Le mariage en Islam : mon expérience

L’été vient de se terminer et la saison des mariages aussi. Quoiqu’il risque d’avoir encore quelques belles journées pour ceux qui aiment l’automne. Par contre, en ce qui a trait à l’Islam, il n’y a pas de saison de préférence. On se marie quand on est prêt. Pour certains, la journée où ils rencontrent la personne, ils passent à l’acte, mais comme dans beaucoup de cas, il est préférable d’attendre un certain moment. Tout dépend de la chimie entre les gens. On le sait quand c’est le vrai. Pour être honnête, j’ai été mariée trois fois dans ma vie. Une fois avant ma conversion et, à dire vrai, il a été le pire des trois et pourtant, entre notre première rencontre et notre mariage, on avait attendu un an ! Durant cette année, nous faisions la navette en Montréal et Québec aux deux semaines jusqu’à ce que je déménage définitivement avec lui à la fin de mon stage en C.P.E.. Sans rentrer dans les détails, j’ai failli refuser de me marier avec lui devant l’hôtel, car ma petite voix me disait non. Je ne l’ai pas écouté.

Lorsque je me suis mariée la deuxième fois, il y a eu six mois entre les deux mais plus ou moins trois semaines où l’on se fréquentait assidûment. Même si celui-là n’a duré qu’un an et demi, je savais que cet homme était celui de ma vie. Et il est encore, deux ans et demi après son décès. Au moment de sa maladie, avoir pu lui donner ma vie, je l’aurais fait volontiers. Pour moi, il était hors de question qu’il meurt. Il n’avait que 33 ans et il était toute ma vie. Je vous en parle et j’ai les larmes aux yeux.

Celui que je suis actuellement, une semaine entre les deux a été nécessaire pour qu’on décide à se marier. Mais je regrette de n’avoir pas pris plus de temps. Il y a des choses qu’on n’a pas eu le temps d’aborder et cela a eu un impact sur notre début de relation ou sur la décision de se marier. Il y a des choses qui se sont dites et qui ne voulaient pas forcément dire la même chose pour l’un et pour l’autre, comme le fait d’être minimaliste, mais d’entrer dans un appartement complètement bordélique et étouffant parce qu’il y a trop de choses dans les pièces.

Par contre, pour avoir vécu différents types de mariages, chrétien dans le premier cas et musulman dans les deux autres, j’apprécie grandement le mariage musulman que l’on peut vivre au Québec. Je ne parle pas du mariage traditionnel musulman, où la femme doit se changer de robe plusieurs fois durant la soirée. Honnêtement, le seul mariage traditionnel auquel j’ai assisté, j’étais tellement gênée pour la mariée, car ce que je constatais, c’est que les femmes présentes étaient que pour parler et manger gratuitement… Personne ne s’est occupé de la prière ni de la principale intéressée. Du côté des hommes, mon mari m’a dit que c’était similaire, il a été le seul à prier, personne ne s’était joint à lui. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas assisté à un mariage traditionnel en Algérie, alors il a été extrêmement déçu, principalement parce que la moitié des invités étaient de sa famille. Quand on en a parlé avec sa mère du mariage, le lendemain, elle défendait le fait que le mariage et le social passaient avant la prière, alors qu’avant, selon mon mari, ce n’était pas comme ça.

Une grande différence entre un mariage au pays d’origine et un mariage lorsqu’on est immigrant/converti, est le fait que la famille ne soit pas trop présente. Les deux mariages que j’ai eus avec des musulmans ont eu lieu ici sans la présence d’aucune de nos familles. Avoir été marié dans leur pays avec leurs familles, probablement que cela aurait été différent, mais ici, c’était tout simple. Au moment de la cérémonie, il n’y avait que l’iman et les témoins, au moins deux hommes. S’il y en a plus, tant mieux. Dans le premier cas, il y a eu la réception avec les invités juste après la cérémonie. Le tout s’est déroulé sous une belle grosse neige, ce qui faisait bien rire mon ex qui n’avait jamais cru cela possible dans sa vie. Il faut dire qu’il n’y a pas beaucoup de neige en Tunisie. Le mariage était bilingue, car mon ex-mari ne parlait pas anglais et que mon arabe est un peu broche à foin.

Le deuxième mariage a été un peu différent dans le sens qu’il s’est déroulé au mois d’août. Exit la neige, la gadoue et les grosses bottes. On a fait ça à la mosquée sans trop que personne le sache vraiment, un peu incognito, mais avec une foule record, car on a fait ça devant tous ceux qui étaient présents à la mosquée… Un peu gênant, car non seulement le mariage s’est fait en arabe exclusivement, les accords avaient été donnés avant la cérémonie en tant que telle. Je me croyais mariée jusqu’au moment où l’imam a fait le message après la prière en disant tous les détails que j’aurais préféré ne pas divulguer. Petit choc culturel ici. On a servi des gâteaux et des boissons à tous ceux qui étaient présents. Fait cocasse : cinq minutes avant que je rejoigne l’imam dans son bureau avant la cérémonie, pour signifier mon accord à me marier, je me suis fait proposer le fils d’une dame présente dans la salle des femmes. Encore récemment, je me suis fait proposer un mariage, car la personne ne savait pas que j’étais mariée depuis plus d’un an !

Ce qui me fait rire avec les musulmans, c’est soit que tout se sait rapidement ou, au contraire, cela prend une éternité avant de le savoir. Mon premier mariage n’était pas encore fait que je recevais plein d’appels et de messages pour me féliciter. Tout ça parce que j’avais envoyé une invitation à quelqu’un qui ne pouvait pas venir et qu’elle avait décidé d’inviter tout le monde le lendemain pour fêter ça… sans notre consentement… La fête a été reportée à plus tard pour cause de nuit de noces. Actuellement, très peu de gens à la mosquée que j’avais l’habitude de fréquenter savent que je suis mariée. À chaque fois, ils sont étonnés ou me proposent, comme je disais plus tôt de me marier avec leur fils. La différence, c’est que je sortais beaucoup plus avec mon ex-mari qu’avec mon mari actuel. Pour l’un, c’était important d’être vue avec sa femme, tandis que l’autre préfère la cacher pour soi-disant la protéger. Pourtant, les deux sont super pratiquants, mais juste pas de la même manière.

D’ailleurs, les mariages musulmans, comme tous mariages religieux ont des variantes. En Algérie, on savait qu’il y en avait un juste aux bruits de tam-tam qui circulaient un peu partout en ville. Il y en avait tous les jours ou presque ! Et comme j’ai dit plus tôt, les sexes sont séparés. Au Maroc et en Tunisie, les fêtes de mariages sont mixtes. Comme quoi, malgré leurs ressemblances, il y a aussi des différences. Pour les autres pays musulmans, cela diffère aussi en raison des cultures environnantes et des croyances qui peuvent influencer les interprétations et la culture musulmane. Mais reste que les mariages seront toujours une source de festivité amicale ou familiale et une grande source de dépenses.

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