Publié dans construction identitaire, enfants, Identité, immigration, médiation interculturelle

Le développement de l’identité chez l’enfant. partie 3 : l’intervention auprès d’enfants issus de l’immigration

Après quelques semaines d’école, vos enfants ont repris la routine scolaire et retrouvé leur identité propre. Quoique vous avez peut-être découvert de nouveaux traits de personnalité. Avec les nouveautés de la rentrée et le retour des vacances, parfois, on ne voit pas immédiatement les changements chez nos enfants. Mais qu’importe, quand ça arrive, c’est souvent une belle découverte. Parce que, des fois, ce l’est moins. La relation que l’on développe avec les gens travaillant avec nos enfants peut aider à faire avancer les choses si le besoin se fait sentir. Surtout dans les premières années de vie, entre 0 et 5 ans, l’identité se développe à la vitesse grand V. Dans le premier texte, il était question du développement de l’identité. Je vous expliquais les grandes lignes des standards universels. La semaine dernière, on parlait des enfants issus de l’immigration. Mais quand est-il du lien avec les intervenant·e·s qui travaillent avec nos enfants ?

La relation entre l’intervenant·e et l’enfant : les bases pour construire une identité

La relation entre un enfant et l’adulte qui partage son quotidien est importante. Surtout quand, en tant que parent, on confie nos bébés à des inconnus. Le lien de confiance est primordial, surtout dans un contexte interculturel. Le fait de tisser des liens avec un adulte qui connaît la société d’accueil facilite l’intégration de l’enfant. Cela permet à ce dernier de connaître les codes sociaux, les règles et la langue. Le plus important, c’est que l’enfant peut développer un sentiment de sécurité avec l’adulte en question. Lorsque la famille vient d’immigrer dans sa nouvelle société, l’enfant a peu de contacts seuls auprès des natifs. Sa première vraie expérience est lorsqu’il met les pieds à la garderie ou à l’école. Et c’est un gros choc. Il est donc nécessaire de lui permettre de créer des liens avec une personne significative dans son nouvel environnement. Même si la personne ne connaît ni la culture de l’enfant ni sa langue.

Quel style d’intervention privilégier ?

En fait, le meilleur style d’intervention permet à l’enfant de s’intégrer à son groupe et à la société. L’intervenant·e le stimule à apprendre une nouvelle langue et de nouvelles règles.  Soutenir l’enfant lors de difficultés est aussi important. En fait, trois types d’intervention existent. L’autoritarisme qui préconise l’obéissance à l’autorité. On peut le comparer à l’assimilationnisme. Ce, qui pour moi, n’était pas l’idéal, car l’enfant doit s’effacer et renier une partie de son identité. Le deuxième est l’intervention permissive. On respecter l’enfant et ses décisions. L’enfant à tous les pouvoirs. On peut comparer cela au culturalisme. Ce n’est pas mieux, car les comportements inacceptables le deviennent. Le type d’intervention idéal est le type démocratique. Pourquoi ? Parce que tout le monde décide ensemble de ce qu’il faut faire tout en respectant autrui. Ainsi l’enfant connaît les limites à respecter et sait exprimer ses besoins s’il en ressent la nécessité.

Quels sont les facteurs qui influencent les relations ?

Il y en a plusieurs et peuvent venir autant de l’enfant que de l’adulte. D’un côté comme de l’autre, l’origine culturelle influence grandement, mais n’est pas le seul facteur. Les caractéristiques personnelles ont aussi une incidence sur la relation entre les deux parties. On parle aussi du nombre d’années passées dans la nouvelle société, du sexe de l’enfant, de son tempérament ou de son état de santé. En effet, les idées reçues varient d’une culture à l’autre et se transposent dans les relations que l’on a avec l’autre. Les facteurs économiques ont aussi un impact sur ce que transmet la famille à l’enfant. Du côté de l’intervenant·e, son éducation, ses expériences ou sa formation se répercutent sur les enfants côtoyés au quotidien. La personnalité, l’humeur ou la santé de l’intervenant·e a des répercussions sur la dynamique de groupe.

Le milieu de garde dans tout ça ?

L’aménagement physique a son importance. Si le local n’est pas propice à ce que l’éducatrice ait l’œil sur tout le monde ou qu’il y a trop d’enfants, personne ne sera à l’aise dans le groupe. Mais le plus important est le programme éducatif. S’il n’est pas adapté aux enfants du groupe, le lien de confiance entre l’enfant et l’intervenant·e en sera affecté. Aussi, il ne faut pas oublier que l’enfant tisse des liens avec la première personne qu’il voit dans le service de garde. Il est donc important de lui permettre de la voir régulièrement dans la journée. Cela stimulera son sentiment d’appartenance à son nouvel environnement. Aussi, la personne qui crée un lien avec un enfant ne maîtrisant pas la langue doit surveiller le non verbal, car beaucoup de choses peuvent être dites malgré tout. Si quelqu’un parle la langue de l’enfant ou peut l’apprendre, c’est le jackpot !

Les actes discriminatoires… quoi faire avec ça ?

Évidemment, dans une vie de groupe, il y a souvent des discordes. On ne peut pas faire sans. Par contre, dans un contexte interculturel, il faut savoir faire attention. Car même si on dit qu’il n’y a pas de discrimination ou de racisme à un très jeune âge, cela ne veut pas dire qu’il faut laisser en passer. Dès que l’on voit qu’un comportement n’est pas approprié, il faut intervenir. Comment ? En montrant l’exemple, car l’influence la plus importante pour les enfants est celle des adultes. Celles des autres enfants de son groupe viennent par la suite. Il faut savoir faire la distinction entre curiosité et discrimination, car il est normal de poser des questions. Il faut donner une réponse juste, honnête et facile à comprendre pour l’enfant. Par contre, ce l’est moins de ridiculiser un enfant en raison de sa différence. Axée sur les similitudes est une belle option.

L’adaptation, oui, c’est parfois difficile ?

Pour certains enfants, l’adaptation à un nouvel environnement est plus difficile. Surtout quand il y a beaucoup d’éléments et que tout ce fait rapidement. Évidemment, l’enfant envoie des signaux d’alarme. D’où le fait de surveiller le non verbal, si nécessaire. Mais bref, si on remarque que l’enfant a certaines habitudes qui changent, c’est qu’il y a quelque chose qui cloche. Eh oui, il se peut qu’au début, l’enfant soit agressif ou être malade tous les matins. Mais avec le temps, de la patience, il finira par s’habituer et tout rentrera dans l’ordre. Le meilleur truc à donner aux intervenant·e·s, c’est de prendre le temps d’observer l’enfant en question. Cela permet de comprendre pourquoi il a ce comportement et quand. Cela donnera des réponses et aidera l’intégration de l’enfant par la suite. La collaboration avec les parents reste aussi une clé importante dans l’adaptation de l’enfant dans son nouveau monde.

Bref, c’était le dernier texte sur le développement identitaire de l’enfant. J’avoue que dans ce texte, je parlais surtout aux professionnel·le·s. Mais si vous êtes parents, cela peut vous intéresser. Cela vous permettra peut-être de comprendre le travail des gens qui sont auprès de vos petits, mais aussi de bien choisir le milieu qui vous ressemble. Et si vous voyez qu’un enfant a de la difficulté à s’intégrer en raison de sa différence identitaire, soyez présent auprès de lui. Si ça se trouve, vous aurez un impact positif sur lui durant toute sa vie.

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Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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