Publié dans Alimentaion

L’alimentation dans le monde : la relation avec l’autre

 

Ce texte est issu de la conférence du moins de mars sur l’alimentation. Vous retrouverez le reste de l’information dans le document L’alimentation source de rencontres.

On le sait tous, manger un repas engage tout d’abord un individu par rapport à lui-même, mais aussi par rapport aux groupes (sa famille, ses amis, des inconnus) ou lieux (école, maison, restaurant) qu’il fréquente. Ce qui fait que l’acte de manger est aussi un acte de socialisation, de cohésion et de création de liens sociaux. En fait, c’est notre environnement qui définit notre culture alimentaire. Cette culture est attribuée par les choix des aliments à consommer et les techniques culinaires à adopter. Par contre, les pratiques sociales entourant la nutrition ont aussi leur importance dans la définition culturelle de l’alimentation.

Les pratiques sociales incluent les codes socioculturels, géographiques, religieux et idéologiques. Cela signifie donc que l’être humain reproduit les habitudes que ses parents lui ont enseignées et, plus largement, ce que la société où il a grandi lui a transmis. Cela comprend l’identité, les relations socioaffectives, le passé du pays, le langage, les médias, etc.  Mais d’autres facteurs, comme la géographie et la religion, font en sorte que les décisions prises peuvent varier selon le contexte. L’aspect idéologique est relatif à l’éducation que l’on se fait par soi-même par les voyages, l’ouverture d’esprit, le souci de l’environnement et l’influence médiatique ou littéraire. Ce qu’il est important de considérer est le facteur économique. La manière de se nourrir différente selon le revenu économique de la famille.

De plus, chaque société partage différemment la nourriture, car, en effet, manger n’est pas que se remplir l’estomac. L’aspect socioculturel de l’alimentation a son importance et il faut en être conscient. Voici donc un survol par continent pour connaître les différences.

L’alimentation en Asie

En Asie, manger a pour principale fonction de créer un équilibre dans les différentes énergies du corps. Ce qui a un effet sur la santé de chaque individu. Mais cela implique davantage que la santé. En effet, culturellement parlant, manger est aussi une métaphore, car la consommation de certains aliments peut être un signe de bonne fortune. De plus, l’équilibre n’est pas restreinte au corps physique. La table doit être, elle aussi, équilibrée. Non seulement elle doit pouvoir accueillir tous les plats simultanément (entrée, plat principal et désert), ce qui laisse place à la création de son assiette, mais doit stimuler trois sens (vue, odorat et goût) ainsi que les cinq saveurs de base (acide, piquant, amer, sucré et salé). Le tout en alternant les contraste croquant/fondant et gluant/sec.

Règles à respecter

Certaines règles sont à respecter. La nourriture est dans un plat central et prise idéalement avec trois doigts ou avec ses propres baguettes. Les gens mangent assis au sol et seulement ce qui le plats devant eux. La concentration et le respect de la nourriture est capitale car elle est sacrée. Alors, il est important de prendre le repas en silence et lui donner l’attention qui lui nécessaire.

Bien que raffinée, la nourriture asiatique est très simple. Elle est préservée de la culture occidentale. L’aliment de base est le riz bouilli ou servit blanc sans assaisonnement. Le poisson, prisé en Asie, est conservé grâce au sel et au vinaigre. La viande et l’élevage d’animal ont connu plusieurs interdictions dans l’histoire, notamment au Japon. Ce qui fait que sa consommation en tant qu’aliment n’est pas ancrée dans leurs habitudes alimentaires. L’alimentation asiatique est plus végétale et céréalière.

L’alimentation en Europe

Comme il a été mentionné plus tôt, les repas en Europe, notamment en France, sont au nombre de trois. Le petit déjeuner, le déjeuner et le dîner. C’est à la suite de la Révolution française que ce modèle s’est installé dans le quotidien des Français. Par le fait même, il y a une distinction sociale, un processus égalitaire et un principe d’hygiène qui se sont instaurés. Mais ce principe était présent bien avant la Révolution, car en Russie, ce modèle de services successifs, soit l’entrée, le plat principal et le dessert l’un après l’autre étaient courants. De plus, ce type de repas laisse peu de choix, car tous les mangeurs ont la même nourriture au même moment. En fait, le repas de façon linéaire, ce qui laisse le temps de manger, mais d’avoir du plaisir avec les gens nous entourant.

De plus, en Europe, l’heure du dernier repas semble se situer entre 19h et 21h.

L’alimentation en Afrique

En Afrique, il n’y a pas qu’un seul type de cuisine. C’est une erreur de penser ainsi. En fait, il y en a plusieurs que l’on peut diviser en deux grandes catégories, soit l’alimentation subsaharienne et l’alimentation nord-africaine.

