l’un des articles, en 2016, 25% des Québécois étaient tatoués. J’en fais partie. En fait, j’en ai 2. Le premier est dans le bas du dos. Et le deuxième sur l’épaule. Évidemment, depuis que je suis musulmane, je me fais dire par les enfants musulmans que je devrais l’enlever. Rien de plus facile. On prend de l’eau et du savon. Mais bon. Au nombre de douches que j’ai prises depuis que j’ai ces tatouages, je confirme que ça ne fonctionne pas. 😜

Les tatouages dans l’islam

En fait, dans l’islam, les tatouages sont interdits. Mais le henné (henna) est permis  Sauf que je suis convertie. Mes tatouages ont été faits avant ma conversion. Je ne peux pas les enlever. Pourquoi ? Parce que toute mutilation est interdite. Par contre, certaines communautés le font quand même.

Le corps humain est un prêt. Alors, se faire tatouer, percer, etc. c’est changer la création que Dieu a faite. Un verset du Coran, où le Diable parle, dit ceci

« Certes, je ne manquerai pas de les égarer, je leur donnerai de faux espoirs, je leur commanderai, et ils fendront les oreilles aux bestiaux ; je leur commanderai, et ils altéreront la création de Dieu. Et quiconque prend le Diable pour allié au lieu de Dieu, sera, certes, voué à une perte évidente. »

(Sourate 4 – verset 119)

Mais plusieurs hadiths, les dires et les gestes du prophète, mentionnent le tatouage. Vous les trouverez ici.

Les tatouages comme rites de passage

Mais pour d’autres peuples, se faire tatouer est un rite de passage. C’est le cas des Polynésiens de l’archipel de Samoa. Les tatoueurs forment un ordre traditionnel. Dans les autres archipels, cet art a été graduellement abandonné. Les missionnaires ont eu raison des tatoueurs polynésiens. Avant le 19e siècle, la grande majorité des tatoués était des hommes. Les femmes aussi se faisaient tatouer, mais elles étaient minoritaires.

À l’époque, pour l’homme, le tatouage était obligatoire pour pouvoir se marier. C’était aussi une marque d’appartenance. Premièrement envers le village. Deuxièmement, envers les hommes qui protègent le chef du village. En polynésien s’appelle le pe’a. Encore aujourd’hui, la signification des tatouages à Samoa reste l’allégeance aux chefs. Mais c’est aussi un signe de respect envers eux. Plus rien à voir avec le mariage…

Les tatouages en occident

Mais si l’on revient aux articles du Devoir, Mariette Julien professeure à l’UQAM, mentionne que les tatouages permettent de donner un sens à nos vies. De ritualiser nos vies autrement.

Pour Maximiliano Jose Grebe Cabrera, qui a rédigé un mémoire à l’Université de Montréal, abonde aussi dans le même sens. Il précise que c’est aussi une manière de tester nos limites. Donc, les tatouages servent autant à marquer nos corps d’une histoire tout en se mettant au défi. Bien que le fait de se faire tatouer n’a pas d’âge ni de pays, on sait que les jeunes américains (États-Unis et Canada) de 18-35 ans sont les plus susceptibles de le faire. Quoique certains finissent par regretter de l’avoir fait. Mais on fait tous des erreurs…

Les tatouages et les femmes

Oui, je vous parle encore des femmes. Car oui, aujourd’hui, de plus en plus de femmes se font aussi tatouer. J’en suis la preuve. Ce qui n’était pas forcément le cas à une certaine époque. Les tatouages étaient surtout pour les soldats et les marins. La preuve ? Popeye est tatoué 😉

En fait, pour beaucoup de gens, une femme qui a des tatouages n’est pas féminine. Ce serait laid. Alors que pour un homme, c’est attirant. Pour donner une idée, mon premier vrai conjoint ne voulait pas que j’ai de tatouages. Pourtant, j’en avais un quand je l’ai connu. Quand je lui en avais parlé, le dégoût l’a envahi. Lorsque je me suis fait le deuxième, j’étais en couple avec lui. Il a détesté. Mais rien ne l’empêchait de courir après une femme tatouée dans la rue, il lui courrait après pour la prendre en photo. Je salue la contradiction au passage.

Bref, pour beaucoup de gens, le sacré reste important. Et le corps est soit à protéger soit porteur d’une histoire. Mais il y a forcément des rites de sacralisation lié au corps.

Et vous, votre corps ? Il est porteur d’une histoire ? Quel rite de passage avez-vous considérer important pour vous ?

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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