Publié dans construction identitaire, enfants, Identité, médiation interculturelle

LE DÉVELOPPEMENT DE L’IDENTITÉ CHEZ L’ENFANT. PARTIE 1 : LES STANDARDS UNIVERSELS

L’été tire à sa fin et vos enfants semblent avoir changé d’identité, tellement ils ne s’endurent plus. Bonne nouvelle ! Septembre est commencé et la routine revient graduellement. Ce qui est une bonne chose en soi, car vos enfants vont se retrouver. Mais qui dit retour à un quotidien plus régulier amène aussi son lot de nouveautés qui nous paraissent énormes quand on est enfant. Quand on est adulte, aussi parfois. De nouveaux groupes se forment, les ami·e·s partent et vont et la rencontre d’un nouvel adulte qui s’occupe de l’enfant. Bref, septembre est un gros mois pour les familles. Les enfants en particulier, je dirais. Le début d’une nouvelle vie apporte son lot de stress. Surtout quand on est dans un contexte où l’on vient d’arriver dans un nouveau pays. Déjà que dans les premières années de vie, entre 0 et 5 ans, l’identité se développe à la vitesse grand V.

Développement de l’identité chez l’enfant : moi versus les autres

La première étape du développement de l’identité chez l’enfant

L’enfant a conscience de qui il est avant de voir qu’il est différent des autres. Il commence graduellement en se distinguant des gens autour de lui, mais aussi de l’environnement dans lequel il baigne. Quand j’étais plus jeune, on disait qu’autour de huit mois, l’enfant était sauvage. Un peu étrange comme expression, mais c’est justement parce qu’il commence à faire la distinction entre l’être qu’il est et l’être qu’est sa mère. Avant cet âge, dans sa tête, le bébé n’est qu’un avec sa mère. Pour lui, il s’agit d’une seule et même entité. C’est la première étape du développement identitaire de l’enfant. Et on est tous passés par là. C’est en vieillissant que l’image de l’enfant se construit, tout dépendant de l’estime qu’il a de lui-même. Cette estime de soi est primordiale, surtout quand un enfant est en situation minoritaire. C’est ce qui influence son déroulement à long terme.

La deuxième étape du développement de l’identité chez l’enfant

C’est vers deux ans que la perception que l’enfant a de lui change. Il est capable de voir qu’il est différent de l’autre, et surtout, qu’il soit capable de beaucoup de chose tout seul… ou presque. Comme il apprend l’autonomie, sa technique n’est pas toujours au point. Mais l’intention est là 😊 C’est aussi vers les deux ou trois ans que l’enfant découvre les gens comme des entités à part entière. Que chacun d’entre eux a des besoins, mais pas toujours au même moment que lui le voudrait.

La troisième étape du développement de l’identité chez l’enfant

En ce qui concerne l’identité de genre, ethnique ou culturelle, ce n’est pas avant trois ans que l’enfant en a vraiment conscience. Avant cet âge, tout le monde est pareil, un peu comme une poupée Barbie, asexué et malléable à souhait. Mais à partir de trois ans, l’enfant est capable de voir que les autres ont des habitudes que lui n’a pas. Le rejet des amis et l’approbation d’un adulte sont donc susceptibles de l’influencer dans sa quête identitaire. C’est l’âge où l’enfant peut changer d’amis rapidement selon les événements de la journée. Lucky Luke a côté, ce n’est rien 😂 Mais tout se stabilise vers 4 ans.

Comment l’enfant voit la différence d’identité chez l’autre ?

Principalement par ce qui est visible. L’enfant vit tout au premier degré. Alors ce qui se voit est souvent ce qui le frappe le plus chez l’autre. Donc, une des premières choses qu’il remarque, c’est ce qui est physique, la couleur de la peau, les cheveux, les yeux, etc. Par la suite vient ce qui est plus culturel, comme l’habillement ou le langage. Il ne faut pas oublier qu’avant de constater qu’il fait partie d’un groupe dont l’identité est similaire à la sienne ou non, l’enfant fait partie d’une famille. C’est là qu’il fait ses premiers apprentissages liés à l’identité. Cela peut être variable d’un enfant à l’autre. Si l’enfant est né d’une union mixte ou est adopté, sa réalité n’est pas la même que si les deux parents ont la même identité culturelle. Dans le premier cas, il n’est pas comme papa ni comme maman. Ce qui n’est pas le cas du deuxième.

La couleur de peau et l’identité chez l’enfant

Plusieurs études états-uniennes estiment que l’âge vers laquelle les enfants sont capables de faire la différence entre deux couleurs de peau est vers trois ans. Les premiers préjugés viennent aussi vers cet âge. Certains enfants, surtout des minorités visibles, en ont plus envers leur propre communauté que les blancs envers les mêmes groupes. Bref, les enfants issus des minorités sont souvent plus sévères envers eux-mêmes et les enfants blancs, selon les études, envers les minorités. Il faut donc faire attention avant de crier au racisme avec un enfant ! Ce dernier peut être en train d’apprendre les différents concepts de race. Il se peut qu’il soit en train de répéter ce qu’il a entendu ailleurs. Ou bien, il agit de la sorte parce qu’il est curieux et manifeste sa curiosité en l’exprimant en mots ou en geste. Cela dépend du stade d’apprentissage où l’enfant se situe.

Comme le sujet du développement de l’enfant est un sujet qui est complexe et long à expliquer, je vous laisse digérer les informations que je viens de vous transmettre. Ce qui a été expliqué ici s’adresse à tous les enfants du monde. Évidemment, il se peut qu’il y ait des différences culturelles sur certains aspects, mais l’être humain étant ce qu’il est, on peut dire qu’il s’agit de standards universels. Dans un prochain texte, j’aborderais le développement de l’identité chez les enfants issus de l’immigration. On se revoit donc bientôt pour la suite du sujet.

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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