Publié dans Intervention

Le transfert de connaissances

Mardi dernier, j’ai assisté au symposium Partenariat et transfert de connaissances, que retenir pour l’intervention en contexte interculturel ? Il était organisé conjointement par Metiss, Sherpa et Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et sécurité du travail (IRSST). L’événement avait lieu au Centre St-Pierre, à Montréal.

La journée était divisée de manière à rendre le tout dynamique. Il y avait une table ronde en avant-midi et en après-midi. Mais aussi des ateliers qui les complétaient. Il y avait donc une alternance entre la théorie et la pratique. Et les discussions étaient au rendez-vous.

En avant-midi, il y a eu un lancement de livre aussi. Il s’agissait de la troisième édition du livre L’intervention interculturelle. Cette édition a été augmentée et a eu une nouvelle codirectrice. Bouchera Taïbi remplace Gisèle Legault qui avait écrit les deux premières éditions avec Lilyane Rachédi. Le livre est publié chez Chenelière Éducation.

Pourquoi avoir créé un symposium sur le transfert de connaissance ?

En fait, il y en a 2 principales raisons.  

La première raison est le fait que le portrait du Québec change beaucoup. Et ce, depuis plusieurs années. Bien que cette migration soit un atout, elle représente un grand défi. Autant pour les migrants, les intervenants et la société en générale.

Aussi, de plus en plus d’écrits scientifiques sont publiés sur l’intervention interculturelle au Québec. Par contre, ils ne sont pas toujours disponibles pour les organismes intervenant dans un contexte interculturel. Pourtant le besoin y est présent. Mais les ressources manquent.

Évidemment, ce fut l’occasion de poser un regard sur comment transférer les connaissances d’un milieu à un autre. Ce n’est pas une chose qui est toujours évidente, mais des gens de divers milieux étaient présents pour approfondir le sujet.

Les tables rondes sur le transfert de connaissances

J’ai principalement assisté à l’activité du matin.  J’ai dû quitter le symposium en après-midi, car je m’endormais. Pas que les conférenciers étaient plates. Mais avec le début du jeûne du ramadan, mon rythme de vie est un peu chamboulé. Et je ne suis pas chez moi. Alors j’étais complètement épuisée dû au fait que je n’arrive pas à me reposer adéquatement. Par respect pour les conférenciers, j’ai préféré quitter l’événement que de leur dormir dans la figure 😂

Dans la table ronde du matin, il était question de réflexions théoriques et méthodologiques sur le transfert de connaissances en contexte de recherche interculturelle. Trois panélistes étaient présents pour en parler. Ils avaient chacun 20 minutes pour le faire. En premier, c’était Charles Gagné de l’IRSST qui a pris la parole. Après ce fut le tour de Jacques Réhaume, professeur émérite au département de communications sociale et publique de l’UQAM. Lilyane Rachédi, professeur à l’école de travail social l’UQAM.

 

Ce que j’ai retenu sur le transfert des connaissances

Selon Charles Gagné, le monde du transfert de connaissance est très vaste. Pour lui, il y a une revenue littéraire scientifique qui existe.

Pour Jacques Réhaume, il y a beaucoup d’expérience dans le domaine du transfert de connaissance et de partenariat. Aussi, plus le milieu est gros, plus le partenariat et le transfert de connaissance peuvent être difficiles.

Producteurs/utilisateurs

Il a posé une question à la salle. Qui se considère producteur de connaissances ? Qui se considère comme utilisateurs de connaissances ? Le 1/3 des participants se trouvent à être producteurs de connaissances. Et la 1/2 de la salle comme utilisateurs. Mais pour Jacques Réhaume mentionne que tout le monde est producteur et utilisateur de connaissances.

En fait Gagné mentionne que l’implication des utilisateurs dans le processus de recherche est importante. Ils doivent être capables de s’approprier les données liées aux différentes recherches sur l’interculturalité. Cela permet de garder l’intérêt des utilisateurs pour la recherche. Mais les producteurs de connaissances doivent être aussi à l’écoute des besoins des utilisateurs. La relation entre les 2 mondes est donc indissociable.

L’importance des mots

Réhaume s’est concentré sur les mots utilisés pour parler du transfert de connaissances. En voici un résumé :

  • Appropriation du savoir : qui s’approprie le savoir
  • Coconstruction : travailler ensemble pour construire
  • Coproduction : travailler ensemble pour produire
  • Transfert : passage de A à B
  • Valorisation du savoir : valeur du savoir

Il a aussi parlé du fait que le transfert de connaissances soit pluriel et transversales. Car les acteurs sont de divers horizons. Il s’inspire ainsi les uns et les autres. Certains savoirs sont négligés comme le savoir spirituel et le savoir esthétique. En plus de vivre une double hiérarchisation.

Les défis et les fondements du transfert de connaissances

Lilyane Rachédi parlait surtout des défis et des fondements du transfert de connaissances.

Parmi les défis, on trouve :

  • Choix des sujets
  • Les écueils : ethnocentrisme
  • Espace-temps
  • Revisiter la perspective interculturalisme

Parmi les fondements :

  • Promotion des forces des gens et non des problématiques
  • Les sens
  • La solidarité transversale
  • Traverser les frontières

Elle a terminé sa conférence en parlant du rôle du chercheur. Qu’il peut être normatif ou créatif selon le contexte.

En conclusion

Bref, c’est ce que j’ai retenu de cette journée de symposium. Mais avec les gens à ma table, ce que nous avons retenu de l’avant-midi est la reconnaissance de l’autre, l’accessibilité des connaissances et des ressources ainsi que la solidarité entre les différents acteurs. J’espère que je me suis bien rappelé de ce que nous avons dit comme mots-clés. Ce qui a été bien avec l’atelier du matin, c’est qu’aucun mot n’est revenu deux fois.

Mais c’était un très bel événement. Je suis repartie avec trois DVD réalisés par l’équipe de recherche et d’intervention transculturelle (Sherpa). Je suis en train de les explorer. Mais un des DVD parle des jeux de sables. L’un de théâtre pluralité. Le dernier d’arts et de contes. Ils sont tous disponibles en français et en anglais.

Comment utilisez-vous les connaissances que vous acquissiez ? Comment produisez les connaissances que vous possédez ?

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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