Publié dans Diversité, enfants

La diversité et la perception des droits de la jeunesse

Actuellement, je suis en stage auprès d’un organisme qui est impliqué auprès de la communauté musulmane. Je voulais vous partager ce que j’ai eu à lire.  Ici, je vous partage ma lecture du rapport de recherche de Pierre Noreau intitulé Droits de la personne et diversité. Le rapport était destiné à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse en 2015.  Je n’ai pas lu le rapport en entier, seulement la troisième partie qui traite de la protection de la jeunesse.

Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse

L’un des mandats de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse est de recevoir et d’étudier les plaintes concernant les droits d’un enfant. Cela arrive lorsque l’on bafoue ses droits.  Il y a lésions lorsque l’un de ses derniers n’est pas respecté au moment d’un signalement à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) à son égard. Par exemple, le refus d’avoir recours à un avocat lorsqu’il le demande. Ces lois protègent tous les mineurs, qu’ils soient pris en charge par un établissement, un organise ou une personne.

Au Québec, les gens sont tous protégés par la Charte des droits et libertés de la personne, qu’importe son âge. Par contre, les mineurs sont aussi protégés par la Loi de la protection de la jeunesse en plus de la Convention des enfants.  Au Québec, c’est la DPJ qui s’assure du respect de ces droits.

L’opinion de la société des droits de la jeunesse

Tout d’abord, 96,7% de la population croit qu’il est tout à fait ou plutôt acceptable, dans une société comme la nôtre, que la DPJ intervienne auprès des enfants issus de familles en difficulté. À l’inverse, à peine 3.3% des cas trouvent inacceptable, partiellement ou totalement, de le faire. Ces chiffres concordent avec d’autres études sur la question. Dans le Grand Montréal, en 2000, démontre que 64% des répondants estiment que la loi sur la protection de la jeunesse à quelque chose à voir dans les relations entre les parents et leurs progénitures. Les statistiques sont tellement claires sur le sujet qu’il est difficile de trouver de comprendre ce qui peut nuancer les opinions des gens concernant la DPJ.

Les facteurs qui influencent l’opinion publique par rapport aux droits de la jeunesse

Il existe plusieurs facteurs qui influencent l’opinion des gens par rapport à la DPJ. En voici quelques-uns.

L’éducation

Par contre, les études démontrent que les gens ayant une éducation élevée acceptent plus spontanément de telles interventions. 65,3% des gens ayant une éducation équivalente au primaire trouvent cela acceptable comparativement à 78.8% des gens ayant un diplôme de 2e ou 3e cycle universitaire. Par contre l’inverse est aussi vrai. Il y a plus de gens ayant peu d’éducation qui trouvent inacceptables de telles interventions que des gens étant diplômés.

L’origine

L’origine des répondants a aussi un impact sur la perception des interventions de la DPJ. Lorsque l’on demande aux gens nés à l’extérieur du Canada s’ils trouvent très acceptable que la DPJ intervienne dans les familles en difficulté, le taux de réponse est de 59%. Par contre 90% des répondants approuvent ce type d’interventions.

La religion

On constate aussi que la religion a un impact sur les réponses. 35% des gens pratiquant régulièrement sa religion sont en faveur du maintien des enfants dans leur milieu familial, alors que l’on dénombre 25% des moins ou non-pratiquants en faveur qui y sont favorables. Par contre, il y a une différence relative à la pratique ou  non, d’une religion.

Les pratiquants

Les gens pratiquant régulièrement une religion n’ont pas tendance à faire de signalement lors de situation de compromission (varie entre 43 et 46 % selon la fréquence de la pratique). Ces derniers ont tendance à parler avec les familles afin de régler le problème (35 à 39%). Ils ont aussi tendance à aller voir une autorité religieuse (22 ou 23 %). Cela équivaut autant pour les Québécois issus de l’immigration (22%) que les gens venant des autres provinces canadiennes (25%).

Les non-pratiquants

Alors que ceux qui pratiquent qu’à l’occasion (52%) ou jamais (55%) font davantage de signalements que de parler directement avec la famille (environ 30%). Ces derniers vont rarement voir d’autorités religieuses (14%). Le chiffre est similaire pour les Québécois qui ne sont pas issus de l’immigration. Très peu envisage positivement les autorités religieuses lorsqu’il est question des droits des jeunes.

L’âge

L’âge est aussi un facteur déterminent dans la distribution des droits. Les moins de 45 ans semblent plus favorables au respect des droits des enfants. Particulièrement lorsque scolarisés. Tandis que les plus de 45 ans accordent plus facilement les droits aux parents. Plus les gens avancent en âges, moins ils donnent l’autorité aux autres membres d’une même famille. Les 65 ans et plus donnenant la garde à un membre de la famille s’estime à 24% comparativement à 35% chez les moins de 25 ans.

La compromission en matière des droits des enfants, qu’est-ce que c’est ?

C’est le fait de se compromettre à une action. Dans le cas qui nous concerne, à signaler un enfant dont la sécurité ou le développement est en danger.

Les professionnels

Selon l’article 39 de la Loi sur la protection de la jeunesse prévoit qu’en matière de signalement des situations de compromission impliquant des enfants :

« Tout professionnel qui […] a un motif raisonnable de croire que la sécurité ou le développement d’un enfant est ou peut être considéré comme compromis au sens de l’article 38 ou au sens de l’article 38.1, est tenu de signaler sans délai la situation au directeur […] »

Cela s’applique aussi au développement d’un enfant possiblement considéré comme compromis au sens des dispositions prévues par la loi. Cela ne touche pas que les professionnels, mais tous les citoyens ayant des doutes concernant un enfant.

Le secret professionnel

En fait, seul l’avocat de l’enfant a droit au secret professionnel absolu. Les autres professionnels doivent tout leur possible pour aider un enfant qui a un problématique quelconque.

Monsieur/Madame tout le monde

Toujours selon l’article 39 de la Loi sur la protection de la jeunesse,

« […] Toute personne autre qu’une personne visée au premier alinéa qui a un motif raisonnable de croire que la sécurité ou le développement d’un enfant est ou peut être considéré comme compromis au sens des paragraphes a, b, c ou f du deuxième alinéa de l’article 38 ou au sens de l’article 38.1, peut signaler la situation au directeur. […] »

Ce que les gens préconisent comme interventions

L’enquête remise à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse fait ressortir ce que les gens préconisent lors de situation de compromission. Les réponses varient entre dénoncer la situation à une autorité (49,5%) et attendre que les choses s’arrangent (1.1%) en passant par en discuter avec les parents (33,3%) ou des amis de la famille (16.1%).

Comme il s’agit de mesurer une attitude, il est difficile de juger si, dans un cas réel, les gens font ce qu’ils réellement. Par contre, lorsqu’il est question de régler différentes problématiques impliquant des mineurs, les gens ont tendance à avoir recours aux ressources qui sont proches d’eux. Ils utilisent très peu les services publics. On constate aussi que les familles dont les parents sont nés à l’étranger ont davantage recours à une intervention personnelle auprès des familles (48%) que de faire un signalement auprès des autorités (39%).

En conclusion

On constate que lorsque l’on intervient auprès d’un mineur, plusieurs facteurs entrent en ligne de compte. Il faut donc prendre en compte ses variables, même si parfois, la situation est plus délicate. Ce que je comprend, c’est que le fait d’aller voir les autorités n’est pas le premier réflexe des gens. À ne pas oublier, les sociétés occidentales sont plus individuelles que les sociétés traditionnelles, qui sont plus collectives. Cela a un impact sur la dynamique des différentes interventions que l’on peut faire auprès des enfants.

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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