Le jeûne, le jeûne, ce n’est pas une raison pour se faire mal !

 Qu’est-ce que le jeûne ?

Selon le Larousse 2018, le jeûne est une privation d’aliment. Jeûner est donc le fait de s’abstenir de manger en pratiquant un jeûne ou une diète. Plusieurs raisons peuvent faire en sorte que quelqu’un se prive d’alimentation, comme la religion, un traitement médical ou par revendication.

Le Petit Robert 2009 rajoute que le jeûne soit une pratique volontaire ou non.  En ce qui a trait au jeûne religieux, il peut être total ou partiel, selon le cas, et sa durée est déterminée dans le temps. Jeûner est soit une façon de se priver volontairement de nourriture ou bien d’en être privé pour diverses raisons. La personne est donc à jeun durant cette période. Son estomac est donc vide de toute substance. Par contre, le terme est aussi utilisé, par exemple, pour un alcoolique qui n’a pas pris aucune goûte depuis un certain moment.

Mais d’où vient le jeûne ?

Pour Christian Mottet, MD PhD et Sophie Sierro, PhD, le jeûne chez l’humain serait dû aux différentes fluctuations alimentaires dans le temps. Donc être capable de se priver de nourriture est un avantage pour lui, car cela lui a permis de survivre. Grâce à ces restrictions, le corps humain s’est adapté à ce manque alimentaire. Notre métabolisme change graduellement afin que nos fonctions vitales soient maintenues. Elles le sont grâce aux réserves accumulées au fil du temps.

Les différents jeûnes

Il existe différentes manières de jeûner. Cela est variable selon la condition de la personne qui vit le jeûne. La situation médicale, sociale, économique ou culturelle, influence aussi la raison du jeûne. Certaines ressemblent plus à des diètes, mais il est intéressant de s’arrêter à ces différences.

  • Le jeûne total : ici, on ne prend absolument rien durant une période déterminée. Comme dans le cas du ramadan.
  • Le jeune complet ou hybride : il est permis de prendre de l’eau, mais pas de nourriture. C’est ce que les médecins proposent lors de prise de sang, par exemple.
  • La diète très faible en calories : les calories ingurgitées varient entre 220 kcal et 800 kcal par jour.
  • Le jeûne Buchinger : jeûne holistique et équilibré qui permet de prendre 250 kcal par jour de liquide comme du bouillon de légumes, jus de fruits, miel, etc. À cela s’ajoutent de légères activités physiques, de la méditation et de la médecine holistique.
  • Les jeûnes intermittents : il en existe plusieurs modèles. Jeûner une journée ou deux par semaine est un bel exemple.
  • La restriction calorique : il s’agit de diminuer d’au moins 30% de ses apports caloriques quotidiens. De ce que je comprends, il s’agit d’une variante de jeûne et de régime protéiné.

Pourquoi jeûner ?

En fait, il y a plusieurs raisons. Dans son livre À la table des philosophes, Normand Baillargeon nous parle du fait que le jeûne n’est pas seulement religieux. En effet, comme il a déjà été mentionné, il est aussi thérapeutique, mais aussi par revendication. Le plus à risque est le dernier, car il n’est pas autant contrôlé que les deux autres. Dans son livre, Baillargeon nous donne des exemples. On pense à Louis Lecoin au début des années 1960, à Gandhi, aux suffragettes anglaises. Plus proche de nous, Jacques Hébert avait fait un jeûne de 21 jours pour manifester son mécontentement contre la fin du financement pour le programme Katimavik, qu’il avait fondé 9 ans plus tôt. L’idée a été reprise en 2012 par des jeunes participants du programme lorsque les Conservateurs avaient mis fin de nouveau au financement du programme. Ils avaient jeûné 24 heures le 21 mai en mémoire du jeûne de Hébert.

Toujours dans son livre, Baillargeon nous dit que le jeûne n’est pas un péché. Ce qui est vrai, car les religions le permettent. Ce qu’elles considèrent comme péché est la gourmandise ! Le jeûne est présent dans les trois religions monothéistes, mais aussi dans d’autres religions. Ce qui ressort le plus dans les lectures concernant le jeûne religieux, ce sont les bienfaits spirituels qui ressortent. On parle, entre autres, de purifications du corps. Mais on peut jeûner pour des raisons philosophiques, comme jeûner pour manifester son mécontentement contre la société de consommation

