Publié dans Réflexion

Le sentiment d’appartenance à la société québécoise?

Pour continuer la série sur l’identité québécoise, je vais y aller avec mon expérience personnelle. J’avais déjà parlé de la notion d’étranger dans un autre article. Je vais donc continuer dans cette veine.

En effet, lorsque je me suis convertie à l’Islam, j’étais loin de m’imaginer que j’allais entendre des propos racistes à mon égard. J’étais peut-être naïve, mais oui, je croyais que c’était évident que je suis québécoise. Mais tant et aussi longtemps que je garde le silence, les gens pensent que je ne suis pas d’ici. La semaine dernière, un individu de Québec m’a dit que ses ancêtres avaient tout fait pour m’accueillir, moi l’immigrante. Hé! bien, dommage pour lui, mes ancêtres sont ici depuis des générations. Le premier de la lignée à être arrivé ici a même fondé le village où je suis née!

Qu’est-ce qui définit un Québécois? Quelles sont les caractéristiques de la société québécoise? Une question récurrente : après combien de générations n’est-on plus immigrant, qu’on est réellement québécois? Je n’ai pas de réponses précises, car moi-même, par moment, je me sens loin de la définition qu’on nous donne habituellement.

En 2012, dans le journal Métro, Alain Bourgeois écrit ceci :

« C’est assurément cet amalgame d’immigrants et d’habitants, qui a formé la base de notre société québécoise actuelle. Au fil des années, l’origine des immigrants s’est diversifiée et le mélange des cultures s’est multiplié. »

En 2013, dans Huffington Post, Richard Marceau se questionne sur la notion de québécois. Est-ce une question de territoire, d’histoire, de langue et culture? Selon lui, non ! C’est le sentiment d’appartenance qui prédomine.

En fait, chacun a sa propre interprétation de ce qu’est un Québécois. Mais il semble clair que le sentiment d’appartenance est présent, mais aussi le respect des valeurs qui caractérisent le peuple. La grande majorité des gens le font. Alors, pourquoi critiquer une minorité de gens ne voulant pas s’intégrer? Il y a des gens issus de l’immigration récente qui participent davantage à la société québécoise que des gens issus d’une longue lignée de québécois.

Cette année, la loi 101 a 40 ans. Cela fait 40 ans qu’on dit aux immigrants qu’ils doivent envoyer leurs enfants à l’école en français, pour qu’ils apprennent la langue. C’est une bonne idée, mais est-ce qu’elle a du sens? Dans un article de Radio-Canada sur le sujet, on constate que les jeunes d’aujourd’hui ne s’identifient pas pour autant à la culture québécoise. Judith Plamondon, réalisatrice et productrice du documentaire Les Québécois de la loi 101, dit :

« On avait l’impression, 40 ans plus tard, […] que ces enfants de la loi 101 étaient bien intégrés dans la société. Mais on a vu qu’il y avait des problèmes d’appartenance. »

Cela veut tout dire. Alors qui sommes-nous pour juger qui est plus québécois qu’un autre? Il n’y a personne mieux que nous-mêmes pour savoir si on se sent appartenir à une nation. Surtout pas des gens qui ne nous connaissent pas.

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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