Frontières culinaires

Dans le premier cas, les seules frontières culinaires sont souvent ethniques et variables selon les ressources alimentaires. Par contre, les bases sont composées d’épices (sel, piment, ail, etc.), de sauces, de céréales (riz, millet, fonio, mais et blé), de légumes (ignames, maniocs, patates, feuilles) ou de fruits (bananes entières ou transformées, ananas, papaye, orange). Les huiles et les arachides sont aussi importantes dans l’alimentation. Le lait est présent plus que les autres produits laitiers. Pour ce qui est de la viande et de poisson, cela est variable selon la disponibilité de la viande, mais la religion a un impact sur leur consommation. Idem pour ce qui a trait à l’alcool. Il est plus présent dans les pays catholiques que musulman. Les poissons et crustacés ont la côte. La présence du sucre est importante dans les centres urbains et souvent sacralisée.

Organisation culinaire

L’organisation du repas en Afrique est conviviale et généreuse. En effet, ces derniers sont en commun dans un même plat et toujours en abondance. Il se peut que des invités arrivent, donc on prévoit en conséquence. Le nombre de repas par jour est variable, mais le plus important est celui du soir. Selon le repas, celui-ci peut se prendre directement avec la main droite ou bien avec une cuillère. Le petit déjeuner est similaire à ceux pris en France, colonisation oblige. Mais le repas principal est souvent un plat unique constitué de sauce et céréales/tubercule. Sinon le poisson frit et les grillades sont très populaires.

Afrique du Nord

Au Maghreb, les repas sont plus ou moins épicés selon les régions. Le pain est à la base de l’alimentation, au point il sert de fourchette dans pratiquement tous les repas. Sinon, il existe une variété alimentaire importante. Aussi, les épices et le sucre sont importants dans la constitution des repas maghrébins. Les plats sont savoureux et les pâtisseries accompagnent le thé de l’après-midi, mais aussi très présent en tout au long de la journée. L’ordonnancement du repas ressemble à ce que l’on connaît en Occident, soit en trois étapes. Il y a donc une entrée, souvent de la salade ou de la soupe. Cette dernière porte un nom différent selon la région, mais il s’agit d’une soupe ayant de la viande, des légumes et des pois chiches. Le plat principal rassemble légumes et viande, le tout épicé. Évidemment, pour le dessert, on doit avoir un assortiment de pâtisseries bien sucrées et grasses.

L’alimentation en Amériques

En Amérique du Nord, les heures de travail délimitent par les heures de repas. Le déjeuner se prend avant, il y a une pause plus ou moins vers les 12 heures qui permet d’aller manger ailleurs que devant l’écran de l’ordinateur et/ou en discutant avec un client, selon le contexte. Le dernier repas se prend une fois le retour à la maison effectué avec la marmaille qui tourne autour. Évidemment, la culture a aussi son influence sur les heures de repas. Au Canada et aux États-Unis, le temps consacré à manger se passe très rapidement, car le rythme de vie est effréné. Se rajoute à cela le fait que la société nord-américaine à la réputation d’être individuelle et à l’argent. Bref, c’est chacun pour soi, si l’on veut bien s’entretenir un minimum. Aussi, le pré cuisiné est populaire pour ces mêmes raisons : manque de temps ou parce que l’on mange seul.

L’Amérique Latine

En Amérique latine, l’alimentation est différente. Elle est beaucoup plus fraîche, plus savoureuse et surtout moins individuelle. On pense au guide alimentaire brésilien qui prône le plaisir entre convive, mais aussi dans la préparation de plates maisons. On y trouve toutes sortes de couleurs et de saveurs. Les épices, la viande, les légumineuses, les légumes, sont présents dans l’assiette. Certains de ces pays sont producteurs vinicoles, alors le vin et les boissons alcoolisées sont aussi présents lors de repas et des festivités. La colonisation de l’Amérique latine et des Antilles, principalement par l’Espagne et le Portugal, a son importance. Mais la présence d’Africains sur leurs terres a aussi eu une influence dans leur alimentation actuelle.

L’alimentation en Océanie

La cuisine australienne est peu innovatrice. Par contre, la Cuisine Mod’Oz est très populaire. Il s’agit d’une fusion entre la cuisine européenne et asiatique. Il s’agit de mets raffinés dont le goût est extraordinaire. Aussi, les barbecues sont très populaires. Donc, les grillades (viandes ou fruits de mer) et les légumes grillés sont souvent au menu. Les tartines ont aussi la cote, surtout auprès des enfants qui peuvent ainsi participer à la préparation du repas.  En gros, la simplicité et la convivialité sont au rendez-vous, car les barbecues se font autant à la maison que dans les lieux publics. Tellement, qu’il existe une recette très populaire de pain, le damper, qui peut se cuire dans les braises d’un feu.

L’histoire est importante

En fait, en lisant la documentation liée à l’alimentation australienne, il est possible de constater que le passé historique de l’Australie a influencé grandement la composition de certaines recettes australiennes. Comme le damper était une recette que les bergers faisaient lorsqu’ils étaient dans l’arrière-pays avec leurs animaux. Autre bel exemple, l’invention de certains biscuits par les femmes servaient à nourrir leurs maris qui partaient à la guerre. La cuisine néo-zélandaise est similaire à la cuisine australienne. Il existe un mélange culinaire entre l’Europe et la culture maorie

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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