Les aînés: un plus à la société

Cette fin de semaine, le 1er octobre pour être précis, avait lieu la journée internationale des aînés. Pourquoi l’ONU a-t-elle décrété une journée pour eux ? Parce qu’il y a énormément de discrimination et d’abus envers ce groupe d’âge. C’est vrai que la relation que nous avons avec nos aînés dépend énormément de la culture dans laquelle on évolue.

Dans les sociétés traditionnelles, la place de la famille est importante. Les enfants restent souvent à la maison jusqu’à leur mariage, à moins d’exception. Mon mari actuel et mon ex-mari ont quitté la maison pour cause d’immigration au Canada, mais cela peut-être les études ou le travail aussi. Mais une fois parti de la maison, la famille reste importante, au point qu’on doit s’occuper des parents et les prendre sous notre aille jusqu’à leur mort.

Dans les sociétés occidentales, c’est autre chose. Les personnes âgées restent seules jusqu’à ce qu’elles soient inaptes à le faire. Beaucoup de gens préfèrent les placer en CHSLD parce qu’ils n’ont pas le temps de s’en occuper en raison d’horaires chargés. Ils préfèrent payer des sommes phénoménales pour que quelqu’un fasse leur travail à leur place. Tout ça pour se plaindre après que le travail est mal fait ou qu’il y a déshumanisation des soins. Je comprends que dans certains cas, il est préférable de placer ses parents, lorsque la situation l’exige, mais dans beaucoup de cas, les personnes âgées n’ont pas à être placées dans ce genre d’endroit. Si la personne est encore autonome, mais ne veut pas déranger la vie familiale de ses enfants, une maison bigénérationnelle fait amplement le travail !

Le thème de cette année est : « Se projeter vers l’avenir : Faire appel aux talents, aux contributions et à la participation des personnes âgées dans la société. » Ce qui n’est pas complètement faux. En effet, on attend ici et là de projets intergénérationnels. Comme un C.P.E. dans une résidence pour aînés ou des étudiants universitaires qui résident gratuitement avec eux en échange de parties de cartes et discutions deux ou trois fois par semaine. Cela brise la solitude des aînés et les occupe. Ils ont une expérience de vie qui peut nous est utile en tant que société. Il peut s’agir de cours de couture, cuisine, menuiserie, mécanique ou tout autre sujet pratico-pratique du quotidien. À l’inverse, les jeunes peuvent leur apprendre les nouvelles technologies comme internet et les téléphones intelligents !

grandpa-2043587__340

L’avantage de demeurer avec ses parents ou ses beaux-parents c’est qu’on est assuré de leur sécurité, de leur santé, mais que leur donne une opportunité d’être utile au sein de leur famille en particulier. C’est déjà un pas énorme pour eux. De plus, si cela peut prévenir l’âgisme, c’est encore mieux. Qu’est-ce que l’âgisme ? C’est le fait de discriminer quelqu’un en raison de son âge. Mais à partir de quel âge peut-on être victime d’âgisme ? Il n’y a pas de bonne réponse, car on est toujours le vieux de quelqu’un d’autre ou que des programmes ont des critères de sélections précis. Pourtant, plus on vieillit, plus on a l’expérience qui s’applique à la situation concernée.

La notion d’interculturalité s’applique bien ici. Les milieux intergénérationnels ont l’avantage de créer des moments d’échanges et d’apprentissages importants, autant pour les plus jeunes que pour les plus âgés. Une entreprise a besoin de ce mélange, car si on a qu’un type d’employeur, il n’y a une routine qui s’installe et qui peut être nuisible à long terme. De plus, si on change drastiquement tous les employés, il n’y a plus de stabilité au sein de l’entreprise. En ayant des gens de différentes générations, il y a un équilibre qui se fait et qui permet un roulement sain et bénéfique pour l’entreprise.

Il ne faut pas oublier que les personnes âgées sont les plus vulnérables de la population. Ils sont donc à protéger au même titre que les enfants, les malades, les femmes, etc. S’ils sont défavorisés, ils ont tendance à prendre une retraite plus tardive que les riches. Sans compter le poids politique qu’ils ont. Les personnes âgées sont encore très nombreuses et vivent de plus en plus longtemps. On a la preuve avec la quantité de centenaires que nous avons actuellement. Le nombre augmentera de plus en plus au cours des prochaines années avec les baby-boomers qui sont très nombreux.

Et on le sait, une fois à la retraite, les gens sont encore très actifs. Ils ont des projets à en plus finir et il faut encourager cette activité post-retraite. Le fait de les visiter, d’aller marcher avec eux, de jouer à des jeux, de discuter de l’actualité ou de leur passé ou d’avoir des projets intéressants et pertinents avec eux est de bonnes alternatives à l’inactivité. Pour cela, soit que la famille s’en occupe, comme dans les sociétés traditionnelles ou les gens favorisant l’intergénérationnalité. Dans les sociétés où les personnes âgées sont placées en institutions, il doit avoir une formation adéquate en la matière de dignité humaine. On entend tellement d’histoires d’horreur dans les CHSLD québécois que ce point doit être pris au sérieux.

Sur le site de l’ONU, il y a énormément de ressources qui peuvent être intéressantes pour les gens qui travaillent avec les personnes âgées. La table régionale de concertation des personnes aînées du Centre-du-Québec a dressé une liste d’idée pour des interventions intergénérationnelles adéquates.

Il ne faut donc pas négliger les personnes âgées. C’est grâce à elles si nous avons la société que nous avons aujourd’hui. Ils ont bâti une nation à bout de bras et avec les moyens du bord. Il faut donc avoir un minimum de respect envers eux et ce qu’ils ont fait. On ne peut pas les reléguer aux oubliettes parce qu’il y a une date de péremption sur les gens. Pourtant, comme il a été dit plus haut, ce n’est pas parce que l’on vieillit que l’on devient inutile. Au contraire, nous devenons utiles autrement. Même si le corps ne suit plus toujours très bien, l’esprit est toujours présent et actif. Si l’on veut que les personnes soient toujours épanouies, même une fois à la retraire, il faut qu’il y ait une stimulation quelque part. Souvent, cette dernière vient des générations plus jeunes. D’où l’importance de l’intergénéralité et la participation de tout le monde au développement de la société.

Publicités

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.