Publié dans Alimentaion, expérience personnelle, Identité

L’aspect identitaire de la cuisine…

J’ai hésité longtemps avant d’écrire un article sur la cuisine. Je me questionnais à savoir s’il y avait un réel aspect identitaire et que je ne voulais pas écrire que pour écrire. Le déclic a été fait au moment où je cuisinais une recette algérienne pour souper. J’étais en train de me dire, en cuisinant, que ça faisait une éternité que je n’avais pas mangé de pâté chinois! C’est là que je me suis dit qu’il fallait que je fasse une recherche et que j’en parle dans au moins un article.

En effet, lorsqu’on y pense, chaque région, chaque pays a son identité culinaire. Le Québec à sa poutine, le Maghreb a son couscous, le Japon a ses sushis, la France a ses vins et fromages, etc. Il s’agit de clichés, évidemment, mais oui, la question de l’identité est très présente dans la cuisine. D’ailleurs, quand on voyage, qu’est-ce que l’on fait? On goûte à la cuisine locale. D’accord, tout dépend du voyage et du tempérament aventureux de chacun, mais quand même, on doit goûter au moins à un plat typique de l’endroit où l’on voyage.

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Couscoussier, thé et fruits. Crédit photo: moi

Quand je suis allé en Algérie, mon mari me traînait dans les restaurants algérois et c’est comme ça que j’ai connu certaines recettes que nous faisons maintenant à la maison. Aussi, dans sa famille, le vendredi, c’est un classique, on mange du couscous. J’y ai appris une nouvelle façon de le préparer qui est différente de celle des Tunisiens. Du moins de mon ex-belle-mère. Le point commun, le grain est cuit à la vapeur, mais la cuisson de l’assaisonnement (viandes, légumes, pois chiche, etc.) et la présentation diffèrent. En Tunisie, l’assaisonnement est cuit à même le couscoussier, la vapeur qui s’y dégage donne du goût au couscous. Une fois terminée, on met les grains dans un bol et on verse l’assaisonnement dans la passoire du couscoussier. Le liquide se mélange avec les grains. On finit par mettre l’accompagnement sur le couscous. En Algérie, dans ma belle-famille, le couscous est cuit à vapeur d’eau dans le couscoussier. L’assaisonnement l’est dans une casserole à côté. Une fois terminé, on sert de façon séparée soit le couscous dans un récipient, la sauce dans un autre et l’accompagnement dans un dernier. Ne le dites pas à mon mari, mais je préfère la manière tunisienne ! Il y a moins de vaisselle à faire après et visuellement parlant, c’est plus appétissant.

En 2002, j’ai fait Katimavik. Dans chaque rotation, on devait rester dans une famille de la place. Ma famille m’avait fait une recette de ragoût originaire d’Europe de l’Est et honnêtement, c’est différent de notre ragoût d’ici. Je ne me souviens pas de la recette, mais ce qui m’avait marquée était la présence de boules de pâte plus ou moins cuites dans le mélange. Sincèrement, je n’avais pas vraiment apprécié le plat, mais bon, la famille était vraiment contente de me présenter cette recette, alors j’ai mangé sans trop protester.

En faisant mes recherches sur l’aspect identitaire de la cuisine, j’ai trouvé un article, datant de 2008. Il a été écrit par Mariagrazia Margarito et est intitulé Cuisine identitaire : remémoration et déclaration d’identité. Il a été trouvé sur le site de cairn.info. D’emblée, il est question de la langue et l’auteure dit que « l’alimentation et la cuisine reflètent nos racines, sinon il n’y aurait pas l’expression : la cuisine française, espagnole, africaine ou italienne ! »  Je suis d’accord ! Quand je cuisine pour mon mari, je sais que si je change la moindre chose dans une recette, il le remarque. Lorsqu’il est question de la cuisine des immigrants, il est dit que les traditions culinaires sont très présentes dans notre quotidien, qu’elles sont révélatrices de l’identité de la personne, mais aussi de sa culture. Mais comme toute chose, les recettes sont influencées par l’environnement du cuisinier. Par exemple, au Québec, on a la quiche et ses variantes, mais en Tunisie, il y a une recette de tajine qui y est similaire. Il n’y a que deux points qui les diférencient. Le tajine n’a pas de croûte et des patates frit à la poêle. Sinon, on peut mettre ce que l’on veut dedans. Idem avec la soupe que les musulmans prennent durant le ramadan. Il n’y a pratiquement que le nom qui change, car il s’agit principalement de soupe-repas comprenant de la viande et des pois chiches.

Sans faire une critique complète de l’article de Margarito, on peut constater lors de sa lecture que la cuisine et l’identité sont vraiment reliées l’un à l’autre. La cuisine est quelque chose d’universel et rassembleur. Je vais sûrement pousser ma recherche un peu plus sur le sujet et vous revenir là-dessus plus tard.

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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