Publié dans Histoire, Identité

Les patriotes du Québec : un retour dans l’histoire

Pour les férus de l’histoire du Québec, un des personnages historiques importants de notre histoire est De Lorimer. En effet, l’époque à laquelle il a vécu est probablement un des plus connus. Il s’agit de la période des réveillons des patriotes. Cette révolte patriotique le mena à sa mort, par pendaison avec d’autres patriotes, le 15 février 1839. Je crois que c’est un des premiers textes sur l’histoire du Québec que j’écris, sinon le premier. La raison pour laquelle je le fais, c’est parce que ce que nous vivons aujourd’hui est le reflet de notre passé.

La rébellion des patriotes se passe de 1837 à 1838. Elle opposait les patriotes, dont De Lorimier et Louis-Joseph Papineau, à l’armée britannique. C’est à la suite de l’adoption des résolutions Russell, au printemps 1837, qu’ils se retrouvèrent dans une impasse dans la résolution du conflit qui les concernait. La prise d’arme était la seule solution possible, bien que cela était interdit pour diverses raisons. Plusieurs rencontres ont eu lieu durant les mois qui suivirent. La première confrontation violente a eu lieu en novembre 1837. Dès ce moment, le gouvernement colonial a lancé 26 mandats d’arrêt contre les patriotes. La raison : haute trahison, rien de moins. Les affrontements ont lieu dans deux comptés, celui de Richelieu et celui de Deux-Montagnes. D’ailleurs l’église de Saint-Eustache en porte encore les marques aujourd’hui. Le résultat de ces attaques, plusieurs patriotes furent emprisonnés et d’autres prirent la fuite aux États-Unis. Il faut dire aussi qu’à la même période, la loi martiale a été proclamée pour le secteur de Montréal.

Vue arrière de l'église de Saint-Eustache © Bibliothèque et Archives Canada
Vue arrière de l’église de Saint-Eustache © Bibliothèque et Archives Canada

 

Au printemps 1838, lord Durham, alors gouverneur en chef des colonies de l’Amérique du Nord britannique, qui incluait le Canada, alors divisé en deux le Bas (Québec) et le Haut (Ontario) et les États-Unis, est venu faire son enquête et proposer les meilleures solutions possibles pour résoudre le problème. En fait, des patriotes furent expatriés aux Bermudes et quelques un des exilés aux États-Unis sont interdit de retour au Canada. Louis-Joseph Papineau faisait partie du nombre. À l’automne de la même année, il y a d’autres déportations qui ont lieu, mais vers l’Australie. Il y a aussi 12 exécutions. Le rapport de Lord Durham a été remis en 1839 à Londres. Une des proposions présentée est l’unification du Haut et du Bas-Canada pour en faire qu’une seule province. L’assimilation des Canadiens français était aussi présentée comme étant une solution. Le Rapport Durham fut adopté par le parlement britannique en 1840 et mis en vigueur en 1941.

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(c) Wikipédia La pendaison de cinq patriotes sur l’échafaud installé au-dessus du portail de la prison en 1839

Mais pour revenir au 15 février 1839, que s’est-il passé exactement cette journée ?  Plusieurs patriotes sont incarcérés à la Prison du pied du courant, ouverte de 1832 à 1912.  Durant la période de la rébellion des patriotes, plusieurs exécutions ont eu lieu devant cette prison, car plusieurs patriotes y étaient incarcérés. Entre le 21 décembre 1838 et le 15 février 1939, 12 pendaisons ont été faites. Deux en décembre, cinq en janvier et cinq en février. La grande majorité est notaires ou cultivateurs. De Lorimier est le plus connu des douze patriotes. Il fut condamné à mort le 11 janvier 1839. Dans les trois derniers jours, il écrit une série de lettres à ses proches et connaissances. Vous pouvez lire les Dernières lettres d’un condamné pour en apprendre davantage.

Si je vous parle de ce qui s’est passé à cette époque, c’est qu’on entend souvent ceux qui militent contre l’immigration faire référence aux patriotes. Le contexte était tellement différent à celui que l’on connaît aujourd’hui, mais il est important de comprendre d’où vient leur argumentation sur le sujet. Ces gens ont peur de se faire assimiler par les immigrants et inconsciemment, ils reproduisent ce que Lord Durham demandait dans son rapport de 1940, l’assimilation des minorités. Pour bien comprendre cet épisode marquant de l’histoire québécoise, voici donc quelques suggestions qui peuvent vous aider.

Le texte sur De Lorimier : Dernières lettre d’un condamné

La Prison des patriotes : http://www.mndp.qc.ca/la-prison-des-patriotes/

Le film 15 février 1838, sorti en 2001. Réalisateur : Pierre Falardeau

 

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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