Les minorités sont-elles présentes dans les sociétés ?

Les minorités culturelles, on en entend parler de plus en plus. Mais qu’est-ce que c’est en fait ? C’est ce que tente de répondre le livre Minorité et communauté en religion. Ce livre a été rédigé sous la direction de Lionel Obadia et Anne-Laure Zwilling et publié par les Presses universitaires de Strasbourg en 2016. Au total, il contient 294 pages. En tout 12 chercheur·euse·s ont collaboré au livre en abordant divers sujets liés à la notion de minorités religieuses. Malheureusement, je ne sais pas où il se vend, parce que je l’avais acheté lors du Colloque sur les 10 ans de la Commission Bourchard/Taloyr en octobre dernier. J’avais payé 30$ à ce moment.

Livre Minorité et communauté en religion

Livre Minorité et communauté en religion (c) Myrianne Lemay

Les minorités : première définition

Après la lecture du texte de Yves Bizeul intitulé Réflexions sur le phénomène minoritaire, on peut facilement comprendre ce qu’est une minorité culturelle. Dès le début du texte, on apprend qu’au niveau international, il n’y a pas de définition juridique de ce qu’est une minorité. Par contre, selon le livre blanc du Conseil de l’Europe sur le dialogue interculturel, on peut définir les personnes minoritaires comprennent des gens, migrant·e·s ou non, appartenant à un groupe moins nombreux que la population locale. Leurs caractéristiques sont variables : identité, ethnie, religion, culture ou langue. Selon Bizeul, cette perception de la minorité est le résultat d’une construction sociale imaginaire. Elle est basée sur un processus réflexif identitaire qui fait que les minorités s’auto définissent d’eux-mêmes minoritaire.

Les minorités, autres définitions

Dans le texte d’Olivier Christin, Minorité religieuse de l’époque moderne, il est possible d’apprendre que le terme minorité a changé au cours du temps. Au début des années 1600, le Trésor de la langue française de Jean Nicot ou les diverses éditions du Dictionnaire de l’Académie française la « minorité » faisait référence uniquement à l’état d’une personne. Mineure par rapport à l’État, évidemment. Encore aujourd’hui, le Larousse mentionne deux définitions possibles pour le terme minorité, dont celle qui vient d’être mentionnée. La deuxième se réfère à l’ensemble de personnes ou de choses qui sont inférieures en nombre par rapport à un autre ensemble. Les synonymes de minorité sont, dans le premier cas, reliés à l’âge ou la jeunesse. Dans le deuxième cas, on parle de frange ou de poignée. Dans le cas de ce texte de blogue, on ne considère que la deuxième définition.

Les minorités : attention aux généralités

En fait, chaque minorité culturelle se construit selon la conception de gens issus de ladite majorité. Ces dernier·ère·s rapportent des mythes qui perdurent dans le temps, mythe bien ancrés dans l’imaginaire collectif. Par exemple, les Arabes sont tous des terroristes ou les noirs ne sont pas intelligents. Ces agent·e·s provocateur·trice·s sont souvent des intellectuel·le·s ayant des rôles importants dans la société, comme des journalistes, auteur·e·s ou des influenceur·euse·s médiatiques. Au Québec, il est facile de penser à Richard Martineau, Mathieu Bock-Côté, Éric Duhaime et compagnie. Je pourrais en nommer d’autres, mais je vais m’abstenir. Un bel exemple avec ce texte de Rima Elkouri sur le mythe de l’homme blanc muselé.

Agent·e·s provocateur·trice·s et les minorités

En effet, la liste des agent·e·s provocateur·trice·s est longue. Je n’ai nommé que des hommes, mais il est possible de trouver des femmes faire exactement la même chose. Celles entendues dans les médias québécois sont de ces minorités culturelles. Est-ce par assimilation qu’elles agissent ainsi ? Je ne sais pas, mais elles font clairement partie des intellectuel·le·s cité·e·s plus haut. Bizeul mentionne que ces personnes collaborent à l’existence d’une communauté abstraite en utilisant des marqueurs identitaires qui stimulent l’inconscient collectif. Mais pour qu’il y ait un succès, la réalité doit être partagée. Particulièrement lors de remises en questions au sein de la société. On pense à la charte des valeurs québécoises où ces agent·e·s étaient très actif·ve·s.

Le nationalisme, une puissance magique à l’assaut de la majorité? Les minorités, peut-être ?

Pour Denis de Rougemont, le nationalisme est « un homme qui souffre de la crainte morbide de perdre une puissance magique qui n’existe pas. » Cela vaut autant pour les deux groupes. Car cela va de pair avec le sentiment d’appartenance au groupe auquel l’être humain s’identifie. En effet, cette pensée magique provoque un sentiment qui rapprocherait, en quelque sorte, les communautés culturelles entre elles·eux.

Solutions pour les minorités

Buzeul propose aux gens issus des minorités des communautés culturelles d’être actif·ve·s dans leurs communautés d’accueil. Ainsi, les communautés font parler d’elles de façons positives autant dans les médias que dans la société. C’est ce qui donne l’impression que ses membres rayonnent davantage, même s’elles·ils sont peu nombreux·ses. Être actif·ve n’est pas synonyme d’assimilation. Certain·e·s le font parce qu’elles·ils ont subi des discriminations ou des persécutions. Par contre, l’assimilation est davantage une perte de la visibilité sociale liée à la culture.

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