Les animaux et la culture

On s’est tous extasiés à un moment ou l’autre devant un animal. Que ce soit par sa force, son talent, sa drôlerie ou bien juste le fait qu’il soit beau à regarder. Surtout les bébés, les femmes, on a un faible en particulier pour ça. Aucune idée pourquoi ! Les hormones.

Aujourd’hui, 4 octobre, c’est la journée mondiale des animaux. L’ONU et d’autres organismes travaillent à la protection des animaux en voie de disparition comme le tigre, l’éléphant et le panda. Mais les animaux sont aussi l’emblème de pays. Les trois que je viens de nommer viennent d’Asie, en particulier le panda. L’éléphant et le tigre, comme beaucoup d’autres animaux, peuvent venir d’ailleurs.

Au Québec, notre animal aviaire emblématique est le harfang des neiges, sinon, on pense au castor ou à l’orignal. Si on parle de l’Inde, les vaches sacrées nous viennent en tête c’est immanquable. Ici, on ne comprend pas pourquoi les vaches peuvent circuler à tout vent et s’arrêter dormir là où elles le veulent.  En occident, les vaches sont utiles pour le lait et pour la viande. En Inde, elle est la Mère Universelle, une Déesse ! Elle se doit donc d’être adorée ! Ce qui cause des conflits en Inde avec la minorité musulmane qui sacrifie des animaux, parfois des vaches, pour se nourrir.

Oui, oui! En Inde, il y a une crise politique et religieuse à cause de vache. Parce qu’il faut comprendre qu’on ne tue pas une Déesse. En fait, le terme exact de l’adoration d’animaux est zoolâtrie. L’exemple qui, justement, nous revient sans cesse est celui de la vache sacrée. Pour les hindous, elle représente la sacralité de tous les animaux. D’où l’importance du végétarisme dans cette religion. Mais il ne s’agit pas du seul exemple, bien qu’il soit le plus connu.

Il y a aussi les pythons sacrés au Bénin qui ont un temple bien à eux. La population de Ouidah est très soucieuse de la divinité des pythons royaux qui sont abrités dans ledit temple. Lors de leur sortie hebdomadaire, les serpents se promènent vraiment partout, incluant les maisons environnantes. Si la balade se prolonge au-delà de 72 heures, les gens les rapportent au temple en raison de leur importance ! Pas certaine qu’on fera ça au Québec de prendre un serpent d’un mètre et demi dans ses mains pour aller chez les voisins et dire : « Oh! Je crois que vous avez perdu quelque chose! » Déjà que plusieurs ont peur d’araignées et de souris. Alors, un serpent qui fait la même grandeur que soit, ça rentre assez bien dans la catégorie pas rassurante.

Mais est-ce que la protection des animaux doit impérialement passer par l’adoration ? Pour moi, non. Parce qu’il y a une différence entre vouer un culte à un animal et apprécier les animaux. Tout dépend de la culture. En Asie, on entend souvent que les chiens et les chats sont mangés. En Amérique, ne sont pas capables de tuer ces animaux. Ils sont nos animaux de compagnie, la relation à l’animal est tout autre. Il suffit de faire une recherche sur internet pour s’apercevoir qu’il y a une quantité de recettes à base de chien et de chat en Chine.

Idem pour les insectes. En Amérique latine et en Afrique, les insectes font partie de la chaîne alimentaire. Qui se souvient de la scène dans le Roi Lion où Simba mange des insectes pour la première fois ? « Un peu gluant, mais appétissant » qu’il disait ! J’avoue que ce n’est pas pour tout le monde. Mais au Québec, il y a Georges Brassard qui a fait la promotion de ce qu’on appelle l’entomophagie pendant très longtemps avec l’Insectarium de Montréal. Après une dizaine d’années d’absence, l’Espace pour la vie a profité de l’été 2017 pour faire revivre l’activité Croque Insecte.

Personnellement, avoir le choix entre manger du chien ou des insectes, j’opte pour le deuxième. Et je ne sais pas pourquoi, pour beaucoup de gens, tout ce qui est nouveau, goûte le poulet ! Ça peut être du chien, alligator ou une autre viande, ça goûte le chien. Surtout si elle est blanche ! Si elle est rouge, c’est du bœuf ! Pourtant, lorsque l’on mange les différentes viandes que l’on connaît, on voit la différence de goût. La manière d’apprêter la nourriture doit jouer pour beaucoup.

On voit que l’être humain, selon sa culture, a une relation différente avec les animaux. Nous n’avons pas la même définition d’animaux à manger et animaux domestiques ou sacrés. Ce qui peut causer parfois des problèmes, comme dans le cas des hindous et des musulmans en Inde. Ici, le conflit est religieux en raison de l’interprétation de la sacralité de l’animal. Pour les Hindous, l’animal n’est rien de moins que Dieu lui-même. Tandis que pour les musulmans, les animaux sont sur terre parce qu’Allah les a mis à leur disposition pour combler plusieurs besoins tel que la nourriture et les vêtements.

Ils t’interrogent sur ce qui leur est permis. Dis : « Vous sont permises les bonnes nourritures, ainsi que ce que capturent les carnassiers que vous avez dressés, en leur apprenant ce qu’Allah vous a appris. Mangez donc de ce qu’elles capturent pour vous et prononcez dessus le nom d’Allah. »

Sourate Al Mâ’ida verset 4

Ici, au Québec, les chiens et les chats sont les principaux animaux domestiques. Si nous allons en Asie et que l’on mange un de ces animaux par inadvertance, on risque de trouver ça excellent. Idem pour les insectes. Pourtant, dès que nous comprenons ce que l’on mange, que l’on mette des mots sur ce que l’on voit, il y a un blocage qui se fait. Nous sommes tellement codifiés selon les normes de notre culture d’origine que cela a même un impact sur comment nous mangeons. Cela me fait penser à mon ex-mari, le Tunisien, qui ne voulait rien savoir de manger des sushis à cause du poisson cru. Pourtant, le poisson reste du poisson qu’il soit cru ou non.

Tout est une question d’habitude et de mentalité.

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