La petite histoire du jeûne thérapeutique

En fait, on entend de plus en plus des jeûnes comme traitement. Pourtant, on peut remonter au 19e siècle pour faire l’expérience de la privation alimentaire comme traitement. Entre 1870 et 1930, ont fait des expériences personnelles à ce sujet et l’ont fait savoir. Aux États-Unis, l’un des premiers à en parler est le physicien Edward Dewey. Le docteur Herbert Shelton a aussi fait la promotion de l’hygiénisme, un mode de vie sain qui inclus l’auto guérison par le jeûne. En Allemagne, le docteur Otto Buchinger a fait l’expérience, en 1919, d’un jeûne de 21 jours où sa santé s’est améliorée. Il était atteint de polyarthrite rhumatoïde depuis deux ans. Maintenant, son nom est associé aux Cliniques Buchinger. Idem en Russie. Youri Nikolaïev, psychiatre, s’est retrouvé confronté à un patient qui refusait tous traitements et toute nourriture. Il décide donc de ne pas forcer le patient, se fiant à l’instinct de ce dernier. Les observations furent notées. Au bout de quelques jours, des changements positifs ont été remarqués. Nikolaïev a donc, par la suite, traité certaines maladies mentales par des jeûnes thérapeutiques de 25 à 40 jours.

Mais cela fait une cinquantaine d’années que le sujet est vraiment pris au sérieux en Europe et en Amérique. En Russie, par exemple, le jeûne est, depuis plus de 20 ans, au cœur des politiques de santé, au point où les cures de jeûnes sont remboursées. Auparavant, des études ont été menées sur des milliers de personnes pendant quatre décennies.

Le jeûne religieux

On pense souvent que le jeûne est réservé qu’aux musulmans lors du ramadan. Et non ! d’autres religions le pratiquent aussi comme le judaïsme et le christianisme. Chaque religion à sa manière de vivre ce jeûne spirituel. Dans bien des cas, on croit aussi que le jeûne à titre religieux peut guérir de maladies physiques, mais psychiques. Car nombreux sont ceux qui croient que le jeûne est une manière de purifier son corps, mais aussi son corps et son esprit. Le fait de manger est relatif au désir. Celui de se nourrir, mais aussi de partage et de relation avec l’autre.

Pour en apprendre plus sur les jeûnes religieux, le Grand Livre du jeûne, de Jean-Claude Noyer, peut vous en faire apprendre bien plus.

Le jeûne revendicatif ou grève de la faim

Le jeûne comme moyen de revendication est un concept relativement nouveau. C’est un moyen non-violent de demander et d’obtenir ce que l’on demande. Un exemple qui revient souvent lorsque l’on mentionne ce type de jeûne, c’est Gandhi. Pourquoi ? Ses jeûnes ont contribué à l’indépendance de l’Inde, mais aussi à sensibiliser les gens à la violence faite entre hindous. Mais le jeûne comme moyen de protestation est bien plus.

Petit historique du jeûne revendicatif

Comme je viens de le mentionner, jeûner à titre revendicatif est tout nouveau. Cela fait tout au plus 100 ans que les gens jeûnent pour revendiquer. Les suffragettes anglaises l’ont faite dès 1905. Elles étaient en prison pour avoir demandé le droit de vote pour les femmes. Durant leur emprisonnement, elles ont fait la grève pour attirer l’attention sur la cause. Ce qui fonctionna qu’à moitié, car le Gouvernement appliquait la loi « Chat et Souris ». Les grévistes trop faibles pouvaient sortir, mais regagnèrent la prison dès qu’elles allèrent mieux.

L’armée républicaine irlandaise a fait une grève similaire lors de la guerre d’indépendance de l’Irlande entre 1919 et 1922. En 1920, une grève de 94 jours fut donc faite à la prison de Cork.

Le jeûne en bref

On a pu voir qu’il existe trois types de jeûnes. Le premier est thérapeutique. Les jeûneurs se prêtant au jeu veulent donc se soigner d’une maladie de manière moins conventionnelle, mais qu’ils jugent plus efficace. Le deuxième est le jeûne religieux. En adhérent à une religieux, on accepte, dans bien des cas, à prendre une période de purification corporelle, psychique et spirituelle. La manière de jeûner différente d’une religion à l’autre, mais le but premier est de se rapprocher de Dieu en faisant, entre autres, un sacrifice au niveau de l’alimentation. En terminant, on a pu voir que le troisième type de jeûne semble être le plus délicat. Car pour la grève de la faim, le jeûne peut durer plusieurs jours et mettre en péril la vie des grévistes. Le fait qu’il n’y ait aucune supervision médicale ou de règles précises à ce sujet, cela a un impact sur la manière de jeûner. Une chose est sûre, c’est que le jeûne permet d’aborder des sujets sensibles ou des injustices qui doivent être pris en charge par les autorités concernées.

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