Publié dans immigration, Journée internationale

Les réfugié·e·s, à quoi ressemblent leurs vies ?

À la fin du moins d’avril, j’ai fait un mooc sur le droit des réfugié·e·s. C’était un cours offert pas Amnistie internationale. J’ai bien aimé, car c’était en quelque sorte une révision d’un cours que j’avais fait lors de ma première session de maitrise. C’était un cours sur les flux migratoires et nous avions parlé abondamment des réfugiés et du processus d’immigration au Québec et au Canada. Ce mooc est arrivé à point. Non seulement pour me rafraichir la mémoire, mais parce qu’aujourd’hui, c’est la journée internationale des réfugiés. Au Québec, l’immigration a toujours été un sujet sensible, car souvent perçu comme une menace identitaire. Mais est-ce vraiment le cas ? Bonne question !

Quelques définitions sur les réfugié·e·s

Voici quatre définitions importantes à savoir lorsqu’il est question d’immigration. Tout d’abord, les demandeur·euse·s d’asile sont des personnes qui souhaitent être reconnues comme étant réfugié·e. Il faut déposer une demande et en attendre la décision concernant. Le titre de réfugié·e dépend des instances nationales ou internationales. Un·e réfugié·e est une personne qui ne peut pas retourner dans le pays d’origine parce que sa vie ou ses droits sont en danger. Les réfugié·e·s ne sont pas protéger par leur gouvernement, donc forcé de quitter le pays pour se protéger. Par contre, certaines personnes se déplacent uniquement à l’intérieurs de leurs pays afin de se protéger. Elles fuient un conflit régional et s’établissent dans une autre région. Les apatrides sont ceux qui ne possèdent aucune citoyenneté. On peut naitre apatride ou le devenir en vieillissant. Ces gens n’ont aucune protection étatique, parce qu’ils font pas parti d’aucun État.

Les réfugié·e·s et les apatrides en chiffre

En 2016, les chiffres mentionnent que plus de 10 millions de personnes ont été en mouvement en raison des conflits et des persécutions dans leurs pays de résidence. On estime que pour chaque minute, 20 personnes doivent quitter leur foyer. Ce qui représente plus ou moins 28 300 personnes par jour qui sont en fuite. Le nombre d’apatride en 2016 était similaire, soit environ 10 millions de personnes dans le monde. Ces personnes n’ont aucune preuve qu’elles existent. Elles sont contraintes de rester là où elles sont, car ne peuvent pas voyager ou travailler. À moins de le faire illégalement, ce qui implique beaucoup de risques.

La différence entre migrant·e·s et réfugié·e·s

En fait, les migrant·e·s peuvent voyager librement autant dans son pays d’accueil qu’à l’étranger ou dans leurs pays d’origine sans menace réelles. La liberté de travailler et de faire des études à l’endroit où c’est possible de le faire est aussi une option. Tout comme le fait d’aller ailleurs si la qualité de vie est mieux. Pour les réfugié·e·s, rien de tout ça est acquis. Au contraire, ces personnes ne peuvent retourner dans leur pays, car la situation est trop dangereuse pour eux. De ce fait, ils doivent se protéger ailleurs, parce qu’elles sont en fuite de situations conflictuelles. Elles n’ont donc pas le choix de traverser les frontières pour s’en protéger. Malgré la différence entre ces deux termes, les médias et les politiciens font l’erreur de les mentionner dans le mauvais contexte. Ce qui peut être compliquée autant l’un que pour l’autre.

Comment protéger les réfugié·e·s ?

En fait, trois fondements sont nécessaires. En tant que politiciens, il faut s’assurer de pas renvoyer les réfugié·e·s dans le pays qu’ils ont fui, car cela est dangereux pour eux. Au lieux de cela, il faut faciliter les démarches en lien avec les demandes d’asile. Ces dernières doivent être non seulement équitable, mais efficaces. Ces personnes sont vulnérables, ce n’est pas le temps d’abuser de leur situation. D’où l’importance, une fois dans le pays d’accueil, de respecter leurs droits et de faire en sorte d’établir un lien de confiance avec eux.

Réfugi·é·s irréguliers ou illégal, là est la question !

