Publié dans enfants, Identité, immigration, médiation interculturelle

Le développement de l’identité chez l’enfant. Partie 2 : l’enfant issu de l’immigration.

Vos enfants sont il issus de l’immigration ? Est-ce leur première fois en garderie ou à l’école ?  Le retour à la routine est parfois difficile et amène aussi son lot de surprises et d’imprévus. Surtout quand on est enfant. Quand on est adulte, aussi parfois. Mais comme partout ailleurs, de nouveaux groupes se forment, les ami·e·s partent et vont et la rencontre d’un nouvel adulte qui s’occupe de l’enfant. Bref, septembre est un gros mois pour les familles surtout si on est nouveau au Québec. Les enfants en particulier, je dirais. Le début d’une nouvelle vie apporte son lot de stress. Surtout quand on est dans un contexte où l’on vient d’arriver dans un nouveau pays. Déjà que dans les premières années de vie, entre 0 et 5 ans, l’identité se développe à la vitesse grand V. La semaine dernière, il était question du développement de l’identité. Je vous expliquais les grandes lignes des standards universels. Mais quand est-il quand on est issus de l’immigration ?

À quoi ressemble le développement identitaire d’un enfant issu de l’immigration ?

En fait, il y a beaucoup de variables. Le moment d’arrivée dans sa nouvelle société, s’il a connu son pays d’origine ou non, de son lieu de naissance, etc. Si je prends en exemple certains enfants autour de moi, ceux issus de couples mixtes. Beaucoup sont nés ici. Donc, forcément, leur pays est le Canada, qu’importe l’origine des parents. Mais ce n’est pas le cas de tous les enfants. Par contre, un point similaire, ils vivent d’une manière à la maison et d’une autre lors qu’ils sont dans la société. J’ai même connu, lorsque j’étais éducatrice, un enfant d’origine asiatique qui a été adopté par des Français vivant au Québec. L’histoire familiale est ce qui influence le plus l’identité de l’enfant. Tout comme la langue parlée à la maison aussi et les facteurs socio-économiques. Donc, chaque cas est unique. Mais les enfants se retrouvent avec un mélange de cultures qu’il doit apprendre à gérer.

L’enfant de famille mixte

Il a un double héritage culturel, soit la culture des deux parents. Parfois s’ajoute la culture de la société d’accueil. Il y a de quoi à être confus si on n’a pas le soutien nécessaire. Je connais un Algérien marié avec une Vietnamienne et une Algérienne mariée avec un Libanais. Aucune de ces personnes sont nées au Québec. Alors les enfants ont à gérer entre un mélange d’identité qui les caractérisent qu’eux. Par exemple, dans ce genre de cas, l’éducatrice tentera de faire en sorte que l’enfant sera aimé des deux parents en dépit des préjugés culturels qu’ils peuvent avoir.

L’enfant adopté

L’adoption au Québec a une histoire particulière. À ma connaissance, il y en a eu beaucoup à l’époque de Duplessis. Il y en a sûrement aussi avant, car lorsque l’église et la politique étaient encore qu’une seule tête dirigeante de la Province, les filles-mères étaient mal vues. Certaines partaient aider subitement une tante malade et revenaient au bout de neuf ou dix mois. Mais depuis quelques années, l’adoption internationale a son importance. En fait, à ma connaissance, cela a débuté dans les années 70. Mais je me trompe peut-être. Reste que l’enfant fait partie d’une famille qui n’est pas la sienne. Les deux parties doivent s’adapter l’une à l’autre. Mais l’ensemble familial doit aussi s’ajuster aux regards et aux préjugés de la société envers eux. Par contre, en tant qu’intervenant·e, la première chose à faire avec ces familles est de les questionner à savoir comment on traite, culturellement, leur enfant. Ce dernier peut, ou non, avoir conscience d’être né ailleurs et il est important de faire attention à ce point.

Le prénom de l’enfant : marqueur de l’identité

Le choix du prénom est une manière que les parents ont de marquer l’identité de leur progéniture. Si on ne sait pas comment le prononcer, questionner le parent reste la meilleure option. Ça aidera ainsi l’enfant à mieux s’intégrer dans le groupe. Ainsi, il ne passera pas sa journée à se demander pourquoi un adulte le regarde en prononçant un nom étrange. Le choix d’un nom n’est jamais neutre. Les parents l’ont pris pour des raisons précises, surtout en contexte migratoire. Par contre, pour faciliter la tâche, certains d’entre eux accepteront de changer le prénom de l’enfant. Ou certains prendront un nom qui se dit bien dans plusieurs langues. Évidemment, cela a un impact sur le développement identitaire de l’enfant. Et comme au Québec on peut choisir le nom de famille, père ou mère ou les deux, il s’agit aussi d’une manière de transmettre plusieurs cultures. Ce qui n’est pas le cas dans toutes les cultures.

Ainsi se termine le deuxième texte de la série. Même si je ne fais qu’effleurer le sujet, mais le but est de sensibiliser à ce que vit l’autre. Et je ne souhaite pas vous charger d’informations, car parfois, cela peut paraître beaucoup. Dans le prochain texte, je parlerais principalement aux intervenant·e·s qui travaillent auprès des enfants d’âge préscolaire. De la manière d’adapter leurs interventions auprès d’une clientèle issue de l’immigration. Ce n’est pas toujours évident, surtout quand on est peu habitué à fréquenter des immigrants.

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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