Publié dans Identité

Le documentaire Les Québécois et la loi 101

Jeudi dernier, le 24 août, Radio-Canada présentait un documentaire sur les 40 ans de la loi 101. Ce reportage est réalisé et produit par Stéphane Leclerc et Judith Plamondon. C’était l’occasion de faire un bilan de ces quatre décennies.

À la base, la loi 101 avait pour but de protéger la langue française en francisant les nouveaux arrivants. Il allait de soi dans les années 70, de créer cette loi, parce que beaucoup d’immigrants priorisaient l’anglais au français. En obligeant les immigrants à aller à l’école en français au primaire et secondaire, forcément, le français allait survivre. Ce qui est une bonne chose si on s’arrête là.

Le documentaire relate trois histoires de réussite en matière de francisation. Ces histoires sont celles de Akos Verboczy, auteur de Rhapsodie québécoise, Itinéraire d’un enfant de la loi 101, Cathy Wong, chroniqueuse au Devoir, et Ogden Ridjanovic, membre d’Alaclair Ensemble. J’ai bien aimé le propos de Cathy Wong ce qui a trait à la définition d’un Québécois, qui se résume en gros à un Québécois n’est pas forcément un blanc francophone. Elle-même disait qu’à l’adolescence, elle a eu beaucoup de difficultés à définir son identité, est-elle chinoise, québécoise ? Ce n’est qu’après un voyage au pays de ses parents qu’elle est vraiment québécoise.

Les jeunes du Collège Vanier ont aussi beaucoup de choses à raconter. Malgré le fait qu’ils parlent tous très bien le français, personne ne se sent Québécois. Un des jeunes dit même que la signification du québécois n’est pas la même en français ou en anglais. Pour lui, elle est beaucoup plus lourde dans la langue de Molière que celle de Shakespeare. Une critique qui ressort aussi de cette discussion, c’est le fait que le français est enseigné dans les écoles, mais pas ce qu’est la culture québécoise. En anglais, la culture anglophone y est enseignée. Le sentiment d’appartenance à une culture est donc peut-être plus facile à acquérir en anglais qu’en français.

Ce qui revient souvent aussi, c’est le fait de se faire demander sans cesse ses origines. Comme si elle annulait le fait que d’être né au Québec fait de nous des Québécois. J’avoue que pour le vivre aussi, c’est désagréable. Comme si le fait d’avoir une différence (couleur, accent, signe ostentatoire) fait de nous des gens de second ordre. Ce n’est pas le cas. Lorsque j’écoutais les propos des jeunes, je disais à mon mari que je comprenais ce qu’ils disaient. Il m’est arrivé quelques fois de me faire demander de quel pays j’étais à cause de mon beau costume (sic). Je ne vous dis pas le malaise des gens quand je sors mon gros accent du Québec et que je leur dis que je suis originaire de la Capitale !

Ce qui ressort de ce reportage, c’est que le Québec est actuellement en mutation. Il n’est plus celui d’il y a 20 ans et c’est tant mieux comme ça ! Le problème est qu’on dirait qu’on ne va pas au même rythme. Les politiques et les institutions sont au ralenti par rapport au mouvement migratoire qui donne un nouveau souffle à la Belle Province. Akos Verboczy dit même à la fin du documentaire que, oui, l’immigrant change en arrivant dans un nouvel environnement. Par contre, la société doit aussi faire son bout de chemin en comprenant que l’immigrant ne peut changer du jour au lendemain. Ce qui est vrai et cela donne une couleur particulière au Québec.

Vous pouvez le voir sur ici tou.tv

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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