Nous entendons les deux termes dans les médias. Des fois dans le même reportage sans mentionner la différence. Comme si les deux termes étaient interchangeables. Désolée de vous apprendre que non, ce n’est pas le cas. En fait, les médias et les politiciens font souvent l’erreur d’utiliser le terme illégal en ce qui a trait à la situation des réfugié·e·s. C’est vrai qu’un acte peut être légal comme être illégale. Mais juridiquement parlant, cette distinction ne s’applique pas aux réfugié·e·s. Oui, ils peuvent y entrer de façon irrégulière, souvent pas aux douanes, comme les voyageurs, mais ce n’est pas illégale. Il s’agit plutôt d’une infraction aux réglementations administrative. Car préserver sa vie n’est pas un crime. Ce qui l’est c’est de l’enlever à quelqu’un.

Les pays où il y a le plus de réfugié·e·s

Dans le top 5 des pays où il y a des réfugié·e·s, on retrouve des pays d’Asie et un d’Amérique latine. En effet, on y trouve la Syrie, où Bachard Al-Asad bombarde depuis plusieurs années. Le Canada en a d’ailleurs accueilli dans les dernières années. Plusieurs avaient peur de se faire envahir par les musulmans, mais en Syrie, se sont autant les chrétien·ne·s que les musulman·e·s qui sont ciblé·e·s. Les musulman·e·s font juste en parler plus. Autres pays asiatique, on y retrouve le Yémen, le Myamar et l’Iran. Dans la majorité des cas, les musulman·e·s sont les principales victimes. Le pays d’Amérique latine est la Colombie. Je ne connais pas tous les conflits de ces pays, mais, s’ils sont dans le top 5, c’est clairement parce que la violence est extrême et que les droits humains sont bafoués à l’os ! En 2015, les 10 pays générateurs de réfugié·e·s représentaient les 3/4 du nombre total à eux seuls.

Les réfugié·e·s, ce sont des histoires qui nous viennent de loin…

Honnêtement, pas vraiment. Des réfugié·e·s, il en existe aussi en Amérique. Je vous ai parlé de la Colombie, juste un peu plus tôt. Mais beaucoup de pays d’Amérique latine ont généré des réfugié·e·s dans les dernières années. On pense au Salvador, au Guatemala et au Honduras où les violences augmentent sans cesse et font en sorte que les gens quittent leur pays. Ces personnes cherchaient principalement refuge au Mexique et aux États-Unis. Quoi qu’avec Trump comme président, les choses vont probablement changer ! Mais en l’espace de trois ans (2012 à 2015) le nombre de réfugié dans les trois pays susmentionnés, a plus que quintuplé.

La fuite des réfugié·e·s

Comme on a vu avec les définitions au début, des gens doivent fuir pour se protéger. Il y a une différence entre les réfugié·e·s qui doivent sortir des frontières de leurs pays et les personnes qui restent à l’intérieur malgré la fuite. La grande majorité des gens choisissent la deuxième option. Car, même s’il y a un conflit dans une des régions du pays, il n’est pas partout. Alors, les gens préfèrent seulement changer de région. En 2016, selon le HCR, 40 millions de personnes se sont déplacés à l’intérieur de leur pays. Par contre, pour 22.5 millions de gens, seule la première option est valide. Et prendre la fuite vers l’extérieur comporte de nombreux risques. Comme ne pas se rendre à destination, rencontrer des gens de peu de confiance, des attaques, ne pas être suffisant protéger, ne pas avoir les bons papiers, etc.

Les pays vers lesquels se tournent les réfugié·e·s

Tous les pays reçoivent des réfugié·e·s. Par contre, ce sont les pays voisins qui sont les premiers à les recevoir. En 2016, la Turquie (2.9 millions), le Pakistan (1.4 millions), le Liban et l’Iran (1 million chacun), l’Ouganda (900 000) et l’Éthiopie (800 000) sont les pays accueillant le plus de réfugié·e·s. Mais si l’on calcule selon le ration réfugié·e·s/habitant·e·s, c’est le Liban qui arrive en tête de liste. On y dénombre 1 personne sur 6 qui, en 2016, était réfugiées. En Jordanie, même s’il n’est pas dans le top 6, on y 1 personnes sur 6 qui était en fuite de son pays. La Turquie, quant à elle, en dénombre 1 personne sur 28. Je n’ai pas les chiffres pour le Canada, malheureusement, mais avec les politiques de Trump, le nombre va surement augmenter, car plusieurs personnes s’étant réfugiées aux États-Unis viennent s’établir chez nous.

Mineur·e·s et réfugié·e·s

Oui, malheureusement, ça existe. Pour diverses raisons : décès des parents, abandons, séparations forcées, etc. Les chiffres entourant les mineur·e·s qui s’exilent sont vraiment tristes à regarder. En 2016, on estimait qu’il y avait 75 000 demandes d’asile faites par des mineur·e·s. On parle d’Afghans, de Syriens, d’Irakiens ou des Érythréens. Il est question d’estimation parce que certains pays ne communiquent pas toutes les informations concernant les demandes d’asile. Mais 70 pays l’on fait, ce qui fait qu’on peut arriver à une estimation. Évidemment, le nombre est en croissance. En estimait que 41% des moins de 18 ans étaient des réfugié·e·s. Entre 2014 et 2016, il y a une stabilité, malgré une hausse de 10% en l’espace de 5 ans.

Les droits des réfugié·e·s

Les réfugié·e·s doivent être sauvé·e·s. Que ce soit sur la mer ou sur terre, la seule raison pour laquelle on ne peut s’essayer est s’il y a du danger pour notre propre vie. En mer, tout navire voyant une personne en détresse est obliger de la secourir qu’importe la situation et même s’il n’y a aucune consigne du capitaine. La logique veut que la priorité soit de sauvé des vies possibles. Lors d’une intervention frontalière, la logique est un peu différente, mais reste la même : sauver des vies. Par contre, il est possible de refuser des gens selon certains motifs. En fait, les facteurs économiques ne sont pas des facteurs permettant d’accueillir les gens comme réfugiés. Il faut vraiment qu’il y ait des persécutions ou des violences faites envers ces personnes. On parle de convictions religieuses, de violences sexuelles ou liées à l’orientations sexuelle. L’exclusion en matière de justice est aussi une raison valable.

La meilleure façon d’intervenir auprès des réfugié·e·s

En fait, lorsqu’on travaille dans les camps de réfugié·e·s, c’est d’avoir recours à des interprètes, si nécessaire. Je l’ai dit souvent dans mes textes, mais quelqu’un qui maîtrise la langue et qui connait la culture de la personne en avant de nous ne peut qu’être rassurant pour les réfugié·e·s. Évidemment, cela crée un climat de confiance. Sinon le non-verbal fait aussi le travail. Avoir une attitude accueillante est primordiale pour rassurer des gens arrivant dans un nouvel endroit qui lui est inconnu. Il va de soi que la force est déconseillée. Évidemment, il faut s’assurer de la sécurité de tous, la nôtre en premier. Mais sinon la première chose est de savoir s’il y a des urgences au niveau des soins et de la fournir. Après, c’est le moment de rassurer les gens qui en ont besoin en répondants à leurs questions.

L’adaptation des réfugié·e·s

Lorsque l’on arrive dans un pays qui nous est inconnu, il y a énormément d’épreuves. Il y a la barrière linguistique, mais aussi culturelle. Cela a de nombreuses conséquences. On parle par exemple d’isolement sociale ou économique. On mentionne aussi des cas de violences, de discriminations ou d’exclusion pour diverses raisons. Il y a le manque de ressources financières ou matérielles qui affectent aussi le moral des troupes. Bref, les réfugié·e·s doivent vivre beaucoup d’adaptations, car, il ne faut l’oublier, ils ont quitté de force un endroit qu’ils aimaient pour venir s’établir dans un lieu qu’ils ou elles ne connaissent pas. Il s’agit, dans bien des cas, d’un dépaysement forcé. Sans compter tout ce qu’ils peuvent avoir vécu entre les deux pays.

En lisant ce texte, on constate que la situation des réfugié·e·s n’est pas toujours évidente. Non seulement ils vivent énormément d’épreuves, prennent beaucoup de risques et viennent s’établir dans un pays inconnu qui leur est parfois réfractaires. Par contre, une fois rendu à destination, l’aventure leur permet de faire en sorte d’avoir une meilleure vie. En gros, on peut déduire que le fait de prendre la fuite peut sauver des vies…

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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